La vie de Jésus, et tout ce qu’il a fait, est racontée dans les évangiles. Mais nous tenterons ici de faire un petit résumé de sa vie, parce qu’on ne peut pas comprendre le salut qu’il apporte aux hommes si on ne comprend pas comment il a vécu sur la Terre.
De plus, tout ce que nous avons vu dans le chapitre précédent va s’éclairer : nous verrons que les deux natures du Christ ne sont pas une invention de théologien, mais qu’elles sont visibles dans la vie du Sauveur. Certaines de ses actions sont totalement divines, et d’autres laissent voir son humanité complète.
L’annonce de la venue du Sauveur

L’Annonciation
On fête l’Annonciation le 25 mars.
La Sainte Vierge était fiancée à un homme appelé Joseph. Un jour, l’ange Gabriel lui apparait et la salue : « Salut, pleine de grâce ! Le Seigneur est avec vous ; vous êtes bénie entre les femmes ». Marie fut très étonnée de cette salutation, et elle se demandait ce que cela signifiait. L'ange lui dit : « Ne craignez point, Marie, car vous avez trouvé grâce devant Dieu. Vous aurez un enfant, un fils, et vous lui donnerez le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; et il règnera pour toujours ». Marie dit à l'ange : « Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d’homme ? ». L'ange lui répondit : « L'Esprit-Saint viendra sur vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre. C'est pourquoi l'être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu'Elisabeth, votre cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse, et ce mois-ci est le sixième pour elle que l'on appelait stérile, car rien ne sera impossible pour Dieu ». Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur : qu'il me soit fait selon votre parole ! ». Et l'ange la quitta.
La Visitation

On fête la Visitation le 2 juillet.
Quelque temps après, Marie vint visiter sa cousine Elisabeth : Dieu révéla à Elisabeth ce qui était arrivé à Marie, et Elisabeth s’exclama : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ? ».
Marie était tellement heureuse de porter le Sauveur en elle qu’en entendant les paroles d’Elisabeth, elle répondit par un très beau cantique, le Magnificat, pour remercier Dieu de tout son cœur : « Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur. […] il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race à jamais ».
La vie cachée
Jésus a passé les trente premières années de sa vie, caché avec sa famille. Mais cette partie, qui est la plus longue, est très rapidement racontée dans les évangiles, ou même sautée, pour raconter tout de suite le début de la vie publique de Jésus. C’est surtout Saint Luc qui nous donne cette partie, parce qu’il a surement demandé à la Sainte Vierge de la lui raconter.

La Nativité
On fête la Nativité le 25 décembre.
En ce temps-là, le pays où vivaient la Sainte Vierge Marie et Saint Joseph, la Palestine, était occupé par les Romains. Un jour, l’Empereur Auguste décida de compter tous les habitants de son empire. Chacun devait donc retourner dans sa ville de naissance pour s’y faire inscrire. Marie et Joseph étaient de la descendance du roi David, et ils devaient se faire inscrire à la ville de David appelée Bethléem. C’est là que les prophètes avaient annoncé la naissance du Messie. Ils quittèrent leur maison de Nazareth et partirent pour Bethléem, qui était à plus de 100 kilomètres de Nazareth. Le voyage fut long et fatiguant, surtout pour Marie qui était enceinte, car à cette époque, on voyageait seulement à pied ou à dos d’âne.
A leur arrivée, Joseph et Marie ne trouvèrent pas de place pour eux à l’hôtellerie ; comme Marie allait mettre au monde son enfant, ils s’installèrent dans une pauvre étable. C’est là, pendant la nuit, que Jésus est né. Marie l’habilla et le coucha dans une mangeoire.

Tout près, des bergers gardaient leurs troupeaux. Dieu envoya des anges pour leur annoncer la naissance de son Fils sur la terre : l’ange dit aux bergers : « Je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : Aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire ». Et de nombreux anges se mirent à chanter : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu'il aime ».
Puis les anges remontèrent au ciel, et les bergers s’empressèrent d’aller à Bethléem ; là, ils trouvèrent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Puis les bergers repartirent, pleins de joie. Ils racontèrent à tout le monde ce que l’ange leur avait dit au sujet de l’enfant, et ils remerciaient Dieu de la naissance de leur Sauveur.

