
Le vêtement ecclésiastique à l'origine
Avant de parler des vêtements liturgiques en particulier, il importe de savoir quel était, à l'origine, le vêtement des ecclésiastiques, tant dans la vie privée que dans l'exercice des fonctions sacrées.
Vêtements des ecclésiastiques dans la vie privée

Pendant les premiers siècles du christianisme, les ecclésiastiques ne s'habillèrent pas autrement que les laïcs : au milieu de la persécution, la prudence la plus élémentaire leur commandait d'éviter toute distinction qui eût pu les faire reconnaître et les signaler aux autorités romaines. Or, pour les hommes, les deux habits principaux étaient la tunique, avec ou sans manches, et la toge, sorte de grand manteau qui passait sous le bras droit, tout en le laissant libre, et dont l'extrémité était relevée par-dessus l'épaule gauche. Même vêtement à peu près chez la femme, avec cette différence que la tunique (stola) et le manteau étaient d'un tissu plus fin et plus ornementé.
Au VI° siècle, une transformation complète se produisit dans le vêtement laïc. Les Romains adoptèrent le costume court (sagum) des Barbares, sous la domination de qui ils étaient tombés. L'Eglise, au contraire, resta fidèle aux anciens usages. La distinction qui s'établit entre le costume laïc et le costume ecclésiastique, ne provient donc pas d'innovations de la part de l'Eglise, mais uniquement de ce fait que les Romains vaincus prirent le costume de leurs vainqueurs tandis que ses clercs continuèrent de s'habiller comme par le passé.
Vêtements des clercs dans les fonctions sacrées
Il n'est pas facile de déterminer quel fut, aux trois premiers siècles de l'Eglise, le costume des clercs dans l'exercice des fonctions sacrées, les documents n'étant pas tous d'accord et ne donnant pas des indications précises sur ce point. Ce qui paraît à peu près certain, c'est qu'il n'y eut guère de distinction entre le costume de la vie privée et celui dont les clercs faisaient usage dans les cérémonies du culte, et il est probable que les deux seuls traits caractéristiques consistèrent en ce que les vêtements qui servaient à la célébration des mystères, étaient ordinairement de couleur blanche et qu'ils étaient plus propres et plus riches que les vêtements vulgaires.
Ce coup d’œil en arrière sur le costume ancien des ministres du culte chrétien nous aidera à mieux comprendre les vêtements liturgiques qui sont aujourd'hui en usage dans l'Eglise. Nous les rangerons en trois catégories : les vêtements du prêtre, de l’évêque et du pape.
Le vêtement ecclésiastique actuel
La soutane

La soutane est l’habit habituel des clercs séculiers, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas soumis à une règle monastique. Le Code de Droit Canon prévoit, si l’on ne porte pas la soutane, de porter au moins le clergyman, sorte de costume porté avec une chemise à col romain. La soutane est noire pour les prêtres, et les clercs mineurs ; elle est violette pour l’évêque dans son diocèse (et noire avec des filetages violets en dehors) ; elle est rouge pour les cardinaux, et blanche pour le Pape. Les missionnaires dans les pays chauds portent aussi la soutane blanche.
Le surplis
Le surplis est un vêtement de chœur porté par le clergé par-dessus la soutane. Il vient d’un raccourcissement de l’aube, qui devient progressivement réservée aux ministres de la cérémonie. Il doit normalement être en lin. Les évêques, les cardinaux et les prélats portentle rochet, puis un mantelet, ou une mosette.
La barrette

La barrette est un couvre-chef utilisé dans la liturgie. Sa forme, généralement carrée, a varié selon les lieux et les époques. L'usage romain veut que la barrette portée au chœur ait trois cornes. Les usages français sont plus souples sur ce point et l'on voyait souvent des barrettes à quatre cornes par exemple sur la tête des curés parisiens.


