Chapitre 9

La Rédemption et la Résurrection

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Nous venons de voir un bref aperçu de la vie de Jésus. Mais son passage sur Terre ne s’arrête pas avec sa mort. Jésus est ressuscité, c’est le mystère central de notre foi chrétienne. Il a vaincu la mort, pour nous sauver du péché. Sa mort n’a de sens qu’en prévision de la Résurrection : Jésus avait dit lui-même : « C'est pour cela que mon Père m'aime, parce que je donne ma vie pour la reprendre. Personne ne me la ravit, mais je la donne de moi-même ; j'ai le pouvoir de la donner, et le pouvoir de la reprendre : tel est l'ordre que j'ai reçu de mon Père (Jn 10, 17-18) ».

Voyons donc la suite de la vie du Christ, de sa mort à son Ascension. Puis nous tenterons d’expliquer pourquoi il est mort, et comment sa mort nous sauve du péché.

La suite de la vie du Sauveur

La descente aux Enfers

Nous récitons dans le Credo : « …est descendu aux enfers… ». Cette affirmation n’a rien de mythologique mais exprime une vérité de foi (à laquelle il faut croire). Entre la Mort et la Résurrection, l’âmes du Christ est descendue aux Enfers. Il ne s’agit pas ici de l’enfer où sont les damnés, ni du Purgatoire. Les enfers dont il est question dans le Credo est cet endroit où reposaient les âmes des justes qui étaient morts dans l’amitié de Dieu : les Limbes.

Limbes

ce terme peut désigner deux choses. C’est, comme nous venons de le dire, le lieu d’attente des Justes de l’Ancien Testament. Mais c’est aussi le lieu où se rendent, après leur mort, les enfants morts sans baptême. Ils n’ont pas commis de péché personnel, donc il serait injuste de les envoyer en Enfer. Mais ils ont toujours le Péché Originel en eux, et ils ne peuvent donc pas aller au Ciel. La plupart des théologiens pensent donc que ces enfants sont dans les Limbes, un lieu de bonheur naturel, mais sans la vision de Dieu.

Jésus déclare à propos de son séjour dans les limbes entre sa mort et sa résurrection : « De même que Jonas demeura trois jours et trois nuits dans le ventre du poisson, ainsi le Fils de l’homme demeurera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre (Mt 12, 40) ». L’expression : « le sein de la terre » ne désigne pas le tombeau, mais les Limbes qu’on s’imaginait à l’intérieur de la terre. Là les âmes ne souffraient pas ; elles jouissaient même d’un certain bonheur naturel, mais elles ne pouvaient pas entrer au Ciel avant que Jésus ne leur en ouvrît les portes que le péché d’Adam avait résolument fermées.

La Résurrection

La résurrection du Christ est une vérité fondamentale du christianisme qui tient une place centrale dans le catholicisme. Aussi ce dogme de la résurrection a été dans tous les temps l’objet de nombreuses et violentes attaques.

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Preuves dans l’Ecriture Sainte

Notre-Seigneur a prédit de façon la plus précise qu’il ressusciterait trois jours après sa mort : « Car de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre du poisson, ainsi le Fils de l'homme sera dans le sein de la terre trois jours et trois nuits (Mt 12, 40) » ; « Jésus commença depuis lors à déclarer à ses disciples qu'il fallait qu'il allât à Jérusalem, qu'il souffrît beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, qu'il fût mis à mort et qu'il ressuscitât le troisième jour » ; « Comme ils étaient groupés en Galilée, Jésus leur dit : " Le Fils de l'homme doit être livré entre les mains des hommes, et ils le mettront à mort, et il ressuscitera le troisième jour. " Et ils furent vivement attristés (Mt 17, 23) » ; « Voici que nous montons à Jérusalem, et le Fils de l'homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes, et ils le condamneront à mort, et ils le livreront aux Gentils pour être bafoué, flagellé et crucifié; et il ressuscitera le troisième jour (Mt 20, 19) » ; « Le lendemain, qui était (le jour) après la Préparation, les grands prêtres et les Pharisiens allèrent ensemble trouver Pilate et dirent : " Seigneur, nous nous sommes rappelés que cet imposteur, lorsqu'il vivait encore, a dit : " Dans trois jours je ressusciterai. " (Mt 27, 63) » ; « Et prenant la parole, l'ange dit aux femmes : " Vous, ne craignez pas ; car je sais que vous cherchez Jésus le crucifié. Il n'est point ici, car il est ressuscité comme il l'avait dit. Venez et voyez la place où il était (Mt 28, 6) » ; « Quand ils eurent ramé environ vingt-cinq à trente stades, ils virent Jésus marchant sur la mer et s'approchant de la barque, et ils eurent peur (Jn 6, 19) ».

