« Marie, elle est si belle que, lorsqu'on l'a vue une fois, on voudrait mourir pour la revoir ! »
Ste Bernadette
La Vierge Marie est la mère de Jésus. A ce titre, elle a reçu de Dieu de nombreux privilèges, en prévision ou comme conséquences de son titre de Mère de Dieu.

Marie Mère de Dieu
La maternité de Marie
« D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne à moi ? (Lc 1, 43) » dit sainte Elisabeth en voyant Marie s’approcher. Elle reconnaît donc que Marie est la « mère du Seigneur ».
En tant que Dieu, Jésus a un père mais pas de mère. En tant qu’homme, Jésus a une mère mais pas de père.
Saint Joseph n’est pas le père naturel de Jésus. Il n’est pour rien dans la conception du Christ dans le sein de la Vierge Marie : c’est l’œuvre directe du Saint-Esprit. On dit alors que Saint Joseph est le « père nourricier » de Jésus, c’est-à-dire qu’il a nourri et éduqué l’enfant Jésus, comme s’il était son véritable père.

Evidemment Marie n’est pas la mère de la nature divine : Dieu n’a pas de mère ! Au contraire Marie est la fille de Dieu, puisqu’elle est une créature. Mais Marie est la mère de Jésus, or Jésus est Dieu. C’est en ce sens que l’on peut dire que Marie est Mère de Dieu. Marie a droit au titre de « Mère de Dieu » : c’est un dogme, proclamé au concile d’Ephèse en 431. C’est aussi le fondement de tous ses privilèges.
Marie Co-rédemptrice
Marie a coopéré à notre rédemption d’une manière particulière. Elle en a été un instrument privilégié :
- en acceptant d’être la Mère du Sauveur. Elle aurait pu dire non, lorsque l’ange Gabriel est venu la visiter.
- en partageant ses souffrances. Nous vénérons Marie comme la Mère des douleurs, Notre-Dame des sept douleurs.
- en se faisant notre médiatrice, notre avocate auprès de Lui.
Coopérer à une action, c’est y participer, en aidant la personne qui fait cette action.
Un médiateur est une personne qui se place entre deux personnes qui se disputent pour tenter de les calmer et de trouver une solution pacifique. Jésus est l’unique médiateur entre Dieu et les hommes, puisqu’il est Homme-Dieu. Mais la Sainte Vierge, comme Mère de Jésus, est aussi une médiatrice entre nous et Jésus.
Les privilèges de Marie
L’Immaculée Conception
On fête l’Immaculée Conception le 8 décembre.
Le dogme de l’Immaculée Conception affirme que la Vierge a été conçue sans le Péché Originel.
La Très Sainte Vierge Marie fut, dès le premier instant de sa conception, préservée de toute souillure du péché originel, par un privilège unique de Dieu et en prévision des mérites de Jésus-Christ. Bien sûr Jésus n’avait pas encore sauvé les hommes, mais le salut a été appliqué à Marie par anticipation, par avance : en prévision du salut opéré par le Christ.
A Lourdes Notre Dame a dit elle-même : « Je suis l’Immaculée Conception », quatre ans après la proclamation solennelle du dogme par le pape Pie IX, le 8 décembre 1854.
La virginité perpétuelle
Marie fut toujours vierge, avant, pendant, et après la naissance de son Fils.
Cela avait été annoncé par le prophète Isaïe : « une vierge enfantera un Fils, et on lui donnera le nom d’Emmanuel (Is 7, 14) ». Ainsi, comme le chante la liturgie, Marie eut la joie d’être mère en conservant l’honneur d’être vierge.
Marie n’eut pas d’autres enfants, c’est pourquoi Jésus la confia à saint Jean :

« Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie-Madeleine. Jésus ayant vu sa mère, et auprès d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : "Femme, voilà votre fils." Ensuite il dit au disciple : "Voilà votre mère." Et depuis cette heure-là, le disciple la prit chez lui (Jn 19, 25-27) ». Saint Joseph était donc probablement déjà mort au moment de la Passion, et dans la culture juive, il n’était pas possible pour une femme de rester sans protecteur, que ce soit un fils, un père, un mari…
Attention ! Quand l’Evangile parle des « frères de Jésus », il s’agit de ses cousins, selon la coutume juive. Dans certains pays encore aujourd’hui, comme en Afrique, on appelle frère un membre de la même famille, de la même tribu, ou du même pays.
La sainteté parfaite
Avant l’Annonciation, et dès le premier instant, Marie reçut la plénitude de la grâce.
C’est-à-dire la plénitude de grâce sanctifiante, accompagnée de dons surnaturels, de grâces infuses et de toutes les grâces gratuitement données, comme aucune autre créature (ange ou homme) n’en reçut jamais dans une telle mesure.
C’est la grâce que Dieu nous donne pour notre salut. C’est la vie de toute la Trinité en notre âme, qui nous unit à Dieu. En Marie, l’union a été la plus parfaite, étant exclu le cas du Christ.
Tout don de Dieu en vue de notre salut éternel est un don surnaturel. Une belle voix, ou une intuition développée, sont des dons naturels. Les dons du Saint-Esprit, dont la Vierge Marie fut remplie, sont des dons surnaturels.
Ce sont les aides que Dieu nous donne en récompenses de nos bonnes actions, ou en réponse à notre prière. Mais Dieu n’est pas obligé d’attendre que nous demandions, il peut donner ce qu’il veut, à qui il veut, librement.

Toutes les grâces de Dieu sont gratuites, car nous ne pouvons jamais mériter absolument ses cadeaux. Mais certaines grâces particulières, comme le don des langues (Saint-François Xavier, les Apôtres), celui de lire dans les consciences (Dom Bosco, le saint curé d’Ars), les visions (Sainte Catherine de Sienne, Sainte Brigitte), le don des miracles (de très nombreux saints de leur vivant, et tous après leur mort), sont des cadeaux appelés charismes, qui ne sont donnés qu’à certains pour une mission particulière.
Il est donc certain qu’avant l’Annonciation Marie n’a jamais péché, même légèrement. D’où les paroles de l’Archange Gabriel : « Je vous salue, pleine de grâce ». Il n’y a rien d’étonnant en cela, puisque Marie devait devenir la Mère du Christ.
Après l’Annonciation, on pense que les grâces données à Marie, déjà très grandes, augmentèrent encore à cause de l’Incarnation du Christ, et à cause des actes méritoires qu’elle posa (ses bonnes actions). Elles grandirent aussi grâce aux sacrements qu’elle reçut : il est probable qu’elle reçut le baptême (non comme remède au péché originel, mais comme porte des autres sacrements), la confirmation et surtout la sainte Eucharistie. Il est donc certain qu’après l’Annonciation, Marie a encore grandi dans la grâce : elle était alors impeccable (elle ne pouvait pas pécher).
L’Assomption
On fête l’Assomption de Notre-Dame le 15 aout, qui est aussi la fête nationale catholique française, car à cette date le roi de France Louis XIII a consacré solennellement la France et sa couronne à la Vierge Marie.
Le dogme de l’Assomption affirme que Marie, à la fin de sa vie, est montée au Ciel avec son corps et son âme.

Le dernier dogme défini par l’Eglise est celui de l’Assomption de la Vierge Marie. C’est le pape Pie XII qui l’a défini en 1950. Ce dogme enseigne qu’à la fin de sa vie, la sainte Vierge est montée au Ciel avec son corps, qui n’a donc pas connu la corruption (la décomposition des cadavres).
l’Eglise ne dit pas que Marie est morte avant l’Assomption. On le pense généralement en Occident, en donnant comme argument que Marie a dû connaître la mort, puisque le Christ l’a connue. En Orient on pense le contraire, en rappelant que la mort est une conséquence du péché originel, dont Marie a été préservée. En tous les cas, cette question n’est pas un dogme de foi, et on est donc libre de penser ce que l’on veut.
La Médiation universelle
Attention ! Ce n’est pas encore un dogme, mais ce sera peut-être le prochain dogme défini par l’Eglise, car l’immense majorité des théologiens le pense.
Marie est médiatrice de toute grâce, ce qui signifie que tous les dons de Dieu passent par ses mains.

