L’apôtre saint Paul le rappelle : « Celui qui aime§2822 autrui a de ce fait accompli la loi. En effet, le précepte : tu ne commettras pas d’adultère ; tu ne tueras pas ; tu ne voleras pas ; tu ne convoiteras pas, et tous les autres se résument en ces mots : tu aimeras ton prochain comme toi-même. La charité ne fait point de tort au prochain. La charité est donc la loi dans sa plénitude » 2.
Chapitre 2
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même »
L’apôtre saint Paul le rappelle : « Celui qui aime§2822 autrui a de ce fait accompli la loi. En effet, le précepte : tu ne commettras pas d’adultère ; tu ne tueras pas ; tu ne voleras pas ; tu ne convoiteras pas, et tous les autres se résument en ces mots : tu aimeras ton prochain comme toi-même. La charité ne fait point de tort au prochain. La charité est donc la loi dans sa plénitude » 2.
Article 4 — Le quatrième commandement
Ce commandement implique et sous-entend les devoirs des parents, tuteurs, maîtres, chefs, magistrats, gouvernants, de tous ceux qui exercent une autorité sur autrui ou sur une communauté de personnes.
I. La famille dans le plan de Dieu
Nature de la famille
La famille chrétienne
II. La famille et la société
III. Devoirs des membres de la famille
Devoirs des enfants
Enfant, viens en aide à ton père dans sa vieillesse et ne l’attriste pas durant sa vie. Même si son esprit faiblit, sois indulgent, ne le méprise pas quand tu es en pleine force. [...] Tel un blasphémateur, celui qui délaisse son père, un maudit du Seigneur celui qui rudoie sa mère 2.
Devoirs des parents
IV. La famille et le royaume
Les parents accueilleront et respecteront avec joie et action de grâce l’appel du Seigneur à un de leurs enfants de le suivre dans la virginité pour le Royaume, dans la vie consacrée ou dans le ministère sacerdotal.
V. Les autorités dans la société civile
Devoirs des autorités civiles
Les droits politiques attachés à la citoyenneté peuvent et doivent être accordés selon les exigences du bien commun. Ils ne peuvent être suspendus par les pouvoirs publics sans motif légitime et proportionné. L’exercice des droits politiques est destiné au bien commun de la nation et de la communauté humaine.
Devoirs des citoyens
Les chrétiens résident dans leur propre patrie, mais comme des étrangers domiciliés. Ils s’acquittent de tous leurs devoirs de citoyens et supportent toutes leurs charges comme des étrangers. [...] Ils obéissent aux lois établies, et leur manière de vivre l’emporte sur les lois. [...] Si noble est le poste que Dieu leur a assigné qu’il ne leur est pas permis de déserter a2.
La communauté politique et l’Église
Article 5 — Le cinquième commandement
I. Le respect de la vie humaine
Le témoignage de l’Histoire Sainte
L’Ancien Testament a toujours considéré le sang comme un signe sacré de la vie 1. La nécessité de cet enseignement est de tous les temps.
La légitime défense
Pendant longtemps, le recours à la peine de mort de la part de l’autorité légitime, après un procès régulier, fut considéré comme une réponse adaptée à la gravité de certains délits, et un moyen acceptable, bien qu’extrême, pour la sauvegarde du bien commun.
Aujourd’hui on est de plus en plus conscient que la personne ne perd pas sa dignité, même après avoir commis des crimes très graves. En outre, s’est répandue une nouvelle compréhension du sens de sanctions pénales de la part de l’État. On a également mis au point des systèmes de détention plus efficaces pour garantir la sécurité à laquelle les citoyens ont droit, et qui n’enlèvent pas définitivement au coupable la possibilité de se repentir.
C’est pourquoi l’Église enseigne, à la lumière de l’Évangile, que « la peine de mort est inadmissible car elle attente à l’inviolabilité et à la dignité de la personne » (François, Discours aux Participants à la Rencontre organisée par le Conseil Pontifical pour la Promotion de la Nouvelle Évangélisation, 11 octobre 2017) et elle s’engage de façon déterminée, en vue de son abolition partout dans le monde.
Rédaction antérieure (édition 1992)
Mais si des moyens non sanglants suffisent§2306 à défendre et à protéger la sécurité des personnes contre l’agresseur, l’autorité s’en tiendra à ces moyens, parce que ceux-ci correspondent mieux aux conditions concrètes du bien commun et sont plus conformes à la dignité de la personne humaine.