La réalité de la résurrection a été prouvée :

  • par le tombeau vide (un enlèvement secret du corps était impossible en raison des gardes)
  • par les nombreuses apparitions où Jésus a parlé avec les siens
  • par le fait qu’il s’est laissé toucher par eux, il a mangé avec eux

La résurrection du Christ se trouve au centre de la prédication apostolique : « Les apôtres rendaient témoignage avec beaucoup de force de la résurrection du Seigneur Jésus (Act 4, 33) ».

Qualités du corps du Christ ressuscité :

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On s’appuie sur les paroles de saint Paul pour dire que le corps du Christ était un corps glorieux, c’est-à-dire doué de qualités nouvelles qui sont :

  • L’incorruptibilité : il était désormais incapable de souffrir et de mourir.
  • La clarté : les corps glorieux sont resplendissants comme le soleil.
  • L’agilité : ou la faculté de se déplacer avec la rapidité des esprits.
  • La subtilité : ou pouvoir de traverser les corps durs, la matière. Le Christ entre au Cénacle les portes fermées.

La vie glorieuse de Notre-Seigneur

La vie glorieuse de Jésus, qui commença à la Résurrection et se termina à l’Ascension, eut une durée de 40 jours. On peut trouver plusieurs raisons à cette vie : Jésus voulu convaincre le monde qu’il était vraiment ressuscité, d’où ses nombreuses apparitions. Mais il n’apparut pas à tous les hommes ni partout, parce que Dieu ne s’impose jamais à notre liberté et veut nous laisser le mérite de la foi. De plus, Jésus voulut compléter l’instruction de ses Apôtres. Enfin pendant sa vie glorieuse, Jésus institua le sacrement de la Pénitence, de la confession.

L’Ascension

Le Christ a prédit son ascension plusieurs fois à ses disciples, mais ceux-ci n’ont pas compris, comme ils n’ont pas compris les annonces de sa passion et de sa résurrection. Il est donc rapporté dans l’Evangile que Notre-Seigneur, quarante jours après sa Résurrection, apparut une dernière fois aux Onze Apôtres, réunis à Jérusalem, probablement au Cénacle et, après leur avoir déclaré qu’ils lui « rendraient témoignage à Jérusalem, dans toute la Judée, la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre », il les conduisit hors de la ville vers Béthanie. Là, « ayant levé les mains, il les bénit. Pendant qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et il fut enlevé au ciel (Act 1, 9) ».

« Est assis à la droite du Père »

Saint Marc écrit

« Après leur avoir ainsi parlé, le Seigneur Jésus fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu (Mc 16, 19) ». Cette expression signifie que le Christ, dans son humanité glorieuse, occupe la place de droite c’est-à-dire devant les anges et les saints une place d’honneur. En disant qu’il est assis, nous affirmons qu’il est comme un roi sur un trône, un juge à son tribunal, il est l’égal du Père par sa divinité.

La Rédemption du genre humain

Le mystère de la Rédemption est le mystère de Jésus-Christ mort sur la croix pour racheter tous les hommes, et ressuscité pour nous sauver de la mort.