Elle est, la plupart du temps, de la même couleur que l'habit de chœur, c'est-à-dire de laine noire pour les prêtres, de soie violette pour les évêques et certains chanoines, de soie moirée violette pour les nonces apostoliques et de soie moirée rouge pour les cardinaux. Certains prélats de la famille pontificale portent, alors que le reste de leur costume est violet, une barrette de soie noire ornée d'une houppe de couleur cramoisie. Les membres de quelques ordres religieux portent une barrette blanche. Elle est portée pour célébrer la messe et l'office divin par les prêtres et les ministres sacrés ainsi que, normalement, par tous les clercs y assistant au chœur.
Les vêtements liturgiques des prêtres
Les vêtements liturgiques, dont le prêtre se sert pour la célébration de la Messe, sont : l'amict, l'aube, le cordon, le manipule, l'étole et la chasuble.
L’amict

L'amict (du latin amicire, couvrir) est un linge de toile blanche que le prêtre place d'abord sur la tête et rabat ensuite sur le cou et les épaules, en le fixant par devant avec des rubans avant de revêtir l’aube. Jusqu'au VIII° siècle, le célébrant avait le cou dégarni, comme chez les Grecs actuellement. A cette époque l'amict fut introduit pour protéger la voix et parce qu'il parut plus décent de couvrir le cou et les épaules. A l'origine, l'amict couvrait aussi la tête et n'était rabattu sur les épaules qu'au pied de l'autel. Cet usage, qui cessa au X° siècle lors de l'introduction de la barrette, s'est conservé dans certains ordres religieux.
Le symbolisme de l'amict est indiqué dans la prière que le prêtre récite en le mettant : « Placez, Seigneur, sur ma tête, le casque du salut, afin que je puisse repousser toutes les attaques du démon ». Il figure le voile qui recouvrit la face de Jésus-Christ durant sa passion, ainsi que sa couronne d'épines.
L'aube

L’aube (du latin alba, blanc) est une longue robe de toile blanche que les officiants portent par-dessus la soutane pour la célébration de la messe. Elle est unie dans le haut, unie ou brodée dans le bas, avec des parements aux manches. En Orient, ces garnitures sont indépendantes de l'aube et forment des manchettes. A l'origine, l'aube était une robe ou tunique de toile blanche, en usage dans tout l'empire romain, aussi bien pour les laïcs que pour les clercs. Pour plus de décence dans les fonctions sacrées, les prêtres, à partir du IV° siècle, prirent l'habitude de revêtir une aube spéciale qui ne servait que dans les cérémonies du culte. De là, l'aube blanche distincte de la soutane, même pour le pape et les religieux qui ont une soutane blanche.
Le symbolisme de l'aube est l'innocence ; il est indiqué clans les paroles que dit le prêtre en la revêtant : « Lavez-moi, Seigneur, et purifiez mon âme, afin que, lavé dans le sang de l'Agneau, je mérite les joies de la félicité éternelle ». L'aube représente la robe dont le Sauveur fut couvert par dérision, chez Hérode.
Le cordon
Le cordon est une tresse terminée par deux glands ; il sert à retenir l'aube autour des reins. Le cordon est aussi ancien que l'aube. Les Romains, en effet, retenaient toujours leurs longues robes par des ceintures. N'avoir pas de ceinture était un signe de négligence et de débauche. C'est pourquoi le cordon symbolise la continence et la chasteté, ainsi qu'il est indiqué dans la prière que récite le prêtre en l'attachant : « Mettez, Seigneur, autour de mes reins une ceinture de pureté, éteignez dans mon cœur le feu dévorant de la concupiscence, et que le feu de la charité prenne la place de tout ce qui serait indigne de vous ». Le cordon rappelle les liens dont le Sauveur fut garrotté durant sa passion.
Le manipule

Le manipule (du latin manipulum, ornement de la main) est un petit ornement, une bande d’étoffe que le prêtre porte au bras gauche pour la célébration de la Messe. Il est orné de trois croix : une au milieu et les deux autres aux extrémités. Primitivement, c'était un linge servant de mouchoir. Sa transformation en ornement était déjà faite au IX° siècle, mais il était alors plus long et plus étroit qu'aujourd'hui. Le manipule ne doit servir que pour la Messe ; c'est pourquoi le prêtre le dépose pour la prédication.
Le symbolisme du manipule est indiqué dans la prière que récite le prêtre en le fixant au bras : « Faites, Seigneur, que je sois trouvé digne de porter le manipule des larmes et de la douleur, afin que je reçoive avec joie la récompense de mes travaux ». Le manipule figure le linge dont Sainte Véronique essuya le visage du Christ.

