Chapitre 8

Les linges sacrés et les autres objets liturgiques

Le vêtement et les linges du calice

Comme l'autel et le tabernacle, le calice à certains moments doit être « vêtu » : quand on le transporte de la sacristie à l'autel pour la messe (c'est le prêtre lui-même qui le tient à la main pour la messe basse), quand il est disposé d'avance sur la crédence, ou à l'autel, pour la messe chantée, ou quand pour la messe solennelle il est recouvert d'un voile huméral de la couleur des ornements, marqué d'une croix, et cachant complètement au moins la partie antérieure du calice.

Les linges sacrés sont ceux qui touchent directement la sainte Eucharistie : ce sont le corporal, la pale et le purificatoire.

Le corporal

Le corporal est un linge sacré que le prêtre étend sur l'autel, à l'offertoire, pour y déposer l'hostie et le calice. II est ainsi appelé parce que, après la consécration, le pain et le vin sont devenus le corps et le sang de Jésus-Christ. Le corporal est une toile blanche, de lin ou de chanvre, pour nous rappeler, par sa blancheur, le linceul blanc qui servit à ensevelir le Sauveur, et la pureté de conscience avec laquelle nous devons nous approcher de l'Agneau sans tache.

On doit toujours placer un corporal au-dessous de tout vase sacré contenant la sainte Eucharistie : le ciboire et la custode dans le tabernacle, l'ostensoir pendant l'exposition du Saint Sacrement, etc. Le corporal se plie en neuf carrés égaux ; il est recommandé de l'amidonner pour qu'il' prenne et garde aisément ces plis.

Primitivement, le corporal était la nappe d'autel ; mais dès le IV° siècle, il est mentionné à part comme linge sacré. Il était alors plus grand qu'aujourd'hui puisqu'il couvrait tout l'autel, et pouvait se rabattre sur les offrandes à consacrer. Lorsqu'on réduisit les dimensions des espèces eucharistiques, on réduisit aussi celles du corporal. Aujourd'hui il suffit qu'il puisse contenir le calice et la patène. Le pain eucharistique est déposé directement sur le corporal depuis le moment où il vient d'être offert jusqu'à la fraction.

Le corporal, avant d'être déplié sur l'autel, ou quand on l'a replié après la purification du calice, est renfermé dans une bourse de la couleur du jour ; la bourse contenant le corporal est posée sur le calice paré, et, quand le corporal est sur l'autel, elle est dressée le long du gradin du côté de l'évangile, ou posée à plat.

La pale

La pale (du latin pallium, manteau, couverture) est une double toile de lin ou de chanvre de forme carrée. Elle sert à couvrir le calice pendant le Saint Sacrifice de la Messe.

Quand le corporal fut réduit aux dimensions actuelles on sentit la nécessité d'un petit corporal supplémentaire : telle est l'origine de la pale, qui remonte au début du XIIIe siècle. La pale, qui sert aujourd'hui à recouvrir le calice pour le préserver des chutes de poussières ou d'insectes, ne se distinguait pas autrefois du corporal, c'était un coin de celui-ci que l'on relevait sur le calice, d'où l'expression caractéristique corporalis palla. Aujourd'hui la pale est indépendante du corporal ; elle forme un carré de douze à quinze centimètres de côté, en toile empesée sur une double épaisseur, que l'on entoure à volonté d'une broderie ou d'une dentelle, et que l'on décore en son milieu d'une petite croix ; l'usage français d'introduire un carton entre les deux toiles pour leur donner de la rigidité n'est pas reçu à Rome, où la pale n'a pas d'autre consistance que celle que lui prête l'emplois. Il n'est pas interdit de décorer de broderies, même riches (pourvu qu'elles ne portent aucun emblème funèbre), la partie supérieure de la pale, ni de la faire en soie ou en étoffe précieuse ; mais alors la toile de chanvre ou de lin qui touche au calice, et qui constitue la pale proprement dite, doit pouvoir être séparée de cette partie purement décorative pour être lavée, et doit être conforme aux exigences de la liturgie. La pale, comme le corporal; doit être bénite.

