Catéchisme de l'Église Catholique Catéchisme de l'Église Catholique

Chapitre 1

Les sacrements de l’initiation chrétienne

1212
Par les sacrements de l’initiation chrétienne, le Baptême, la Confirmation et l’Eucharistie, sont posés les fondements de toute vie chrétienne. « La participation à la nature divine, donnée aux hommes par la grâce du Christ, comporte une certaine analogie avec l’origine, la croissance et le soutien de la vie naturelle. Nés à une vie nouvelle par le Baptême, les fidèles sont en effet fortifiés par le sacrement de Confirmation et reçoivent dans l’Eucharistie le pain de la vie éternelle. Ainsi, par ces sacrements de l’initiation chrétienne, ils reçoivent toujours davantage les richesses de la vie divine et s’avancent vers la perfection de la charité » ab.

Article 1 — Le sacrement du baptême

1213
Le saint Baptême est le fondement de toute la vie chrétienne le porche de la vie dans l’Esprit (vitæ spiritualis ianua) et la porte qui ouvre l’accès aux autres sacrements. Par le Baptême nous sommes libérés du péché et régénérés comme fils de Dieu, nous devenons membres du Christ et nous sommes incorporés à l’Église et faits participants à sa mission (voir concile de Florence : DS 1314 ; CIC, can. 204, § 1; 849; CCEO, can. 675, § 1) : « Le Baptême est le sacrement de la régénération par l’eau et dans la parole » abcd.

I. Comment est appelé ce sacrement ?

1214
On l’appelle Baptême selon le rite central par lequel il est réalisé : baptiser (en grec baptizein) signifie « plonger », « immerger » ; la « plongée » dans l’eau symbolise l’ensevelissement du catéchumène dans la mort du Christ§628 d’où il sort par la résurrection avec lui (voir Rm 6:3-4 ; Col 2:12), comme « nouvelle créature » 12.
1215
Ce sacrement est aussi appelé « le bain de la régénération et de la rénovation en l’Esprit Saint » 1, car il signifie et réalise cette naissance de l’eau et de l’Esprit sans laquelle « nul ne peut entrer§1257 au Royaume de Dieu » 2.
1216
« Ce bain est appelé illumination, parce que ceux qui reçoivent cet enseignement [catéchétique] ont l’esprit illuminé... » a. Ayant reçu dans le Baptême le Verbe, « la lumière véritable qui illumine tout homme » 1, le baptisé, « après avoir été illuminé » 2 est devenu « fils§1243 de lumière » 3, et « lumière » lui-même 4 :
Le Baptême est le plus beau et le plus magnifique des dons de Dieu... Nous l’appelons don, grâce, onction, illumination, vêtement d’incorruptibilité, bain de régénération, sceau, et tout ce qu’il y a de plus précieux. Don, parce qu’il est conféré à ceux qui n’apportent rien ; grâce, parce qu’il est donné même à des coupables ; Baptême, parce que le péché est enseveli dans l’eau ; onction, parce qu’il est sacré et royal (tels sont ceux qui sont oints) ; illumination, parce qu’il est lumière éclatante ; vêtement, parce qu’il voile notre honte ; bain, parce qu’il lave ; sceau, parce qu’il nous garde et qu’il est le signe de la seigneurie de Dieu a.

II. Le Baptême dans l’économie du salut

Les préfigurations du Baptême dans l’Ancienne Alliance

1217
Dans la liturgie de la Nuit Pascale, lors de la bénédiction de l’eau baptismale, l’Église fait solennellement mémoire des grands événements de l’histoire du salut qui préfiguraient déjà le mystère du Baptême :
Par ta puissance, Seigneur, tu accomplis des merveilles dans tes sacrements, et au cours de l’histoire du salut tu t’es servi de l’eau, ta créature, pour nous faire connaître la grâce du Baptême a.
1218
Depuis l’origine du monde, l’eau, cette créature humble et admirable, est la source de la vie et de la fécondité. L’Écriture Sainte la voit§344§694 comme « couvée » par l’Esprit de Dieu 1 :
Dès le commencement du monde, c’est ton Esprit qui planait sur les eaux pour qu’elles reçoivent en germe la force qui sanctifie 1.
1219
L’Église a vu dans l’Arche de Noé une préfiguration du salut par le Baptême. En effet, par elle « un petit nombre§701§845, en tout huit personnes, furent sauvés par l’eau » 1 :
Par les flots du déluge, tu annonçais le Baptême qui fait revivre, puisque l’eau y préfigurait également la mort du péché et la naissance de toute justice 1.
1220
Si l’eau de source symbolise la vie, l’eau de la mer est un symbole de la mort. C’est pourquoi il pouvait figurer le mystère§1010 de la Croix. De par ce symbolisme le baptême signifie la communion avec la mort du Christ.
1221
C’est surtout la traversée de la Mer Rouge, véritable libération d’Israël de l’esclavage d’Égypte, qui annonce la libération opérée par le Baptême :
Aux enfants d’Abraham, tu as fait passer la mer Rouge à pied sec pour que la race libérée de la servitude préfigure le peuple des baptisés a.
1222
Enfin, le Baptême est préfiguré dans la traversée du Jourdain, par laquelle le peuple de Dieu reçoit le don de la terre promise à la descendance d’Abraham, image de la vie éternelle. La promesse de cet héritage bienheureux s’accomplit dans la nouvelle Alliance.

Le Baptême du Christ

1223
Toutes les préfigurations de l’Ancienne Alliance trouvent leur achèvement dans le Christ Jésus. Il commence sa vie publique après s’être fait baptiser par saint Jean le Baptiste dans le Jourdain 1, et, après sa résurrection, il donne cette mission aux apôtres : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit§232, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit » 23.
1224
Notre Seigneur s’est volontairement soumis au Baptême de saint Jean, destiné aux pécheurs, pour « accomplir toute justice§536 » 1. Ce geste de Jésus est une manifestation de son « anéantissement » 2. L’Esprit qui planait sur les eaux de la première création, descend alors sur le Christ, en prélude de la nouvelle création, et le Père manifeste Jésus comme son « Fils bien-aimé » 3.
1225
C’est dans sa Pâque que le Christ a ouvert à tous les hommes les sources du Baptême. En effet, il avait déjà parlé de sa passion qu’il allait souffrir à Jérusalem comme d’un « Baptême » dont il devait être baptisé 12. Le Sang et eau qui ont coulé du côté transpercé de Jésus crucifié§766 3 sont des types du Baptême et de l’Eucharistie, sacrements de la vie nouvelle 4 : dès lors, il est possible « de naître de l’eau et de l’Esprit » pour entrer dans le Royaume de Dieu 5.
Vois où tu es baptisé, d’où vient le Baptême, sinon de la croix du Christ, de la mort du Christ. Là est tout le mystère : il a souffert pour toi. C’est en lui que tu es racheté, c’est en lui que tu es sauvé, et, à ton tour tu deviens sauveur 12.

Le Baptême dans l’Église

1226
Dès le jour de la Pentecôte, l’Église a célébré et administré le saint Baptême. En effet, saint Pierre déclare à la foule bouleversée par sa prédication : « Convertissez-vous, et que chacun de vous se fasse§849 baptiser au nom de Jésus Christ pour obtenir le pardon de ses péchés. Vous recevrez alors le don du Saint-Esprit » 1. Les Apôtres et leurs collaborateurs offrent le Baptême à quiconque croit en Jésus : juifs, craignants-Dieu, païens 2345. Toujours le Baptême apparaît comme lié à la foi : « Crois au Seigneur Jésus ; alors tu seras sauvé, toi et toute ta maison », déclare saint Paul à son geôlier de Philippes. Le récit continue : « Le geôlier reçut le Baptême sur-le-champ, lui et tous les siens » 6.
1227
Selon l’apôtre saint Paul, par le Baptême le croyant communie à la mort du Christ ; il est enseveli et il ressuscite avec lui§790 :
Les baptisés ont « revêtu le Christ » 1. Par l’Esprit Saint, le Baptême est un bain qui purifie, sanctifie et justifie 23.
Baptisés dans le Christ Jésus, c’est dans sa mort que tous nous avons été baptisés. Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle 1.
1228
Le Baptême est donc un bain d’eau en lequel « la semence incorruptible » de la Parole de Dieu produit son effet vivificateur 12. Saint Augustin dira du Baptême : « La parole rejoint l’élément matériel et cela devient un sacrement » a.

III. Comment est célébré le sacrement du baptême ?

L’initiation chrétienne

1229
Devenir chrétien, cela se réalise dès les temps des apôtres par un cheminement et une initiation à plusieurs étapes. Ce chemin peut être parcouru rapidement ou lentement. Il devra toujours comporter quelques éléments essentiels : l’annonce de la Parole, l’accueil de l’Évangile entraînant une conversion, la profession de foi, le Baptême, l’effusion de l’Esprit Saint, l’accès à la communion eucharistique.
1230
Cette initiation a beaucoup varié au cours des siècles et selon les circonstances. Aux premiers siècles de l’Église, l’initiation chrétienne a connu un grand déploiement, avec une longue période de catéchuménat et une suite de rites§1248 préparatoires qui jalonnaient liturgiquement le chemin de la préparation catéchuménale et qui aboutissaient à la célébration des sacrements de l’initiation chrétienne.
1231
Là où le Baptême des enfants est devenu largement la forme habituelle de la célébration de ce sacrement, celle-ci est devenue un acte unique qui intègre de façon très abrégée les étapes préalables à l’initiation chrétienne. De par sa nature même le Baptême des enfants exige un catéchuménat postbaptismal. Il ne s’agit pas seulement du besoin d’une instruction postérieure au baptême, mais de l’épanouissement nécessaire de la grâce baptismale§13 dans la croissance de la personne. C’est le lieu propre du catéchisme.
1232
Le deuxième Concile du Vatican a restauré, pour l’Église latine, « le catéchuménat des adultes, distribué en plusieurs étapes » a. On en trouve les rites dans l’Ordo initiationis christianæ adultorum (1972). Le Concile a par ailleurs permis que, « outre les éléments d’initiation fournis par la tradition chrétienne », on admette, en terre de mission, « ces autres éléments d’initiation dont on constate la pratique dans chaque peuple, pour autant qu’on peut les adapter au rite chrétien » (SC 65 ; voir SC 37-40).§1204
1233
Aujourd’hui, donc, dans tous les rites latins et orientaux, l’initiation chrétienne des adultes commence dès leur entrée en catéchuménat, pour atteindre son point culminant dans§1290 une seule célébration des trois sacrements du Baptême, de la Confirmation et de l’Eucharistie abcd. Dans les rites orientaux l’initiation chrétienne des enfants commence au Baptême suivi immédiatement par la Confirmation et l’Eucharistie, tandis que dans le rite romain elle se poursuit durant des années de catéchèse, pour s’achever plus tard avec la Confirmation et l’Eucharistie, sommet de leur initiation chrétienne ef.