L'étole
L’étole est une longue bande d'étoffe ornée, qui retombe de chaque côté des épaules jusqu'aux genoux. Comme le manipule, elle est ornée de trois croix : une au milieu et les deux autres aux extrémités. L’étole est l’insigne du pouvoir d’ordre que l’évêque, le prêtre et le diacre portent dans la célébration de la Messe et dans l’exercice de certaines fonctions liturgiques. L'évêque la porte toujours pendante ; le prêtre la porte pendante également, excepté à la Messe où, depuis le VI° ou VII° siècle, il la croise sur la poitrine, pour remplacer la croix pectorale qu'il cessa alors de porter à la manière des évêques ; le diacre la porte en écharpe passant sur l'épaule gauche et croisée sous la droite.


L'étole (du latin stola, robe) était chez les Romains une grande robe de distinction, ouverte par devant et ornée d'une bordure d'étoffe précieuse faisant le tour du cou et descendant jusqu'au bas de la robe. Dans la suite, on ne garda que la bordure qui constitue l'étole actuelle. Cette bordure était d'abord également large partout, et descendait jusqu'aux pieds. Plus tard, elle fut raccourcie et élargie aux deux extrémités afin de pouvoir y écrire les passages des saints Évangiles qu'on lisait sur la tête des fidèles qui le demandaient.
L'étole, signe de la puissance sacerdotale, est obligatoire pour la Messe, pour l'administration des sacrements, les bénédictions, les processions et pour toutes les fonctions qui touchent à la sainte Eucharistie. L'étole est un symbole d'innocence et d'immortalité, comme l'indique la prière que récite le prêtre en la mettant : « Rendez-moi, Seigneur, le vêtement d'immortalité que j'ai perdu par le péché de mon premier père, et, quoique je sois indigne de célébrer un si grand mystère, faites que je mérite la gloire éternelle ». L'étole rappelle la corde qu'on passa au cou de Notre-Seigneur pour le traîner dans les rues de Jérusalem.
La chasuble

La chasuble est l'ornement que le prêtre met par-dessus tous les autres pour la célébration de la Messe. Primitivement, c'était un grand manteau rond ouvert seulement au milieu pour y passer la tête et couvrant tout le corps, depuis le cou jusqu'aux pieds, d'où son nom tiré du latin casula qui signifie petite maison.


Vers le milieu du l° siècle, la casula commença à remplacer l'ancienne toge romaine et fut adoptée par toutes les classes de la société, alors que la toge était réservée aux citoyens romains. Jusqu'au VI° siècle, ce vêtement fut commun aux clercs et aux laïques ; puis les laïques l'abandonnèrent tandis que les clercs le conservèrent dans la vie civile comme dans les fonctions ecclésiastiques. Deux siècles plus tard environ, la chasuble fut réservée aux prêtres et aux évêques. L'Eglise grecque a conservé la forme antique de la chasuble, tandis que l'Église latine l'a considérablement transformée. Comme cet ample manteau gênait beaucoup les mouvements, et que le prêtre était obligé de le relever sur le bras pour avoir les mains libres, on commença par le tailler en pointe en avant et en arrière et à le raccourcir sur les côtés ; puis, à partir du XVI° siècle, on l'échancra de plus en plus sur les côtés, de manière à laisser toute liberté aux bras, mais à lui donner, comme dit Dom Guéranger, la forme peu élégante d'une boîte à violon. Une bande ornementale contournant les épaules et croisant devant et derrière une autre bande verticale formait ainsi, depuis le XIII° siècle, une croix sur la poitrine et une autre sur le dos. Ces deux croix ont été conservées en Allemagne ; en France, il y a une croix par derrière et une colonne par devant ; en Italie, c'est le contraire ; en Espagne, il n'y a pas de croix.
Par son ampleur primitive, la chasuble est le symbole de la charité qui doit recouvrir le prêtre en entier et se répandre sur toutes ses œuvres. Elle symbolise aussi le joug du Seigneur, comme il est marqué dans la prière que dit le prêtre en la revêtant : « Seigneur, vous qui avez dit : Mon joug est doux et mon fardeau léger ; faites que je puisse le porter, de manière à mériter votre grâce ». La chasuble est encore la figure du manteau de pourpre qui fut jeté sur les épaules du Sauveur durant sa passion.
Autres vêtements ou ornements sacrés
Outre les vêtements ou ornements sacrés du prêtre à la messe, il y a encore quatre ornements sacrés : la dalmatique et la tunique, le voile huméral et la chape.
La dalmatique et la tunique : La dalmatique du diacre et la tunique du sous-diacre ont aujourd'hui la même forme, du moins en France. Elles ressemblent quelque peu à la chasuble moderne ; elles en diffèrent par deux pièces carrées, qui tiennent lieu de manches, retombent sur les épaules et constituent, avec le reste du vêtement, une sorte de croix.

