Les accessoires de l’autel
La croix de l'autel

Histoire de l'usage des croix d'autel : En principe, il semble qu'on ne devrait placer sur l'autel que la matière même du sacrifice, l'hostie et le vin dans le calice. C'est la pratique que l'on trouve le plus anciennement observée, et rigoureusement ; tellement que la patène elle-même n'est déposée sur la table eucharistique qu'au moment précis où elle est nécessaire pour la fraction du pain : usage que l'on garde encore de nos jours à la messe solennelle.
Cependant certains objets, à cause de leur caractère sacré, et d'une certaine relation intime avec le Corps du Christ, prennent place, peu à peu, sur l'autel. Au IX° siècle, on y admet l'évangéliaire, des reliques, la pyxide contenant la sainte Réserve. Plus tard on y voit le missel, ou ce qui en tient lieu. La croix et les chandeliers, portés en tête de la procession à l'entrée du célébrant, sont tenus ou déposés derrière l'autel ou sur les côtés : la croix et les cierges accompagnent alors le prêtre à l'autel à peu près comme, nous le voyons faire encore auprès du catafalque à l'absoute pour les défunts. Puis la croix, ou les cierges, enfin la croix avec les cierges, sont placés, pour la messe, sur l'autel même : les messes privées ont dû exiger cette mesure. On en vint à laisser la croix et les cierges à demeure sur l'autel.
Les plus anciennes de ces croix paraissent en effet avoir servi à plusieurs fins. Le bras inférieur se terminait par une tige qui permettait de les fixer soit dans un trou pratiqué sur l'autel même, soit sur un pied spécialement fabriqué pour cet usage, soit encore au sommet d'une hampe. On trouva ensuite plus commode ou plus convenable d'avoir des croix d'autel à support permanent, et au XIII° siècle cet usage se répandit pour devenir général aux siècles suivants. Telle est, dans ses grandes lignes, l'évolution de cet usage, que les rubriques du Missel ont définitivement imposé : « Au milieu de l'autel on place la croix ».

Les dimensions de la croix d'autel : Bien que la loi ne soit pas ici de la plus extrême gravité, il faut cependant l'observer soigneusement et s'attacher surtout à en bien comprendre l'esprit. Le texte du Cérémonial des évêques est très précieux à ce point de vue. La croix de l'autel, y lisons-nous, doit être grande, « hautement dressée », de telle sorte, explique-t-on ailleurs, qu'elle soit non seulement vue du célébrant, mais aperçue du peuple. Elle ne doit donc pas faire figure d'accessoire secondaire, ni être un simple motif de décoration dans l'architecture d'un retable. Elle doit avoir, si l'on peut dire, sa personnalité, s'imposer, dominer : « C'est violer les lois de l'Eglise, écrit Benoît XIV, que de mettre seulement un petit Crucifix devant une statue ou un tableau ». Pour fournir un élément d'appréciation, sans préjudice des sens symboliques, le Cérémonial des évêques indique que le pied de la croix, à lui seul, doit égaler la hauteur des deux plus grands chandeliers de l'autel.
Des instructions pontificales ont donné des mesures plus précises et fixé à trente centimètres au minimum, pour les moindres autels, la hauteur de l'image du crucifix, sans compter le pied. On considérera donc comme des fautes véritables, et à plus d'un titre, telle ou telle des dispositions qu'ont trop facilement acceptées les artistes du dernier siècle : par exemple, des chandeliers gigantesques et une pauvre petite croix qu'on aperçoit à peine ; ou encore, au centre d'un autel, à la place de la croix, une statue monumentale qui attire les regards. Elle gardera l'aspect traditionnel d'une pièce portative, et non pas monumentale (ce qui ressort de tout ce qu'on a dit dans le présent article) ; enfin qu'elle sera toujours une pièce relativement riche, d'un travail soigné, surpassant en valeur artistique les autres objets qui l'environnent sur l'autel, chandeliers, statuettes, reliquaires.