L’Epiphanie
On fête l’Epiphanie le 6 janvier.
En Orient, bien loin de Bethléem où Jésus était né, des Mages, appelés Gaspar, Melchior et Balthazar, remarquèrent une nuit une étoile nouvelle dans le ciel. Ces Mages étaient des hommes sages et des savants, qui étudiaient les astres. En voyant cette étoile, ils comprirent qu’elle annonçait la naissance du roi des Juifs. Quittant tout, ils se mirent alors en route vers la Palestine. Et ils voyagèrent longtemps, guidés par l’étoile. Mais lorsqu’enfin ils arrivèrent en Palestine, l’étoile disparut. Les Mages se rendirent donc à Jérusalem, la capitale, et ils demandèrent aux habitants : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui ».
Apprenant cela, le roi du pays, Hérode, fut très inquiet : ce nouveau roi qui venait de naître n’allait-il pas lui prendre son royaume et être roi à sa place ? Hérode était tellement attaché à son pouvoir, à sa gloire et à ses richesses, qu’il décida de se débarrasser du nouveau-né. Il fit appeler en secret les Mages, et leur demanda à quelle date l’étoile était apparue. Puis il les envoya à Bethléem (car c’est là que la Bible avait annoncé la naissance du Sauveur) et il leur dit : « Allez vous renseigner avec précision sur l'enfant. Et quand vous l'aurez trouvé, avertissez-moi pour que j'aille, moi aussi, me prosterner devant lui ».
Les Mages partirent donc pour Bethléem, et voilà que l’étoile se mit à nouveau à briller dans le ciel. A sa vue, ils furent transportés de joie. Ils suivirent l’étoile jusqu’à Bethléem, et elle s’arrêta au-dessus du lieu où se trouvait Jésus. Les Mages entrèrent. Ils virent l'enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l'or, de l'encens et de la myrrhe. Puis les Mages repartirent. Mais Dieu les avertit en songe de ne pas retourner chez Hérode, et ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.
Purification de la Vierge et Présentation de Jésus au temple

On fête la Présentation au Temple le 2 février.
Quarante jours après la naissance de Jésus, saint Joseph et la Sainte Vierge Marie Le portèrent au Temple de Jérusalem pour Le présenter au Seigneur. En effet, la Loi juive demandait que les parents consacrent leur premier garçon à Dieu. Ils devaient aussi offrir deux colombes lors de cette cérémonie.
Dans le Temple se trouvait un vieil homme juste et bon, nommé Siméon, qui attendait la venue du Sauveur. Le Saint-Esprit lui avait fait savoir qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le Messie. Siméon prit Jésus dans ses bras et remercia Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître, vous pouvez laisser votre serviteur s'en aller dans la paix, selon votre parole. Car mes yeux ont vu votre salut que vous avez préparé à la face de tous les peuples, lumière pour éclairer les nations païennes, et gloire d'Israël votre peuple ». Puis il annonça à Marie qu’elle aurait beaucoup à souffrir, et que son fils serait un signe de contradiction.

Le Massacre des Innocents
On fête les Saints Innocents le 28 décembre :
Après le départ des Mages, un ange apparut en songe à saint Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l'enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu'à ce que je t'avertisse, car Hérode va rechercher l'enfant pour le faire périr ». Joseph se leva aussitôt, et au milieu de la nuit il partit avec Jésus et Marie pour les conduire en Egypte et échapper ainsi à Hérode.
En effet, le roi Hérode, ne voyant pas revenir les Mages, entra dans une grande colère. Et pour être sûr de tuer Jésus, Il donna l’ordre d’exterminer tous les garçons de moins de deux ans à Bethléem et dans toute la région. Ces pauvres enfants qu’Hérode a fait tuer, on les appelle les Saints Innocents, et ils sont maintenant au Ciel, parce qu’ils sont morts à la place de Jésus. La Sainte Famille resta en Egypte jusqu’à la mort d’Hérode ; puis elle revint en Palestine et alla habiter à Nazareth.
Le Recouvrement au Temple et la vie cachée à Nazareth

