Les vases sacrés sont ceux qui servent plus ou moins directement au sacrifice de la messe et au sacrement de l'eucharistie. Le calice et la patène sont les plus anciens en même temps que les plus essentiels ; mais au cours des siècles l'usage en a introduit quelques autres : le ciboire, l'ostensoir ou monstrance, les plats ou coupes d'offrande, les burettes et bassins de lavabo. Les vases sacrés sont ceux qui servent spécialement à célébrer la Sainte Messe (calice et patène) ou à conserver les saintes Hosties (ciboire, custode et lunule).
Le calice


Le calice, à la messe, contient le vin qui devient le Précieux Sang à la consécration. Il se compose d'une coupe, d'un nœud et d'un pied. La patène, sorte de petit plat, qui sert à l’oblation de la grande hostie à l’offertoire de la messe, à recevoir la grande hostie après la consécration avant la communion du prêtre et à recueillir les parcelles Eucharistiques. Ils sont tous les deux consacrés par l'évêque. Ils perdent leur consécration s'ils perdent leur forme ou ne peuvent plus servir à la messe ou encore s'ils sont employés à des usages profanes ou exposés en vente publique.
Histoire des calices
Forme et histoire des calices : Ces deux notions sont inséparables l'une de l'autre. La forme a varié au cours des siècles et sert à dater les calices anciens qui nous sont parvenus. Ceux-ci se composent en général d'une coupe ronde, soutenue par une tige ornée d'un nœud et fixée à un pied ; ils sont parfois munis de deux anses. On peut séparer l’histoire des calices en trois grandes périodes :

Des origines à la paix de l'Église : A l’origine, le terme calix désignait un vase à boire, sorte de coupe de forme circulaire et d'ouverture large, soutenue par un pied, et munie ou non d'anses. La similitude qui existait entre les premiers calices et les vases rituels juifs, tels que nous les représentent les monnaies juives du temps d'Alexandre. Ces vases étaient de toutes les matières : or, argent, bronze et, surtout à partir d'Auguste, le plus souvent en verre. En fait, de toute cette période, nous ne possédons aucun calice dont l'usage eucharistique soit certain. Mais sur la fresque de la Fractio Panis qui orne la chapelle grecque du cimetière de Priscille (II° siècle), on voit un calice qui possède une forme très simple, comme tous ceux qui servaient évidemment aux repas habituels.

Des textes de saint Irénée (II° siècle) et de Tertullien (vers 220) nous permettent de croire qu'à cette époque les calices chrétiens étaient en verre, avec un fond gravé ou peint, souvent à l'effigie du Bon Pasteur. Urbain Ier (222-230) voulut que les vases sacrés fussent en argent. Dès lors l'emploi du métal semble avoir été fréquent.
De la paix de l'Eglise à l'époque romane : L'Eglise, officiellement reconnue à partir de Constantin, va recevoir des dons riches et nombreux. Les inventaires recueillis par le Liber Pontificalis, et surtout la liste des cadeaux offerts par Constantin, peuvent en donner une idée. Cet empereur, par exemple, donne à Saint-Jean de Latran 40 calices sacerdotaux en or pur, du poids d'une livre chacun, et 30 petits calices ministériels de deux livres chacun ; à Saint-Pierre du Vatican, trois calices d'or décorés chacun de 45 émeraudes et hyacinthes, pesant 12 livres l'un, et 20 calices d'argent du poids de deux livres ; et ainsi de suite pour de nombreuses églises de Rome et de l'empire. Nous pouvons remarquer que les calices, désormais, sont le plus souvent en métal, surtout en métal précieux, décorés de gemmes, et que le poids moyen du calice ministériel est de deux livres, soit environ 670 grammes. Pour peu que les grands romains aient imité la générosité impériale, on peut voir quelle était la richesse des trésors liturgiques. Ils étaient même trop riches, car nous trouvons à partir de cette époque la mention de vols et de pillages fréquents, auxquels s'ajoutent les violences des hérétiques et aussi la générosité des évêques, qui monnayaient ces trésors en vue d'œuvres de charité.

