INNOCENT XII : 12 JUILLET 1691-27 septembre

25 entrées · DH 2340–2374

Le mariage comme sacrement

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Question : Un mariage entre personnes qui ont apostasié la foi et qui auparavant ont été régulièrement baptisées, s'il est conclu après l'apostasie de façon publique selon la coutume des païens et des mahométans, est- il véritablement un mariage et un sacrement ?

Réponse : S'il existe un pacte de dissolubilité, ce n'est ni un mariage ni un sacrement ; Si un tel pacte n'existe pas, il s'agit d'un mariage et d'un sacrement.

Erreurs de François de Fénelon concernant l'amour de Dieu

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1.- 11 y a un état habituel d'amour de Dieu, qui est une charité pure et sans aucun mélange du motif de l'intérêt propre. Ni la crainte des châtiments, ni le désir des récompenses n'ont plus de part a' cet amour : on n'aime plus Dieu ni pour le mérite, ni pour la perfection, ni pour le bonheur qu'on trouve en l'aimant.

2352


2.- Dans l'état de la vie contemplative ou unitive, on perd tout motif intéressé de crainte ou d'espérance.

2353


3.- Ce qui est essentiel dans la direction est de ne faire que suivre pas à pas la grâce avec une patience, une précaution et une délicatesse infinie. il faut se borner à laisser faire Dieu, et ne parler jamais du pur amour que lorsque Dieu, par l'onction intérieure, commence à ouvrir le coeur à cette parole, qui est si dure aux âmes encore attachées à elles-mêmes, et si capable de les scandaliser et de les jeter dans le trouble.

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4.- Dans l'état de la sainte indifférence, l'âme n'a plus de désirs volontaires et délibérés pour son intérêt, excepté dans les occasions où elle ne coopère pas fidèlement à toute la grâce.

2355


5. Dans cet état de la sainte indifférence, on ne veut rien pour soi, mais on veut tout pour Dieu ; on ne veut rien pour être parfait ni bienheureux dans son propre intérêt, mais on veut toute perfection et toute béatitude, autant qu'il plaît à Dieu de nous faire vouloir ces choses par l'impression de sa grâce.

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6. En cet état de la sainte indifférence, on ne veut plus le salut comme salut propre, comme délivrance éternelle, comme récompense de nos mérites, comme le plus grand de tous nos intérêts ; mais on le veut d'une volonté pleine, comme la gloire et le bon plaisir de Dieu, comme une chose qu'il veut et qu'il veut que nous voulions pour lui.

2357


7. L'abandon n'est que l'abnégation ou renoncement de soi-même que Jésus Christ nous demande dans l'Evangile, après que nous aurons tout quitté au- dehors. Cette abnégation de nous-mêmes n'est que pour l'intérêt propre. ... Les épreuves où cet abandon doit être exercé sont les tentations par lesquelles Dieu jaloux veut purifier l'amour, en ne lui faisant voir aucune ressource ni aucune espérance pour son intérêt propre, même éternel.

2358


8. Tous les sacrifices que les âmes les plus désintéressées font d'ordinaire sur leur béatitude éternelle sont conditionnels. Mais ce sacrifice ne peut être absolu dans l'état ordinaire : il n'y a que le cas des dernières épreuves où ce sacrifice soit en quelque manière absolu.

2359


9. Dans les dernières épreuves, une âme peut être invinciblement persuadée, d'une persuasion réfléchie et qui n'est pas le fond intime de la conscience, qu'elle est justement éprouvée par Dieu.

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10. Alors l'âme, divisée d'elle-même, expire sur la croix avec le Christ, en disant : " Ô mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné ? " Mt 27,46 Dans cette même impression involontaire de désespoir, elle fait le sacrifice absolu de son intérêt propre pour l'éternité.

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11. En cet état, l'âme perd toute espérance pour son propre intérêt ; mais elle ne perd jamais dans sa partie supérieure, c'est-à-dire dans ses actes directs et intimes l'espérance parfaite qu'est le désir désintéressé des promesses.

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12. Un directeur peut alors laisser faire à cette âme un acquiescement simple à la perte de son intérêt propre, et à la condamnation juste où elle croit être de la part de Dieu.

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13. La partie inférieure de Jésus Christ sur la croix ne communiquait pas à la partie supérieure son trouble involontaire.

2364


14. I1 se fait dans les dernières épreuves, pour la purification de l'amour, une séparation de la partie supérieure de l'âme d'avec l'inférieure. ... Les actes de la partie inférieure, dans cette séparation, sont d'un trouble entièrement aveugle et involontaire, parce que tout ce qui est intellectuel et volontaire est de la partie supérieure.

2365


15. La méditation consiste dans des actes discursifs qui sont faciles à distinguer les uns des autres. ... Cette composition d'actes discursifs et réfléchis est propre à l'exercice de l'amour intéressé.

2366


16. Il y a un état de contemplation si haute et si parfaite qu'il devient habituel : en sorte que toutes les fois qu'une âme se met en actuelle oraison, son oraison est contemplative et non discursive ; alors elle n'a plus besoin de revenir à la méditation ni à ses actes méthodiques.

2367


17. Les âmes contemplatives sont privées de la vue distincte, sensible et réfléchie de Jésus Christ, en deux temps différents. Premièrement dans la ferveur naissante de leur contemplation ; secondement une âme perd de vue Jésus Christ dans les dernières épreuves.

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18. Dans l'état passif on exerce toutes les vertus distinctes sans penser qu'elles sont vertus ; on ne pense qu'à faire ce que Dieu veut ; et l'amour jaloux fait tout ensemble qu'on ne veut plus être vertueux pour soi, et qu'on ne l'est jamais tant que quand on n'est pas attaché à l'être.

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19.- On peut dire en ce sens que l'âme passive et désintéressée ne veut plus même l'amour en tant qu'il est sa perfection et son bonheur ; mais seulement en tant qu'il est ce que Dieu veut de nous.

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20.- Les âmes transformées doivent, en se confessant, détester leurs fautes, les condamner et désirer la rémission de leurs péchés, non comme leur propre perfection et délivrance, mais comme quelque chose que Dieu veut et qu'il veut que nous voulions pour sa gloire.

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21. - Les saints mystiques ont exclu de l'état des âmes transformées les pratiques de vertu.

2372


22. - Quoique cette doctrine (du pur amour) fût la pure et simple perfection de l'Evangile, marquée dans toute la tradition, les anciens pasteurs ne proposaient d'ordinaire, au commun des sujets, que les pratiques de l'amour intéressé, proportionnées à leur grâce.

2373


23. - Le pur amour fait lui seul la vie intérieure, et devient alors l'unique principe et l'unique motif de tous les actes délibérés et méritoires.

2374


(Censure ) ... Le livre susdit..., dont la lecture et l'usage peuvent entraîner peu à peu les fidèles à des erreurs déjà condamnées par l'Eglise catholique, et qui de surcroît contient des propositions qui soit dans leur sens obvie, soit compte tenu de leur contexte, sont respectivement téméraires (1 s, 8, 10, 15-20, 22), scandaleuses (7, 10, 12, 19-21), malsonnantes (4-6, 23), offensantes aux oreilles pieuses (8, 18), pernicieuses dans la pratique (2, 14, 17), et même erronées (1-7, 1O s,13 ,17-19 , 22 s), par la teneur des présentes nous condamnons et réprouvons, et... interdisons l'impression de ce livre.