Quand le prêtre (ou le diacre à la messe solennelle) doit découvrir le calice, il pose la pale sur l'autel, du côté de l'épître; on la dresse souvent le long du gradin, sans dépasser le corporal ; les rubricistes préfèrent qu'on la pose à plat, et sur le voile du calice plutôt que sur le corporal ; il n'y a pas de rubrique précise sur ce point.

Le purificatoire

Le purificatoire est un linge de lin ou de chanvre, destiné à purifier le calice, le ciboire au besoin, ainsi que les lèvres et les doigts du prêtre après les ablutions.

Avant l'offertoire et à la fin de la Messe il est placé sur le calice. Après l’offertoire il est posé à droite du corporal et doit recouvrir la patène qui a été mise sous le corporal. Les purificatoires datent probablement du XIII° siècle. Les Orientaux, excepté les Syriens catholiques, n'en ont pas ; ils purifient le calice et la patène avec une éponge, en souvenir de celle dont il est parlé dans la Passion du Sauveur.

Lorsque ces trois linges sacrés ont servi pour la messe, ils ne peuvent plus être touchés par les laïques avant d'avoir été passés dans la première eau par un clerc ayant reçu le sous-diaconat. A la messe, le prêtre se sert encore d'un linge liturgique non sacré, le manuterge (du latin manus, main ; et tergo, essuyer) dont il s'essuie les doigts, au lavabo.

Vases et objets liturgiques non bénits

Les vases et objets liturgiques non bénits sont : l'encensoir et la navette, le bénitier portatif et l'aspersoir, les burettes, la clochette et les vases d'ablution.

L’encensoir

L'encensoir est le vase qui sert à brûler et à offrir l'encens dans les cérémonies liturgiques. Bien que l'encens eût été employé dans le culte mosaïque, l'Église ne l'introduisit dans sa liturgie qu'après les persécutions parce qu'il était trop caractéristique du culte païen. Souvent, en effet, on ne demandait aux chrétiens qui renonçaient à leur foi, que de faire brûler quelques grains d'encens devant les idoles.

A l'origine, l'encensoir était une cassolette sans chaînettes, aux formes variées, que les ministres portaient à la main ou faisaient brûler devant l'autel. A partir du VI° siècle, l'encensoir fut suspendu à des chaînettes, que les Orientaux garnissent de clochettes, et les formes s'harmonisèrent avec le style de chaque époque.

La navette

La navette (du latin navicula, petit bateau) est le vase destiné à contenir l'encens qui doit brûler dans l'encensoir. L'encens est une résine qui découle de certains arbres d'Orient et qui, en brûlant, répand une odeur aromatique. Encens vient du latin incensum, brûler, et a pour synonyme, dans la langue grecque, le mot thus, parfumer, qui a servi à former le mot thuriféraire ou porte-encensoir. En réunissant la signification de ces deux mots, on peut dire que l'encens est un parfum que l'on brûle en l'honneur de Dieu. L'encens que l'on fait brûler devant Dieu signifie :

  • l'adoration, par laquelle la créature s'anéantit devant son Créateur, comme l'encens se consume devant Dieu ;
  • la prière, qui s'élève devant Dieu comme la fumée de l'encens ;
  • la grâce que Dieu répand dans les âmes, comme la bonne odeur qu’exhale l’encens dans l'église.

L'Église encense les reliques, les statues et les images des saints pour adorer et remercier Dieu qui les a couronnés, et pour leur témoigner son respect et sa vénération. Elle encense ses ministres pour honorer, en leur personne, Jésus-Christ dont ils sont les représentants, et le caractère sacré dont ils sont revêtus. Elle encense également les fidèles pour honorer en eux le caractère de chrétien que leur a imprimé le baptême. Enfin, elle encense même la dépouille des fidèles défunts parce qu'ils ont été le temple du Saint-Esprit, qu'ils doivent ressusciter glorieux et jouir du bonheur du ciel, et pour prier Dieu de faire monter vers lui, comme un encens de suave odeur, les supplications qui lui sont adressées pour les défunts.