On trouve plusieurs raisons à cette affirmation :
- Les saints prient pour nous. Marie aussi, mais à un degré supérieur et avec un pouvoir plus grand. Ainsi elle est médiatrice, elle intercède pour nous par ses prières.
- Elle est médiatrice parce qu’elle est à la fois Mère de Dieu et Mère des hommes : c’est Jésus qui nous a sauvés (il est le seul médiateur nécessaire), mais c’est Marie qui nous a donné Jésus : elle a donc joué un rôle très important dans notre salut.
- Enfin elle est médiatrice au sens où aucune grâce ne serait accordée aux hommes si Marie n’intervenait pas pour eux. Dieu a voulu nous donner le salut en Jésus par Marie : cela continue aujourd'hui.
« Dieu a voulu que nous ne puissions rien avoir qui ne soit passé par les mains de Marie »
St Bernard de Clairvaux
« Si Pierre a les clés du ciel, Marie a les clés du Cœur de Dieu »
Pie XII
Le culte de Notre-Dame
L’adoration et la vénération
Dans l’Eglise, on distingue la vénération et l’adoration. L’adoration n’est due qu’à Dieu seul. On ne peut adorer que Lui. Mais on peut vénérer les saints, les anges, nos parents ou nos supérieurs.
Le culte d’adoration est appelé culte de latrie, d’où est tiré le mot d’idolâtre (idole-latrie, adoration des idoles). Le culte de vénération est appelé culte de dulie, d’où est tiré le mot iconodoule (icône-dulie, vénération des icônes). Mais nous vénérons la Vierge Marie d’un culte particulier, plus grand que les autres saints, mais moins grand que l’adoration qui n’est due qu’à Dieu. On appelle ce culte l’hyperdulie.

L’Eglise rend donc à la Sainte Vierge le culte d’hyperdulie. Les protestants nous reprochent de l’idolâtrer : c’est faux, nous ne l’adorons pas, nous la vénérons, et en cela nous ne faisons que reconnaître la grande dignité conférée par Dieu à celle qu’Il a choisie pour Mère de son Fils. Elle est aussi notre mère : n’est-il pas normal et bon d’honorer sa mère ?
Il y a de nombreuses fêtes en son honneur, et deux mois de l’année lui sont consacrés : Mai (le mois de Marie) et Octobre (le mois du Rosaire).
Il faut honorer dignement celle que saint Bernard fut le premier à appeler noblement « Notre Dame ». Un bon moyen consiste à prier le chapelet, comme elle l’a demandé à Fatima : « il faut réciter le chapelet tous les jours ».
Le chapelet
Le chapelet désigne deux choses : la prière préférée de la Vierge Marie, qu’elle a recommandé lors de toutes ses apparitions, et l’objet de piété qui sert à réciter cette prière : une sorte de collier en corde ou en chaine, sur lequel sont fixés des petites boules, qui symbolisent les prières à réciter.

Pour réciter le chapelet, il est recommandé de méditer les mystères de la vie du Christ et de la Vierge Marie.
Mystères joyeux :
L’Annonciation
La Visitation
La Nativité
La présentation de Jésus au Temple et la purification de la Vierge
Le recouvrement de Jésus au Temple
Mystères douloureux :
L’agonie de Jésus au Jardin des Oliviers
La flagellation
Le couronnement d’épines
Le portement de Croix
La mort de Jésus sur la Croix
Mystères glorieux :
La Résurrection
L’Ascension
La Pentecôte
L’Assomption de Notre-Dame
Le couronnement de la Vierge-Marie au Ciel.
La partie ou est fixée la croix du chapelet en est le début. On commence par réciter le credo, puis un Je vous salue Marie à chaque petite boule, et un Notre Père à chaque grande. Entre chaque dizaine de chapelet, on récite la prière du Gloire au Père, puis celle des enfants de Fatima.
« Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen ».
« Ô Bon Jésus, pardonnez-nous tous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, et conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre sainte miséricorde ».
« Marie est mer que nul n’épuise, plus y trouve qui plus y puise ».
Gauthier de Coincy (XIIIe siècle)
