CLEMENT XI : 23 novembre 1700 - 19 Mars 17

107 entrées · DH 2380–2502

Vérités nécessaires à croire, parce que communiquant le salut

2380


Question : Avant de conférer le baptême à un adulte le ministre est-il tenu de lui expliquer tous les mystères de notre foi, surtout s'il est moribond, du moment que cela troublerait son esprit ? Ou ne suffirait-il pas que le moribond promette que, dès qu'il sera guéri de sa maladie, il se préoccupera de recevoir une instruction de manière à mettre en pratique ce qui lui aura été prescrit ? ...Réponse : La promesse ne suffit pas, et le missionnaire est tenu, même pour un moribond, s'il ne se trouve pas dans un état d'incapacité totale, d'expliquer les mystères de la foi qui sont nécessaires (au salut) d'une nécessité de moyen, comme le sont principalement les mystères de la Trinité et de l'Incarnation.

La foi et l'intention chez celui qui reçoit le sacrement

2381


Question 2 : Est-il possible de baptiser un adulte inculte et stupide, comme il est arrivé pour un barbare, s'il lui est communiqué seulement la connaissance de Dieu et quelques-uns de ses attributs, en particulier celui de la justice rémunératrice et vindicative, selon le passage de l'Apôtre celui qui s'approche de Dieu doit croire qu'il est et qu'il rétribue He 11,6 d'où l'on conclut que dans le cas d'une urgente nécessité un adulte peut être baptisé même s'il ne croit pas explicitement en Jésus Christ ?
Réponse : Un missionnaire ne peut pas baptiser quelqu'un qui ne croit pas explicitement au Seigneur Jésus Christ, et il est tenu de l'instruire au sujet de toutes les choses qui sont nécessaires (au salut) de nécessité de moyen, selon la capacité de celui qui doit être baptisé.

2382


Question 8 : Le viatique ou l'extrême-onction peuvent-ils être donnés à des adultes moribonds que nous avons crus aptes à recevoir le baptême, mais non la communion et les autres sacrements ?

Réponse : Le viatique ne doit pas être administré à un néophyte moribond s'il ne discerne pas au moins la nourriture spirituelle de la nourriture corporelle, en reconnaissant et en croyant la présence du Christ Seigneur dans l'hostie. De même le sacrement de l'extrême-onction ne doit pas être conféré à un néophyte moribond que le missionnaire a cru apte à recevoir le baptême, s'il n'a pas au moins une certaine intention de recevoir l'onction sainte destinée au bien de l'âme au moment de la mort.

Le silence obéissant concernant les faits dogmatiques

2390


Par. 6 ou 25. Afin que soit totalement coupée désormais toute occasion d'erreur, et que tous les fils de l'Eglise catholique apprennent à écouter cette même Eglise, non seulement en se taisant (car les ennemis également se taisent dans les ténèbres 1S 2,9, mais également par l'obéissance intérieure, laquelle est la véritable obéissance de l'homme à la foi droite, Nous décidons, déclarons, déterminons et ordonnons en vertu de la même autorité apostolique par cette constitution qui est la nôtre et qui vaudra toujours, qu'on ne satisfait aucunement par ce silence respectueux à l'obéissance due à la constitution apostolique précitée ; mais que le sens condamné dans les cinq propositions de Jansénius précitées, que les termes de celles-ci expriment comme il est exprimé, doit être rejeté et condamné comme hérétique par tous les fidèles, non seulement de bouche, mais de coeur ; et que le formulaire susdit ne peut pas être signé licitement avec une autre intention, un autre esprit ou une autre conviction, de sorte que tous ceux qui sur tous ces points et sur chacun en particulier pensent, tiennent, enseignent oralement ou par écrit, ou affirment autre chose ou l'opposé, transgressent la constitution apostolique précitée et sont de ce fait sous le coup de toutes et de chacune des censures qu'elle contient.

Erreurs jansénistes de Pasquier Quesnel

2400


Par. 2 ... Nous savons pertinemment que ce qu'il y a de très pernicieux dans ce livre se répand et s'accroît surtout parce que cela se trouve caché au- dedans, et ne viendra au-dehors, comme une mauvaise sanie, que si l'ulcère est percé ; car le livre lui-même séduit le lecteur au premier regard par une certaine apparence de piété...

