
L'année liturgique ou ecclésiastique comprend, comme l'année civile, 365 jours groupés en 52 semaines ; mais au lieu de commencer le 1° janvier et de finir le 31 décembre, elle commence le premier dimanche de l'Avent et se termine le samedi qui suit le dernier dimanche après la Pentecôte.
Jésus-Christ étant le centre du culte catholique, l'Église veut que l'année chrétienne rappelle, dans leur succession, les mystères qui se rapportent à ce divin Sauveur. Or sa naissance fut précédée de l'attente des siècles ; et son règne s'étendra jusqu'à la fin des temps. Voilà pourquoi l'Église commence l'année chrétienne quatre semaines avant Noël pour rappeler les quatre mille ans qui, d'après la croyance des Anciens, ont précédé la venue du Sauveur, et elle la termine après le dernier dimanche de la Pentecôte où se lit l'évangile du jugement général.
L'année liturgique comprend le Temporal, ou les temps liturgiques particulièrement consacrés à honorer les mystères de la vie du Sauveur, et le Sanctoral qui fête le Sauveur dans ses membres mystiques, les saints.
Fêtes chrétiennes
Les fêtes chrétiennes sont des solennités religieuses établies par l'Église pour honorer Dieu, Notre-Seigneur, la très sainte Vierge et les saints, ou pour rappeler le souvenir d'événements qui intéressent la religion. Outre le culte d'adoration rendu à Dieu dans les fêtes du cycle temporal, la sainte Église reconnaît la légitimité du culte d'honneur que nous rendons aux Saints dans les fêtes du cycle sanctoral parce que ce culte d'honneur remonte à Dieu qui a créé les saints et les a sanctifiés.
Le Sanctoral
Fêtes de la très sainte Vierge :
- Immaculée Conception.
- Nativité et Saint Nom de Marie.
- Présentation de la très sainte Vierge au Temple.
Annonciation. - Visitation.
- Assomption.
- Notre-Dame des Sept-Douleurs.
- Notre-Dame du très saint Rosaire.
- Autres fêtes de la très sainte Vierge.
Fêtes des saints Anges.
Fêtes des Saints :
- Saints Patriarches et Prophètes.
- Saints Apôtres et Évangélistes.
- Saints Martyrs.
- Saints et saintes non martyrs : Confesseurs et Saintes non martyres.
- Saints Patrons et Protecteurs.
Fête de tous les Saints.
Commémoration des Morts.
Temporal
L'année liturgique commence quatre semaines avant Noël, c'est-à-dire au premier dimanche de l'Avent et va jusqu'à ce même jour de l'année suivante. Pendant ces mois, l'Eglise nous fait célébrer tous les mystères de la vie de Notre-Seigneur. En prenant Notre-Seigneur comme le personnage principal qui sera fêté, on peut diviser l'année liturgique en cinq parties :
- Le Temps de l'Avent,
- Le Temps de Noël,
- Le Temps de Carême,
- Le Temps de Pâques,
- Le Temps de la Pentecôte.
Histoire des temps liturgiques
Formation des temps liturgiques
On appelle temps liturgiques la distribution de l'année liturgique ou ecclésiastique en périodes, qui, au point de vue religieux, ont chacune leur caractère propre. Leur enchaînement forme le cycle liturgique temporal. Le cycle temporal ne s'est pas formé d'un seul coup. Il a mis des siècles pour parvenir à son complet développement.


Primitivement, il n'y avait qu'une seule fête qui revenait chaque semaine, le dimanche ; c'était la fête de Pâques qui commémorait non seulement le souvenir de la résurrection du Sauveur mais aussi celui de sa passion et de sa mort. Le sacrifice eucharistique en effet, qui servait surtout à célébrer cette fête, était offert, comme aujourd'hui, en souvenir de la Passion et de la Résurrection de Notre-Seigneur, ainsi qu'il est dit dans la prière Unde et memores qui suit la consécration. Cette première fête chrétienne, renouvelée tous les dimanches, était célébrée plus solennellement le jour anniversaire de la résurrection du Sauveur. Après quelques hésitations, la fête de Pâques fut fixée, par le Concile de Nicée, en 325, au dimanche qui suit le 14° jour de la lune tombant après l'équinoxe du printemps (21 mars).
Cette fête centrale, d'abord unique, fut suivie, dès le II° siècle, de 50 jours de joie que terminait la fête de la Pentecôte, en souvenir de la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres. La grande fête de Pâques ayant déterminé les 50 jours de fête du temps pascal, appelait aussi une période de préparation par le jeûne et la prière : ce fut le temps du Carême.