On fête le Recouvrement au Temple le dimanche de la Sainte Famille, le premier dimanche après l’Epiphanie.
Nous ne savons presque rien de cette période, la plus longue de la vie de Notre-Seigneur. Le seul événement marquant, rapporté par saint Luc, est un voyage de Jésus au Temple de Jérusalem pour les fêtes de Pâques, à l’âge de douze ans.
Après les prières du pèlerinage, Marie et Joseph reprirent le chemin de Nazareth, pensant que Jésus marchait avec d’autres personnes du groupe. Le soir venu, ils le cherchèrent, mais sans le trouver... Très inquiets, ils retournèrent à Jérusalem, et au bout de trois jours, ils retrouvèrent enfin Jésus dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi (savants qui connaissaient très bien la Bible). Et Jésus émerveillait tout le monde par la sagesse de ses paroles.
Lorsqu’elle Le vit, Marie lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi ! ». Jésus lui répondit : « Comment se fait-il que vous m'ayez cherché ? Ne le saviez-vous pas ? C'est chez mon Père que je dois être ».
Par cette réponse, Jésus agissait comme Fils de Dieu, et Il annonçait déjà à Marie et Joseph qu’Il devrait un jour partir pour annoncer le Royaume de Dieu. Puis Jésus revint à Nazareth avec la Sainte Vierge et saint Joseph, et Il leur était soumis.
La vie publique
Vers l’âge de 30 ans, Jésus quitta Nazareth pour annoncer le message de Dieu aux hommes. C’est ce qu’on appelle la vie publique de Jésus, qui durera trois ans.

Le Baptême de Jésus
On fête le Baptême de Jésus le même jour que l’Epiphanie, le 6 janvier.
Jésus commença par se rendre sur les bords du Jourdain, un fleuve de Palestine. Là se trouvait un homme appelé Jean ; c’était le cousin de Jésus, et le fils de sainte Élisabeth. Jean avertissait tout le monde de la venue prochaine du Sauveur, et de nombreuses personnes venaient l’écouter. Il baptisait tous ceux qui voulaient se préparer à la venue du Messie en demandant pardon pour leurs péchés. C’est pour cela qu’on l’appelait Jean-Baptiste. Et Jésus vint pour être lui aussi baptisé par Jean.
Mais lorsque Jean Le vit, il reconnut qu’Il était le Messie, et il refusa de Le baptiser. Il disait : « C'est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi, et c’est toi qui viens à moi ! ». Mais Jésus lui répondit : « Pour le moment, laisse-moi faire ». Alors Jean le baptisa.
Lorsque Jésus fut baptisé, Il sortit du fleuve ; et à cet instant, les cieux s'ouvrirent, et on vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur Lui. Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j'ai mis tout mon amour ».
Jésus au désert

On lit ce passage de l’Evangile le premier dimanche de Carême.
Après son baptême, Jésus fut conduit par l’Esprit-Saint dans le désert. Il y demeura quarante jours, sans prendre aucune nourriture, et Il eut faim. Le démon s’approcha alors de Lui pour Le tenter, et il Lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains ». Mais Jésus répondit : « Il est écrit : « Ce n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »
Alors le démon L’emmena à Jérusalem, au sommet du Temple, et Lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : « Il donnera pour toi des ordres à ses anges », et : « Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » Jésus lui déclara : « Il est encore écrit : « Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu. »