La mystagogie de la célébration

1234
Le sens et la grâce du sacrement du Baptême apparaissent clairement dans les rites de sa célébration. C’est en suivant, avec une participation attentive, les gestes et les paroles de cette célébration que les fidèles sont initiés aux richesses que ce sacrement signifie et réalise en chaque nouveau baptisé.
1235
Le signe de la croix, au seuil de la célébration, marque l’empreinte du Christ sur celui qui va lui appartenir§617 et signifie la grâce de la rédemption que le Christ nous a acquis par sa croix§2157.
1236
L’annonce de la Parole de Dieu illumine de la vérité révélée les candidats et l’assemblée, et suscite la réponse de la foi, inséparable du Baptême. En effet, le Baptême est d’une façon particulière « le sacrement§1122 de la foi » puisqu’il est l’entrée sacramentelle dans la vie de foi.
1237
Puisque le Baptême§189 signifie la libération du péché et de son instigateur, le diable, on prononce un (ou plusieurs) exorcisme(s) sur le candidat. Il est oint de l’huile des catéchumènes ou bien le célébrant lui impose la main, et il renonce explicitement à Satan. Ainsi préparé, il peut confesser la foi de l’Église§1673 à laquelle il sera « confié » par le Baptême (voir Rm 6:17).
1238
L’eau baptismale est alors consacrée par une prière d’épiclèse §1217. L’Église demande à Dieu que, par son Fils, la puissance du Saint-Esprit descende dans cette eau, afin que ceux qui y seront baptisés « naissent de l’eau et de l’Esprit » (Jn 3:5).
1239
Suit alors le rite essentiel du sacrement : le Baptême proprement dit, qui signifie et réalise la mort au péché et l’entrée dans§1214 la vie de la Très Sainte Trinité à travers la configuration au Mystère pascal du Christ. Le Baptême est accompli de la façon la plus significative par la triple immersion dans l’eau baptismale. Mais depuis l’antiquité il peut aussi être conféré en versant par trois fois l’eau sur la tête du candidat.
1240
Dans l’Église latine, cette triple infusion est accompagnée par les paroles du ministre : « N., je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ». Dans les liturgies orientales, le catéchumène étant tourné vers l’Orient, le prêtre dit : « Le serviteur de Dieu, N., est baptisé au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ». Et à l’invocation de chaque personne de la Très Sainte Trinité, il le plonge dans l’eau et le relève.
1241
L’onction du saint chrême, huile parfumée consacrée par l’évêque, signifie le don de l’Esprit Saint au nouveau baptisé. Il est§1294§1574 devenu un chrétien, c’est-à-dire « oint » de l’Esprit Saint, incorporé au Christ, qui§783 est oint prêtre, prophète et roi a.
1242
Dans la liturgie des Églises d’Orient, l’onction postbaptismale est le sacrement de la Chrismation (Confirmation). Dans la liturgie romaine, elle annonce une seconde onction de saint chrême que§1291 donnera l’évêque : le sacrement de la Confirmation qui, pour ainsi dire, « confirme » et achève l’onction baptismale.
1243
Le vêtement blanc symbolise que le baptisé a « revêtu le Christ » 1 : est ressuscité avec le Christ. Le cierge, allumé au cierge pascal, signifie que le Christ a illuminé le néophyte. Dans le Christ, les§1216 baptisés sont « la lumière du monde » 23.
Le nouveau baptisé est maintenant enfant de Dieu dans le Fils Unique. Il peut dire la prière des enfants§2769 de Dieu : le Notre Père.
1244
La première communion eucharistique. Devenu enfant de Dieu, revêtu de la robe nuptiale, le néophyte est admis « au festin des noces de l’Agneau » et reçoit la nourriture de la vie nouvelle, le Corps et le Sang du Christ. Les Églises orientales gardent une conscience vive de l’unité§1292 de l’initiation chrétienne en donnant la sainte Communion à tous les nouveaux baptisés et confirmés, même aux petits enfants, se souvenant de la parole du Seigneur : « Laissez venir à moi les petits enfants, ne les empêchez pas » 1. L’Église latine, qui réserve l’accès à la sainte Communion à ceux qui ont atteint l’âge de raison, exprime l’ouverture du Baptême sur l’Eucharistie en approchant de l’autel l’enfant nouveau baptisé pour la prière du Notre Père.
1245
La bénédiction solennelle conclut la célébration du Baptême. Lors du Baptême de nouveau-nés la bénédiction de la mère tient une place spéciale.

IV. Qui peut recevoir le baptême ?

1246
« Tout être humain non encore baptisé, et lui seul, est capable de recevoir le Baptême » ab.

Le Baptême des adultes

1247
Depuis les origines de l’Église, le Baptême des adultes est la situation la plus courante là où l’annonce de l’Évangile est encore récente. Le catéchuménat (préparation au Baptême) tient alors une place importante. Initiation à la foi et à la vie chrétienne, il doit disposer à l’accueil du don de Dieu dans le Baptême, la Confirmation et l’Eucharistie.
1248
Le catéchuménat, ou formation des catéchumènes, a pour but de permettre à ces derniers, en réponse à l’initiative divine§1230 et en union avec une communauté ecclésiale, de mener leur conversion et leur foi à maturité. Il s’agit d’une « formation à la vie chrétienne intégrale... par laquelle les disciples sont unis au Christ leur Maître. Les catéchumènes doivent donc être initiés [...] aux mystères du salut et à la pratique d’une vie évangélique, et introduits, par des rites sacrés, célébrés à des époques successives, dans la vie de la foi, de la liturgie et de la charité du Peuple de Dieu » ab.
1249
Les catéchumènes « sont déjà unis à l’Église, ils sont déjà de la maison du Christ, et il n’est pas rare qu’ils mènent§1259 une vie de foi, espérance et charité » a. « La Mère Église les enveloppe déjà comme siens dans son amour en prenant soin d’eux » bcd.

Le Baptême des enfants

1250
Naissant avec une nature humaine déchue et entachée par le péché originel, les enfants eux aussi ont§403 besoin de la nouvelle naissance dans le Baptême a afin d’être libérés du pouvoir des ténèbres et d’être transférés dans le domaine de la liberté des enfants de Dieu 1, à laquelle tous les hommes sont appelés. La pure gratuité de la grâce du salut est particulièrement manifeste§1996 dans le Baptême des enfants. L’Église et les parents priveraient dès lors l’enfant de la grâce inestimable de devenir enfant de Dieu s’ils ne lui conféraient le Baptême peu après la naissance bc2.
1251
Les parents chrétiens reconnaîtront que cette pratique correspond aussi à leur rôle de nourricier de la vie que Dieu leur a confiés a1bc.
1252
La pratique de baptiser les petits enfants est une tradition immémoriale de l’Église. Elle est attestée explicitement depuis le deuxième siècle. Il est cependant bien possible que, dès le début de la prédication apostolique, lorsque des « maisons » entières ont reçu le Baptême 1234, on ait aussi baptisé les enfants a.

Foi et Baptême

1253
Le Baptême est le sacrement de la foi 1. Mais la foi a besoin de la communauté des croyants. Ce n’est que dans§1123 la foi de l’Église que chacun des fidèles peut croire. La foi qui est requise pour le Baptême n’est pas une foi parfaite et mûre, mais un début qui est appelé§168 à se développer. Au catéchumène ou à son parrain on demande : « Que demandez-vous à l’Église de Dieu ? » Et il répond : « La foi ! ».
1254
Chez tous les baptisés, enfants ou adultes, la foi doit croître après le Baptême. C’est pour cela que l’Église célèbre chaque année, dans la nuit pascale, le renouvellement des promesses du Baptême. La préparation§2101 au Baptême ne mène qu’au seuil de la vie nouvelle. Le Baptême est la source de la vie nouvelle dans le Christ de laquelle jaillit toute la vie chrétienne.
1255
Pour que la grâce baptismale puisse se déployer, l’aide des parents est importante. C’est là aussi le rôle du parrain ou de la marraine§1311, qui doivent être des croyants solides, capables et prêts à aider le nouveau baptisé, enfant ou adulte, sur son chemin dans la vie chrétienne a. Leur tâche est une véritable fonction ecclésiale b Toute la communauté ecclésiale porte une part de responsabilité dans le déploiement et la garde de la grâce reçue au Baptême.

V. Qui peut baptiser ?

1256
Sont ministres ordinaires du Baptême§1239-1240 l’évêque et le prêtre, et, dans l’Église latine, aussi le diacre ab. En cas de nécessité, toute personne, même non baptisée, ayant l’intention requise, peut baptiser, en appliquant§1752 la formule baptismale trinitaire c. L’intention requise, c’est de vouloir faire ce que fait l’Église en baptisant. L’Église voit la raison de cette possibilité dans la volonté salvifique universelle de Dieu 1 et dans la nécessité du Baptême pour le salut 2 d3e.

VI. La nécessité du baptême

1257
Le Seigneur lui-même affirme que le Baptême est nécessaire pour le salut 1. Aussi a-t-il commandé à ses disciples d’annoncer§1129 l’Évangile et de baptiser toutes les nations 2 abc. Le Baptême est nécessaire§161§846 au salut pour ceux auxquels l’Évangile a été annoncé et qui ont eu la possibilité de demander ce sacrement 3. L’Église ne connaît pas d’autre moyen que le baptême pour assurer l’entrée dans la béatitude éternelle ; c’est pourquoi elle se garde de négliger la mission qu’elle a reçu du Seigneur de faire « renaître de l’eau et de l’Esprit » tous ceux qui peuvent être baptisés. Dieu a lié le salut au sacrement du Baptême, mais il n’est pas lui-même lié à ses sacrements.
1258
Depuis toujours, l’Église garde la ferme conviction que ceux qui subissent la mort en raison de la foi, sans avoir reçu le Baptême, sont baptisés par leur mort pour et avec le Christ. Ce Baptême du sang, comme§2473 le désir du Baptême, porte les fruits du Baptême, sans être sacrement.
1259
Pour les catéchumènes qui meurent avant leur Baptême, leur désir explicite de le recevoir uni à la repentance de leurs péchés et à la charité§1249, leur assure le salut qu’ils n’ont pas pu recevoir par le sacrement.
1260
« Puisque le Christ est mort pour tous, et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’être associé(s) au mystère pascal » (GS 22 ; voir LG 16 ; AG 7). Tout homme qui, ignorant§848 l’Évangile du Christ et son Église, cherche la vérité et fait la volonté de Dieu selon qu’il la connaît, peut être sauvé. On peut supposer que de telles personnes auraient désiré explicitement le Baptême si elles en avaient connu la nécessité.
1261
Quant aux enfants morts sans Baptême, l’Église ne peut que les confier à la miséricorde de Dieu, comme elle le fait dans§1257 le rite des funérailles pour eux. En effet, la grande miséricorde de Dieu qui veut que tous les hommes soient sauvés 1, et la tendresse de Jésus envers les enfants, qui lui a fait dire : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas » 2, nous permettent d’espérer qu’il y ait un chemin de salut pour les enfants morts sans baptême. D’autant plus pressant est aussi l’appel de l’Église à ne pas empêcher les petits enfants de venir au Christ par le don§1250 du saint Baptême.

VII. La grâce du baptême

1262
Les différents effets du Baptême sont signifiés par les éléments sensibles du rite sacramentel. La plongée dans l’eau fait§1234 appel aux symbolismes de la mort et de la purification, mais aussi de la régénération et du renouvellement. Les deux effets principaux sont donc la purification des péchés et la nouvelle naissance dans l’Esprit Saint 12.

Pour la rémission des péchés...