2401


Par. 3. 1. Que reste-t-il à une âme qui a perdu Dieu et sa grâce, sinon le péché et ses suites, une orgueilleuse pauvreté et une indigence paresseuse, c'est-à-dire une impuissance générale au travail, à la prière et à toute oeuvre bonne ? Cette proposition se trouve dans les Observations morales de Quesnel sur Lc 16,3.

2402


2. La grâce de Jésus Christ, principe efficace de toute sorte de bien, est nécessaire pour toute oeuvre bonne ; sans elle non seulement rien ne se fait, mais rien ne peut se faire. - Jn 15,5 : éd. de 1693.

2403


3. En vain tu commandes, Seigneur, si tu ne donnes pas toi-même ce que tu commandes. - Ac 16,10.

2404


4. Oui Seigneur, tout est possible à celui à qui tu rends tout possible en le faisant en lui. - Mc 9,22.

2405


5. Quand Dieu n'amollit pas le coeur par l'onction intérieure de sa grâce, les exhortations et les grâces extérieures ne servent qu'à l'endurcir davantage. - Rm 9,18 éd. De 1693.

2406


6. La différence entre l'alliance judaïque et l'alliance chrétienne est que dans celle-là Dieu exigeait du pécheur de renoncer au péché et d'accomplir la Loi, en le laissant à l'impuissance, mais dans celle-ci Dieu donne au pécheur ce qu'il commande, en le purifiant par sa grâce. - Rm 11,27.

2407


7. Quel avantage pour l'homme dans l'Alliance ancienne, où Dieu l'a laissé à sa propre infirmité lorsqu'il lui a imposé sa Loi ? Mais quelle n'est pas la félicité d'être admis dans une Alliance où Dieu nous donne ce qu'il demande. - He 8,7.

2408


8. Nous n'appartenons à la Nouvelle Alliance qu'autant que nous avons part à la nouvelle grâce, qui opère en nous ce que Dieu nous commande. - He 8,10.

2409


9. La grâce du Christ est la grâce suprême, sans laquelle nous ne pouvons jamais confesser le Christ, et avec laquelle nous ne le renions jamais. - 1Co 12,3 éd. de 1693.

2410


10. La grâce est l'opération de la main de Dieu que rien ne peut empêcher ni retarder. - Mt 20,34.

2411


11. La grâce n'est pas autre chose que la volonté toute puissante de Dieu qui commande et qui fait ce qu'il commande. - Mc 2,11.

2412


12. Quand Dieu veut sauver l'âme, en tout temps, en tout lieu, l'indubitable effet suit le vouloir de Dieu. - Mc 2,12.

2413


13. Quand Dieu veut sauver une âme, et qu'il la touche de la main intérieure de sa grâce, nulle volonté ne lui résiste. -Lc 5,13 éd. de 1693.

2414


14. Quelque éloigné que soit du salut un pécheur obstiné, quand Jésus se fait voir à lui par la lumière salutaire de sa grâce, il faut qu'il se rende, qu'il accoure, qu'il s'humilie, et qu'il adore son Sauveur. - Mc 5,67 éd. de 1693.

2415


15. Quand Dieu accompagne son commandement et sa parole extérieure de sa grâce, elle opère dans le coeur l'obéissance qu'elle demande. - Lc 9,60.

2416


16. Il n'y a pas de charmes qui ne cèdent aux charmes de la grâce, parce que rien ne résiste au Tout-Puissant. Ac 8,12.

2417


17. La grâce est cette voix du Père qui enseigne intérieurement les hommes et les fait venir à Jésus Christ. Quiconque ne vient pas à lui après avoir entendu la voix intérieure du Fils, n'est pas enseigné par le Père. - Jn 6,45

2418


18. La semence de la parole que la main de Dieu arrose porte toujours son fruit. - Ac 11,21.

2419


19. La grâce de Dieu n'est pas autre chose que sa volonté toute-puissante : c'est l'idée que Dieu lui-même nous donne dans toutes ses Ecritures. - Rm 14,4 édition 1693.

2420


20. La vraie idée de la grâce est que Dieu veut que nous lui obéissions, et il est obéi ; il commande et tout se fait ; il parle en maître, et tout lui est soumis. - Mc 4,39.

2421


21. La grâce de Jésus Christ est une grâce forte, puissante, souveraine, invincible, puisqu'elle est l'opération de la volonté toute- puissante, une suite et une imitation de Dieu incarnant et ressuscitant son Fils. 2Co 5,21 éd. de 1693.