Le démon L'emmena encore sur une très haute montagne, et Lui fit voir tous les royaumes du monde avec leur gloire. Il Lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si tu te prosternes pour m'adorer ». Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! car il est écrit : « C'est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, et c'est lui seul que tu adoreras. » Alors le démon Le quitta. Et des anges s'approchèrent de Jésus pour Le servir.
L’élection des Apôtres
Après avoir quitté le désert, Jésus commença à expliquer aux hommes le message de Dieu. Beaucoup venaient L’écouter et devenaient ses disciples. Parmi ceux-ci, Jésus en choisira plusieurs pour L’accompagner spécialement, ce seront les apôtres.
Les premiers qui furent appelés s’appelaient Pierre et André, ils étaient frères. Un jour, comme Jésus marchait au bord du lac de Galilée, Il les vit jeter leurs filets, car c’étaient des pêcheurs. Jésus leur dit : « Venez derrière moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes ». Et aussitôt, laissant leurs filets, ils Le suivirent. Plus loin Jésus vit deux autres frères, Jacques et Jean, qui étaient pêcheurs eux aussi. Il les appela, et aussitôt ils Le suivirent. En tout, Jésus appela douze apôtres très différents les uns des autres : les uns étaient pêcheurs, un autre publicain, c’est-à-dire collecteur d’impôts ; certains étaient très jeunes, d’autres plus âgés, etc.
le premier, Simon, appelé Pierre ; André son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère ; Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu le publicain ; Jacques, fils d'Alphée, et Thaddée ; Simon le Zélote et Judas Iscariote.
Mathias remplacera Judas après sa trahison.
Prédication de l’Evangile
L’Évangile montre que Jésus, durant sa vie publique, a enseigné aux hommes le message de Dieu. Ce message de Dieu, Il l’appelait l’Évangile, ce qui signifie la Bonne Nouvelle : le Fils de Dieu était venu sur terre pour sauver les hommes.
Pendant trois ans, Jésus, accompagné de ses douze apôtres, a donc parcouru les villes et les villages pour annoncer cette Bonne Nouvelle du salut. Jésus aimait particulièrement parler aux pauvres, à ceux qui souffraient et qui avaient besoin de conseil. Il enseignait dans les synagogues où les Juifs se réunissaient pour prier, dans les villes et les villages, sur les bords du lac, partout où les gens voulaient bien L’entendre. Les foules accouraient de partout pour L’écouter, et tous ceux qui L’entendaient étaient émerveillés de la force et de la beauté de ses paroles. Ils disaient : « Jamais homme n’a parlé comme cet homme ! ».
Pour expliquer l’Évangile, Jésus utilisait de petites histoires, appelées paraboles. En voici un exemple :
« Comme une grande foule se rassemblait, et que de toutes les villes on venait vers Jésus, Il dit en parabole : « Le semeur est sorti pour semer la semence. Comme il semait, du grain est tombé au bord du chemin, les passants l'ont piétiné, et les oiseaux du ciel ont tout mangé. Du grain est tombé aussi dans les pierres, il a poussé, et il a séché parce qu'il n'avait pas d'humidité. Du grain est tombé aussi au milieu des ronces, et, en poussant, les ronces l'ont étouffé. Enfin, du grain est tombé dans la bonne terre, il a poussé, et il a porté du fruit au centuple ».
Jésus donna ensuite le sens de cette parabole à ses disciples :
« Voici le sens de la parabole. La semence, c'est la parole de Dieu. Ceux qui sont au bord du chemin, ce sont ceux qui ont entendu ; puis le démon survient et il enlève de leur cœur la Parole, pour les empêcher de croire et d'être sauvés. Ceux qui sont dans les pierres, lorsqu'ils entendent, ils accueillent la Parole avec joie ; mais ils n'ont pas de racines, ils croient pour un moment, et, au moment de l'épreuve, ils abandonnent. Ce qui est tombé dans les ronces, ce sont ceux qui ont entendu, mais qui sont étouffés, chemin faisant, par les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie, et ne parviennent pas à maturité. Et ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la Parole dans un cœur bon et généreux, la retiennent, et portent du fruit par leur persévérance ».
Les miracles de Jésus
Jésus a fait un miracle, par exemple, un jour où une grande foule L’écoutait mais n’avait pas pris de quoi manger. Il prit alors quelques pains et quelques poissons, Il les bénit et les multiplia au point qu’il en resta plusieurs corbeilles, une fois le repas terminé !
Acte ou évènement extraordinaire qui dépasse les forces de l’homme et ne peut être accompli que par la puissance de Dieu.
Jésus a accompli des miracles par lesquels il a montré sa domination divine sur toute la création. Il commande aux forces de la nature, comme le jour où la barque des apôtres risquait de chavirer à cause de la tempête. Jésus s’était endormi à l’arrière de la barque. Les apôtres, effrayés, Le réveillèrent en lui disant : « Seigneur, sauvez-nous ! Nous sommes perdus » ! Alors Jésus se leva et commanda à la mer et au vent, et aussitôt, il se fit un grand calme.