Aujourd’hui, en effet, étant données les possibilités dont l’État dispose pour réprimer efficacement le crime en rendant incapable de nuire celui qui l’a commis, sans lui enlever définitivement la possibilité de se repentir, les cas d’absolue nécessité de supprimer le coupable « sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants » (Evangelium vitæ, n. 56).
L’homicide volontaire
L’avortement
Mes os n’étaient point cachés devant toi quand je fus fait dans le secret, brodé dans les profondeurs de la terre 123.
Dieu, maître de la vie, a confié aux hommes le noble ministère de la vie, et l’homme doit s’en acquitter d’une manière digne de lui. La vie doit donc être sauvegardée avec soin extrême dès la conception : l’avortement et l’infanticide sont des crimes abominables e.
L’euthanasie
Le suicide
Des troubles psychiques graves, l’angoisse ou la crainte grave de l’épreuve, de la souffrance ou de la torture peuvent diminuer la responsabilité du suicidaire§1735.
II. Le respect de la dignité des personnes
Le respect de l’âme d’autrui : le scandale
Le respect de la santé
Le soin de la santé des citoyens requiert l’aide§1509 de la société pour obtenir les conditions d’existence qui permettent de grandir et d’atteindre la maturité : nourriture et vêtement, habitat, soins de santé, enseignement de base, emploi, assistance sociale.
Le respect de la personne et la recherche scientifique
Le respect de l’intégrité corporelle
Le respect des morts
III. La sauvegarde de la paix
La paix
La colère est un désir de vengeance. « Désirer la vengeance pour le mal de celui qu’il faut punir est illicite » ; mais il et louable d’imposer une réparation « pour la correction des vices et le maintien de la justice » a. Si la colère va jusqu’au désir délibéré de tuer le prochain ou de le blesser grièvement, elle va gravement contre la charité ; elle est péché mortel. Le Seigneur dit : « Quiconque se met en colère contre son frère sera passible du jugement » 2.
Éviter la guerre
Aussi longtemps cependant « que le risque de guerre subsistera, qu’il n’y aura pas d’autorité internationale compétente et disposant de forces suffisantes, on ne saurait dénier aux gouvernements, une fois épuisées toutes les possibilités de règlement pacifiques, le droit de légitime défense » a.§2268
– Que le dommage infligé par l’agresseur à la nation ou à la communauté des nations soit durable, grave et certain.
– Que tous les autres moyens d’y mettre fin se soient révélés impraticables ou inefficaces.
– Que soient réunies les conditions sérieuses de succès.
– Que l’emploi des armes n’entraîne pas des maux et des désordres plus graves que le mal à éliminer. La puissance des moyens modernes de destruction pèse très lourdement dans l’appréciation de cette condition.
Ce sont les éléments traditionnels énumérés dans la doctrine dite de la « guerre juste ».
L’appréciation de ces conditions de légitimité morale appartient au jugement prudentiel de ceux qui ont la charge§1897 du bien commun.
Ceux qui se vouent au service de la patrie dans§2239 la vie militaire, sont des serviteurs de la sécurité et de la liberté des peuples. S’ils§1909 s’acquittent correctement de leur tâche, ils concourent vraiment au bien commun de la nation et au maintien de la paix a.
Les actions délibérément contraires au droit des gens et à ses principes universels, comme les ordres qui les commandent, sont des crimes. Une obéissance aveugle ne suffit pas à excuser ceux qui s’y soumettent. Ainsi l’extermination d’un peuple, d’une nation ou d’une minorité ethnique doit être condamnée comme un péché mortel. On est moralement tenu de résister§2242 aux ordres qui commandent un génocide.
Article 6 — Le sixième commandement
I. « Homme et femme, il les créa... »
« Dieu créa l’homme à son image [...] homme et femme, il les créa » 1 ; « Croissez et multipliez-vous » 2 ; « le jour où Dieu créa l’homme, à la ressemblance de Dieu il le fit, homme et femme il les créa : il les bénit et les appela du nom d’homme le jour où ils furent créés » 3.
La Tradition de l’Église a entendu le sixième commandement comme englobant l’ensemble de la sexualité humaine.
II. La vocation à la chasteté
La vertu de chasteté comporte donc l’intégrité de la personne et l’intégralité du don.
L’intégrité de la personne
L’intégralité du don de soi
La chasteté s’exprime notamment dans l’amitié pour le prochain. Développée entre personnes de même sexe ou de sexes différents, l’amitié représente un grand bien pour tous. Elle conduit à la communion spirituelle.