Bénitiers portatifs et burettes

Le bénitier portatif est le vase qui contient l'eau bénite pour les aspersions. Le goupillon ou aspersoir est une tige de métal terminée par une boule armée de longues soies de blaireau, ou bien percée de trous et contenant une éponge ; il sert à l'aspersion de l'eau bénite. L'aspersoir fut d'abord un rameau d'hysope ou de quelque autre plante aux feuilles touffues propres à retenir l'eau et à la répandre par gouttes. C’est en souvenir de cet ancien usage que l'évêque qui consacre une église fait les aspersions avec une branche touffue. Peu à peu l'hysope fut remplacée par le goupillon actuel, dont le nom, à cause de la touffe de poils, ou queue du renard qui le termine, viendrait de goupil, ancien nom français du renard.

Les burettes (du latin bibere, boire) sont de petits vases destinés à contenir le vin et l'eau pour la Messe. Elles sont de verre ou de cristal transparent pour permettre de distinguer facilement l'eau du vin. Elles peuvent être d'or ou d'argent à condition que la burette du vin soit marquée d'un signe particulier. Elles reposent sur un plateau qui sert de lavabo, à moins qu’un autre plateau n’ait cet usage. Les burettes sont recouvertes par le manuterge si elles n’ont pas de couvercle. L'emploi d'une petite cuillère pour verser l'eau dans le calice est autorisé.

Le vase d'ablution est le vase où le prêtre se purifie les doigts après avoir donné la communion en dehors de la Messe. Il se place, à l'autel de la Réserve, sur le gradin du côté de l'épître et doit être couvert d'un purificatoire ; Il reçoit également les ablutions aux deux premières Messes de Noël et du jour des morts, et dans le cas de binage.

A retenir !

Qu’est-ce que le corporal ?

Le corporal est un linge sacré que le prêtre étend sur l'autel, à l'offertoire, pour y déposer l'hostie et le calice. II est ainsi appelé parce que, après la consécration, le pain et le vin sont devenus le corps et le sang de Jésus-Christ.

Qu’est-ce que la pale ?

La pale (du latin pallium, manteau, couverture) est une double toile de lin ou de chanvre de forme carrée. Elle sert à couvrir le calice pendant le Saint Sacrifice de la Messe.

Qu’est-ce que le purificatoire ?

Le purificatoire est un linge de lin ou de chanvre, destiné à purifier le calice, le ciboire au besoin, ainsi que les lèvres et les doigts du prêtre après les ablutions.

Qu’est-ce que l’encensoir ?

L'encensoir est le vase qui sert à brûler et à offrir l'encens dans les cérémonies liturgiques.

Qu’est-ce que l’encens ?

L'encens est une résine qui découle de certains arbres d'Orient et qui, en brûlant, répand une odeur aromatique. L'encens est un parfum que l'on brûle en l'honneur de Dieu.

Que veut-on signifier en faisant brûles de l’encens ?

L'encens que l'on fait brûler devant Dieu signifie :

L’adoration, par laquelle la créature s'anéantit devant son Créateur, comme l’encens se consume devant Dieu ;

La prière, qui s'élève devant Dieu comme la fumée de l'encens ;

La grâce que Dieu répand dans les âmes, comme la bonne odeur qu'exhale l'encens dans l'église.

Qu’est-ce que la navette ?

La navette (du latin navicula, petit bateau) est le vase destiné à contenir l'encens qui doit brûler dans l'encensoir.

Qu’est-ce que le goupillon ?

Le goupillon est une tige de métal terminée par une boule armée de longues soies de blaireau, on bien percée de trous et contenant une éponge ; il sert à l'aspersion de l'eau bénite.

Qu’est-ce que les burettes ?

Les burettes (du latin bibere, boire) sont de petits vases destinés à contenir le vin et l'eau pour la Messe.