Au IV° siècle, la fête de Noël fut instituée pour célébrer la naissance de Notre-Seigneur. Comme Pâques, Noël fut précédé d'un temps de préparation, l'Avent, et suivi d'un temps de joie qui renferme la fête de l'Épiphanie, et les dimanches qui suivent : c'est le temps après l'Épiphanie. Du temps après l'Épiphanie jusqu'au Carême, restaient quelques semaines qui, sous le nom de temps de la Septuagésime, formèrent une sorte de préparation au Carême.
L'espace compris entre la Pentecôte et l'Avent occupe environ la moitié de l'année, mais il n'est marqué par aucun événement considérable de la vie de Notre-Seigneur. Aussi, la distribution des dimanches qu'il renferme fut-elle plus longue et plus difficile que pour les autres temps. Ce furent d'abord quelques fêtes de saints qui servirent de point de repère pour ces dimanches. Il y eut les dimanches après la Pentecôte, après les saints Apôtres Pierre et Paul, après l'Exaltation de la Sainte Croix, après la Saint Michel. Enfin tous ces dimanches furent réunis sous le nom de dimanches après la Pentecôte. Le cycle temporal était complet.

Les deux centres du Temporal :
Le Temporal comprend deux centres ; le cycle de Noël et le cycle de Pâques qui se subdivisent eux-mêmes en temps. Le cycle de Noël comprend le temps de l'Avent, le temps de Noël et le temps après l'Épiphanie ; le cycle de Pâques comprend le temps de la Septuagésime, le Carême, le temps de la Passion, le temps pascal et le temps après la Pentecôte.
Le temps de l'Avent
Généralités

L'Avent est le temps qui précède la fête de Noël et y prépare. Il commence le dimanche le plus près de la fête de saint André (30 novembre) et comprend quatre dimanches, ce qui fait trois semaines entières et une quatrième au moins commencée.
L'Avent est ainsi appelé (du latin adventus, avènement, venue) parce qu'il représente la longue période de siècles pendant laquelle les patriarches et les prophètes ont soupiré après l'avènement du Sauveur promis, et parce qu'il nous prépare à célébrer dignement l'anniversaire de cet avènement.
Ce premier avènement du Sauveur n'est pas le seul que l'Église nous rappelle ; il y a aussi son avènement spirituel dans nos âmes par la grâce et la communion et son avènement glorieux à la fin du monde pour juger tous les hommes. Nous devons remercier le Sauveur de son premier avènement, le prier d'accomplir le second dans nos âmes et nous préparer au dernier par une vie de foi et de bonnes œuvres.
Nous chantons dans des termes brefs et frappants le triple avènement du Seigneur dans le bel hymne des Matines de l'Avent:

Premier avènement :
Tu descendis, Verbe adorable,
Du sein de ton Père éternel
Et ta naissance dans l'étable
A sauvé le monde à Noël.
Avènement de grâce :
Allume en nos cœurs ta lumière
Et brûle-les de ton amour,
Pour que méprisant la matière
Ils vivent pour toi chaque jour.
Second avènement :
Lorsque la voix, Juge sévère,
Enverra les damnés au feu
Et qu'au royaume de ton Père
S'en iront les fils de Dieu,
Des noirs tourbillons de la flamme
Daigne préserver tes enfants;
En ton ciel accueille notre âme
Parmi tes élus triomphants.
Aux Vêpres des quatre dimanches de l'Avent, l'Église nous fait chanter l'hymne Creator alme siderum qui nous montre, en Notre-Seigneur : le Sauveur et le Juge qui récompensera ceux qui auront profité de sa venue, et qui punira ceux qui l'auront rendue inutile.
Dans les offices de l'Avent, on sent l'absence de Jésus, le divin Médiateur, qui doit venir ; les collectes des quatre dimanches ne se terminent pas par la formule ordinaire : par Jésus-Christ Notre Seigneur. Elles s ‘adressent au Père ou au Verbe éternel afin de leur demander de préparer nos âmes à la venue du Rédempteur.

