Chapitre 12

Les fins dernières

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Nous récitons dans le symbole des Apôtres : « Je crois à la vie éternelle ». C’est à cela que doit aboutir la vie de tous les hommes. Parler des fins dernières, c’est donc parler de « l’après vie terrestre », c’est-à-dire de la mort, du jugement particulier, du Ciel, de l’enfer, du purgatoire, de la résurrection des morts et du jugement général.

Nous disons avant dans le Credo : « je croix à la communion des saints », mais nous l’étudierons dans le chapitre suivant, car il est important de comprendre ce que sont le Ciel et le purgatoire avant de se pencher sur le dogme de la communion des saints.

La mort

Généralités

La mort est la séparation de l’âme et du corps.

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Lorsque les deux sont unis ; c’est la vie. Lorsqu’ils se séparent ; c’est la mort. A cette séparation, l’âme étant immortelle survit ; le corps au contraire se décompose.

Nous avons vu que la mort est une conséquence du péché originel. Adam en transgressant le commandement divin s’est attiré la mort dont Dieu l’avait menacé, et il a transmis la mort à tout le genre humain.

Comme l’homme a un corps composé de matière, il est mortel par nature. Au Paradis terrestre, Dieu lui avait donné le don préternaturel de l’immortalité corporelle. En punition du péché originel il perdit ce don.

Tous les hommes, étant atteints du péché originel, sont soumis à la mort. Les seules exceptions, en plus du Christ et de la Vierge Marie évidemment, sont deux personnages de l’Ancien Testament, Enoch et Elie, qui ne moururent pas mais furent enlevés au Ciel avec leur corps.

La vie et le mérite

Avec la mort on ne peut plus rien faire pour mériter le Ciel. On dit qu’avec la mort cesse le temps du mérite. Jésus nous explique dans l’Evangile que la sentence du jugement dépend de nos actions sur la terre.

Attention ! Le jugement n’est pas une balance dans laquelle on mettrait les bonnes actions d’un côté, et les mauvaises de l’autre. Un homme qui a très bien vécu peut malheureusement mourir en état de péché mortel, et un grand pécheur peut se convertir sur son lit de mort. C’est l’état de notre âme au moment de la mort qui établit notre jugement. Or on ne sait pas quel sera le jour de notre mort. Il faut donc prier tout au long de sa vie pour demander le don de la persévérance finale, de rester jusqu’à la fin dans l’amitié de Dieu. Il faut aussi prier pour la conversion des pécheurs.

Le Jugement particulier

Immédiatement après la mort a lieu le jugement particulier, dans lequel le sort éternel du défunt est fixé par une sentence divine.

Dans ce jugement l’examen de la vie de la personne se fait en un instant, car Dieu n’a pas besoin de témoins, ou de discussions, car il connait chaque âme parfaitement. Celle-ci, à l’instant où elle est séparée de son corps, se voit immédiatement et est éclairée d’une façon spéciale sur tout ce qu’elle a fait de bien, ses mérites, et tout ce qu’elle a fait de mal, ses démérites. Elle voit donc sans possibilité d’erreur son état, tout ce qu’elle a pensé, désiré, dit et fait de bien et de mal, tout le bien qu’elle n’a pas fait ; sa mémoire et sa conscience lui rappellent toute sa vie morale et spirituelle dans les moindres détails.

Les âmes des justes, totalement pures, vont au Ciel, aussitôt après la mort. Les âmes des personnes en état de grâce, mais pas encore totalement purifiées, passent un temps au purgatoire, avant d’entrer au Ciel. Enfin les âmes des personnes mortes en état de péché mortel vont en enfer pour l’éternité.

Le Ciel

Le bonheur essentiel du Ciel

Les âmes des justes qui, au moment de la mort, sont débarrassées de tout péché et de toute peine due au péché, entrent dans le Ciel.

Le Ciel est un lieu et un état de bonheur surnaturel parfait, qui consiste dans la vue immédiate de Dieu et dans le parfait amour de Dieu qui y est joint.