2422


22. L'accord de l'opération toute-puissante de Dieu dans le coeur de l'homme avec le libre consentement de la volonté, nous est montré aussitôt dans l'Incarnation, comme dans la source et le modèle de toutes les autres opérations de miséricorde et de grâce, et toutes aussi gratuites et dépendantes de Dieu que cette opération originelle elle-même. - Lc 1,48.

2423


23. Dieu nous a donné lui-même l'idée de l'opération toute- puissante de sa grâce, en la signifiant par celle par laquelle il tire les créatures de rien et redonne la vie aux morts. - Rm 4,17.

2424


24. L'idée juste qu'a le centurion de la toute-puissance de Dieu et de Jésus Christ pour guérir les corps par le seul mouvement de sa volonté, est l'image de l'idée qu'on doit avoir de la toute-puissante de sa grâce pour guérir les âmes de la cupidité. - Lc 7,7.

2425


25. Dieu illumine l'âme, et la guérit ainsi que le corps, par sa seule volonté : il commande et il est obéi. - Lc 18,42.

2426


26. Il n'est pas donné de grâces, sinon par la foi. - Mc 11,25

2427


27. La foi est la première grâce et la source de toutes les autres. - 2P 1,3

2428


28. La première grâce que Dieu accorde au pécheur est la rémission des péchés. - Mc 11,25.

2430


30. Tous ceux que Dieu veut sauver par Jésus Christ, sont sauvés infailliblement. - Jn 6,40.

2431


31. Les souhaits de Jésus Christ ont toujours leur effet : il porte la paix à l'intime des coeurs quand il la leur désire. - Jn 20,19.

2432


32. Jésus s'est livré à la mort afin de libérer pour toujours par son sang les premiers-nés, c'est-à-dire les élus, de la main de l'ange exterminateur. -

2433


33. Oh ! combien il faut avoir renoncé aux choses de la terre et à soi-même pour avoir la confiance de s'approprier, pour ainsi dire, le Christ Jésus, son amour, sa mort, son mystère, comme le fait Paul en disant : "Il m'a aimé et s'est livré pour moi. " - .

2434


34. La grâce d'Adam ne produisait que des mérites humains. - 2Co 5,21 éd. 1693.

2435


35. La grâce d'Adam est une suite de la création et était due à la nature sainte et intègre. - 2Co 5,21.

2436


36. La différence essentielle entre la grâce d'Adam et l'état d'innocence, et la grâce chrétienne est que chacun aurait reçu la première en sa propre personne, tandis que celle-ci n'est pas reçue sinon dans la personne de Jésus Christ ressuscité à qui nous sommes unis. - Rm 7,4.

2437


37. La grâce d'Adam, du fait qu'elle le sanctifiait lui-même, lui était proportionnée ; la grâce chrétienne nous sanctifiant en Jésus Christ est toute- puissante et digne du Fils de Dieu. - Ep 1,6.

2438


38. Le pécheur n'est libre que pour le mal sans la grâce du libérateur. - Lc 8,9

2439


39. La volonté que la grâce ne prévient pas n'a de lumière que pour s'égarer, d'ardeur que pour se précipiter, de force que pour se blesser. Elle est capable de tout mal et incapable de tout bien. - Mt 20,34.

2440


40. Sans la grâce nous ne pouvons rien aimer, sinon pour notre condamnation. - 2Th 3,18 éd. 1693.

2441


41. Toute connaissance de Dieu, même naturelle, même dans les philosophes païens, ne peut venir que de Dieu, et sans la grâce elle ne produit que présomption, vanité, et opposition à Dieu lui-même, au lieu des sentiments d'adoration, de gratitude et d'amour. - Rm 1,19.

2442


42. Seule la grâce rend l'homme apte au sacrifice de la foi : sans cela, rien qu'impureté, rien qu'indignité. Ac 11,9.

2443


43. Le premier effet de la grâce baptismale est de faire que nous mourions au péché, de sorte que l'esprit, le coeur et les sens n'ont pas davantage de vie pour le péché qu'un homme mort n'en a pour les choses du monde. - Rm 6,2 éd. de 1693.