Avec les invasions, les dons aux églises deviennent moins nombreux et moins riches. L'or est plus rare. Célestin Ier (422-432) offre par exemple cinq petits calices d'argent de trois livres chacun à la basilique Julienne, et Sixte III (432-440) donne à Sainte-Marie-Majeure deux calices ministériels d'or d'une livre et 10 d'argent du poids de 3 livres.
Diverses sortes de calices
Calices pour l'usage eucharistique : Comme nous l’avons dit, dans l'antiquité le mot calix désignait un vase à boire. Quand il fut devenu calice eucharistique, c'est-à-dire destiné à contenir le corps du Christ sous l'espace du vin, le terme a pris diverses acceptions qui répondent à des usages parfois un peu différents. Le calice sacerdotal, calix minor ou sanctus, est celui qui sert seulement au prêtre.

Calices destinés à d'autres usages : Il arrive que, dans les sépultures de prêtres ou d'évêques du moyen âge, on trouve des calices d'étain ou de plomb. Ce sont des vases funéraires destinés à rappeler la dignité du défunt, en même temps qu'à éviter les risques d'un vol sacrilège. Mais on enterra parfois avec le défunt des vases usuels. Un usage que le Liber Pontificalis nous indique comme particulièrement fréquent à l'époque carolingienne consistait à suspendre des calices en divers lieux de l'église ou à en placer sur l'autel pour l'orner. Les calices ont servi à des usages très variés, plus ou moins proches de leur but normal. Nous voyons que des calices d'offertoire servaient à recevoir le vin donné par les fidèles, rite conservé dans la liturgie ambrosienne pour la messe pontificale. On sait aussi que le pape prend les ablutions dans un vase différent de celui dans lequel il communie.

Dans la liturgie arménienne, un calice tient lieu de patène. Disons encore que ces vases ont servi à quêter (le concile de Trêves y mit bon ordre en 1310), à faire le saint chrême, à contenir le sel pour l'eau bénite, à recevoir les bulletins de vote des cardinaux lors de l'élection papale.
La patène
Les premières patènes

La patène, patena, patina (discos en Orient), était à l'origine un plat circulaire, peu profond, destiné à contenir les aliments. Sa forme la désignait tout naturellement pour recevoir le pain de l'eucharistie. Il est vraisemblable que la patène fut employée en même temps que le calice dès l'origine du christianisme. La liturgie de Saint Jacques et l’Ordo Romanus I en parlent. Le premier texte qui la mentionne est la notice du Liber Pontificalis par laquelle nous voyons que le pape Zéphyrin (199-217) en réglementa la destination ; mais le texte ne dit pas qu’il fut le premier à s’en servir.
Diverses sortes de patènes

Il y eut, par exemple, des patènes eucharistiques, ministérielles et personnelles, les unes servant à administrer l’eucharistie aux fidèles, les autres réservées aux prêtres. (Il ne faut pas les confondre avec les offertoria, grands plats destinés à recevoir l’offrande des fidèles). On vit aussi des patènes chrismales, faites pour contenir le saint chrême qui sert au baptême et à la confirmation (saint Sylvestre en donna une en argent, cerclée d'or, pesant 5 livres), des patènes d'ornement et d'autres individuelles.

Ces plats furent en général de même matière que les calices auxquels ils correspondaient. Ceux dont parle le pape Zéphyrin étaient en verre, et Urbain Ier les voulut en métal précieux ; mais les textes parlent de patènes en cuivre, en étain, ivoire, onyx et bien d'autres matières.
Formes diverses et dimensions
La forme des patènes n'a que peu varié ; ce furent toujours des plats circulaires, peu profonds, à bords aplatis ; ce type parait s'être imposé à de rares exceptions près. Nous lisons dans le Liber Pontificalis que le pape Grégoire IV (827-844) donna à l'église Saint-Mare une patène octogonale. Enfin quelques rares patènes eurent des anses. Le prêtre pouvait la tenir par un anneau à son doigt, appuyée contre le ciboire, de telle sorte qu'au moment de la communion elle se trouvait placée sous le menton du fidèle et recevait, si besoin était, les fragments de pain consacré qui auraient pu tomber.