On sait que la croix de l'autel demeure voilée depuis le dimanche de la Passion jusqu'au vendredi saint. Hors de ce temps, elle doit toujours être découverte et visible. C'est vers la croix que se font les salutations ou génuflexions prescrites par diverses rubriques par révérence pour l'autel. Il est admis que la présence d'un grand Crucifix peint ou sculpté immédiatement derrière l'autel dispense de placer la croix sur l'autel. Mais on comprend bien que c'est là une exception, dont la discrétion liturgique ne s'accommode pas facilement, et qui ne doit pas passer en règle. La croix de l'autel peut être bénite, sans solennité, par tout prêtre ; mais cela n'est pas nécessaire.
Le luminaire

Le symbolisme du luminaire : Le luminaire est un des éléments importants de la décoration liturgique. La lumière, « qui chasse les terreurs nocturnes », est employée en signe de joie. Devant les personnes ou les objets, elle est, dès l'antiquité, un témoignage de respect, une marque d'honneur. La flamme symbolise l'ardeur, la charité, la grâce. Elle signifie la foi, « l'espérance des peuples ». Elle représente, à sa façon, le Christ : elle est « le type de cette lumière sans laquelle en plein jour nous marchons à tâtons ». C'est autour de l'autel surtout que les lumières ont leur place.
Le matériel lumineux : Il ne peut être question, pour le luminaire strictement liturgique, d'employer le gaz ou l'électricité : les rubriques, et de nombreux décrets qui les confirment, formulent sur ce point des prescriptions impérieuses. L'électricité, qui rend de grands services pour l'éclairage des églises et permet les plus heureuses combinaisons, favorables d'ailleurs à la vie liturgique, ne répond aucunement aux exigences symboliques qu'impose une longue tradition. Le luminaire liturgique comprend les cierges et les lampes.
Les cierges doivent être de véritable cire, non de suif ou de toute autre matière. Leur présence en effet a une raison symbolique : la cire, substance très pure, formée par les abeilles avec le suc des fleurs est l'emblème du corps virginal du Sauveur ; la mèche peut être comparée à son âme et la flamme à sa divinité parce qu'elle projette une vive lumière, la Lumière du monde, au milieu des ténèbres.
Des lampes peuvent brûler devant tous les autels, les statues et les images des saints ; mais il est obligatoire qu'une lampe au moins soit allumée devant l'autel du Très Saint Sacrement. Cette lampe doit être alimentée d'huile d'olive, dont la lumière est très pure et très vive. Parce qu'extraite de l'olivier, cette substance symbolise la paix et la bonté. On peut dire qu'elle rappelle l'étoile des mages au-dessus de la grotte de l'Enfant-Dieu à Bethléem ; mais elle vaut surtout par le sacrifice qu'elle représente : l'huile se consume en présence de Dieu. L'évêque peut toutefois autoriser les églises pauvres à utiliser d'autres huiles, autant que possible végétales. En cas de pauvreté, ou en d'autres circonstances malheureuses, on tolère, pour les lampes liturgiques, au lieu de l'huile d'olives, d'autres huiles, végétales d'abord, ou minérales ; enfin, et seulement en désespoir de cause, d'autres lumières.
Les chandeliers de l'autel
Le nombre des chandeliers : Le nombre des chandeliers à placer sur l'autel est fixé par les rubriques : deux, quatre ou six, jamais plus. L'évêque seul a droit à un septième chandelier. Par conséquent, tout cierge, toute lumière, placée sur l'autel en surplus de ce nombre, sont contraires au bon ordre et altèrent gravement le symbolisme. De même, une illumination de bougies ou de lampes électriques sur l'autel offusque les cierges et leur enlève toute signification :
- Pour la messe basse, on n'allume que deux cierges ;
- Pour la messe chantée sans ministres sacrés, ou pour la Messe privée d'un évêque ou d'un cardinal, on en allume quatre ;
- Pour la messe solennelle avec diacre et sous-diacre, on en allume six ;
- Pour la Messe pontificale de l'évêque célébrant dans son diocèse, et pour lui seul, on allume sept cierges, qui représentent à la fois la plénitude du sacerdoce et celle des dons du Saint-Esprit que possède l'évêque.