2444


44. Il n'y a que deux amours, d'où naissent toutes nos volontés et nos actions : l'amour de Dieu qui fait tout pour Dieu et que Dieu récompense, et l'amour par lequel nous nous aimons nous-mêmes et le monde, qui ne rapporte pas à Dieu ce qui doit lui être rapporté, et qui par cela même devient mal. - Jn 5,29

2445


45. Lorsque l'amour de Dieu ne règne plus dans le coeur des pécheurs, nécessairement la cupidité charnelle y règne et corrompt toutes leurs actions. - Lc 15,13 éd. de 1693.

2446


46. La cupidité ou la charité rendent l'usage des sens bon ou mauvais. - Mt 5,28

2447


47. L'obéissance à la Loi doit couler de source, et cette source est la charité. Quand l'amour de Dieu en est le principe intérieur, et sa gloire, sa fin, alors ce qui appartient à l'extérieur est pur ; sans cela ce n'est qu'hypocrisie et fausse justice. - Mt 25,26 éd. de 1693.

2448


48. Que pouvons-nous être d'autre, sinon ténèbres, égarement et péché, sans la lumière de la foi, sans le Christ, et sans la charité ? - Ep 5,8

2449


49. De même qu'il n'y a pas de péché sans amour de nous-mêmes, de même il n'y a pas d'oeuvre bonne sans amour de Dieu. - Mc 7,22-23.

2450


50. C'est en vain que nous crions vers Dieu : "Mon Père", si ce n'est pas l'esprit de charité qui crie. - Rm 8,15.

2451


51. La foi justifie lorsqu'elle opère, mais elle n'opère que par la charité. - Ac 13,39.

2452


52. Tous les autres moyens de salut sont contenus dans la foi comme dans leur germe et leur semence ; mais ce n'est pas une foi sans amour ni sans confiance. - Ac 10,43.

2453


53. Seule la foi accomplit chrétiennement (les actions chrétiennes) par le rapport à Dieu et à Jésus Christ. - Col 3,14.

2454


54. C'est la charité seule qui parle à Dieu ; c'est elle seule que Dieu entend. - 1Co 13,1.

2455


55. Dieu ne couronne que la charité ; qui court en vertu d'un autre mouvement et pour un autre motif, court en vain. 1Co 9,24.

2456


56. Dieu ne récompense que la charité, presque seule la charité honore Dieu. - Mt 25,36.

2457


57. Tout manque à un pécheur quand il lui manque l'espérance ; et il n'y a pas d'espérance en Dieu là où il n'y a pas amour de Dieu. - Mt 27,5

2458


58. Il n'y a ni Dieu, ni religion, là où il n'y a pas charité.- 1Jn 4,8.

2459


59. La prière des impies est un nouveau péché ; et ce que Dieu leur accorde, est un nouveau jugement pour eux. - Jn 10,25 éd. de 1693.

2460


60. Si la seule crainte du supplice anime le repentir, plus ce repentir est violent, plus il conduit au désespoir. - Mt 27,5.

2461


61. La crainte n'arrête que la main ; le coeur cependant est livré au péché aussi longtemps qu'il n'est pas conduit par l'amour. - Lc 20,19.

2462


62. Celui qui ne s'abstient du mal que par crainte de la peine le commet dans son coeur, et il est déjà coupable devant Dieu. - Mt 21,46.

2463


63. Un baptisé est encore sous la Loi comme un juif s'il n'accomplit pas la loi, ou s'il l'accomplit par la seule crainte. - Rm 6,14.

2464


64. Sous la malédiction de la Loi on ne fait jamais le bien, parce qu'on pèche soit en faisant le mal, soit en ne l'évitant que par la crainte. -

2465


65. Moïse, les prophètes, les prêtres et les docteurs de la Loi sont morts sans qu'ils aient donné de fils à Dieu, puisqu'ils n'ont fait que des esclaves par la crainte. - Mc 12,19.

2466


66. Celui qui veut s'approcher de Dieu ne doit ni venir à lui avec des pensées brutales, ni se conduire par un instinct naturel, ou par la crainte, comme les bêtes, mais par la foi et l'amour comme des fils. - He 12,20 éd. de 1693.

2467


67. La crainte servile ne se représente Dieu que comme un maître dur, impérieux, injuste, intraitable. - Lc 19,21 éd. de 1693.

2468


68. Dieu a abrégé la voie du salut en incluant tout dans la foi et les prières. - Ac 2,21.

2469


69. La foi, l'usage, l'accroissement et la récompense de la foi, tout cela est un don de la pure libéralité de Dieu. - Mc 9,22.

