Chapitre 9
SECTION 3 [IX, 1 — 11, 36.] La situation d’Israël vis-à-vis de la justice par la foi ; ou le problème du rejet des Juifs.
1. Chap, 9, 1-29. — Exorde (1-5). La participation au salut promis n’est pas attachée à la descendance selon la chair, mais dépend du choix gratuit de Dieu (6-13), qui peut, sans être injuste, préférer qui il veut (14-24). L’heure du salut devancée pour les Gentils par suite de l’endurcissement d’Israël (25-29).
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Je dis la vérité dans le Christ, je ne mens pas, ma conscience m’en rend témoignage par l’Esprit-Saint :
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j’éprouve une grande tristesse et j’ai au cœur une douleur incessante.
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Car je souhaiterais d’être moi-même anathème, loin du Christ, pour mes frères, mes parents selon la chair,
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qui sont Israélites, à qui appartiennent l’adoption, et la gloire, et les alliances, et la Loi, et le culte, et les promesses,
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et les patriarches, et de qui est issu le Christ selon la chair, lequel est au-dessus de toutes choses, Dieu, béni éternellement. Amen !
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Ce n’est pas que la parole de Dieu ait failli. Car tous ceux qui descendent d’Israël ne sont pas le véritable Israël,
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et pour être la postérité d’Abraham, tous ne sont pas ses enfants ; mais « C’est la postérité d’Isaac qui sera dite ta postérité »,
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c’est-à-dire que ce sont pas les enfants de la chair qui sont enfants de Dieu, mais ce sont les enfants de la promesse qui sont regardés comme la postérité d’Abraham.
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Voici en effet les termes d’une promesse : « Je reviendrai à cette même époque, et Sara aura un fils. »
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Et non seulement Sara ; mais il en fut encore ainsi de Rebecca qui conçut deux enfants d’un seul homme, d’Isaac notre père ;
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car, avant même que les enfants fussent nés, et qu’ils eussent rien fait, ni bien ni mal, — afin que le dessein électif de Dieu fût reconnu ferme, non en vertu des œuvres, mais par le choix de celui qui appelle, —
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il fut dit à Rebecca : « L’aîné sera assujetti au plus jeune »,
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selon qu’il est écrit : « J’ai aimé Jacob, et j’ai haï Esaü. »
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Que dirons-nous donc ? Y a-t-il de l’injustice en Dieu ? Loin de là !
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Car il dit à Moïse : « Je ferai miséricorde à qui je veux faire miséricorde, et j’aurai compassion de qui je veux avoir compassion. »
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Ainsi donc l’élection ne dépend ni de la volonté, ni des efforts, mais de Dieu qui fait miséricorde.
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Car l’Écriture dit à Pharaon : « Je t’ai suscité, pour montrer en toi ma puissance et pour que mon nom soit célébré sur toute la terre. »
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Ainsi il fait miséricorde à qui il veut, et il endurcit qui il veut.
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Tu me diras : De quoi donc Dieu se plaint-il encore ? Car qui peut s’opposer à sa volonté ?
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Mais plutôt, ô homme, qui es-tu pour contester avec Dieu ? Est-ce que le vase d’argile dit à celui qui l’a façonné : Pourquoi m’as-tu fait ainsi ?
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Le potier n’est-il pas maître de son argile, pour faire de la même masse un vase d’honneur et un vase d’ignominie ?
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Et si Dieu, voulant montrer sa colère et faire connaître sa puissance, a supporté avec une grande patience des vases de colère, formés pour la perdition,
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et s’il a voulu faire connaître aussi les richesses de sa gloire à l’égard des vases de miséricorde qu’il a d’avance préparés pour la gloire,
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envers nous, qu’il a appelés, non seulement d’entre les Juifs, mais encore d’entre les Gentils, où est l’injustice ?
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C’est ainsi qu’il dit dans Osée : « Celui qui n’était pas mon peuple, je l’appellerai mon peuple et celle qui n’était pas la bien-aimée, je l’appellerai bien-aimée. »
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« Et dans le lieu où il leur fut dit : Vous n’êtes pas mon peuple, là même on les appellera fils du Dieu vivant. »
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D’autre part, Isaïe s’écrie au sujet d’Israël : « Quand le nombre des fils d’Israël serait comme le sable de la mer, un faible reste seulement sera sauvé. »
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Car accomplissant sa parole pleinement et promptement, il l’exécutera sur la terre [ en toute justice].
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Et comme Isaïe l’avait prédit : « Si le Seigneur des armées ne nous avait laissé un rejeton, nous serions devenus comme Sodome, et nous aurions été semblables à Gomorrhe. »
2. Chap. 9, 30 — 10, 21. — L’infidélité d’Israël, cause de sa réprobation. Attaches à la justice des œuvres, ils ont dédaigné la justice par la foi en Jésus-Christ (30-33). Cependant la Loi même pour laquelle ils ont eu un zèle louable leur montrait en Jésus-Christ le terme de ces prescriptions (x, 1-8a) et dans la foi en lui la voie unique et universelle du salut (8b-13). Leur ignorance est sans excuse (14-21).
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Que dirons-nous donc ? Que les Gentils, qui ne cherchaient pas la justice, on atteint la justice, mais la justice qui vient de la foi,
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tandis qu’Israël, qui cherchait une loi de justice, n’est pas parvenu à une loi de justice.
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Pourquoi ? parce qu’il a cherché à l’atteindre, non par la foi, mais comme s’il avait pu arriver par les œuvres. Il s’est heurté contre la pierre d’achoppement,
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selon qu’il est écrit : « Voici que je mets en Sion une pierre d’achoppement et un rocher de scandale, mais quiconque croit en lui ne sera pas confondu. »