Il a accompli aussi des miracles sur les hommes : c’est ce qui est arrivé lorsqu’Il a guéri en un instant, et à distance, le fils d’un centurion. Le centurion était venu Le prier de guérir son enfant qui était sur le point de mourir. Jésus lui dit : « Va, ton fils est vivant ». Le centurion crut à la parole de Jésus, et il partit. Pendant qu’il retournait chez lui, ses serviteurs vinrent à sa rencontre pour lui dire que son fils était guéri : « hier, au début de l’après-midi, la fièvre l’a quitté ». C’était l’heure à laquelle Jésus avait dit au centurion : ton fils est vivant.
Il a même commandé aux démons, toutes les fois où il les a chassés du corps de malheureux qu’ils possédaient. Enfin il a fait reculer la mort, en ressuscitant son ami Lazare, pourtant mort depuis trois jours, ou le fils de la veuve de Naïm.
Jésus fait aussi des prophéties. On a vu que sa vie toute entière réalise jusque dans les moindres détails les prophéties de l’Ancien Testament. Mais Jésus lui-même a aussi prophétisé, et toutes ses promesses se sont réalisées.
C’est une prévision certaine et l’annonce de choses futures qui ne peuvent pas être connues par des causes naturelles. Prévoir la météo du lendemain n’est donc pas une prophétie ! Mais quand Jésus annonce à l’avance sa Passion et sa résurrection, ou la destruction du Temple de Jérusalem, c’est bien une prophétie.
La Transfiguration
On fête la Transfiguration le 6 aout.
Pour tous les hommes, Jésus a accompli les prophéties et fait des miracles. Mais à certains de ses apôtres, Il a montré de plus grandes choses, comme le jour de la Transfiguration. Ce jour-là, Jésus prit avec Lui Pierre, Jacques, et Jean, et Il les emmena à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. Une nuée lumineuse les couvrit de son ombre ; et, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis tout mon amour ; écoutez-le ! ». Par sa Transfiguration, Jésus avait montré plus clairement à ses apôtres qu’Il était le Fils de Dieu.
La Semaine Sainte
« Je crois en Jésus-Christ, qui a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort, a été enseveli ».
Le dimanche des Rameaux
On fête les Rameaux le dimanche qui précède la fête de Paque.
Après la résurrection de Lazare, un nombre très important de juifs se mirent à croire en Jésus. Cela devenait inquiétant pour les prêtres du Temple et les pharisiens, qui voyaient là disparaitre une partie de leur pouvoir. Ils décidèrent donc de faire mourir Jésus, mais après les fêtes de la Paque juive, car il y avait beaucoup de monde à Jérusalem à cette époque, et ils ne voulaient pas déclencher des émeutes.
Fête juive célébrant la sortie d’Egypte, lorsque le Peuple Elu était réduit en esclavage par Pharaon. Dieu, après avoir envoyé dix plaies (dix épreuves) sur l’Egypte, a fait traverser la Mer Rouge à son peuple guidé par Moïse. C’est cette libération qui était célébrée chaque année au Temple de Jérusalem.
Mais chez les chrétiens, la fête de Paque célèbre le dimanche de la Résurrection de Jésus, après sa Passion. Il ne faut donc pas confondre les deux fêtes.
D’ailleurs, juste après la résurrection de Lazare, Jésus fait une entrée glorieuse à Jérusalem. Il est assis sur une ânesse, accompagnée de son petit, et la foule immense l’acclame, chacun jette son manteau sur la route pour faire un tapis pour l’ânesse, et les gens coupent des branches d’arbres pour en faire des rameaux, qu’ils levaient au ciel en signe de fête. On voit donc que le peuple aimait Jésus, et la raison pour laquelle ses ennemis voulaient attendre la fin des fêtes pour le mettre à mort. Mais Judas, l’un des douze Apôtres, offrit aux prêtres de livrer Jésus, contre une somme d’argent.
L’âne est la monture du roi en Israël. Le roi David montait un âne, et c’est donc en tant que Roi que Jésus entre à Jérusalem, un roi humble, mais un roi tout de même.
Pendant la semaine, Jésus enseigna dans le Temple, et guérit les malades. Mais connaissant les intentions des prêtres du Temple, il retournait dormir à Béthanie chaque soir, chez Lazare.
Le Jeudi
Mais le jeudi, il envoya ses Apôtres Pierre et Jean préparer le repas qu’ils allaient partager ensemble pour la Paque à Jérusalem. Le soir venu, tous se rassemblent dans la salle du repas, le Cénacle.
Jésus, pendant ce repas, se mit à laver les pieds de ses disciples, pour leur apprendre à se servir les uns les autres, et à ne pas chercher à être le plus grand. Puis il prit du pain, le bénit, le rompit, et le donna à ses disciples en disant : « Prenez et mangez-en tous. Ceci est mon corps livré pour vous ». Puis à la fin du repas, il prit la coupe de vin, la bénit et la donna à ses disciples en disant : « Prenez, et buvez-en tous, car ceci est la coupe de mon sang, nouvelle et éternelle alliance, mystère de la foi, qui pour vous et pour beaucoup a été versé en rémission des péchés ».