1263
Par le Baptême, tous les péchés sont remis, le péché originel et tous les péchés personnels ainsi que toutes§977 les peines du péché a. En effet, en ceux qui ont été régénérés il ne demeure rien§1425 qui les empêcherait d’entrer dans le Royaume de Dieu, ni le péché d’Adam, ni le péché personnel, ni les suites du péché, dont la plus grave est la séparation de Dieu.
1264
Dans le baptisé, certaines conséquences temporelles du péché demeurent cependant, tels les souffrances, la maladie, la mort, ou les fragilités inhérentes à la vie comme les faiblesses de caractère, etc., ainsi qu’une inclination au péché que la Tradition appelle la concupiscence, ou, métaphoriquement, « le foyer du péché » (fomes peccati) : « Laissée pour nos§976§2514 combats, la concupiscence n’est pas capable de nuire à ceux qui, n’y consentant§1426 pas, résistent avec courage par la grâce du Christ. Bien plus, ‘celui qui§405 aura combattu selon les règles sera couronné’ (2 Tm 2:5) » 1.

« Une créature nouvelle »

1265
Le Baptême ne purifie pas seulement de tous les péchés, il fait aussi du néophyte « une création nouvelle§505 » 1, un fils adoptif de Dieu 2 qui est devenu « participant de la nature divine » 3, membre du Christ§460 45 et cohéritier avec Lui 6, temple de l’Esprit Saint 7.
1266
La Très Sainte Trinité§1812 donne au baptisé la grâce sanctifiante, la grâce de la justification qui§1992 :
– le rend capable de croire en Dieu, d’espérer en Lui et de L’aimer par les vertus théologales ;
– lui donne de pouvoir vivre et agir sous la motion de l’Esprit§1831 Saint par les dons du Saint-Esprit ;
– lui permet de croître dans le bien§1810 par les vertus morales.
Ainsi, tout l’organisme de la vie surnaturelle du chrétien a sa racine dans le saint Baptême.

Incorporés à l’Église, Corps du Christ

1267
Le Baptême fait de nous des membres du Corps du Christ. « Dès lors, [...] ne sommes-nous pas membres les uns§782 des autres ? » 1. Le Baptême incorpore à l’Église. Des fonts baptismaux naît l’unique peuple de Dieu de la Nouvelle Alliance qui dépasse toutes les limites naturelles ou humaines des nations, des cultures, des races et des sexes : « Aussi bien est-ce en un seul Esprit que nous tous avons été baptisés pour ne former qu’un seul corps » 2.
1268
Les baptisés sont devenus des « pierres vivantes » pour « l’édification d’un édifice spirituel, pour un sacerdoce saint§1141 » 1. Par le Baptême§784 ils participent au sacerdoce du Christ, à sa mission prophétique et royale, ils sont « une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis pour annoncer les louanges de Celui qui (les) a appelés des ténèbres à son admirable lumière » (1 P 2:9). Le Baptême donne part au sacerdoce commun des fidèles.
1269
Devenu membre de l’Église§871, le baptisé n’appartient plus à lui-même 1, mais à Celui qui est mort et ressuscité pour nous 2. Dès lors il est appelé à se soumettre aux autres 34, à les servir 5 dans la communion de l’Église, et à être « obéissant et docile » aux chefs de l’Église 6 et à les considérer avec respect et affection 7. De même que le Baptême est la source de responsabilités et de devoirs, le baptisé jouit aussi de droits au sein de l’Église : à recevoir les sacrements, à être nourri avec la parole de Dieu et à être soutenu par les autres aides spirituelles de l’Église. abc.
1270
« Devenus fils de Dieu par la régénération [baptismale], (les baptisés) sont tenus de professer devant les hommes la foi§2472 que par l’Église ils ont reçue de Dieu » (LG 11) et de participer à l’activité apostolique et missionnaire du Peuple de Dieu a.

Le lien sacramentel de l’unité des chrétiens

1271
Le Baptême constitue le fondement de la communion entre tous les chrétiens, aussi avec ceux qui ne sont§818§838 pas encore en pleine communion avec l’Église catholique : « En effet, ceux qui croient au Christ et qui ont reçu validement le Baptême, se trouvent dans une certaine communion, bien qu’imparfaite, avec l’Église catholique [...]. Justifiés par la foi reçue au Baptême, incorporés au Christ, ils portent à juste titre le nom de chrétiens, et les fils de l’Église catholique les reconnaissent à bon droit comme des frères dans le Seigneur » a. « Le Baptême est donc le lien sacramentel d’unité existant entre ceux qui ont été régénérés par lui » b.

Une marque spirituelle indélébile...

1272
Incorporé au Christ par le Baptême, le baptisé est configuré au Christ 1. Le Baptême scelle le chrétien d’une marque spirituelle§1121 indélébile (« character ») de son appartenance au Christ. Cette marque n’est effacée par aucun péché, même si le péché empêche le Baptême de porter des fruits de salut (voir DS 1609-1619). Donné une fois pour toutes, le Baptême ne peut pas être réitéré.
1273
Incorporés à l’Église par le Baptême, les fidèles ont reçu le caractère sacramentel qui les consacre pour le culte religieux chrétien a. Le sceau baptismal rend capable et engage les chrétiens à servir Dieu dans une participation vivante à la sainte Liturgie de l’Église et à exercer leur sacerdoce§1070 baptismal par le témoignage d’une vie sainte et d’une charité efficace b.
1274
Le « sceau du Seigneur » a est le sceau dont l’Esprit Saint nous a marqués « pour le jour de la rédemption » 123. « Le Baptême, en effet, est le sceau de la vie éternelle » b. Le fidèle qui aura « gardé le sceau » jusqu’au bout, c’est-à-dire§197 qui sera resté fidèle aux exigences de son Baptême, pourra s’en aller « marqué du signe de la foi§2016 » c, avec la foi de son Baptême, dans l’attente de la vision bienheureuse de Dieu – consommation de la foi – et dans l’espérance de la résurrection.

Article 2 — Le sacrement de la confirmation

1285
Avec le Baptême et l’Eucharistie, le sacrement de la Confirmation constitue l’ensemble des « sacrements de l’initiation chrétienne », dont l’unité doit être sauvegardée. Il faut donc expliquer aux fidèles que la réception de ce sacrement est nécessaire à l’accomplissement de la grâce baptismale a. En effet, « par le sacrement de Confirmation, le lien des baptisés avec l’Église est rendu plus parfait, ils sont enrichis d’une force spéciale de l’Esprit Saint et obligés ainsi plus strictement à répandre et à défendre la foi par la parole et par l’action en vrais témoins du Christ » bc.

I. La confirmation dans l’économie du salut

1286
Dans l’Ancien Testament, les prophètes§702-716 ont annoncé que l’Esprit du Seigneur reposerait sur le Messie espéré 1 en vue de sa mission salvifique 23. La descente de l’Esprit Saint sur Jésus lors de son baptême par Jean fut le signe que c’était Lui qui devait venir, qu’il était le Messie, le Fils de Dieu 45. Conçu de l’Esprit Saint, toute sa vie et toute sa mission se réalisent en une communion totale avec l’Esprit Saint que le Père lui donne « sans mesure » 6.
1287
Or, cette plénitude de l’Esprit ne devait pas rester uniquement celle du Messie, elle devait être communiquée à tout§739 le peuple messianique 12. À plusieurs reprises le Christ a promis cette effusion de l’Esprit 34567, promesse qu’il a réalisée d’abord le jour de Pâques 8 et ensuite, de manière plus éclatante le jour de la Pentecôte 9. Remplis de l’Esprit Saint, les apôtres commencent à proclamer « les merveilles de Dieu » 10 et Pierre de déclarer que cette effusion de l’Esprit est le signe des temps messianiques 11. Ceux qui ont alors cru à la prédication apostolique et qui se sont fait baptiser, ont à leur tour reçu le don du Saint-Esprit 12.
1288
« Depuis ce temps, les apôtres, pour accomplir la volonté du Christ, communiquèrent aux néophytes, par l’imposition des§699 mains, le don de l’Esprit qui porte à son achèvement la grâce du Baptême 12. C’est pourquoi dans l’Épître aux Hébreux, prend place, parmi les éléments de la première instruction chrétienne, la doctrine sur les Baptêmes et aussi sur l’imposition des mains 3. L’imposition des mains est à bon droit reconnue par la tradition catholique comme l’origine du sacrement de la Confirmation qui perpétue, en quelque sorte, dans l’Église, la grâce de la Pentecôte » a.
1289
Très tôt, pour mieux signifier le don du Saint-Esprit, s’est ajoutée à l’imposition des mains une onction d’huile§695 parfumée (chrême). Cette onction illustre le nom de « chrétien » qui signifie « oint » et qui tire son origine de celui du Christ Lui-même, lui que « Dieu§436 a oint de l’Esprit Saint » (Ac 10:38). Et ce rite d’onction existe jusqu’à nos jours, tant en Orient qu’en Occident. C’est pourquoi, en Orient, on appelle ce sacrement chrismation, onction de chrême§1297, ou myron, ce qui signifie « chrême ». En Occident le nom de Confirmation suggère que ce sacrement à la fois confirme le baptême et affermit la grâce baptismale.

Deux traditions : l’Orient et l’Occident

1290
Aux premiers siècles, la Confirmation constitue généralement une unique célébration avec le Baptême, formant avec celui-ci, selon l’expression de saint Cyprien, un « sacrement double ». Parmi d’autres raisons, la multiplication des Baptêmes d’enfants, et ce en tout temps de l’année, et la multiplication des paroisses (rurales), agrandissant les diocèses, ne permettent plus la présence de l’évêque à toutes les célébrations baptismales. En Occident, parce que l’on désire réserver à l’évêque l’achèvement du Baptême s’instaure la séparation temporelle des deux sacrements. L’Orient a gardé§1233 unis les deux sacrements, si bien que la confirmation est donnée par le prêtre qui baptise. Celui-ci cependant ne peut le faire qu’avec le « myron » consacré par un évêque (voir CCEO, can. 695, 1 ; 696, 1).
1291
Une coutume de l’Église de Rome a facilité le développement de la pratique occidentale : grâce à une double onction au saint§1242 chrême après le Baptême : accomplie déjà par le prêtre sur le néophyte, au sortir du bain baptismal, elle est achevée par une deuxième onction faite par l’évêque sur le front de chacun des nouveaux baptisés a. La première onction au saint chrême, celle que donne le prêtre, est restée rattachée au rite baptismal ; elle signifie la participation du baptisé aux fonctions prophétique, sacerdotale et royale du Christ. Si le Baptême est conféré à un adulte, il n’y a qu’une onction postbaptismale : celle de la Confirmation.
1292
La pratique des Églises d’Orient souligne davantage l’unité de l’initiation chrétienne. Celle de l’Église latine exprime plus nettement§1244 la communion du nouveau chrétien avec son évêque, garant et serviteur de l’unité de son Église, de sa catholicité et de son apostolicité, et par là, le lien avec les origines apostoliques de l’Église du Christ.