2470


70. Dieu n'afflige jamais des innocents, et les afflictions servent toujours, soit à punir le péché, soit à purifier le pécheur. - Jn 9,3.

2471


71. L'homme peut se dispenser, pour sa conservation, de cette loi que Dieu a établie pour son utilité. - Mc 2,28.

2472


72. La note de l'Eglise est qu'elle est catholique, comprenant et tous les anges du ciel, et tous les élus, et les justes de la terre et de tous les siècles. - He 12,22-24.

2473


73. Qu'est l'Eglise, sinon l'assemblée des fils de Dieu qui demeurent dans son sein, adoptés en Jésus Christ, subsistant en sa personne, rachetés par son sang, vivant de son Esprit, agissant par sa grâce et attendant la paix du siècle à venir ? - 2Th 1,1s éd. de 1693.

2474


74. L'Eglise, ou le Christ entier, a pour tête le Verbe incarné et pour membres tous les saints. - 1Tm 3,16.

2475


75. L'Eglise est un seul homme, composé de plusieurs membres, dont le Christ est la tête, la vie, la substance et la personne : un seul Christ composé de plusieurs saints dont il est le sanctificateur. - Ep 2,14-16.

2476


76. Rien de plus spacieux que l'Eglise, puisque tous les élus et les justes de tous les siècles la composent. - Ep 2,22.

2477


77. Qui ne mène pas une vie digne d'un fils de Dieu et d'un membre du Christ cesse d'avoir intérieurement Dieu pour Père et le Christ pour tête. - 1Jn 2,24
éd. de 1693.

2478


78. Quelqu'un est séparé du peuple élu, dont le peuple juif était la figure et dont le Christ est la tête, aussi bien en ne vivant pas selon l'Evangile qu'en ne croyant pas à l'Evangile. - Ac 3,23.

2479


79. Il est utile et nécessaire en tout temps, en tous lieux, et à toutes sortes de personnes d'étudier et de connaître l'esprit, la piété et les mystères de la sainte Ecriture. - 1Co 14,5.

2480


80. La lecture de l'Ecriture est pour tout le monde. - Ac 8,28

2481


81. L'obscurité sainte de la Parole de Dieu n'est pas pour les laïcs une raison pour se dispenser de sa lecture. - Ac 8,28.

2482


82. Le dimanche doit être sanctifié par des lectures de piété et surtout par celle des saintes Ecritures. Il est condamnable de vouloir écarter les chrétiens de cette lecture. - .

2483


83. C'est une illusion de s'imaginer que la connaissance des mystères de la religion ne doive pas être communiquée aux femmes par la lecture des livres saints. Ce n'est pas de la simplicité des femmes, mais de la science orgueilleuse des hommes qu'est venu l'abus des Ecritures et que sont nées les hérésies. - Jn 4,26.

2484


84. Arracher le Nouveau Testament de la main des chrétiens ou le leur tenir fermé, en leur ôtant le moyen de le comprendre, c'est leur fermer la bouche du Christ. - Mt 5,2.

2485


85. Interdire aux chrétiens la lecture de la sainte Ecriture, et surtout de l'Evangile, c'est interdire l'usage de la lumière aux fils de lumière et leur faire souffrir une espèce d'excommunication. - Lc 11,33 éd. de 1693.

2486


86. Ravir au simple peuple la consolation d'unir sa voix à la voix de toute l'Eglise est un usage contraire à la pratique apostolique et au dessein de Dieu. - 1Co 14,16.

2487


87. C'est une conduite pleine de sagesse, de lumière et de charité, que de donner aux âmes le temps de porter avec humilité et de sentir l'état de péché, de demander l'esprit de pénitence et de contrition et de commencer, au moins, à satisfaire à la justice de Dieu, avant que de les réconcilier. - Ac 8,9.

2488


88. Nous ignorons ce qu'est le péché et la vraie justice quand nous voulons être rétablis aussitôt dans la possession des biens dont le péché nous a dépouillés, et que nous ne voulons pas porter la confusion de cette séparation. - Lc 17,11-12.

2489


89. Le quatorzième degré de la conversion du pécheur consiste en ce que, lorsqu'il a déjà été réconcilié, il a le droit d'assister au sacrifice de l'Eglise. - Lc 15,23.