Il n'y a que deux dispositions admises par les rubriques : ou les cierges montent vers la croix, ou ils se maintiennent à une hauteur égale. La ligne des flammes doit être ascendante ou horizontale. Une ligne courbe quelconque, une ligne descendante des côtés vers le centre, sont inadmissibles. Une disposition en triangle, notamment, n'aurait pas de sens à cet endroit.
Leur forme et leur place : Les chandeliers ne paraissent pas sur l'autel avant la période carolingienne, avons-nous déjà dit. Jusqu'au début du gothique on leur donna une forme trapue qui en assurait la stabilité, ils reposent alors le plus souvent sur trois pieds ; leur tige s'orne d'un nœud et supporte une large cuvette ou une bobèche destinée à recevoir la cire ; au centre s'élève une pointe sur laquelle on fichera le cierge. Au XIII° siècle, la hauteur s'accentue ; souvent la tige s'allonge et s'orne de plusieurs nœuds. Enfin, à partir de la Renaissance, le décor se complique et alourdit la forme générale.
Les chandeliers sont donc placés sur l'autel. Non pas autour, ni accrochés au mur, au gradin ; sur l'autel même, in planitie altaris, et non sur le retable. Les auteurs font justement observer que si l'on met un gradin sur l'autel, ce doit être tout près de son bord postérieur et réellement sur l'autel même, non derrière et que les chandeliers ne doivent pas paraître hors de l'autel, mais dessus. Au reste, cela ressort clairement des rubriques du Missel et du Cérémonial des évêques. On devrait même mettre les chandeliers sur la nappe : ce qu'on évite pourtant par souci de propreté.
Les canons d'autel

Les Canon d’autel sont de modestes tableaux destinés à faciliter au prêtre la récitation de certaines prières du missel. Seul celui du milieu, placé au pied de la croix, est prescrit. Il contient les prières ordinaires de l'offertoire, le Gloria, le Credo et les formules de la consécration. Généralement on en met deux autres sur l'autel : l'un, où se trouve le psaume Lavabo, du côté de l'épître ; l'autre, où se trouve l'Evangile de Saint Jean, du côté de l'Evangile. Ils doivent être enlevés après les messes, comme le missel et son pupitre.
Le tabernacle

L'usage des tabernacles est relativement récent. Il date de la fin du XVI° siècle. Auparavant les saintes Espèces étaient conservées, en faveur des malades et des prisonniers, soit dans de modestes niches creusées dans le mur de l'abside ou du sanctuaire, soit dans une tour eucharistique, soit dans une colombe.

Aujourd'hui le tabernacle ne peut être placé qu'au milieu d'un autel et scellé. Un seul suffit d'ailleurs par église, car on ne peut conserver la sainte Réserve qu'en un seul endroit à la fois. Le tabernacle n'est pas le complément indispensable de l'autel. Sa forme traditionnelle est une tente, mais les artistes sont libres d'adopter toute autre forme. Il doit fermer à clef et être entièrement clos. L'intérieur doit être revêtu de plaques dorées ou au moins de soie blanche. Un voile de soie ou conopée doit obligatoirement l'envelopper de toutes parts, ou au moins en couvrir la porte. Aucune décoration, même précieuse, ne peut en dispenser. Le tabernacle ne doit recevoir que le corporal, le ciboire et la custode, à l'exclusion de tout autre objet. On ne doit rien placer au-dessus, sinon la croix, et absolument rien devant sa porte : ni statues, ni images, ni reliques, ni candélabres, ni vases de fleurs.
Nappes d'autel et nappe de communion

L'autel doit être recouvert de trois nappes de chanvre ou de lin, bénites par un évêque ou par un prêtre qui en a reçu le pouvoir. La nappe supérieure doit être plus longue et descendre de chaque côté jusqu'à terre. Les deux autres sont plus courtes, et peuvent être remplacées par une seule pliée en deux. Le bord antérieur de la nappe supérieure peut avoir des dentelles ou des ornements brodés qui bordent l'autel et forment comme une couronne. Hors le temps de la messe, de l'exposition ou du Salut du Saint Sacrement, ou de l’'encensement de l'autel au Magnificat des Vêpres (éventuellement au Benedictus de Laudes), l'autel doit être recouvert d'un tapis, dont la couleur n'est pas indiquée par les rubriques.
L'Église veut que l'autel soit couvert de trois nappes :
- afin d'arrêter sur le linge, plus facile à purifier, le précieux sang qui viendrait à se répandre ;
- parce que l'autel est la table du Seigneur, sur laquelle sont servis les mets les plus délicieux ;
- pour rappeler les linceuls dont le corps du Sauveur fut enveloppé ;
- pour honorer les trois personnes de la Sainte-Trinité et rappeler les trois jours que Notre-Seigneur passa dans le tombeau.