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Jésus représente le bonheur du Ciel sous l’image d’un repas de mariage (Mt 25, 10). Au Ciel, les élus contempleront Dieu, et en cela consistera leur bonheur parfait, car ils comprendront que Dieu les a créés spécialement pour cela.

Au Ciel, les élus ne ressentiront aucune souffrance, ni aucun mal. Ils seront en compagnie des saints et des anges, et de ceux qu’ils ont aimé sur terre. Ils comprendront les mystères auxquels ils ont cru sans comprendre durant leur vie terrestre.

Ils ne seront même pas tristes de voir des membres de leur famille ou leurs amis en Enfer, car ils admireront la justice de Dieu et sa miséricorde.

Caractéristiques du Ciel

Eternité

Le bonheur du ciel durera éternellement. Saint Pierre l’appelle « la couronne de gloire qui ne se flétrit pas (1P 5, 4) ».

Inégalité

Le degré du bonheur du Ciel varie chez les différents saints suivant leurs mérites.

Sainte Thérèse donnait cette image pour expliquer l’inégalité du bonheur du Ciel : Si l’on prend un verre et une carafe, et qu’on les remplit à ras bord, lequel sera le plus plein ? Aucun, bien évidemment, et pourtant il y aura plus d’eau dans la carafe. Ainsi, tous les élus du Ciel seront parfaitement comblés de bonheur, mais chacun à sa mesure.

Certains saints, comme les martyrs ou les vierges, auront un bonheur particulier, en récompense de leur mérite spécial.

L’Enfer

Les âmes de ceux qui meurent en état de péché grave personnel vont en enfer.

L’enfer est un lieu et un état de malheur éternel, dans lequel se trouvent les hommes qui ont rejeté Dieu.

Jésus menace lui-même les pécheurs des peines de l’enfer. Il l’appelle la géhenne, le feu éternel. Il y aura des ténèbres, et des grincements de dents. Saint Paul dit qu’« ils subiront, ceux-là [qui ne connaissent pas Dieu et n’obéissent pas à l’Evangile], la peine d’une éternelle perdition, loin de la face du Seigneur et loin de la gloire de sa majesté (2Thess 1, 9) ».

Essence de la peine de l’Enfer

On distingue dans la peine de l’enfer un double élément : la peine du dam et la peine du sens. La première correspond à l’aversion pour Dieu qui existe dans le péché grave, la seconde à l’attrait pour la créature.

La peine du dam

Elle consiste dans la privation de la vision béatifique. L’homme s’est volontairement détourné de Dieu, par le péché grave. Il en est donc éloigné et séparé définitivement.

« Allez-vous-en loin de moi, maudits ! (Mt 25, 41) », leur dit Jésus. C’est de ce mot de dam que vient celui de « damné ».

Cette peine est la peine principale et la plus grande de l’enfer. Le sort du damné qui est éloigné à jamais de la Beauté infinie, qui comprend sa perte et son malheur, et qui ne peut plus désormais demander à la créature le plaisir et la jouissance qui pourraient le consoler de la perte de Dieu, est épouvantable.

Le désespoir des damnés

Le désespoir sans issue est l’effroyable conséquence de la perte éternelle de tout bien. Les damnés comprennent qu’ils ont tout perdu pour toujours et cela par leur faute. L’immensité du désespoir des damnés est de toujours vouloir naturellement le bonheur qui ne sera jamais. Ils voudraient au moins la fin de leurs souffrances et jamais elle ne viendra.

Le remords des damnés

La voix de sa conscience ne cesse de poursuivre le damné. Il a refusé de l’écouter quand il en était encore temps, désormais elle le lui reproche toujours. Il se rappelle cette parole de Notre-Seigneur : « j’ai eu faim et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’ai eu soif et vous ne m’avez pas donné à boire ». Elle lui rappelle son ingratitude envers tous les bienfaits de Dieu. D’où le remords qui ne cesse pas.