II. Les signes et le rite de la Confirmation

1293
Dans le rite de ce sacrement, il convient de considérer le signe de l’onction et ce que l’onction désigne et imprime : le sceau spirituel.
L’onction, dans la symbolique biblique et antique, est riche de nombreuses significations : l’huile est signe d’abondance 1 et de joie§695 23, elle purifie (onction avant et après le bain) et elle rend souple (l’onction des athlètes et des lutteurs) ; elle est signe de guérison, puisqu’elle adoucit les contusions et les plaies (voir Is 1:6 ; Lc 10:34) et elle rend rayonnant de beauté, de santé et de force.
1294
Toutes ces significations de l’onction d’huile se retrouvent dans la vie sacramentelle. L’onction avant le Baptême avec§1152 l’huile des catéchumènes signifie purification et fortification ; l’onction des malades exprime la guérison et le réconfort. L’onction du saint chrême après le Baptême, dans la Confirmation et dans l’Ordination, est le signe d’une consécration. Par la Confirmation, les chrétiens, c’est-à-dire ceux qui sont oints, participent davantage à la mission de Jésus-Christ et à la plénitude de l’Esprit Saint dont Il est comblé, afin que toute leur vie dégage « la bonne odeur du Christ » 1.
1295
Par cette onction, le confirmand reçoit « la marque », le sceau de l’Esprit Saint. Le sceau est le symbole de la personne 12, signe§698 de son autorité 3, de sa propriété sur un objet 4 – c’est ainsi que l’on marquait les soldats du sceau de leur chef et aussi les esclaves de celui de leur maître – ; il authentifie un acte juridique 5 ou un document 6 et le rend éventuellement secret 7.
1296
Le Christ lui-même se déclare marqué du sceau de son Père 1. Le chrétien, lui aussi, est§1121 marqué d’un sceau : « Celui qui nous affermit avec vous dans le Christ et qui nous a donné l’onction, c’est Dieu, Lui qui nous a marqués de son sceau et a mis dans nos cœurs les arrhes de l’Esprit » 234. Ce sceau de l’Esprit Saint, marque l’appartenance totale au Christ, la mise à son service pour toujours, mais aussi la promesse de la protection divine dans la grande épreuve eschatologique 567.

La célébration de la Confirmation

1297
Un moment important qui précède la célébration de la Confirmation, mais qui, d’une certaine façon, en fait partie§1183, est la consécration du saint chrême. C’est l’évêque qui, le Jeudi Saint, au cours de la Messe chrismale, consacre le saint chrême pour tout son diocèse. Dans§1241 les Églises d’Orient, cette consécration est même réservée au Patriarche :
La liturgie d’Antioche exprime ainsi l’épiclèse de la consécration du saint chrême (myron) : « [Père [...] envoie ton Esprit Saint] sur nous et sur cette huile qui est devant nous et consacre-la, afin qu’elle soit pour tous ceux qui en seront oints et marqués : myron saint, myron sacerdotal, myron royal, onction d’allégresse, le vêtement de la lumière, le manteau du salut, le don spirituel, la sanctification des âmes et des corps, le bonheur impérissable, le sceau indélébile, le bouclier de la foi et le casque terrible contre toutes les œuvres de l’Adversaire » (Pontificale iuxta ritum Ecclesiæ Syrorum Occidentalium id est Antiochiæ, Pars I, Versio latina, polyglotte Vaticane 1941 p. 36-37).
1298
Lorsque la Confirmation est célébrée séparément du Baptême, comme c’est le cas dans le rite romain, la liturgie du sacrement commence par le renouvellement des promesses du Baptême et par la profession de foi des confirmands. Ainsi il apparaît clairement que la Confirmation se situe dans la suite du Baptême a. Lorsqu’un adulte est baptisé, il reçoit immédiatement la Confirmation et participe à l’Eucharistie b.
1299
Dans le rite romain, l’évêque étend les mains sur l’ensemble des confirmands, geste qui, depuis le temps des apôtres, est le signe du don de l’Esprit§1831. Et l’évêque d’invoquer l’effusion de l’Esprit :
« Dieu très bon, Père de Jésus, le Christ, notre Seigneur, regarde ces baptisés sur qui nous imposons les mains : par le Baptême, tu les as libérés du péché, tu les as fait renaître de l’eau et de l’Esprit. Comme tu l’as promis, répands maintenant sur eux ton Esprit Saint ; donne-leur en plénitude l’Esprit qui reposait sur ton Fils Jésus : esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et d’affection filiale ; remplis-les de l’esprit de la crainte de Dieu. Par le Christ, notre Seigneur » a.
1300
Suit le rite essentiel du sacrement. Dans le rite latin, « le sacrement de Confirmation est conféré par l’onction du saint chrême sur le front, faite en imposant la main, et par ces paroles : ‘Accipe§699 signaculum doni Spiritus Sancti’ (‘Sois marqué de l’Esprit Saint, le don de Dieu’) » a. Dans les Églises orientales de rite byzantin, l’onction du myron se fait, après une prière d’Épiclèse, sur les parties les plus significatives du corps : le front, les yeux, les narines, les oreilles, les lèvres, la poitrine, le dos, les mains et les pieds ; chaque onction étant accompagnée de la formule : « Sphragis doreas Pneumatos Hagiou » (« Signaculum doni Spiritus Sancti », « Sceau du don de l’Esprit-Saint » [Rituale per le Chiese orientali di rito bizantino in lingua greca, Pars 1, Vatican 1954 p. 36]).
1301
Le baiser de paix qui achève le rite du sacrement signifie et manifeste la communion ecclésiale avec l’évêque et avec tous les fidèles a.

III. Les effets de la Confirmation

1302
Il ressort de la célébration que l’effet du sacrement de Confirmation est l’effusion spéciale de l’Esprit Saint, comme elle fut accordée jadis aux Apôtres au jour de la Pentecôte§731.
1303
De ce fait, la Confirmation apporte croissance et approfondissement de la grâce baptismale :
– elle nous enracine plus profondément dans la filiation divine qui nous fait dire « Abba, Père » 1 ;
– elle nous unit plus fermement au Christ ;
– elle augmente en nous les dons de l’Esprit Saint§1262-1274 ;
– elle rend notre lien avec l’Église plus parfait a ;
– elle nous accorde une force spéciale de l’Esprit Saint pour répandre et défendre la foi par la parole et par l’action en vrais témoins du Christ, pour confesser vaillamment le nom du Christ et pour ne jamais§2044 éprouver de la honte à l’égard de la croix bc2 :
Rappelle donc que tu as reçu le signe spirituel, l’Esprit de sagesse et d’intelligence, l’Esprit de conseil et de force, l’Esprit de connaissance et de piété, l’Esprit de la sainte crainte, et garde ce que tu as reçu. Dieu le Père t’a marqué de son signe, le Christ Seigneur t’a confirmé et il a mis en ton cœur le gage de l’Esprit 1.
1304
Comme le Baptême dont elle est l’achèvement, la Confirmation est donnée une seule fois. La Confirmation imprime en effet§1121 dans l’âme une marque spirituelle indélébile, le « caractère » a, qui est le signe de ce que Jésus-Christ a marqué un chrétien du sceau de son Esprit en le revêtant de la force d’en haut pour qu’il soit son témoin 1.
1305
Le « caractère » perfectionne le sacerdoce commun des fidèles, reçu dans le Baptême, et « le confirmé reçoit la puissance de confesser la foi§1268 du Christ publiquement, et comme en vertu d’une charge (quasi ex officio) » (saint Thomas d’Aquin, summa theologiæ 3, 72, 5, ad 2).

IV. Qui peut recevoir ce sacrement ?

1306
Tout baptisé non encore confirmé peut et doit recevoir le sacrement de la Confirmation a. Puisque Baptême, Confirmation et Eucharistie forment une unité, il s’en suit que « les fidèles sont§1212 tenus par l’obligation de recevoir ce sacrement en temps opportun » b, car sans la Confirmation et l’Eucharistie, le sacrement du Baptême est, certes, valide et efficace, mais l’initiation chrétienne reste inachevée.
1307
La coutume latine, depuis des siècles, indique « l’âge de la discrétion » comme point de référence pour recevoir la Confirmation. En danger de mort, on doit cependant confirmer les enfants même s’ils n’ont pas encore atteint l’âge de la discrétion ab.
1308
Si l’on parle parfois de la Confirmation comme du « sacrement de la maturité chrétienne », il ne faudrait pas pour autant confondre l’âge adulte de la foi avec l’âge adulte de la croissance naturelle, ni oublier§1250 que la grâce baptismale est une grâce d’élection gratuite et imméritée qui n’a pas besoin d’une « ratification » pour devenir effective. Saint Thomas le rappelle :
L’âge du corps ne constitue pas un préjudice pour l’âme. Ainsi, même dans l’enfance, l’homme peut recevoir la perfection de l’âge spirituel dont parle la Sagesse (4, 8) : ‘La vieillesse honorable n’est pas celle que donnent de longs jours, elle ne se mesure pas au nombre des années’. C’est ainsi que de nombreux enfants, grâce à la force du Saint-Esprit qu’ils avaient reçue, ont lutté courageusement et jusqu’au sang pour le Christ 1.
1309
La préparation à la Confirmation doit viser à conduire le chrétien vers une union plus intime au Christ, vers une familiarité plus vive avec l’Esprit Saint, son action, ses dons et ses appels, afin de pouvoir mieux assumer les responsabilités apostoliques de la vie chrétienne. Par là, la catéchèse de la confirmation s’efforcera d’éveiller le sens de l’appartenance à l’Église de Jésus-Christ, tant à l’Église universelle qu’à la communauté paroissiale. Cette dernière porte une responsabilité particulière dans la préparation des confirmands a.
1310
Pour recevoir la Confirmation il faut être en état de grâce. Il convient de recourir au sacrement de Pénitence pour être purifié en vue du don du Saint-Esprit. Une prière§2670 plus intense doit préparer à recevoir avec docilité et disponibilité la force et les grâces du Saint-Esprit 1.
1311
Pour la Confirmation, comme pour le Baptême, il convient que les candidats cherchent l’aide spirituelle d’un parrain ou d’une§1255 marraine. Il convient qu’il soit le même que pour le Baptême pour bien marquer l’unité des deux sacrements a1b.

V. Le ministre de la Confirmation

1312
Le ministre originaire de la Confirmation est l’évêque a.
En Orient, c’est ordinairement le prêtre qui baptise qui donne aussi immédiatement la Confirmation dans une seule et même célébration§1233. Il le fait cependant avec le saint chrême consacré par le patriarche ou l’évêque, ce qui exprime l’unité apostolique de l’Église dont les liens sont renforcés par le sacrement de Confirmation. Dans l’Église latine on applique la même discipline dans les baptêmes d’adultes ou lorsqu’est admis à la pleine communion avec l’Église un baptisé d’une autre communauté chrétienne qui n’a pas validement le sacrement de confirmation b.
1313
Dans le rite latin, le ministre ordinaire de la Confirmation est l’évêque a. Même si l’évêque peut, en cas de nécessité, concéder§1290 la faculté à des prêtres d’administrer la Confirmation b, il convient qu’il la confère lui-même, n’oubliant pas que c’est pour cette raison que la célébration de la Confirmation a été temporellement séparée du Baptême. Les évêques sont les successeurs des apôtres, ils ont reçu la plénitude du sacrement de l’ordre. L’administration de ce sacrement par eux marque bien qu’il a pour effet d’unir ceux qui le reçoivent plus étroitement à l’Église, à ses origines apostoliques et à sa mission§1285 de témoigner du Christ.
1314
Si un chrétien est en danger de mort, tout prêtre peut lui donner la Confirmation a. En effet, l’Église veut qu’aucun de ses§1307 enfants, même tout petit, ne sorte de ce monde sans avoir été parfait par l’Esprit Saint avec le don de la plénitude du Christ.