2490


90. L'Eglise a l'autorité d'excommunier, pour l'exercer par les premiers pasteurs du consentement au moins présumé de tout le corps. - Mt 18,17

2491


91. La crainte d'une excommunication injuste ne doit jamais nous empêcher de faire notre devoir ; nous ne sortons jamais de l'Eglise, même quand nous semblons en être expulsés par la méchanceté des hommes, aussi longtemps que nous sommes attachés à Jésus Christ et à l'Eglise par la charité. - Jn 9,22-23

2492


92. Plutôt souffrir en paix l'excommunication et l'anathème injuste que de trahir la vérité, c'est imiter saint Paul ; cela est loin de s'ériger contre l'autorité ou de rompre l'unité. Rm 9,3.

2493


93. Jésus guérit quelquefois les blessures que la précipitation des premiers pasteurs inflige dans son ordre ; Jésus rétablit ce qu'ils retranchent par un zèle inconsidéré. - Jn 18,11.

2494


94. Rien ne donne une plus mauvaise opinion de l'Eglise à ses ennemis que d'y voir exercer une domination sur la foi des fidèles et des divisions y être entretenues pour des choses qui ne blessent ni la foi ni les moeurs. - Rm 14,16

2495


95. Les vérités en sont venues à être comme une langue étrangère pour la plupart des chrétiens, et la manière de les prêcher est comme un langage inconnu tant elle est éloignée de la simplicité des apôtres et au-dessus de la portée commune des fidèles ; et on ne considère pas assez que cette déficience est un des signes les plus sensibles de la vieillesse de l'Eglise et de la colère de Dieu sur ses fils. - .

2496


96. Dieu permet que toutes les puissances soient contraires aux prédicateurs de la vérité, afin que sa victoire ne puisse être attribuée qu'à la divine grâce. - Ac 17,8.

2497


97. Il arrive trop souvent que les membres qui sont le plus saintement et le plus étroitement unis à l'Eglise soient regardés et traités comme indignes d'être dans l'Eglise, ou comme séparés d'elle. Mais "le juste vit de la foi" Rm 1,17 et non de l'opinion des hommes. - Ac 4,11.

2498


98. Subir la persécution et les peines que subit quelqu'un comme hérétique, odieux et impie est ordinairement la dernière épreuve, et la plus méritoire, car elle rend l'homme plus conforme à Jésus Christ. - Lc 22,37.

2499


99. L'entêtement, la prévention, l'obstination à ne vouloir rien examiner ou reconnaître s'être trompé, changent tous les jours pour beaucoup en odeur de mort ce que Dieu a mis dans son Eglise pour y être une odeur de vie par exemple de bons livres, des instructions, de saints exemples, etc. - 2Co 2,16

2500


100. Temps déplorable où on croit honorer Dieu en percutant la vérité et ses disciples ! Ce temps est venu. .. Etre regardé et traité par les ministres de la religion comme un impie et indigne de commercer avec Dieu, comme un membre putride, capable de tout corrompre dans la société des saints, c'est pour les hommes pieux une mort plus terrible que la mort du corps. C'est en vain que quelqu'un se flatte de la pureté de ses intentions et d'un zèle pour la religion, s'il persécute par le feu et le fer des hommes probes, s'il est aveuglé par la passion ou emporté par celle des autres, parce qu'il ne veut rien examiner. Nous croyons souvent sacrifier à Dieu un impie, et nous sacrifions au diable un serviteur de Dieu. - Jn 16,2.

2501


101. Rien n'est plus contraire à l'esprit de Dieu et à la doctrine de Jésus Christ que de rendre communs les serments dans l'Eglise ; car c'est multiplier les occasions de parjure, tendre des pièges aux faibles et aux ignorants, et faire que le nom et la vérité de Dieu servent quelquefois au dessein des impies. - Mt 5,37.

2502


(Censure )...Nous déclarons, condamnons et réprouvons les propositions qui précèdent comme étant, selon le cas, fausses, captieuses, malsonnantes, offensantes aux oreilles pies, scandaleuses, pernicieuses, téméraires, injurieuses à l'Eglise et à ses usages, outrageantes, non seulement pour elle, mais pour les puissances séculières, séditieuses, impies, blasphématoires, suspectes d'hérésie, sentant l'hérésie, favorables aux hérétiques et aux hérésies, et même à un schisme, erronées, proches de l'hérésie, et souvent condamnées, enfin comme hérétiques et renouvelant diverses hérésies, principalement celles qui sont contenues dans les fameuses propositions de Jansénius, prises dans le sens dans lequel elles ont été condamnées.