La haine du prochain

A tout cela s’ajoute dans l’âme du damné la haine du prochain. Tandis que les bienheureux s’aiment mutuellement comme les enfants de Dieu, les damnés se haïssent les uns les autres d’une haine qui les isole et les sépare cruellement. En enfer il n’y a plus d’amour. Les damnés sont éternellement mécontents de tout et d’eux-mêmes, au point qu’ils voudraient ne pas être, ne plus exister.

La peine du sens

Elle consiste dans des souffrances qui sont causées de l’extérieur, par des moyens sensibles. Elle a pour but de punir l’attache mauvaise du pécheur aux biens de ce monde. C’est surtout lorsque le corps sera réuni à l’âme qu’elle aura sa plus grande intensité.

Le feu de l’enfer

l’enfer est « une fournaise ardente (Mt 13, 42) ». Certains Pères de l’Eglise ont compris ce feu de manière imagée, comme une figure. Mais beaucoup d’autres pensent qu’il y a en enfer un feu physique.

Comment ce feu infernal pourrait-il enfin, après la résurrection générale, brûler les corps des damnés sans les consumer ? Saint Thomas d’Aquin pense que ces corps rendus incorruptibles souffriront d’une façon spéciale, sans être abîmés, comme par exemple l’ouïe souffre d’entendre une voix horrible, comme le goût souffre d’une saveur dégoûtante.

Mais la peine du sens n’est pas la principale ; ce qu’il y a d’essentiel dans la damnation, c’est la privation même de Dieu (le dam) et le vide immense qu’elle cause dans l’âme.

Caractéristiques de l’enfer

L’éternité

Les peines de l’enfer durent toute l’éternité. Les damnés subiront avec les démons un châtiment perpétuel. L’Ecriture Sainte parle d’un « feu éternel (Mt 28, 8) », d’un « châtiment éternel (Mt 25, 46) ».

La personne damnée ne peut pas changer d’avis, ni se repentir des fautes qu’elle a commises. Elle déteste tellement le bon Dieu que si, par impossible, on lui proposait de quitter l’enfer et d’aller au Ciel, elle refuserait par orgueil.

Pendant notre vie, Dieu nous laisse la liberté de nous tourner vers lui ou de nous détourner de lui. Mais, une fois la vie terminée, l’expérience est faite et l’arbre reste où il est tombé.

Un malade qui refuse obstinément les remèdes qui lui sont offerts ne doit pas se plaindre s’il ne guérit pas. L’application des remèdes au malade ne peut aller au-delà de la vie.

L’inégalité

Les peines des damnés sont différentes d’après la mesure de leur faute. Jésus menace les habitants de Corozaïn et de Bethsaïde, à cause de leur impénitence, d’un jugement plus sévère que pour les habitants de Tyr et de Sidon (Mt 11, 22).

La justice exige que la grandeur du châtiment corresponde à la gravité de la faute, de même, nous l’avons dit, que le bonheur du Ciel est différent pour chaque élu, en raison de la grandeur de ses mérites.

Le Purgatoire

Existence du Purgatoire

Le Purgatoire est un lieu d’attente et de purification, dans laquelle les âmes des justes insuffisamment purifiés attendent d’être en état de se présenter au Ciel.

L’existence du Purgatoire est une vérité de foi.

Nous lisons dans la Bible (2Macc 12, 43-46), que Judas Macchabée « fit une collecte où il recueillit la somme de deux mille drachmes et l’envoya à Jérusalem pour être employée à un sacrifice expiatoire…pour les morts ;…qui s’étaient pieusement endormis,…afin qu’ils fussent délivrés de leurs péchés ». Cela montre que, selon la foi d’Israël, les justes après leur mort pouvaient être aidés par les prières et les sacrifices offerts sur la terre. Il est dit au même endroit : « C’est une pensée sainte et pieuse de prier pour les défunts ».

Le dogme du Purgatoire découle aussi de la raison. Nous admettons tous, en effet, qu’à ceux qui ne sont ni assez purs pour entrer tout droit dans la « Vie éternelle » parce que rien de souillé n’entrera au ciel (Ap 21, 27), ni assez coupables pour mériter l’Enfer, il est juste que le bonheur céleste soit accordé après une expiation plus ou moins longue.