Si la partie antérieure de l'autel n'est pas de marbre ou suffisamment ornée, on doit y mettre un parement de la couleur du jour. Ce devant d'autel, nommé antipendium, rappelle le mystère du jour ou le saint en l'honneur duquel se célèbre la Messe, et achève d'envelopper l'autel où Jésus-Christ, maintenant invisible au monde, se manifeste seulement en la personne de ses membres.
Pour les fidèles, la nappe de communion remplace la nappe d'autel, Elle servirait à recueillir la sainte Hostie si elle venait à s'échapper des doigts du prêtre ou des lèvres du communiant. Les rubriques n'indiquent pas la matière de cette nappe. Elle est parfois remplacée ou complétée par le plateau de communion.

Retable :
Le retable (du latin re, abréviation de retro, arrière ; et de tabula, table) est une paroi, ornée de bas-reliefs ou de peintures, qui se trouve parfois derrière l'autel. Peu élevé au XII° siècle où il commença à paraître, il formait alors seulement la paroi antérieure des gradins destinés à supporter les candélabres et la décoration de l'autel. A partir du XVI° siècle, le retable prit d'énormes proportions et devint tout un monument de niches, de statues, de colonnes, encadrant généralement un grand tableau du crucifiement, ou du titulaire de l'église. Ces retables devenant de proportions démesurées, l'autel proprement dit ne parait plus qu'un accessoire alors qu'il est l'essentiel.
Crédence


Dans le sanctuaire du Tabernacle d'Israël, se trouvait une table, sur laquelle on plaçait chaque samedi douze pains faits de fleur de farine et recouverts d'encens. On les mettait en deux monceaux de six pains chacun. Cette table des pains de proposition était d'acacia, recouvert de lames d'or. Dans le sanctuaire de nos églises se trouve aussi une table de qu'on appelle la crédence. Elle est toujours située du côté de l'épître. On y dépose les objets nécessaires aux offices liturgiques, et en particulier le vin et l'eau destinés au Saint Sacrifice.
Pour la messe basse il suffit que la crédence puisse recevoir les burettes, la clochette, le plateau de communion. Pour la messe solennelle il faut une plus grande crédence, recouverte entièrement d'une nappe blanche. Outre les objets précédents on doit y placer le calice garni, le livre des épîtres, le livre des Evangiles et les chandeliers des acolytes.
Autour de l’autel
Les marches de l'autel

Un autel, selon l'étymologie, altare, est toujours une construction élevée. De fait, nos autels sont portés par des degrés, en nombre impair, à une certaine hauteur au-dessus du pavement environnant. Non seulement la table, mais la base elle-même est élevée. On monte au moins par un degré. Selon tous les rubricistes, l'autel principal a trois marches. Trois, ni plus ni moins : c'est la bonne règle et l'usage général, en vue de la commodité et des heureuses proportions. Un plus grand nombre de marches n'est pas défendu ; mais il rend les cérémonies pénibles à exécuter et pénibles à voir. Aussi, bien qu'aucune loi ne consacre formellement le nombre trois, c'est à ce chiffre qu'il convient de s'arrêter. Si donc on veut que l'autel apparaisse à une hauteur assez notable au-dessus du niveau de la nef où se tiennent les fidèles, il faut ménager des marches en nombre suffisant à l'entrée du chœur et du sanctuaire, au lieu de surélever l'autel lui-même d'une manière disgracieuse au-dessus du sanctuaire. Ici, comme en toute conception de décor liturgique, la discrétion et les facilités de l'usage sont les meilleures règles du goût.
Le degré supérieur forme palier, ou marchepied, devant la table de l'autel. Ce palier doit être assez large, d'avant en arrière, pour donner libre jeu aux cérémonies qui doivent s'y passer. On doit pouvoir, par exemple, y placer commodément un siège, où s'assiéra le célébrant : soit le prêtre pour prêcher, s'il le veut, soit l'évêque pour de nombreuses fonctions décrites par le Pontifical. Aux autels moins importants, où ne se célèbrent pas, de fonctions solennelles, on calculera la largeur du palier de telle sorte que le prêtre puisse au moins faire aisément la génuflexion, sans que le pied glisse sur les marches.
Le tapis sur les marches de l'autel : Les degrés par où l'on monte à l'autel, ou au moins le palier supérieur, doivent être, pour la messe et pour les autres offices qu'on célèbre à cet autel, recouverts d'un tapis. Ce tapis, pour le maître-autel, aux jours de fête, doit être « ample et riche », de bonne qualité, de beau travail. Ailleurs, et aux jours ordinaires, on peut employer un tapis plus simple. La couleur de ce tapis n'est pas indiquée ; mais elle doit trancher sur la couleur verte du tapis qui couvre le sanctuaire.
Si les marches étaient de marbre précieux et le palier de carreaux décoratifs, un tapis serait encore nécessaire en vue de la propreté et à cause du froid. Même moralement, la pierre est froide, et le sens liturgique ne s'accommode guère de cet aspect glacé. Le tapis de laine est donc la décoration logique des marches de l'autel.
Baldaquin