Article 3 — Le sacrement de l’eucharistie

1322
La Sainte Eucharistie§1212 achève l’initiation chrétienne. Ceux qui ont été élevés à la dignité du sacerdoce royal par le baptême et configurés plus profondément au Christ par la confirmation, ceux-là, par le moyen de l’Eucharistie, participent avec toute la communauté au sacrifice même du Seigneur.
1323
« Notre Sauveur, à la dernière Cène, la nuit où il était livré, institua le sacrifice eucharistique de son Corps et de son Sang pour perpétuer le sacrifice de la croix au long des siècles, jusqu’à ce qu’il vienne, et pour confier à l’Église, son Épouse bien-aimée, le mémorial de sa mort et de sa résurrection : sacrement de l’amour, signe de l’unité, lien de la charité, banquet pascal dans lequel le Christ est reçu en nourriture, l’âme est comblée de grâce§1402 et le gage de la gloire future nous est donné » a.

I. L’Eucharistie – source et sommet de la vie ecclésiale

1324
L’Eucharistie est « source et sommet de toute la vie chrétienne » a. « Les autres sacrements ainsi que tous§864 les ministères ecclésiaux et les tâches apostoliques sont tous liés à l’Eucharistie et ordonnés à elle. Car la sainte Eucharistie contient tout le trésor spirituel de l’Église, c’est-à-dire le Christ lui-même, notre Pâque » b.
1325
« La communion de vie avec Dieu et l’unité du peuple de Dieu§775, par lesquelles l’Église est elle-même, l’Eucharistie les signifie et les réalise. En elle se trouve le sommet à la fois de l’action par laquelle, dans le Christ, Dieu sanctifie le monde, et du culte qu’en l’Esprit Saint les hommes rendent au Christ et, par lui, au Père » (CdR, instruction « Eucharisticum mysterium » 6).
1326
Enfin, par la célébration eucharistique nous nous unissons déjà à la liturgie du ciel et nous anticipons la vie éternelle quand§1090 Dieu sera tout en tous 1.
1327
Bref, l’Eucharistie est le résumé et la somme de notre foi : « Notre manière de penser s’accorde avec l’Eucharistie, et l’Eucharistie en retour§1124 confirme notre manière de penser » a.

II. Comment est appelé ce sacrement ?

1328
La richesse inépuisable de ce sacrement s’exprime dans les différents noms qu’on lui donne. Chacun de ces noms en évoque certains aspects. On l’appelle :
Eucharistie parce qu’il est action de grâces à Dieu§2637. Les mots eucharistein 12 et eulogein 34 rappellent les béné§1082dictions juives qui proclament – surtout pendant§1359 le repas – les œuvres de Dieu : la création, la rédemption et la sanctification.
1329
Repas du Seigneur 1 parce qu’il s’agit de la Cène que le Seigneur a pris avec ses disciples la veille de sa passion et de l’anticipation§1382 du repas des noces de l’Agneau 2 dans la Jérusalem céleste.
Fraction du Pain parce que ce rite, propre au repas juif, a été utilisé par Jésus lorsqu’il bénissait et distribuait le pain en maître de table 3456, surtout lors de la dernière Cène 78. C’est à ce geste que les disciples le reconnaîtront après sa résurrection 9, et c’est de cette expression que les premiers chrétiens désigneront leurs assemblées eucharistiques 10111213. Ils signifient par là que tous ceux qui mangent à l’unique pain rompu, le Christ§1348, entrent en communion§790 avec Lui et ne forment plus qu’un seul corps en Lui 14.
Assemblée eucharistique (synaxis) parce que l’Eucharistie est célébrée en l’assemblée des fidèles, expression visible de l’Église (voir 1 Co 11:17-34).
1330
Mémorial§1341 de la passion et de la résurrection du Seigneur.
Saint Sacrifice§614, parce qu’il actualise l’unique sacrifice du Christ Sauveur et qu’il inclut l’offrande de l’Église ; ou encore saint sacrifice de la messe, « sacrifice de louange » 123, sacrifice§2643 spirituel 4, sacrifice pur 5 et saint, puisqu’il achève et dépasse tous les sacrifices de l’Ancienne Alliance.
Sainte et divine Liturgie, parce que toute la liturgie de l’Église trouve son centre et son expression la plus dense dans la célébration de ce sacrement ; c’est dans le même sens qu’on l’appelle aussi célébration des Saints Mystères. On parle aussi du Très Saint Sacrement§1169 parce qu’il est le sacrement des sacrements. On désigne de ce nom les espèces eucharistiques gardées dans le tabernacle.
1331
Communion, parce que c’est par ce sacrement que nous nous unissons au Christ qui nous rend participants§950 de son Corps et de son Sang pour former un seul corps 1 ; on l’appelle encore les choses saintes : ta hagia ; sancta ab2 – c’est le sens premier de la « communion des saints » dont parle§948 le Symbole des Apôtres –, pain des anges, pain du ciel, médicament d’immortalité§1405 c, viatique...
1332
Sainte Messe parce que la liturgie dans laquelle s’est accompli le mystère du salut, se termine par l’envoi des fidèles§849 (« missio ») afin qu’ils accomplissent la volonté de Dieu dans leur vie quotidienne.

III. L’Eucharistie dans l’économie du salut

Les signes du pain et du vin

1333
Au cœur de la célébration de l’Eucharistie il y a le pain et le vin qui, par les paroles du Christ et par l’invocation de l’Esprit Saint§1350, deviennent le Corps et le Sang du Christ. Fidèle à l’ordre du Seigneur l’Église continue de faire, en mémoire de Lui, jusqu’à son retour glorieux, ce qu’il a fait la veille de sa passion : « Il prit du pain... », « Il prit la coupe remplie de vin... ». En devenant mystérieusement le Corps et le Sang du Christ, les signes du pain et du vin continuent à signifier aussi la bonté de la création. Ainsi, dans§1147 l’Offertoire, nous rendons grâce au Créateur pour le pain et le vin 1, fruit « du travail§1148 de l’homme », mais d’abord « fruit de la terre » et « de la vigne », dons du Créateur. L’Église voit dans le geste de Melchisédech, roi et prêtre, qui « apporta du pain et du vin » 2 une préfiguration de sa propre offrande a.
1334
Dans l’Ancienne Alliance, le pain et le vin sont offerts en sacrifice parmi les prémices de la terre, en signe de reconnaissance au Créateur. Mais§1150 ils reçoivent aussi une nouvelle signification dans le contexte§1363 de l’Exode : Les pains azymes qu’Israël mange chaque année à la Pâque, commémorent la hâte du départ libérateur d’Égypte ; le souvenir de la manne du désert rappellera toujours à Israël qu’il vit du pain de la Parole de Dieu 1. Enfin, le pain de tous les jours est le fruit de la Terre promise, gage de la fidélité de Dieu à ses promesses. La « coupe de bénédiction » 2, à la fin du repas pascal des juifs, ajoute à la joie festive du vin une dimension eschatologique, celle de l’attente messianique du rétablissement de Jérusalem. Jésus a institué son Eucharistie en donnant un sens nouveau et définitif à la bénédiction du pain et de la coupe.
1335
Les miracles de la multiplication des pains, lorsque le Seigneur§1151 dit la bénédiction, rompit et distribua les pains par ses disciples pour nourrir la multitude, préfigurent la surabondance de cet unique pain de son Eucharistie 12. Le signe de l’eau changé en vin à Cana 3 annonce déjà l’Heure de la glorification de Jésus. Il manifeste l’accomplissement du repas des noces dans le Royaume du Père, où les fidèles boiront le vin nouveau 4 devenu le Sang du Christ.
1336
La première annonce de l’Eucharistie a divisé les disciples, tout comme l’annonce de la Passion les a scandalisés : « Ce langage-là est trop fort ! Qui peut l’écouter ? » 1. L’Eucharistie et la croix sont des pierres d’achoppement. C’est le même mystère, et il ne cesse d’être occasion de division. « Voulez-vous partir, vous aussi ? » 2 : Cette question du Seigneur retentit à travers les âges, invitation de son amour à découvrir que c’est Lui seul qui a « les paroles de la vie éternelle » 3 et qu’accueillir dans la foi le don§1327 de son Eucharistie, c’est l’accueillir Lui-même.

L’institution de l’Eucharistie

1337
Le Seigneur, ayant aimé les siens, les aima jusqu’à la fin. Sachant que l’heure était venue de partir de ce monde pour retourner à son Père§610, au cours d’un repas, il leur lava les pieds et leur donna le commandement de l’amour 1. Pour leur laisser un gage de cet amour, pour ne jamais s’éloigner des siens et pour les rendre participants de sa Pâque, il institua l’Eucharistie comme mémorial§611 de sa mort et de sa résurrection, et il ordonna à ses apôtres de le célébrer jusqu’à son retour, « les établissant alors prêtres du Nouveau Testament » a.
1338
Les trois évangiles synoptiques et saint Paul nous ont transmis le récit de l’institution de l’Eucharistie ; de son côté, saint Jean rapporte les paroles de Jésus dans la synagogue de Capharnaüm, paroles qui préparent l’institution de l’Eucharistie : Le Christ se désigne comme le pain de vie, descendu du ciel 1.
1339
Jésus a choisi le temps§1169 de la Pâque pour accomplir ce qu’il avait annoncé à Capharnaüm : donner à ses disciples son Corps et son Sang :
Vint le jour des Azymes, où l’on devait immoler la pâque. [Jésus] envoya alors Pierre et Jean : ‘Allez dit-il, nous préparer la Pâque, que nous la mangions’... Ils s’en allèrent donc [...] et préparèrent la Pâque. L’heure venue, il se mit à table avec ses apôtres et leur dit : ‘J’ai désiré avec ardeur manger cette pâque avec vous avant de souffrir ; car je vous le dis, je ne la mangerai jamais plus jusqu’à ce qu’elle s’accomplisse dans le Royaume de Dieu’ [...] Puis, prenant du pain et rendant grâces, il le rompit et le leur donna, en disant : ‘Ceci est mon Corps, qui va être donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi’. Il fit de même pour la coupe après le repas, disant : ‘Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon Sang, qui va être versé pour vous’ 1234.
1340
En célébrant la dernière Cène avec ses apôtres au cours du repas pascal, Jésus a donné son sens définitif à la pâque§1151 juive. En effet, le passage de Jésus à son Père par sa mort et sa résurrection, la Pâque nouvelle, est anticipée dans la Cène et célébrée dans l’Eucharistie qui accomplit la pâque juive et anticipe la pâque finale de l’Église dans la gloire du Royaume§677.