Pourquoi aller au Purgatoire ?

Bienheureuses les âmes qui auront fait une grande partie de leur purgatoire sur terre, par l’acceptation généreuse des contrariétés quotidiennes. Par ces multiples sacrifices de tous les jours elles seront arrivées à un amour pur et parfait, et c’est sur cet amour qu’elles seront jugées.

Il y a deux raisons de la nécessité et de l’existence du purgatoire : il reste souvent dans l’âme juste, à l’instant où elle se sépare de son corps, des péchés véniels, et puis il y a aussi ces suites des péchés déjà remis qu’on appelle les restes du péché. Or rien de souillé n’entre dans le ciel, il faut donc une purification qui délivre de ces obstacles à la vision de Dieu.

Il arrive en effet que quelqu’un meure en état de grâce, avec un péché véniel (habituel) dont il n’a pas eu la contrition avant de mourir. Et il y a aussi des restes des péchés remis. La faute mortelle confessée est remise (pardonnée). La grâce retourne vers Dieu l’âme qui s’était détournée de lui. Mais il peut rester encore une tendance au mal. Et donc rien n’empêche qu’après la rémission du péché mortel, il y ait en nous des mauvaises habitudes, causées par les actions mauvaises précédentes et qu’on appelle les restes du péché. Ces habitudes sont diminuées dans l’âme en état de grâce, et si elles ne prennent pas la première place, cependant elles poussent à retomber dans le péché.

On peut voir cela par un exemple. Pensons à un ivrogne qui s’est confessé pour Pâques, il a reçu l’absolution, la grâce sanctifiante et la vertu infuse de tempérance (elle aide à user avec modération de la nourriture et de la boisson). Son péché lui a été remis. Mais il n’a pas du tout la vertu acquise de tempérance. Au contraire il reste en lui une inclination à retomber dans son péché, et s’il n’évite pas les occasions et ne se surveille pas, il y retombera.

Il en est de même si nous avons une antipathie contre quelqu’un (on ne l’aime pas) et qu’elle nous porte à dire du mal de lui. Si l’on se confesse, le péché est remis, mais il reste les suites du péché, une tendance à y retomber, et si l’on ne se surveille pas sérieusement en prenant une ferme résolution d’éviter la médisance, on y retombera. Le purgatoire doit éliminer ces suites du péché, lorsqu’elles subsistent dans l’âme après la mort.

Et chez ceux qui ont reçu l’extrême-onction ? D’abord tous ceux qui meurent en état de grâce ne reçoivent pas l’extrême-onction. Ensuite malheureusement plusieurs ne la reçoivent pas dans les conditions voulues. Il est vrai que l’extrême-onction (ayant pour but de fortifier l’âme pour le combat de l’agonie), diminue la faiblesse de l’âme de telle façon que les habitudes désordonnées, suites des péchés déjà remis, ne puissent pas nous nuire au moment de la mort. Mais ces habitudes restent encore comme de la rouille, et il faut donc après la mort une purification qui en délivre, car rien de souillé n’entre dans la gloire.

Nature de la peine du Purgatoire

Il y a au purgatoire deux peines : le retard de la vision béatifique et la peine du sens.

Le retard de la vision béatifique : La peine principale du purgatoire est le retard de la vision béatifique, de l’éternelle béatitude dont jouissent les saints au Ciel. Cette peine est très douloureuse. Elle est néanmoins tempérée par l’espérance de l’âme qui sait qu’elle ira au ciel.

On souffre d’autant plus d’un bien absent qu’on le désire davantage. Or l’âme juste séparée de son corps a un désir très intense du Souverain Bien. Le désir de Dieu n’est plus retardé par le poids du corps, par les distractions et occupations de la vie terrestre. Cette âme séparée ne trouve plus de biens créés pour se distraire et oublier la douleur de la privation de Dieu.