Tous les chants, antiennes, psaumes, hymnes, sont remplis du souvenir de la chute du premier homme et du malheureux état où se trouvait l'humanité avant la venue du Sauveur.
La première lecture des matines du 1° Dimanche contient de sévères reproches de Dieu à son peuple ; le prophète parle au peuple juif, mais c'est à nous que s'adresse l'Église. L'amour méprisé de Dieu invite le ciel et la terre à s'étonner. La leçon retentit comme un écho de la malédiction divine au paradis terrestre :
« Cieux écoutez, écoute, ô terre, car Dieu parle : J'ai nourri des enfants et les ai élevés et eux m'ont méprisé. Le bœuf connaît son maître et l'âne l'étable de son propriétaire. Mais Israël ne me connaît pas le mon peuple ne comprend pas. Malheur à toi, nation pécheresse, peuple chargé d'iniquités! Malheur à vous, race impie, fils dégénérés, qui avez abandonné le Seigneur et méprisé le Saint d' Israël! Où pourrai-je encore vous frapper, si vous continuez vos prévarications ? La tête est toute entière malade et le cœur défaillant. Depuis la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête, il n'y a rien de sain en toi. Ce n'est que coups, meurtrissures et blessures, sans pansement, sans herbe médicinale, sans huile adoucissante. Votre pays est dévasté, vos villes sont incendiées par le feu, votre sol est dévoré, sous vos yeux, par les étrangers. Il n'est resté que la fille de Sion, comme une hutte dans le vignoble, Comme une tour de garde dans un champ de concombres, comme une tour solitaire. Si le Seigneur ne nous laisse un germe, nous deviendrons comme Sodome et Gomorrhe... (Isaïe, 1, 1-9) ».
Le temps de l'Avent existait déjà en Occident dans la première moitié du V° siècle. En France, il commençait le lendemain de la fête de saint Martin (11 novembre), comprenait 6 dimanches et durait une quarantaine de jours. Il était appelé Carême de la saint Martin, car, pendant ce temps, on jeûnait trois jours par semaine (lundi, mercredi et vendredi, et plus tard, le samedi à la place du lundi) et on faisait abstinence tous les jours, excepté le dimanche. Au VIII° siècle, Rome réduisit la durée de l'Avent à quatre dimanches et ne prescrivit ni jeûne ni abstinence.
Lorsque la France adopta le rit romain, vers le IX° siècle, elle se conforma aux usages de Rome concernant l'Avent. Cependant, le Carême de la saint Martin était encore pratiqué, par dévotion, au XIII° siècle, comme on le voit dans la vie de saint Louis, roi de France, et cette pieuse coutume est conservée dans quelques ordres religieux. Les Grecs ont aussi conservé le jeûne de l'Avent, mais il est beaucoup moins rigoureux que celui du Carême.
Les Quatre-Temps sont les trois jours (mercredi, vendredi et samedi) des quatre semaines qui coïncident à peu près avec l'ouverture des quatre saisons : la 3° semaine de l'Avent pour l'hiver, la première semaine du Carême pour le printemps, la semaine de la Pentecôte pour l'été et la semaine qui suit la fête de l'Exaltation de la Sainte Croix (14 septembre) pour l'automne. Dès le milieu du III° siècle, trois temps sont déjà signalés à Rome comme étant sanctifiés par la prière, le jeûne et l'abstinence : ce sont ceux d'été, d'automne et d'hiver ; celui du Printemps n'est pas indiqué parce qu'il se confond avec le jeûne du Carême. Cette pratique ne s'étendit que peu à peu, mais au XI° siècle elle était universelle.
L'Avent est un temps de pénitence et de saints désirs : de pénitence, afin de purifier nos âmes pour la venue du Sauveur ; de saints désirs, afin d'obtenir la grâce de le bien recevoir.
La pénitence de l’Avent
L'Église manifeste son esprit de pénitence en nous rappelant, le premier dimanche, la pensée du jugement dernier, et en mettant sous nos yeux, tous les autres dimanches, les exhortations à la pénitence que saint Jean-Baptiste adressait au peuple Juif en lui annonçant la prochaine venue du Sauveur. Elle manifeste encore son esprit de pénitence, en prenant, aux offices du temps, des ornements violets ; en supprimant le Te Deum aux Matines, et le Gloria in excelsis à la Messe ; en interdisant les fleurs sur les autels et les jeux de l'orgue.
Cependant, le 3° dimanche de l'Avent, appelé Gaudete à cause du premier mot de l’Introït, la tristesse fait place à une douce joie : les fleurs parent de nouveau l'autel, on touche l'orgue à la Messe, et, lorsqu'on le peut, la couleur violette des ornements est remplacée par la couleur rose.
La seconde Leçon des matines du Samedi des Quatre-Temps soutient le courage des pénitents en exprimant les merveilles du royaume de Dieu :
« Le désert et la terre aride se réjouiront, la lande sera dans l'allégresse et fleurira comme les lis, elle germera de toute part, elle éclatera en cris de joie, la gloire du Liban lui sera donnée, ainsi que la beauté du mont du Carmel et la fertilité de la plaine de Saron. Ils verront la gloire du Seigneur, et la magnificence de notre Dieu. Fortifiez les mains défaillantes et affermissez les genoux chancelants. Dites aux craintifs : courage, n'ayez pas peur, voici votre Dieu, qui apporte vengeance et représailles. Il vient lui-même et vous sauvera. Alors les yeux des aveugles verront et les oreilles des sourds s'ouvriront. Le boiteux bondira comme un cerf et la langue des muets sera déliée, car des eaux jailliront au désert Et des torrents arroseront la lande ».
Les saints désirs de l’Avent