« Faites ceci en mémoire de moi »

1341
Le commandement de Jésus de répéter ses gestes et ses paroles « jusqu’à ce qu’il vienne », ne demande pas seulement de se souvenir de Jésus et de ce qu’il a fait. Il vise la célébration liturgique, par les§611 apôtres et leurs successeurs, du mémorial du Christ, de sa vie, de sa mort, de sa résurrection et de son intercession auprès du Père.
1342
Dès le commencement l’Église a été fidèle à l’ordre du Seigneur. De l’Église de Jérusalem il est dit§2624 :
Ils se montraient assidus à l’enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières... Jour après jour, d’un seul cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple et rompaient le pain dans leurs maisons, prenant leur nourriture avec joie et simplicité de cœur 12.
1343
C’était surtout « le premier jour de la semaine », c’est-à-dire le jour du dimanche, le jour de la résurrection de Jésus, que les§1166§2177 chrétiens se réunissaient « pour rompre le pain » 1. Depuis ces temps-là jusqu’à nos jours la célébration de l’Eucharistie s’est perpétuée, de sorte qu’aujourd’hui nous la rencontrons partout dans l’Église, avec la même structure fondamentale. Elle demeure le centre de la vie de l’Église.
1344
Ainsi, de célébration en célébration, annonçant le mystère pascal de Jésus « jusqu’à ce qu’Il vienne » 1, le peuple de Dieu en pèlerinage§1404 « s’avance par la porte étroite de la Croix » a vers le banquet céleste, quand tous les élus s’assiéront à la table du Royaume.

IV. La célébration liturgique de l’eucharistie

La messe de tous les siècles

1345
Dès le deuxième siècle, nous avons le témoignage de saint Justin le Martyr sur les grandes lignes du déroulement de la célébration eucharistique. Elles sont restées les mêmes jusqu’à nos jours pour toutes les grandes familles liturgiques. Voici ce qu’il écrit, vers 155, pour expliquer à l’empereur païen Antonin le Pieux (138-161) ce que font les chrétiens :
[Le jour qu’on appelle jour du soleil, a lieu le rassemblement en un même endroit de tous ceux qui habitent la ville ou la campagne.
On lit les mémoires des Apôtres et les écrits des Prophètes, autant que le temps le permet.
Quand le lecteur a fini, celui qui préside prend la parole pour inciter et exhorter à l’imitation de ces belles choses.
Ensuite, nous nous levons tous ensemble et nous faisons des prières] pour nous-mêmes [...] et pour tous les autres, où qu’ils soient, afin que nous soyons trouvés justes par notre vie et nos actions et fidèles aux commandements, pour obtenir ainsi le salut éternel.
Quand les prières sont terminées, nous nous donnons un baiser les uns aux autres.
Ensuite, on apporte à celui qui préside les frères du pain et une coupe d’eau et de vin mélangés.
Il les prend et fait monter louange et gloire vers le Père de l’univers, par le nom du Fils et du Saint-Esprit et il rend grâce (en grec : eucharistian) longuement de ce que nous avons été jugés dignes de ces dons.
Quand il a terminé les prières et les actions de grâce, tout le peuple présent pousse une acclamation en disant : Amen.
Lorsque celui qui préside a fait l’action de grâce et que le peuple a répondu, ceux que chez nous on appelle diacres distribuent à tous ceux qui sont présents du pain, du vin et de l’eau « eucharistiés » et ils en apportent aux absents (saint Justin, apologiæ 1, 65 [le texte entre crochets est du chapitre 67]).
1346
La liturgie de l’Eucharistie se déroule selon une structure fondamentale qui s’est conservée à travers les siècles jusqu’à nous. Elle se déploie en deux grands moments qui forment une unité foncière :
– le rassemblement, la liturgie de la Parole, avec les lectures, l’homélie et la prière universelle ;
– la liturgie eucharistique, avec la présentation du pain et du vin, l’action de grâce consécratoire et la communion.
Liturgie de la Parole et liturgie eucharistique constituent ensemble « un seul et même acte du culte » a ; en effet, la table dressée pour nous dans l’Eucharistie est à la fois celle de la Parole de Dieu§103 et celle du Corps du Seigneur b.
1347
N’est-ce pas là le mouvement même du repas pascal de Jésus ressuscité avec ses disciples : chemin faisant, il leur expliquait les Écritures, puis, se mettant à table avec eux, « il prit le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna » 1 ?

Le mouvement de la célébration

1348
Tous se rassemblent. Les chrétiens accourent dans un même lieu pour l’assemblée eucharistique. À sa tête le Christ lui§1140-même qui est l’acteur principal de l’Eucharistie. Il est le grand prêtre de la Nouvelle Alliance. C’est Lui-même qui préside invisiblement toute célébration eucharistique. C’est en Le représentant que l’évêque ou le prêtre §1548« in persona Christi capitis ») préside l’assemblée, prend la parole après les lectures, reçoit les offrandes et dit la prière eucharistique. Tous ont leur part active dans la célébration, chacun à sa manière : les lecteurs, ceux qui apportent les offrandes, ceux qui donnent la communion, et le peuple tout entier dont l’Amen manifeste la participation.
1349
La liturgie de la Parole comporte « les écrits des prophètes », c’est-à-dire l’Ancien Testament, et « les mémoires des apôtres§1184 », c’est-à-dire leurs épîtres et les Évangiles ; après l’homélie qui exhorte à accueillir cette Parole comme ce qu’elle est vraiment, Parole de Dieu 1, et à la mettre en pratique, viennent les intercessions pour tous les hommes, selon la parole de l’Apôtre : « Je recommande donc, avant tout, qu’on fasse des demandes, des prières, des supplications, des actions de grâces pour tous les hommes, pour les rois et tous les dépositaires de l’autorité » 2.
1350
La présentation des oblats (l’offertoire) : on apporte alors, parfois en procession, le pain et le vin à l’autel qui seront offerts par le prêtre au nom du Christ dans le sacrifice eucharistique où ils deviendront le corps et le sang de Celui-ci. C’est le geste même du Christ à la Dernière Cène, « prenant du pain et une coupe ». « Cette oblation, l’Église seule l’offre§1359, pure, au Créateur, en lui offrant avec action de grâce ce qui provient de sa création » a1. La présentation des oblats à l’autel assume le geste de Melchisédech et confie les dons du créateur entre les mains du Christ. C’est Lui qui, dans§614 Son sacrifice, mène à la perfection toutes les tentatives humaines d’offrir des sacrifices.
1351
Dès le début, les chrétiens apportent, avec le pain et le vin pour l’Eucharistie, leurs dons pour le partage§1397 avec ceux qui sont dans le besoin. Cette coutume de la collecte 1, toujours actuelle, s’inspire de l’exemple du Christ§2186 qui s’est fait pauvre pour nous enrichir 2 :
Ceux qui sont riches et qui veulent, donnent, chacun selon ce qu’il s’est lui-même imposé ; ce qui est recueilli est remis à celui qui préside et lui, il assiste les orphelins et les veuves, ceux que la maladie ou toute autre cause prive de ressources, les prisonniers, les immigrés et, en un mot, il secourt tous ceux qui sont dans le besoin 1.
1352
L’anaphore : Avec la prière eucharistique§559, prière d’action de grâce et de consécration, nous arrivons au cœur et au sommet de la célébration :
1353
Dans l’épiclèse§1105 elle demande au Père d’envoyer son Esprit Saint a sur le pain et le vin§1375, afin qu’ils deviennent, par sa puissance, le Corps et le Sang de Jésus-Christ, et que ceux qui prennent part à l’Eucharistie soient un seul corps et un seul esprit (certaines traditions liturgiques placent l’épiclèse après l’anamnèse).
1354
Dans l’anamnèse qui suit, l’Église§954 fait mémoire de la passion, de la résurrection et du retour glorieux du Christ Jésus ; elle présente§1103 au Père l’offrande de son Fils qui nous réconcilie avec Lui.
1355
Dans la communion, précédée de la prière du Seigneur et de la fraction du pain, les fidèles reçoivent « le pain du ciel§1382 » et « la coupe du salut », le Corps et le Sang du Christ qui s’est livré « pour la vie du monde » 1 :§1327
Parce que ce pain et ce vin ont été, selon l’expression ancienne, « eucharistiés », « nous appelons cette nourriture Eucharistie et personne ne peut y prendre part s’il ne croit pas à la vérité de ce qu’on enseigne chez nous, s’il n’a reçu le bain pour la rémission des péchés et la nouvelle naissance et s’il ne vit selon les préceptes du Christ » 1.

V. Le sacrifice sacramentel : action de grâce, mémorial, présence

1356
Si les chrétiens célèbrent l’Eucharistie depuis les origines, et sous une forme qui, dans sa substance, n’a pas changé à travers la grande diversité des âges et des liturgies, c’est parce que nous nous savons liés par l’ordre du Seigneur, donné la veille de sa passion : « faites ceci en mémoire de moi » 1.
1357
Cet ordre du Seigneur, nous l’accomplissons en célébrant le mémorial de son sacrifice. Ce faisant, nous offrons au Père ce qu’il nous a Lui-même donné : les dons de sa création, le pain et le vin, devenus, par la puissance de l’Esprit Saint et par les paroles du Christ, le Corps et le Sang du Christ : le Christ est ainsi rendu réellement et mystérieusement présent.
1358
Il nous faut donc considérer l’Eucharistie
– comme action de grâce et louange au Père,
– comme mémorial sacrificiel du Christ et de son Corps,
– comme présence du Christ par la puissance de sa Parole et de son Esprit.

L’action de grâce et la louange au Père

1359
L’Eucharistie, sacrement de notre salut accompli par le Christ sur la croix, est aussi un sacrifice de louange en action§293 de grâce pour l’œuvre de la création. Dans le sacrifice eucharistique, toute la création aimée par Dieu est présentée au Père à travers la mort et la résurrection du Christ. Par le Christ, l’Église peut offrir le sacrifice de louange en action de grâce pour tout ce que Dieu a fait de bon, de beau et de juste dans la création et dans l’humanité.
1360
L’Eucharistie est un sacrifice d’action de grâce au Père, une bénédiction par laquelle l’Église exprime sa reconnaissance à Dieu§1083 pour tous ses bienfaits, pour tout ce qu’il a accompli par la création, la rédemption et la sanctification. Eucharistie signifie d’abord : action de grâce.
1361
L’Eucharistie est aussi le sacrifice de louange, par lequel l’Église chante la gloire de Dieu au nom de toute la création. Ce sacrifice§294 de louange n’est possible qu’à travers le Christ : Il unit les fidèles à sa personne, à sa louange et à son intercession, en sorte que le sacrifice de louange au Père est offert par le Christ et avec lui pour être accepté en lui.