C'est un principe que tout autel doit toujours être protégé par-dessus contre tout accident matériel, même léger. D'autre part, lieu noble entre tous, siège de la Divinité, image du Christ, l'autel doit être signalé aux regards, et abrité royalement. Les rubriques indiquent comme normal, à cet effet, l'usage du baldaquin.
Originairement, le « baldaquin » est une sorte d'étoffe précieuse venue d'Orient, tissée de soie et d'or. On voit d'abord cette étoffe recouvrir les trésors, les reliques ; puis on la trouve étendue, dressée sur des hastes (de là le dais) ou suspendue au-dessus des objets et des personnages honorables. Normalement, selon les rubriques, on suspend un baldaquin au-dessus de l'autel et au-dessus du trône de l'évêque.
Le Cérémonial des évêques précise que le baldaquin doit être tendu en carré. Cette prescription condamne les formes circulaires, et autres, plus agréables à l'œil, selon certains goûts, mais qui ont quelque chose de mondain, de capricieux et d'indiscret. Le sens liturgique réclame plus de sérieux. Les festons, les écailles, les « draperies » ne sont pas ici de mise. Le baldaquin doit couvrir l'autel et le palier où se tiennent le célébrant et ses ministres. Si le baldaquin est d'étoffe de couleur, comme on le suppose, cette couleur sera, autant que possible, celle qui convient à la fête, c'est-à-dire une des couleurs liturgiques, selon le cas. D'où l'on conclura que le baldaquin doit être relativement léger et facilement accessible.
Régulièrement, tous les autels devraient avoir leur baldaquin. En un cas cependant, le baldaquin perd sa raison d'être : c'est quand l'autel, séparé de la muraille, est abrité sous un « ciborium » de pierre ou de marbre. Notons, en passant, qu'on ne suppose pas qu'un « ciborium » puisse adhérer à une muraille ; on n'ajoute pas de tentures au « ciborium », mais on le décore de fleurs et de feuillages ; on y suspend aussi des lumières. Le « ciborium », qui eut une vogue considérable dès le IV° siècle, est certainement préférable au baldaquin, qui n'en est que comme une suppléance et un diminutif moins heureux.
Enfin les auteurs admettent, avec assez de logique, que le principe qui veut que l'autel soit couvert est sauf, et plus que sauf, quand l'autel se trouve sous une voûte de pierre. En pratique, il semble donc qu'on devrait surmonter d'un baldaquin ou d'un « ciborium » tout autel où un évêque célèbre pontificalement, quand le trône épiscopal est muni, comme il doit l'être, de son baldaquin.
Derrière l'autel : si l'autel est adossé à la paroi, ou presque, et que le mur lui fasse nécessairement un « fond », il faut que ce fond soit toujours digne de l'autel et qu'aux jours de fête il soit riche. La paroi peut être décorée déjà : mosaïque, fresque, tableau, vitrail ; alors tout est bien. Mais si le mur est nu, ou médiocrement peint, ou dégradé, alors il faut l'orner, pour l'honneur de l'autel, d'une tenture, qui, aux jours de fête, sera plus distinguée et plus précieuse que toutes les autres tentures employées ailleurs, et portera eu broderie des sujets religieux adaptés aux circonstances. On voit combien une telle décoration peut être riche ; le principal avantage qu'elle offre, pour le sens liturgique, c'est de pouvoir varier avec les fêtes.
Les sièges liturgiques


Le trône est le siège fixe de l'Evêque. Il est placé soit au fond de l'abside, soit du côté de l'Evangile, suivant la disposition de l'autel et du chœur. Le faldistoire ou petit fauteuil est le siège mobile de l'Evêque et celui des prélats qui ne célèbrent pas au trône. Le faldistoire donc est un siège originairement pliant, dont les pieds sont en forme d’X, avec accoudoirs, mais sans aucun dossier. C'est un siège mobile, au contraire de la cathedra. II se place, selon les cas, soit sur le pavement du sanctuaire, du côté de l'épître (et l'évêque alors s'y assied en tournant le dos à l'autel) soit sur le marchepied de l'autel, au milieu. On le place aussi devant l'évêque agenouillé, pour qu'il s'y appuie. Le faldistoire est drapé de soie, de la couleur de la fête.