La dalmatique et la tunique étaient, à l'origine, des vêtements longs avec des manches très larges mais courtes. Après avoir servi aux laïques, ces vêtements entrèrent dans la liturgie, car ils furent adoptés par les évêques. La dalmatique fut accordée aux diacres au VI° siècle, et la tunique aux sous-diacres, au XI° siècle.
Le sous-diacre met la tunique sur l'aube sans étole ; le diacre met la dalmatique sur l'aube et sur l'étole placée en écharpe. Ces vêtements admettent les couleurs du jour. Ce sont des symboles de joie et d'allégresse, aussi on ne s'en sert pas aux jours de pénitence et de deuil.

Le voile huméral : le voile huméral (du latin humerus, épaule) est un voile blanc de soie, que le prêtre met sur ses épaules et dont il s'enveloppe les mains aux processions et aux bénédictions du saint Sacrement et lorsqu'il porte la sainte Eucharistie.
Le voile huméral qui sert au sous-diacre, durant la Grand-Messe, pour tenir la patène depuis l'Offertoire jusqu'après le Pater, doit être de la couleur du jour. Elle rappelle l'époque ancienne où les fidèles offraient eux-mêmes le pain du sacrifice. Le sous-diacre recueillait ce pain dans de grandes patènes qui étaient ensuite enveloppées d'un voile jusqu'au moment où elles recevaient le pain consacré destiné à la communion des fidèles.
La chape : La chape ou pluvial est un grand manteau de soie réservé aux clercs. Il admet toutes les couleurs liturgiques et se porte aux vêpres et aux saluts solennels, aux processions, à l'aspersion et à l'absoute.

La chape était, à l'origine, un simple manteau, fort ample, que les assistants revêtaient dans les processions en temps de pluie, d'où son nom de pluvial. Pour couvrir la tête, on y adaptait tut capuchon qui est devenu, vers le XV° siècle, le chaperon frangé de nos chapes actuelles. Au commencement du Moyen âge, la chape s'orna d'orfrois ou parements brodés et devint un insigne honorifique pour les empereurs et les prélats ; puis elle se transforma en un ornement liturgique qui a donné la chape actuelle et la cappa magna sans parements, des prélats. La chape est le symbole de la glorieuse immortalité dont les élus sont revêtus dans le ciel.
Ornements et insignes pontificaux
Vêtements et insignes épiscopaux
En dehors de la soutane violette, les insignes épiscopaux sont :

Les pantoufles ou sandales : D'après l'ancienne discipline de l'Eglise, les prêtres n'avaient pas le droit de monter à l'autel avec leurs chaussures ordinaires. Les évêques ont gardé cet usage et mettent des pantoufles en soie, brodées d'or.
La croix pectorale : La croix pectorale est une croix latine, en or, renfermant des reliques de martyrs. Les fidèles avaient l'habitude, autrefois, de porter au cou une croix renfermant des reliques ; peu à peu cette pratique disparut, mais les évêques la conservèrent, et elle devint obligatoire pour eux vers le XIII° siècle. Cette croix placée sous les yeux des évêques leur rappelle sans cesse que Notre-Seigneur est mort sur la croix pour le salut du monde et que les martyrs ont versé leur sang pour confesser la foi dont eux-mêmes font profession.
Les tunicelles : Les tunicelles, c'est-à-dire la dalmatique du diacre et la tunique du sous-diacre. Ces petites tuniques, en soie très légère, que l'Evêque met par-dessus l'amict et l'aube, ont pour but de symboliser la plénitude des Ordres que le Pontife a reçus et les pouvoirs qu'il a de les communiquer.

Les gants : L'Evêque porte, à l'autel, des gants, dont la couleur varie avec l'office du jour. D'après les liturgistes, ils sont le symbole de la pureté du cœur.