Les dimensions et la richesse des patènes varièrent suivant les circonstances et le temps. Il était naturel qu'elles fussent grandes à une époque où les pains eucharistiques, les mêmes que ceux de la vie courante, prenaient beaucoup de place ; mais lorsqu'aux pains ronds et épais que nous représentent les figurations anciennes succédèrent les hosties plates, il fallut des patènes plus petites. Les fers à hosties, d'invention antérieure, paraissent s'être répandus à l'époque carolingienne ; les patènes diminuèrent de grandeur à ce moment. D'après les inventaires du Liber Pontificalis, il semble que, dans les services de vaisselle liturgique, il y ait souvent eu ou une seule patène, ou bien plusieurs de rechange, et, en ce cas, l'une d'elles était plus belle que les autres. On parlait cependant toujours de calix cum patena, bien que beaucoup de calices de ce temps nous soient parvenus sans leur patène.
Le ciboire
Généralités

Le ciboire (du latin cibus, aliment) avons-nous dit, est destiné à conserver les saintes Hosties pour la communion des fidèles. L'intérieur de sa coupe doit être d'or ou d'argent doré mais la coupe elle-même peut être de tout autre métal convenable et solide. Il doit être béni par l'Evêque ou son délégué. Il est fermé par un couvercle, surmonté d'une croix et recouvert d'une étoffe de soie blanche, le pavillon, s’il contient des hosties consacrées. Pour porter la communion aux malades, le prêtre se sert d'un très petit ciboire, la custode (du latin custodia, garde).
Histoire du ciboire

La forme de ce vase fut très variée. D'abord, semble-t-il, il avait celle d'une colombe, puis d'une pyxide (sorte de petite boite décorée) placée dans une tour eucharistique. Au XV° siècle les ciboires furent une coupe à pied, un peu analogue à celle du calice mais munie d'un couvercle. C'est vers cette époque que le terme ciboire fut employé.

L'usage du ciboire remonte aux premiers temps de l'Église, car, dès l'origine, on conserva la sainte Hostie pour l'usage des malades. Le ciboire ancien avait la forme soit d'une boite, soit d'une colombe appelée colombe eucharistique, soit d'une tour surmontée ou non d'une colombe. La colombe signifiait l'amour de Dieu pour sa créature, et l'innocence exigée pour la réception du Dieu de toute pureté ; la tour exprimait la captivité à laquelle se réduit le Sauveur pour l'amour de nous et le refuge assuré que nous trouvons en lui.

Ces ciboires étaient suspendus sous le ciborium ou bien à une crosse fixée à l'autel et couverts d'un pavillon qui s'est conservé pour nos ciboires modernes. Chez les Grecs, la sainte réserve est conservée dans la colombe eucharistique, sans pavillon, suspendue au ciborium par des chaînes ou bien dans de petits tabernacles mobiles ayant la forme de reliquaires ou d'églises.
Règles liturgiques

Toute matière solide et convenable est aujourd'hui autorisée, à l'exception du verre et de l'ivoire. Le fer, le plomb, le bois et le carton romain sont à écarter comme fragiles ou peu convenables. En tout cas l'intérieur de la coupe doit toujours être doré. La forme est entièrement libre, mais le vase doit avoir un couvercle, bombé et surmonté d'une croix, mais non adhérent par une charnière.

Généralement la tige du ciboire comporte un nœud qui permet de le saisir plus facilement et, au fond de la coupe, une légère proéminence pour prendre aisément les dernières hosties. Le ciboire doit être bénit, mais non consacré, par la formule du rituel qui sert aussi au tabernacle.
L’ostensoir et la lunule
L’ostensoir
L'ostensoir (du latin ostendere, montrer), appelé aussi monstrance ou soleil, est une pièce d'orfèvrerie surmontée d'une croix et ornée de rayons. Elle sert à recevoir la lunule pour exposer le saint Sacrement à l'adoration des fidèles.