Le mémorial sacrificiel du Christ et de son Corps, l’Église

1362
L’Eucharistie est le mémorial de la Pâque du Christ, l’actualisation et l’offrande sacramentelle de son unique sacrifice, dans la liturgie de l’Église qui est son Corps. Dans toutes les prières eucharistiques nous trouvons, après les paroles de l’institution, une prière appelée anamnèse ou mémorial§1103.
1363
Dans le sens de l’Écriture Sainte le mémorial n’est pas seulement le souvenir des événements du passé, mais la proclamation§1099 des merveilles que Dieu a accomplies pour les hommes 1. Dans la célébration liturgique de ces événements, ils deviennent d’une certaine façon présents et actuels. C’est de cette manière qu’Israël comprend sa libération d’Égypte : chaque fois qu’est célébrée la pâque, les événements de l’Exode sont rendus présents à la mémoire des croyants afin qu’ils y conforment leur vie.
1364
Le mémorial reçoit un sens nouveau dans le Nouveau Testament. Quand l’Église célèbre l’Eucharistie, elle fait mémoire§611 de la Pâque du Christ, et celle-ci devient présente : le sacrifice que le Christ a offert une fois pour toutes sur la Croix demeure toujours actuel 1 : « Toutes les§1085 fois que le sacrifice de la croix par lequel le Christ notre pâque a été immolé se célèbre sur l’autel, l’œuvre de notre rédemption s’opère » a.
1365
Parce qu’elle est mémorial de la Pâque du Christ, l’Eucharistie est aussi un sacrifice. Le caractère sacrificiel de l’Eucharistie est manifesté§2100 dans les paroles mêmes de l’institution : « Ceci est mon Corps qui va être donné pour vous » et « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon Sang, qui va être versé pour vous » 1. Dans l’Eucharistie le Christ donne§1846 ce corps même qu’il a livré pour nous sur la croix, le sang même qu’il a « répandu pour une multitude en rémission des péchés » 2.
1366
L’Eucharistie est donc un sacrifice parce qu’elle représente (rend présent) le sacrifice de la croix, parce qu’elle en est le mémorial§613 et parce qu’elle en applique le fruit :
[Le Christ] notre Dieu et Seigneur, s’offrit lui-même à Dieu le Père une fois pour toutes, mourant en intercesseur sur l’autel de la Croix, afin de réaliser pour eux (les hommes) une rédemption éternelle. Cependant, comme sa mort ne devait pas mettre fin à son sacerdoce (He 7:24 ; 7:27), à la dernière Cène, « la nuit où il fut livré » (1 Co 11:13), il voulait laisser à l’Église, son épouse bien-aimée, un sacrifice visible (comme le réclame la nature humaine), où serait représenté le sacrifice sanglant qui allait s’accomplir une unique fois sur la croix, dont la mémoire se perpétuerait jusqu’à la fin des siècles 12 et dont la vertu salutaire s’appliquerait à la rédemption des péchés que nous commettons chaque jour 3.
1367
Le sacrifice du Christ et le sacrifice§1545 de l’Eucharistie sont un unique sacrifice : « C’est une seule et même victime, c’est le même qui offre maintenant par le ministère des prêtres, qui s’est offertlui-même alors sur la Croix. Seule la manière d’offrir diffère » a. « Et puisque dans ce divin sacrifice qui s’accomplit à la messe, ce même Christ, qui s’est offert lui-même une fois de manière sanglante sur l’autel de la Croix, est contenu et immolé de manière non sanglante, ce sacrifice est vraiment propitiatoire » b.
1368
L’Eucharistie est également le sacrifice de l’Église. L’Église, qui est le Corps du Christ, participe à l’offrande de son Chef. Avec Lui, elle est offerte elle-même tout entière. Elle s’unit à son intercession auprès du Père pour tous les hommes. Dans l’Eucharistie, le sacrifice du Christ devient aussi§618§2031 le sacrifice des membres de son Corps. La vie des fidèles, leur louange, leur souffrance, leur prière, leur travail, sont unis à ceux du Christ et à sa totale§1109 offrande, et acquièrent ainsi une valeur nouvelle. Le sacrifice du Christ présent sur l’autel donne à toutes les générations de chrétiens la possibilité d’être unis à son offrande.
1369
Toute l’Église est unie à l’offrande et à l’intercession du Christ. Chargé du ministère de Pierre dans l’Église, le Pape est§834§882 associé à toute célébration de l’Eucharistie où il est nommé comme signe et serviteur de l’unité de l’Église Universelle. L’évêque du lieu est toujours responsable§1561 de l’eucharistie, même lorsqu’elle est présidée par un prêtre§1566 ; son nom y est prononcé pour signifier sa présidence de l’Église particulière, au milieu du presbyterium et avec l’assistance des diacres. La communauté intercède aussi pour tous les ministres qui, pour elle et avec elle, offrent le sacrifice eucharistique :
Que cette eucharistie seule soit regardée comme légitime, qui se fait sous la présidence de l’évêque ou de celui qu’il en a chargé a.
C’est par le ministère des prêtres que se consomme le sacrifice spirituel des chrétiens, en union avec le sacrifice du Christ, unique Médiateur, offert au nom de toute l’Église dans l’Eucharistie par les mains des prêtres, de manière non sanglante et sacramentelle, jusqu’à ce que vienne le Seigneur lui-même b.
1370
À l’offrande du Christ s’unissent non seulement les membres qui sont encore ici-bas, mais aussi ceux§956 qui sont déjà dans la gloire du ciel : C’est en communion avec la très Sainte Vierge Marie§969 et en faisant mémoire d’elle, ainsi que de tous les saints et toutes les saintes, que l’Église offre le sacrifice eucharistique. Dans l’Eucharistie l’Église, avec Marie, est comme au pied de la Croix, unie à l’offrande et à l’intercession du Christ.
1371
Le sacrifice eucharistique§1689 est aussi offert§1032 pour les fidèles défunts « qui sont morts dans le Christ§958 et ne sont pas encore pleinement purifiés » a, pour qu’ils puissent entrer dans la lumière et la paix du Christ :
Enterrez ce corps n’importe où ! Ne vous troublez pas pour lui d’aucun souci ! Tout ce que je vous demande, c’est de vous souvenir de moi à l’autel du Seigneur où que vous soyez a.
Ensuite, nous prions [dans l’anaphore] pour les saints pères et évêques endormis, et en général pour tous ceux qui se sont endormis avant nous, en croyant qu’il y aura très grand profit pour les âmes, en faveur desquelles la supplication est offerte, tandis que se trouve présente la sainte et si redoutable victime... En présentant à Dieu nos supplications pour ceux qui se sont endormis, fussent-ils pécheurs, nous [...] présentons le Christ immolé pour nos péchés, rendant propice, pour eux et pour nous, le Dieu ami des hommes bc.
1372
Saint Augustin a admirablement résumé cette doctrine qui nous incite à une participation de plus en plus complète au sacrifice de notre§1140 Rédempteur que nous célébrons dans l’Eucharistie :
Cette cité rachetée tout entière, c’est-à-dire l’assemblée et la société des saints, est offerte à Dieu comme un sacrifice universel par le Grand Prêtre qui, sous la forme d’esclave, est allé jusqu’à s’offrir pour nous dans sa passion, pour faire de nous le corps d’un si grand Chef [...] Tel est le sacrifice des chrétiens : « à plusieurs, n’être qu’un seul corps dans le Christ » 1. Et ce sacrifice, l’Église ne cesse de le reproduire dans le Sacrement de l’autel bien connu des fidèles, où il lui est montré que dans ce qu’elle offre, elle est elle-même offerte a.

La présence du Christ par la puissance de sa Parole et de l’Esprit Saint

1373
« Le Christ Jésus qui est mort, qui est ressuscité, qui est à la droite de Dieu, qui intercède pour nous » 1, est présent de multiples manières à son Église a : dans sa Parole, dans la prière de son Église, « là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom » 2, dans les pauvres, les malades, les prisonniers 3, dans ses sacrements dont il est l’auteur, dans le sacrifice de la messe et en la personne du ministre. Mais « au plus haut point§1088 (il est présent) sous les espèces eucharistiques » (SC 7).
1374
Le mode de présence du Christ sous les espèces eucharistiques est unique. Il élève l’Eucharistie au-dessus de tous les sacrements et en fait « comme la perfection de la vie spirituelle et la fin à laquelle tendent§1211 tous les sacrements » a. Dans le très saint sacrement de l’Eucharistie sont « contenus vraiment, réellement et substantiellement le Corps et le Sang conjointement avec l’âme et la divinité de notre Seigneur Jésus-Christ, et, par conséquent, le Christ tout entier » b. « Cette présence, on la nomme ‘réelle’, non à titre exclusif, comme si les autres présences n’étaient pas ‘réelles’, mais par excellence parce qu’elle est substantielle, et que par elle le Christ, Dieu et homme, se rend présent tout entier » c.
1375
C’est par la conversion du pain et du vin au Corps et au Sang du Christ que le Christ§1105§1128 devient présent en ce sacrement. Les Pères de l’Église ont fermement affirmé la foi de l’Église en l’efficacité de la Parole§298 du Christ et de l’action de l’Esprit Saint pour opérer cette conversion. Ainsi, saint Jean Chrysostome déclare :
Et saint Ambroise dit au sujet de cette conversion :
Ce n’est pas l’homme qui fait que les choses offertes deviennent Corps et Sang du Christ, mais le Christ lui-même qui a été crucifié pour nous. Le prêtre, figure du Christ, prononce ces paroles, mais leur efficacité et la grâce sont de Dieu. Ceci est mon Corps, dit-il. Cette parole transforme les choses offertes a.
Soyons bien persuadés que ceci n’est pas ce que la nature a formé, mais ce que la bénédiction a consacré, et que la force de la bénédiction l’emporte sur celle de la nature, parce que par la bénédiction la nature elle-même se trouve changée [...]. La parole du Christ, qui a pu faire de rien ce qui n’existait pas, ne pourrait donc changer les choses existantes en ce qu’elles n’étaient pas encore ? Car ce n’est pas moins de donner aux choses leur nature première que de la leur changer a.
1376
Le Concile de Trente résume la foi catholique en déclarant : « Parce que le Christ, notre Rédempteur, a dit que ce qu’il offrait sous l’espèce du pain était vraiment son Corps, on a toujours eu dans l’Église cette conviction, que déclare le saint Concile de nouveau : par la consécration du pain et du vin s’opère le changement de toute la substance du pain en la substance du Corps du Christ notre Seigneur et de toute la substance du vin en la substance de son Sang ; ce changement, l’Église catholique l’a justement et exactement appelé transsubstantiation » a.
1377
La présence eucharistique du Christ commence au moment de la consécration et dure aussi longtemps que les espèces eucharistiques subsistent. Le Christ est tout entier présent dans chacune des espèces et tout entier dans chacune de leurs parties, de sorte que la fraction du pain ne divise pas le Christ a.
1378
Le culte de l’Eucharistie. Dans la liturgie de la messe, nous exprimons notre foi en la présence réelle du Christ sous les§1178 espèces du pain et du vin, entre autres, en fléchissant les genoux, ou en nous inclinant profondément en signe d’adoration du Seigneur. « L’Église catholique a rendu et continue de rendre ce culte d’adoration qui est dû au sacrement de l’Eucharistie non§103§2628 seulement durant la messe, mais aussi en dehors de sa célébration : en conservant avec le plus grand soin les hosties consacrées, en les présentant aux fidèles pour qu’ils les vénèrent avec solennité, en les portant en procession » a.
1379
La sainte réserve (tabernacle) était d’abord destinée à garder dignement l’Eucharistie pour qu’elle puisse être portée aux§1183 malades et aux absents en dehors de la messe. Par l’approfondissement de la foi en la présence réelle du Christ dans son Eucharistie, l’Église a pris conscience du sens de l’adoration silencieuse du Seigneur présent sous les espèces eucharistiques. C’est pour cela que le tabernacle§2691 doit être placé à un endroit particulièrement digne de l’église ; il doit être construit de telle façon qu’il souligne et manifeste la vérité de la présence réelle du Christ dans le saint sacrement.
1380
Il est hautement convenable que le Christ§2715 ait voulu rester présent à son Église de cette façon unique. Puisque le Christ allait quitter les siens sous sa forme visible, il voulait nous donner sa présence§669 sacramentelle ; puisqu’il allait s’offrir sur la Croix pour nous sauver, il voulait que nous ayons le mémorial de l’amour dont il nous a aimés « jusqu’à la fin » 1, jusqu’au don de sa vie. En effet, dans sa présence eucharistique il reste mystérieusement au milieu de nous comme celui qui§478 nous a aimés et qui s’est livré pour nous 2, et il le reste sous les signes qui expriment et communiquent cet amour :
L’Église et le monde ont un grand besoin du culte eucharistique. Jésus nous attend dans ce sacrement de l’amour. Ne refusons pas le temps pour aller Le rencontrer dans l’adoration, dans la contemplation pleine de foi et ouverte à réparer les fautes graves et les délits du monde. Que ne cesse jamais notre adoration 1.
1381
« La présence du véritable Corps du Christ et du véritable Sang du Christ dans ce sacrement, ‘on ne l’apprend point par les sens, dit saint Thomas, mais par la foi seule, laquelle s’appuie sur l’autorité§156 de Dieu’. C’est pourquoi§215, commentant le texte de saint Luc, 22, 19 : ‘Ceci est mon Corps qui sera livré pour vous’, saint Cyrille d’Alexandrie a déclare : ‘Ne va pas te demander si c’est vrai, mais accueille plutôt avec foi les paroles du Seigneur, parce que lui, qui est la Vérité, ne ment pas’ » b :