Les bancs
Le célébrant et ses ministres font usage d'une banquette, ou banc à dossier bas et sans accoudoir, toujours placée du côté de l'épître. Deux bancs analogues, sans dossier, ou des tabourets, servent aux chapiers des Vêpres. Les clercs servants ou les enfants de chœur s'assoient sur des tabourets en bois ou escabeaux. On peut augmenter le nombre des places du chœur par des bancs.

L'ambon est une sorte de tribune, où l'on monte par plusieurs degrés. Le palier en est fermé, au moins sur trois côtés, par des garde-corps; la face tournée vers les fidèles. Il peut s'achever par le haut en forme de pupitre. Le Cérémonial des évêques suppose (et c'est en effet ce qu'on voit à présent) qu'il y a deux ambons, un pour l'épître et un pour l'évangile. Ces ambons se trouvent entre le chœur et la nef, se faisant pendant de chaque côté, à droite et à gauche dans les anciennes basiliques.

La chaire :
Son origine : selon les rubriques, l'évêque, pour prêcher, se tient à son trône, et le prêtre sur le marchepied de l'autel. Ou, si c'est nécessaire, ils vont à l'ambon. A défaut d'ambon, les anciens avaient sans doute des chaires mobiles, qu'on appellerait aussi bien « ambons mobiles ».
Les chaires fixes, plus ou moins monumentales, n'apparaissent dans les églises que progressivement, surtout vers la fin du moyen âge. La chaire à prêcher ne devient un monument quasi nécessaire du mobilier d'église qu'à une époque relativement moderne. En fait, la chaire n'est que l'ambon dédoublé ou déplacé. Pour quelles raisons ? D'abord sans doute, à cause des vastes dimensions de certaines églises ; en même temps, à cause de l'usage assez fréquent, vers la fin du moyen âge, de prêcher dans les églises hors de la messe et d'y assembler des foules autour d'un prédicateur réputé.
A retenir !
Pourquoi une croix sur l'autel ?
Pour nous rappeler que le sacrifice de la Messe est le renouvellement du sacrifice de la Croix.
Quel est le luminaire qui se trouve sur l'autel ?
Le luminaire liturgique comprend les cierges et les lampes.
Combien y a-t-il de canons d'autel, que contiennent-ils ?
Les Canon d’autel sont de modestes tableaux destinés à faciliter au prêtre la récitation de certaines prières du missel. Ils sont au nombre de trois.
Combien y a-t-il de nappes sur l’autel ?
L'autel doit être recouvert de trois nappes de chanvre ou de lin.
A quoi sert la nappe de communion ?
Pour les fidèles, la nappe de communion remplace la nappe d'autel, elle servirait à recueillir la sainte Hostie si elle venait à s'échapper des doigts du prêtre ou des lèvres du communiant.
Qu'y a-t-il à droite de l'autel ? A quoi cela sert-il ?
Dans le sanctuaire de nos églises se trouve une table de qu'on appelle la crédence. Elle est toujours située du côté de l'épître.
Pour la messe basse il suffit que la crédence puisse recevoir les burettes, la clochette, le plateau de communion. Pour la messe solennelle il faut une plus grande crédence, recouverte entièrement d'une nappe blanche. Outre les objets précédents on doit y placer le calice garni, le livre des épîtres, le livre des Evangiles et les chandeliers des acolytes.
Combien de marches doit-il y avoir pour monter à l'autel ?
On monte à l’autel au moins par un degré. L'autel principal a trois marches.
Qu’est-ce que le baldaquin?
Un baldaquin est un ouvrage de tapisserie que l’on dresse au-dessus d’un autel ou du trône de l’évêque.
Qu’est-ce que le trône de l’Evêque?
Le Trône est le siège fixe de l'Evêque. Il est placé soit au fond de l'abside, soit du côté de l'Evangile, suivant la disposition de l'autel et du chœur.
Qu’est-ce que le Faldistoire?
Le Faldistoire ou petit fauteuil est le siège mobile de l'Evêque et celui des prélats qui ne célèbrent pas au trône.
Qu’est-ce que la chaire?
La Chaire est une tribune élevée du haut de laquelle un prédicateur adresse aux fidèles ses instructions et ses enseignements.