L’anneau : L’anneau d'or que porte l'évêque à l'annulaire de la main droite est orné d'une pierre précieuse qu'il donne à baiser aux fidèles. Cet anneau est le signe de l'alliance que l'évêque a contractée avec son diocèse. Dès le VII° siècle, il est fait mention de l'anneau épiscopal.
La mitre : Primitivement, la mitre (du latin mitra, bandeau) était une sorte de bandelette retenue autour du front par des cordons. Elle est, de nos jours, une coiffure de dimension un peu haute, enrichie de broderies et de pierres précieuses et terminée en arrière par des fanons qui tombent, sur le dos et qui sont des vestiges des cordons, qui servaient jadis à fixer la mitre sur la tête.
La mitre indique la puissance de l'Evêque et le zèle avec lequel il doit combattre pour la religion. Les deux pointes et les deux fanons signifient la science des deux Testaments que l’évêque doit posséder.

La crosse : Son nom, qui signifie croix, lui vient de son antique forme de croix en T. D'origine très ancienne, en usage déjà au IV° siècle, la crosse était de bois, et, selon l'opinion de certains liturgistes, elle était le bâton sur lequel s'appuyait l'évêque, ordinairement d'un âge avancé. A partir du VI° siècle, il y eut des crosses ornées d'or et même des crosses en or ou en argent massif. Au point de vue symbolique, la crosse est comme la houlette du pasteur qui doit diriger le troupeau, le ramener au bercail en usant de sévérité quand le faut.

Elle est l'insigne de la juridiction : pour cette raison l'Evêque ne la porte pas en dehors de son diocèse, ni aux offices des morts, l'Eglise militante n'ayant pas de juridiction sur l'Eglise souffrante.
La cappa magna : La cappa magna (grande chape) est un manteau, en laine ou en soie violette, plus ample et plus long que la chape.

Le grémial : Le grémial (du latin gremium, giron) est un morceau d'étoffe carrée, de la couleur du jour, que l'on place sur les genoux de l'évêque lorsqu'il est assis, durant les messes pontificales ou les ordinations. Il était destiné, autrefois, à garantir la chasuble de la sueur des mains que le célébrant appuyait sur les genoux, lorsqu'il était assis ; c'est pourquoi il servait à tous les prêtres. Dans la suite, il devint un riche ornement et fut réservé aux évêques.

Le bougeoir : Le bougeoir est une sorte de chandelier portatif qu'on tient allumé à côté de l'Evêque quand il lit, pendant l'office. Il est une marque d'honneur pour la dignité épiscopale.
Insignes réservés aux archevêques
Les archevêques ont pour insignes propres le pallium et la croix archiépiscopale.

Le pallium : Le pallium est une bande de laine blanche, garnie de croix noires, qui fait le tour des épaules, et dont les extrémités pendent, l'une en avant, l'autre en arrière de la chasuble. Les palliums confectionnés chaque année à Rome avec la toison d'agneaux bénits par le Pape ou par un cardinal délégué, sont le symbole de la brebis perdue que le Bon Pasteur porte sur ses épaules et ramène au bercail. Comme l'indique son nom, qui signifie manteau, c'était à l'origine un ornement impérial en forme de manteau. On pense qu'il fut réduit aux dimensions actuelles dès le IV° siècle, lorsque les papes commencèrent à l'envoyer aux archevêques comme insigne spécial de leur autorité.

Le pallium fut toujours considéré comme un insigne de la plus haute dignité. Aussi, le Pape le porte-t-il de droit ; il le confère comme signe de juridiction supérieure aux patriarches et aux archevêques. Parfois aussi il le confère à de simples évêques quand il veut les honorer.
La croix archiépiscopale : Cette croix est une croix à double traverse, que l'archevêque fait porter devant lui, l'image du Christ tournée de son côté pour lui remettre devant les yeux son divin modèle.
Les Cardinaux sont revêtus comme les évêques, sauf la couleur de leurs habits qui est écarlate. Ils ont, en outre, comme insignes spéciaux, la barrette rouge et le chapeau rouge à grands bords et orné de trois rangs de glands qu'ils portent lorsqu'ils sont revêtus de l'habit de chœur.
Insignes réservés au Pape
Dans la vie privée