C’est l’institution du sacrement de l’Eucharistie. Quand le prêtre, à la messe, prononce les mêmes paroles sur le pain et le vin, ce n’est plus du pain ni du vin, mais véritablement Jésus, avec son corps, son sang, son âme et sa divinité toute entière. Cela ressemble encore à du pain et du vin, mais cela n’en est plus.
C’est aussi l’institution du sacerdoce chrétien : quand Jésus dit « faites cela en mémoire de moi », il demande à ses Apôtres, nouvellement consacrés évêques, de continuer le sacrifice de la messe.
Puis Jésus termine cette soirée par une admirable prière, que Saint Jean nous raconte longuement, dans laquelle Jésus explique la beauté de ses rapports avec son Père.
L’agonie au Jardin des oliviers : Le Jeudi soir, après l’institution de la Sainte Eucharistie, commence le grand drame de la Passion au jardin de Gethsémani, le Jardin des Oliviers, qui se situe en dehors de Jérusalem. Là Jésus voit toutes les souffrances qu’il va endurer. Il subit pendant plusieurs heures une agonie cruelle, et, malgré le réconfort d’un ange, une sueur de sang coula de son corps.
Vers minuit, Judas, à la tête d’une troupe de soldats, entre dans ce jardin, et dénonce Jésus en l’embrassant. Le Christ est arrêté, et conduit au tribunal d’Anne, qui était l’ancien Grand Prêtre. Ce dernier, prudent, préfère renvoyer Jésus chez Caïphe, le Grand Prêtre en exercice. Là, tout un faux procès est monté contre Jésus, car on a vu que les pharisiens voulaient de toute façon faire mourir jésus. On va donc trouver des faux témoins qui vont mentir à propos de Jésus. Mais les témoins se contredisent sans cesse, et Caïphe commence à comprendre que ce faux procès n’est pas crédible. Il demande donc à Jésus : « Es-tu le Christ, le Fils de Dieu ? ». Sur la réponse affirmative de Jésus, on le condamne à mort pour blasphème. Mais comme le Sanhédrin (le tribunal des juifs) ne pouvait faire exécuter quelqu’un sans l’accord du procurateur romain, Caïphe est obligé de faire conduire Notre-Seigneur chez Ponce-Pilate.
Au prétoire, le tribunal du gouverneur, Pilate interrogea Jésus. Il comprit rapidement qu’il était innocent de ce dont on l’accusait. Apprenant que Jésus était Galiléen, pour se débarrasser de cette affaire gênante, il renvoya Jésus chez Hérode, tétrarque (roi) de Galilée, qui se trouvait justement à Jérusalem pour les fêtes de la Pâque juive. Hérode au début est très intéressé de voir Jésus, car il avait depuis longtemps envie de le voir faire un miracle. Mécontent que Jésus n’ait pas voulu en accomplir un devant lui, il le revêtit d’une robe éclatante, pour montrer qu’il le considérait comme un roi de théâtre et le renvoya chez Pilate.
Attention ! Ce n’est pas le même roi Hérode qui a massacré les Saints Innocents quand Jésus était petit, mais son petit-fils. Comme les rois de France, les rois de cette région se transmettaient le même prénom.
Pilate par trois fois proclama l’innocence de Jésus. Il trouva alors une autre solution, et proposa de le faire flageller, ce qui fut fait. Mais même après cela, les cris de la foule redoublèrent. Notre-Seigneur fut donc condamné à être crucifié.
Le supplice de la croix était réservé à Rome aux esclaves et aux grands criminels. Les condamnés à mort devaient porter eux-mêmes l’instrument de leur supplice jusqu’au lieu de l’exécution. Ainsi commença la « via dolorosa » (voie douloureuse), que l’Eglise a consacrée par l’institution du Chemin de la Croix.
Au pied de la croix se tenaient la mère de Jésus, Marie-Madeleine et quelques femmes courageuses. Des disciples ne restait que Saint Jean, les autres s’étant enfuis. Jésus fut crucifié entre deux malfaiteurs, deux larrons, dont un s’est converti avant de mourir.
Notre-Seigneur prononça sept paroles mémorables, « les sept paroles du Christ en Croix » :
A son Père :
« Père, pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font ».
A sa mère et à saint Jean :
« Femme, voici votre fils ». « Voici votre mère ».
A son Père :
« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’avez-vous abandonné ? »
Au bon larron :
« Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ».
« J’ai soif ».
« Tout est consommé ».
« Père, je remets mon esprit entre vos mains ».
D’après la loi romaine, les crucifiés devaient endurer leur supplice jusqu’à la mort puis leurs corps étaient détachés, puis laissés exposés au soleil, à la pluie, et donnés en pâture aux oiseaux. La loi juive au contraire ordonnait de détacher les suppliciés de leur croix et de les ensevelir avant le coucher du soleil, au moins durant la fête de la Paque.
Jésus resta dans le tombeau de Joseph d’Arimatie le vendredi soir, toute la journée du samedi, jusqu’à l’aube du dimanche. Mais nous verrons la Résurrection du Christ dans le prochain chapitre.