Les divers régimes de la chasteté
Les offenses à la chasteté
Pour former un jugement équitable sur la responsabilité morale des sujets et pour orienter l’action pastorale, on tiendra compte de l’immaturité affective, de la force des habitudes contractées, de l’état d’angoisse ou des autres facteurs psychiques ou sociaux qui peuvent§1735 atténuer, voire même réduire au minimum la culpabilité morale.
Chasteté et homosexualité
III. L’amour des époux
L’amour conjugal de l’homme et de la femme est ainsi placé sous la double exigence de la fidélité et de la fécondité.
La fidélité conjugale
La fécondité du mariage
Le don de l’enfant
IV. Les offenses à la dignité du mariage
Le divorce
Entre baptisés, « le mariage conclu et consommé ne peut être dissout par aucune puissance humaine ni pour aucune cause, sauf par la mort » a.
Si le divorce civil reste la seule manière possible d’assurer certains droits légitimes, le soin des enfants ou la défense du patrimoine, il peut être toléré sans constituer une faute morale.
Autres offenses à la dignité du mariage
L’expression recouvre des situations différentes : concubinage, refus du mariage en tant que tel, incapacité à se lier par des engagements à long terme a. Toutes ces situations offensent la dignité du mariage ; elles détruisent l’idée même de la famille ; elles affaiblissent le sens de la fidélité. Elles sont contraires à la loi morale : l’acte sexuel doit prendre place§2353 exclusivement dans le mariage ; en dehors de celui-ci, il constitue toujours un péché grave§1385 et exclut de la communion sacramentelle.
Article 7 — Le septième commandement
I. La Destination universelle et la propriété privée des biens
II. Le respect des personnes et de leurs biens
Le respect des biens d’autrui
Le respect de l’intégrité de la création
III. La doctrine sociale de l’Église
IV. L’activité économique et la justice sociale
Chacun doit pouvoir puiser dans le travail les moyens de subvenir à sa vie et à celle des siens, et de rendre service à la communauté humaine.
La privation d’emploi à cause du chômage est presque toujours pour celui qui en est victime, une atteinte à sa dignité et une menace pour l’équilibre de la vie. Outre le dommage personnellement subi, des risques nombreux en découlent pour son foyer a.
V. Justice et solidarité entre les nations
VI. L’amour des pauvres
Article 8 — Le huitième commandement
I. Vivre dans la vérité
II. « Rendre témoignage à la vérité »
Je te bénis pour m’avoir jugé digne de ce jour et de cette heure, digne d’être compté au nombre de tes martyrs. [...] Tu as gardé ta promesse, Dieu de la fidélité et de la vérité. Pour cette grâce et pour toute chose, je te loue, je te bénis, je te glorifie par l’éternel et céleste Grand Prêtre, Jésus-Christ, ton enfant bien-aimé. Par lui, qui est avec Toi et l’Esprit, gloire te soit rendue, maintenant et dans les siècles à venir. Amen b.
III. Les offenses à la vérité
– de jugement téméraire celui qui, même tacitement admet comme vrai, sans fondement suffisant, un défaut moral chez le prochain.
– de médisancecelui qui, sans raison objectivement valable, dévoile à des personnes qui l’ignorent les défauts et les fautes d’autrui 1.
– de calomniecelui qui, par des propos contraires à la vérité, nuit à la réputation des autres et donne occasion à de faux jugements à leur égard.
IV. Le respect de la vérité
V. L’usage des Moyens de communication sociale
VI. Vérité, beauté et art sacré
Article 9 — Le neuvième commandement
I. La purification du cœur
II. Le combat pour la pureté
– par la vertu et le don de chasteté, car§2337 la chasteté permet d’aimer d’un cœur droit et sans partage.
– par la pureté d’intention qui consiste à viser§1752 la fin véritable de l’homme : D’un œil simple, le baptisé cherche à trouver et à accomplir en toute chose la volonté de Dieu 12.
– par la pureté du regard, extérieur et intérieur§1762 ; par la discipline des sentiments et de l’imagination ; par le refus de toute complaisance dans les pensées impures qui inclinent à se détourner de la voie des commandements divins : « La vue éveille la passion chez les insensés » 3.
– par la prière :
Article 10 — Le dixième commandement
I. Le désordre des convoitises
II. Les désirs de l’Esprit
Le Dieu des promesses a depuis toujours mis l’homme en garde contre la séduction de ce qui, depuis les origines, apparaît§397 « bon à manger, agréable aux yeux, plaisant à contempler » 1.