L'usage de l'ostensoir remonte à l'époque où furent instituées les expositions et les processions solennelles du saint Sacrement, au début du XIV° siècle. A l'origine, on donna à l'ostensoir une forme dérivée de la tour eucharistique ; décoré d'ornements précieux ; il figurait les splendeurs de la Jérusalem céleste. Plus tard, il reçut la forme d'un soleil environné de rayons pour rappeler que Jésus, caché dans l'Hostie, est le divin Soleil de Justice dont la lumière et la chaleur éclairent et vivifient nos âmes.
La matière de la lunule et de l'ostensoir n'est pas spécifiée par les rubriques, mais il convient que la custode soit en or ou en argent doré. La lunule doit être bénite, comme le ciboire, par l'évêque ou son délégué. La bénédiction de l'ostensoir n'est pas obligatoire.
La lunule

La lunule ou croissant est appelée ainsi à cause de sa forme. C'est une sorte de boite ou de cadre renfermant la sainte Hostie destinée à être placée dans l'ostensoir. Elle est munie, à l'intérieur, de deux cercles qui servent à retenir la sainte Hostie à distance des deux faces de cristal qu'elle ne doit pas toucher.
Règles de contact des vases sacrés
Lorsque les vases sacrés renferment les saintes espèces, personne, autre que le prêtre et le diacre, ne peut les toucher, hors le cas de nécessité, sous peine de péché grave. Quand ils sont vides, le sous-diacre, en vertu de son ordination, peut les toucher, toujours et en tout lieu ; les acolytes aussi, en vertu de leur ordination, mais seulement à la sacristie, lorsqu'ils les préparent pour le sacrifice ; le même pouvoir est accordé, dans le même sens, aux autres clercs minorés et même aux tonsurés, d'après une coutume généralement établie.
Les laïques ne peuvent le faire, sous peine de péché véniel, sans un motif raisonnable ou sans la permission de l'évêque. L'ostensoir, lorsqu'il ne contient pas la custode, peut être touché sans qu'il y ait faute, bien qu’habituellement les mêmes règles que les autres vases sacrés s’appliquent.
Le Saint Graal

En Espagne, à Valence, dans la Cathédrale est vénéré un calice que l’on dit être celui que Notre Seigneur a utilisé Jeudi Saint. La présence de ce calice rapporté à Rome par Saint Pierre explique les paroles de la consécration du vin dans le Canon Romain décrivant l’action de Notre Seigneur : « Il prit ce précieux calice dans ses mains saintes et adorables... ». C’est le Diacre du Pape qui en avait la garde. En 258, l’empereur Valérien voulut s’emparer des biens de l’Eglise. Saint Laurent, espagnol originaire de Huesca, est Diacre du pape sixte II. On suppose que St Laurent a confié le calice à un légionnaire chrétien de la Légion Hispanique alors en garnison à Rome et de retour en Espagne après le martyr de St Laurent car c’est à cette période que le calice en question arrive dans la ville de Huesa.
A retenir !
Qu’est-ce que le calice ?
Le calice est le vase sacré dans lequel est consacré le vin eucharistique à la Messe.
Qu’est-ce que la patène ?
La patène est une sorte de petit plat, qui sert à l’oblation de la grande hostie à l’offertoire de la messe, à recevoir la grande hostie après la consécration.
Qu’est-ce que le ciboire ?
Le ciboire (du latin cibus, aliment) est un vase sacré destiné à conserver les saintes Hosties pour la communion des fidèles.
Qu’est-ce que la custode ?
La custode (du latin custodia, garde) est une petite boite qui sert aux prêtres pour porter la communion aux malades.
Qu’est-ce que la lunule ?
La lunule, appelée ainsi à cause de sa forme, est une sorte de boite ou de cadre renfermant la sainte Hostie destinée à être placée dans l'ostensoir.
Qu’est-ce que l’ostensoir ?
L'ostensoir (du latin ostendere, montrer), appelé aussi monstrance ou soleil, est une pièce d'orfèvrerie surmontée d'une croix et ornée de rayons. Elle sert à recevoir la lunule pour exposer le Saint Sacrement à l'adoration des fidèles.