Le Pape porte :
- une soutane de soie blanche, ou de drap blanc pendant l'Avent et le Carême ;
- la calotte blanche ;
- des chaussures ou mules de velours ou de laine rouge, ornées d'une croix d'or que l'on baise lorsqu'on est reçu en audience ;
- un anneau pastoral, appelé l'anneau du pêcheur parce qu'il est orné d'une pierre représentant la scène où Notre-Seigneur commande à Saint Pierre de le suivre pour devenir pêcheur d'hommes.
Le chapeau du Pape est recouvert de soie rouge, avec un galon d'or et un cordon à glands d'or.
Dans les offices pontificaux
Outre les ornements pontificaux, le Pape a comme insignes spéciaux :
- la falda, longue robe de soie blanche avec une queue traînante qui est portée par un grand dignitaire de la cour pontificale. La falda se met par-dessus la soutane et avant les autres ornements ;
la tiare, sorte de mitre formée de trois couronnes superposées, et ornée de pierres précieuses. Les trois couronnes sont le symbole du triple pouvoir d'Evêque, de Souverain Pontife et de Roi qui réside dans le Pape. Dans les circonstances ordinaires, le Pape porte la mitre comme les autres Évêques. Depuis peu, les Papes ne sont plus couronnés officiellement. - la sedia gestatoria (expression italienne qui veut dire chaise à porteurs), sorte de trône sur lequel le Pape est porté dans les grandes solennités.
L'habit de chœur du Souverain Pontife, dans les cérémonies ordinaires ou dans les audiences, consiste dans le rochet à dentelles, la mozette rouge bordée d'hermine et l'étole pastorale.
A retenir !
Qu’est-ce que l'amict ?
L'amict (du latin amicire, couvrir) est un linge de toile blanche que le prêtre place d'abord sur la tête et rabat ensuite sur le cou et les épaules, en le fixant par devant avec des rubans avant de revêtir l’aube.
Qu’est-ce que l’aube ?
L'aube (du latin alba, blanc) est une longue robe de toile blanche que les officiants portent par-dessus la soutane pour la célébration de la messe. Le symbolisme de l'aube est l'innocence.
Qu’est-ce que le cordon?
Le cordon est une tresse terminée par deux glands ; il sert à retenir l'aube autour des reins.
Qu’est-ce que le manipule ?
Le manipule (du latin manipulum, ornement de la main) est un petit ornement, une bande d’étoffe que le prêtre porte au bras gauche pour la célébration de la Messe.
Qu’est-ce que l’étole ?
L'étole est une longue bande d'étoffe ornée, qui retombe de chaque côté des épaules jusqu'aux genoux. L’étole est l’insigne du pouvoir d’ordre que l’évêque, le prêtre et le diacre portent dans la célébration de la Messe et dans l’exercice de certaines fonctions liturgiques.
Qu’est-ce que le voile huméral ?
Le voile huméral (du latin humerus, épaule) est un voile blanc de soie, que le prêtre met sur ses épaules et dont il s'enveloppe les mains aux processions et aux bénédictions du saint Sacrement et lorsqu'il porte la sainte Eucharistie.
Qu’est-ce que la chape ?
La chape ou pluvial est un grand manteau de soie réservé aux clercs. Il admet toutes les couleurs liturgiques et se porte aux vêpres et aux saluts solennels, aux processions, à l'aspersion et à l'absoute.
Quelle est la signification de la croix pectorale de l’évêque ?
Cette croix placée sous les yeux des évêques leur rappelle sans cesse que Notre-Seigneur est mort sur la croix pour le salut du monde et que les martyrs ont versé leur sang pour confesser la foi dont eux-mêmes font profession.
Quel est le symbole de l’anneau d’or de l’évêque ?
Cet anneau est le signe de l'alliance que l'évêque a contractée avec son diocèse.
Quel est le symbole de la crosse de l’évêque ?
La crosse est comme la houlette du pasteur qui doit diriger le troupeau, le ramener au bercail en usant de sévérité quand le faut. Elle est l'insigne de la juridiction.
Pourquoi l’évêque ne porte-t-il pas la crosse aux offices des défunts ?
Par ce que l'Eglise militante n'ayant pas de juridiction sur l'Eglise souffrante.
Quel est le symbole du Pallium ?
C’est le symbole de la brebis perdue que le Bon Pasteur porte sur ses épaules et ramène au bercail.
Quel est le symbole de la Tiare ?
Les trois couronnes sont le symbole du triple pouvoir d'Evêque, de Souverain Pontife et de Roi qui réside dans le Pape.