L'Église exprime ses saints désirs par des chants appropriés : elle conserve l'Alléluia comme cri d'espérance ; elle répète souvent le verset : Rorate coeli desuper : « Cieux, versez votre rosée et que les nuées fassent pleuvoir le Juste », et elle chante, au salut, la prose commençant par les mêmes mots ; enfin, ses désirs éclatent surtout dans le chant des grandes antiennes du Magnificat durant les sept jours qui précèdent la vigile de Noël. Ces antiennes, qui contiennent, d'après Dom Guéranger, toute la moelle de la liturgie de l'Avent, commencent par la lettre Ô et redisent les titres du Désiré des nations qui va venir.
Elles sont appelées grandes à cause des sublimes mystères qu'elles expriment et de leur solennité : on les chante debout et elles sont toujours doublées. Autrefois, dans quelques églises, on les répétait après tous les versets du Magnificat. Ces antiennes datent au moins du VIe siècle. Primitivement, il y en avait douze et on les chantait au Benedictus des Laudes. Au IX° siècle, on commença à les chanter au Magnificat des Vêpres comme aujourd'hui.
A retenir !
Quels sont les divers temps de l’année liturgique ?
Les Temps de l'Avent, de Noël, de Carême, de Pâques et de la Pentecôte.
Pourquoi la période avant Noël est-elle appelée : « Avent » ?
L'Avent est ainsi appelé (du latin adventus, avènement, venue) parce qu'il représente la longue période de siècles pendant laquelle les patriarches et les prophètes ont soupiré après l'avènement du Sauveur promis.
Pourquoi l’Eglise prévoit-elle cette longue période ?
Pour nous préparer à célébrer dignement l'anniversaire de l’avènement de notre Sauveur afin de nous ouvrir notre âme à son avènement spirituel dans nos âmes.
Que nous rappellent tous les chants de l’Eglise pendant l’Avent ?
Tous les chants sont remplis du souvenir de la chute du premier homme et du malheureux état où se trouvait l'humanité avant la venue du Sauveur.
Comment l’Eglise manifeste-t-elle son esprit de pénitence ?
Elle manifeste encore son esprit de pénitence, en prenant, aux offices du temps, des ornements violets ; en supprimant le Te Deum aux Matines, et le Gloria in excelsis à la Messe ; en interdisant les fleurs sur les autels et les jeux de l'orgue.