On peut prendre une comparaison. Si notre repas est retardé de cinq ou six heures et plus encore, la souffrance de la faim augmente, parce que pour la vie de notre organisme nous avons absolument besoin de nourriture. Si nous n’avions pas mangé depuis trois jours, la souffrance de la faim deviendrait plus forte.

Il y a quelque chose de semblable dans le domaine spirituel. Dès que l’âme est séparée de son corps, elle devrait voir Dieu, s’il n’y a pas l’obstacle des fautes à expier ; elle éprouve donc une faim très grande de Dieu. Il y a pour les âmes du purgatoire un désir très intense de Dieu. L’heure est arrivée de voir Dieu, et à cause des fautes à expier, Il se refuse pour un temps plus ou moins long.

La peine du sens au purgatoire : Il y a au purgatoire une peine du sens : douleur, chagrin, honte de la conscience. On pense qu’il y a aussi un feu réel au purgatoire.

On lit dans la vie de sainte Catherine de Ricci qu’elle souffrit quarante jours de suite pour délivrer une âme du purgatoire, et une novice lui touchant la main lui dit : « Mais, ma Mère, vous brûlez ! » - « Oui, ma fille » répondit-elle ; ce feu ne se voyait pas, mais la consumait, comme une fièvre ardente. Ce feu du purgatoire est un feu réel et même corporel comme celui de l’enfer.

La durée du purgatoire

le purgatoire existera jusqu’au jugement dernier.

Pour une âme en en particulier, il faut dire que la peine sera de plus longue durée ou plus intense selon l’expiation nécessaire. D’après Saint Thomas d’Aquin la force de la peine du purgatoire correspond à la gravité de la faute, et sa longueur correspond à ce que la faute est plus enracinée dans la personne.

Ainsi il peut arriver que quelqu’un y reste plus longtemps et soit moins affligé qu’un autre qui en sera délivré plus tôt, après y avoir souffert de façon plus intense. Il arrive en effet sur terre que pour une faute grave envers la patrie on doive subir une peine très dure mais brève, comme celle de la flagellation, et que pour une faute préméditée, enracinée dans le sujet, on soit condamné à la prison à vie.

Donc on peut avoir une dure et brève purification requise pour un péché grave, et une purification plus longue mais moins pénible pour un péché moins grave, mais enraciné dans le sujet depuis longtemps.

Enfin il faut dire que la notion du temps au Purgatoire n’est pas la même que sur Terre.

La charité envers les âmes du purgatoire

Saint Thomas d’Aquin enseigne que tous les fidèles en état de grâce sont unis par la charité et sont les membres d’un seul corps, celui de l’Eglise. Or dans un organisme, chaque membre est aidé par les autres, et donc chaque chrétien peut être aidé par le mérite des autres.

On peut exercer cette charité à l’égard des âmes du purgatoire par nos mérites acquis, par nos prières, nos sacrifices, nos aumônes, en gagnant des indulgences et surtout par le sacrifice de la Messe offert pour le repos de ces âmes.

L’Eglise même nous donne l’exemple, puisque à chaque messe elle nous fait prier pour elles au Memento des défunts.

Le Jugement général

« J’assemblerai toutes les nations, et je les ferai descendre dans la vallée de Josaphat et là j’entrerai en jugement avec elles (Jo 3, 2) ».

« Les hommes de Ninive se dresseront au jour du jugement avec cette génération et la condamneront, parce qu’ils ont fait pénitence à la voix de Jonas, et il y a ici plus que Jonas (Mt 12, 41) ».

Le juge sera Jésus, car ce sont ses mérites qui nous ont ouvert les portes du ciel. La matière de ce jugement sera la vie intégrale de chacun, ses pensées, ses paroles, ses œuvres, ses oublis, le bien et le mal qu’il a fait. Le temps de ce jugement est certain, mais Dieu seul le sait.