Nous avons déjà vu ce que Adam et Eve ont perdu à la suite du péché originel. Pour retrouver les biens perdus et se délivrer de l’esclavage du démon, il fallait donc offrir à Dieu la réparation à laquelle il avait droit. Jésus a donc payé à notre place ce que l’on devait à Dieu en raison de nos péchés.

Quand une offense est faite, la gravité de l’offense est mesurée selon la dignité de la personne offensée : Si je casse la vitre d’un inconnu, ou si je casse la vitre du bureau du Pape, la seconde offense est beaucoup plus grave que la première. Mais pour la réparation de l’offense, il faut regarder la personne qui répare. Si un enfant va tout seul s’excuser auprès du voisin dont il a cassé la vitre, son excuse a moins de poids que si son père vient avec lui s’excuser.

Dans le cas du péché, la personne offensée est trop grande, et nous sommes trop petits pour nous excuser nous-mêmes. Il fallait donc un homme pour réparer, puisque ce sont les hommes qui ont péché, mais il fallait un Dieu aussi, car c’est Dieu que nous avons offensé. Et Jésus-Christ est bien vrai Dieu et vrai homme, c’est la raison pour laquelle il nous a racheté.

La Rédemption s’est donc accomplie par la Passion de Jésus-Christ, c’est-à-dire par ses souffrances et sa mort sur la croix pour nos péchés.

Nécessité et liberté de la Rédemption

L’homme après la chute ne pouvait pas se sauver lui-même. Dieu n’était pas obligé de sauver les hommes (il aurait pu supprimer le genre humain avec Adam). La Rédemption est donc un acte entièrement libre de l’amour divin et de la miséricorde divine.

L’Incarnation, pour sauver les hommes, n’était pas absolument nécessaire. Dieu dans sa toute-puissance, sa sagesse et sa miséricorde, aurait pu choisir un autre moyen pour racheter les hommes.

Il aurait pu aussi pardonner totalement le péché des hommes sans demander de réparation.

Mais si Dieu exigeait une réparation intégrale, alors l’incarnation d’une personne divine était nécessaire. L’offense infinie qui se trouve dans le péché grave ne peut être complètement enlevée que par une réparation infinie. Or seule une personne divine peut réparer de manière infinie.

Effets de la Rédemption

La satisfaction :

La satisfaction est la réparation pour une offense.

La satisfaction du Christ est parfaite. En raison de l’union hypostatique (union de la nature divine à la nature humaine dans la seule personne du Fils) les actions du Christ possèdent une valeur infinie. La satisfaction du Christ par sa Passion fut donc suffisante pour compenser l’offense infinie faite à Dieu par le péché.

Réconciliation de l’homme avec Dieu : La Rédemption délivre l’homme de l’esclavage du démon en le rétablissant dans l’amitié divine. Par son sacrifice le Christ a mérité à l’homme de « récupérer » les dons surnaturels (grâce sanctifiante, droit au bonheur du ciel).

Universalité de la Rédemption

Une chose universelle est une chose qui vaut pour tous. Au contraire, une chose particulière ne vaut que dans un cas précis.

Jésus-Christ est mort pour tous les hommes et a expié pour tous les péchés. Il a expié pour le péché originel et pour les péchés actuels de tous les temps et de tous les hommes. Il est le médiateur pour les péchés commis sous l’Ancienne alliance comme sous la Nouvelle alliance. Ce qui revient à dire que tous ceux qui sont sauvés, tant les justes de l’Ancien Testament que ceux du Nouveau Testament, n’ont obtenu leur grâce de salut qu’en raison des mérites de Notre-Seigneur.

Attention ! Jésus est mort pour le salut de tous, mais tous ne sont pas sauvés. Puisque Dieu laisse à l’homme sa liberté, il faut que l’homme veuille être sauvé par la Croix pour l’être. Il faut donc que l’homme accueille le Christ comme son divin sauveur, et accepte de se mettre sous sa loi. Une personne qui refuserait d’être baptisée, par exemple, ou qui refuserait de suivre les commandements de Dieu, ne pourrait être sauvée, malgré le sacrifice de la Croix.