Voici ce que dit le Catéchisme du Concile de Trente : « La justice divine veut que les bons recouvrent leur réputation souvent attaquée par les méchants qui triomphaient. De plus le corps, aussi bien que l’âme, doit recevoir le châtiment ou la récompense qu’il mérite, aussi convient-il que le jugement universel suive la résurrection générale. Ce jugement obligera tous les hommes à rendre à la Justice de Dieu et à sa Providence les louanges qui leur sont dues. Il convient enfin que ce jugement soit porté par Jésus-Christ, parce qu’il est le Fils de l’homme, parce qu’il s’agit de juger les hommes, et parce qu’il a été lui-même jugé injustement par des juges pervers ».

La Résurrection des morts

Tous les hommes ressusciteront à la fin du monde, autrement dit, leurs âmes se réuniront à leurs propres corps pour l’éternité.

C’est Jésus lui-même qui nous le dit : « L’heure viendra où tous ceux qui sont dans les sépulcres en sortiront, ceux qui auront fait le bien pour une résurrection de vie ; ceux qui auront fait le mal pour une résurrection de condamnation (Jn 5, 28-29) ».

Les martyrs, par exemple, retrouveront leurs membres et leurs plaies seront des marques glorieuses. Les damnés reprendront aussi leur propre corps, mais ce sera pour leur châtiment, tandis que les corps des justes seront, par la force toute puissante du Sauveur, transformés en corps glorieux, ayant les propriétés de celui du Christ ressuscité (que nous avons vues dans le chapitre 9) : l’incorruptibilité, la clarté, l’agilité, la subtilité.

La foi à la résurrection doit nous inspirer un grand respect pour notre corps. Dieu nous le rendra lors de la Résurrection, cela bien sûr, par un miracle.

La fin du monde

Le Dernier Jour

La fin du monde est enseignée dans plusieurs passages de l’Ecriture Sainte. Dans le Nouveau Testament, Jésus annonce la destruction du monde actuel. Utilisant le langage apocalyptique de l’Ancien Testament, il prédit de grandes révolutions dans l’espace : « Aussitôt après ces jours de calamités, le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa clarté, les astres tomberont du ciel et les puissances des cieux seront ébranlées (Mt 24,29) ». Il nous apprend que le monde aura une fin : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas (Mt 24, 35) ». « Je vais être avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde (Mt 28, 20) », dit-il aux chrétiens.

Les apôtres disent la même chose : Saint Paul affirme que « ce sera la fin » quand le Christ aura définitivement établi son royaume (1Co 15,24). Saint Pierre prédit la ruine du monde par le feu : « Le jour du Seigneur viendra comme un voleur et, ce jour-là, les cieux disparaîtront avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront, et la terre, avec les œuvres qu’elle renferme, sera consumée (2P 3, 10) ».

Le retour du Christ

A la fin du monde, le Christ reviendra, dans la gloire, pour le jugement. Le Symbole des Apôtres professe : « D’où il viendra juger les vivants et les morts ».

Jésus a clairement prédit, à plusieurs reprises, son retour à la fin du monde. On appelle ce moment du retour du Christ la parousie (en grec parousia = arrivée).

Jésus interrogé par ses Apôtres sur la question de savoir quand toutes ces choses arriveraient, leur répondit que la génération contemporaine verrait la ruine de Jérusalem (Mc 13,30) ; mais, « quant au jour et à l’heure (de la fin du monde) nul ne les connaît, pas même les anges du ciel, mais le Père seul (Mt 25,36) ».

Les signes

L’Ecriture Sainte signale cinq signes principaux, avant-coureurs de la fin du monde :

  • La prédication de l’Evangile à tout l’univers : « Cet évangile du royaume sera prêché dans le monde entier, pour être un témoignage à toutes les nations : alors viendra la fin du monde (Mt 24,14) ».
  • L’apostasie des nations, qui se laisseront séduire par de faux prophètes.
  • L’apparition de l’Antéchrist, que Saint Paul appelle « l’homme de péché, le fils de la perdition, l’adversaire qui s’élève contre tout ce qui est appelé Dieu ».
  • La conversion des Juifs, provoquée par la prédication d’Hénoch et Elie, qui reviendront sur la terre et combattront l’Antéchrist.
  • De nombreuses perturbations : guerres, pestes, famines, obscurcissement du soleil, tremblement de terre, etc.