VI. Le banquet pascal

1382
La messe est à la fois et inséparablement le mémorial sacrificiel dans lequel se perpétue le sacrifice de la croix, et le banquet sacré de la communion au Corps et au Sang du Seigneur. Mais la célébration du sacrifice eucharistique est tout orientée vers l’union intime des fidèles au Christ par la communion§950. Communier, c’est recevoir le Christ lui-même qui s’est offert pour nous.
1383
L’autel, autour duquel l’Église est rassemblée dans la célébration de l’Eucharistie, représente les deux aspects d’un même mystère : l’autel du sacrifice et la table du Seigneur§1182, et ceci d’autant plus que l’autel chrétien est le symbole du Christ lui-même, présent au milieu de l’assemblée de ses fidèles, à la fois comme la victime offerte pour notre réconciliation et comme aliment céleste qui se donne à nous. « Qu’est-ce en effet l’autel du Christ sinon l’image du Corps du Christ ? » – dit saint Ambroise a, et ailleurs : « L’autel représente le Corps [du Christ], et le Corps du Christ est sur l’autel » b. La liturgie exprime cette unité du sacrifice et de la communion dans de nombreuses prières. Ainsi, l’Église de Rome prie dans son anaphore :

« Prenez et mangez en tous » : la communion

1384
Le Seigneur nous adresse une invitation pressante à le recevoir dans le sacrement de l’Eucharistie§2835 : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la Chair du Fils de l’homme et ne buvez son Sang, vous n’aurez pas la vie en vous » 1.
1385
Pour répondre à cette invitation, nous devons nous préparer à ce moment si grand et si saint. Saint Paul exhorte à un examen de conscience : « Quiconque mange ce pain ou boit cette coupe du Seigneur indignement aura à répondre du Corps et du Sang du Seigneur. Que chacun donc s’éprouve soi-même et qu’il mange alors de ce pain et boive de cette coupe ; car celui qui mange et boit, mange et boit sa propre condamnation, s’il n’y discerne le Corps » 1. Celui qui est conscient d’un péché grave doit recevoir le sacrement§1457 de la Réconciliation avant d’accéder à la communion.
1386
Devant la grandeur de ce sacrement, le fidèle ne peut que reprendre humblement et avec une foi§732 ardente la parole du Centurion 1 : « Domine, non sum dignus, ut intres sub tectum meum, sed tantum dic verbum, et sanabitur anima mea » (« Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri »). Et dans la Divine Liturgie de saint Jean Chrysostome, les fidèles prient dans le même esprit :
À ta cène mystique fais-moi communier aujourd’hui, ô Fils de Dieu. Car je ne dirai pas le Secret à tes ennemis, ni ne te donnerai le baiser de Judas. Mais, comme le larron, je te crie : Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ton royaume.
1387
Pour se préparer convenablement à recevoir ce sacrement, les fidèles observeront le jeûne prescrit dans leur Église a. L’attitude§2043 corporelle (gestes, vêtement) traduira le respect, la solennité, la joie de ce moment où le Christ devient notre hôte.
1388
Il est conforme au sens même de l’Eucharistie que les fidèles, s’ils ont les dispositions requises a, communient quand ils participent à la messe (Dans la même journée, les fidèles peuvent recevoir la très Sainte Communion deux fois, et seulement deux fois [voir Pontificia Commissio Codicis Iuris Canonici authentice interpretando, Responsa ad proposita dubia, 1 : AAS 76 (1984), p. 746]) : « Il est vivement recommandé aux fidèles de participer à la Messe de façon plus parfaite en recevant aussi, après la communion du prêtre, le corps du Seigneur du même sacrifice » (SC 55).
1389
L’Église fait obligation aux fidèles de participer les dimanches et les jours de fête à la divine liturgie a et de recevoir au moins une§2042 fois par an l’Eucharistie, si possible au temps pascal b, préparés par le sacrement de la Réconciliation. Mais l’Église recommande vivement aux fidèles de recevoir la sainte Eucharistie les dimanches et les jours de fête, ou plus souvent§2837 encore, même tous les jours.
1390
Grâce à la présence sacramentelle du Christ sous chacune des espèces, la communion à la seule espèce du pain permet de recevoir tout le fruit de grâce de l’Eucharistie. Pour des raisons pastorales, cette manière de communier s’est légitimement établie comme la plus habituelle dans le rite latin. « La sainte communion réalise plus pleinement sa forme de signe lorsqu’elle se fait sous les deux espèces. Car, sous cette forme, le signe du banquet eucharistique est mis plus pleinement en lumière » a. C’est la forme habituelle de communier dans les rites orientaux.

Les fruits de la communion

1391
La communion accroît notre union au Christ. Recevoir l’Eucharistie dans la communion porte comme fruit principal§460 l’union intime au Christ Jésus. Le Seigneur dit en effet : « Qui mange ma Chair et boit mon Sang demeure en moi et moi en lui » 1. La vie en Christ trouve son fondement dans le banquet eucharistique : « De même qu’envoyé par le Père, qui est vivant, moi, je vis par le Père, de même, celui qui me mange, vivra§521, lui aussi, par moi » 2 :
Lorsque dans les fêtes du Seigneur les fidèles reçoivent le Corps du Fils, ils proclament les uns aux autres la Bonne Nouvelle que les arrhes de la vie sont donnés, comme lorsque l’ange dit à Marie de Magdala : « Le Christ est ressuscité ! » Voici que maintenant aussi la vie et la résurrection sont conférées à celui qui reçoit le Christ 1.
1392
Ce que l’aliment matériel produit dans notre vie corporelle, la communion le réalise de façon admirable dans notre vie spirituelle. La communion à la Chair du Christ ressuscité§1524, « vivifiée par l’Esprit Saint et vivifiante » a, conserve, accroît et renouvelle la vie de grâce§1212 reçue au Baptême. Cette croissance de la vie chrétienne a besoin d’être nourrie par la communion eucharistique, pain de notre pèlerinage, jusqu’au moment de la mort, où il nous sera donné comme viatique.
1393
La communion nous sépare du péché. Le Corps du Christ que nous recevons dans la communion est « livré pour nous », et le Sang que nous buvons, est « versé pour la multitude en rémission des péchés§613 ». C’est pourquoi l’Eucharistie ne peut pas nous unir au Christ sans nous purifier en même temps des péchés commis et nous préserver des péchés futurs :
« Chaque fois que nous le recevons, nous annonçons la mort du Seigneur » 1. Si nous annonçons la mort du Seigneur, nous annonçons la rémission des péchés. Si, chaque fois que son Sang est répandu, il est répandu pour la rémission des péchés, je dois toujours le recevoir, pour que toujours il remette mes péchés. Moi qui pèche toujours, je dois avoir toujours un remède a.
1394
Comme la nourriture corporelle sert à restaurer la perte des forces, l’Eucharistie fortifie la charité qui, dans la vie§1863 quotidienne, tend à s’affaiblir ; et cette charité vivifiée efface les péchés véniels a. En se donnant à nous, le Christ ravive notre amour et nous rend capables§1436 de rompre les attachements désordonnés aux créatures et de nous enraciner en Lui :
Puisque le Christ est mort pour nous par amour, lorsque nous faisons mémoire de sa mort au moment du sacrifice, nous demandons que l’amour nous soit accordé par la venue du Saint-Esprit ; nous prions humblement qu’en vertu de cet amour, par lequel le Christ a voulu mourir pour nous, nous aussi, en recevant la grâce du Saint-Esprit, nous puissions considérer le monde comme crucifié pour nous, et être nous-mêmes crucifiés pour le monde... Ayant reçu le don de l’amour, mourons au péché et vivons pour Dieu a.
1395
Par la même charité qu’elle allume en nous, l’Eucharistie nous préserve des péchés mortels futurs. Plus nous participons à la vie du Christ et plus nous progressons dans son amitié, plus il nous est difficile de rompre avec Lui par le péché mortel§1855. L’Eucharistie n’est pas ordonnée au pardon des péchés mortels. Ceci est propre au sacrement de la Réconciliation. Le propre de l’Eucharistie est d’être le sacrement de ceux§1446 qui sont dans la pleine communion de l’Église.
1396
L’unité du Corps mystique : l’Eucharistie fait l’Église. Ceux qui reçoivent l’Eucharistie sont unis plus étroitement au Christ§1118. Par là même, le Christ les unit à tous les fidèles en un seul corps : l’Église. La communion renouvelle, fortifie, approfondit cette incorporation à l’Église déjà réalisée§1267 par le Baptême. Dans le Baptême nous avons été appelés à ne faire qu’un seul corps 1. L’Eucharistie réalise cet appel : « La coupe de bénédiction que nous bénissons n’§1064est-elle pas communion au Sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au Corps du Christ ? Puisqu’il n’y a qu’un pain, à nous tous nous ne formons qu’un corps, car tous nous avons part§790 à ce pain unique » 2 :
Si vous êtes le corps du Christ et ses membres, c’est votre sacrement qui est placé sur la table du Seigneur, vous recevez votre sacrement. Vous répondez « Amen » 1 à ce que vous recevez, et vous y souscrivez en répondant. Tu entends ce mot : « le Corps du Christ » et tu réponds : « Amen ». Sois donc un membre du Christ pour que soit vrai ton Amen 2.
1397
L’Eucharistie engage envers les pauvres : Pour recevoir dans la vérité le Corps et le Sang du Christ livrés pour nous, nous devons reconnaître§2449 le Christ dans les plus pauvres, Ses frères 1 :
Tu as goûté au sang du Seigneur et tu ne reconnais pas même ton frère. Tu déshonores cette table même, en ne jugeant pas digne de partager ta nourriture celui qui a été jugé digne de prendre part à cette table. Dieu t’a libéré de tous tes péchés et t’y a invité. Et toi, pas même alors, tu n’es devenu plus miséricordieux 1.
1398
L’Eucharistie et l’unité des chrétiens. Devant la grandeur de ce mystère, saint Augustin s’écrie : « O sacrement de la piété ! O signe de l’unité ! O lien de la charité ! » ab. D’autant plus douloureuses se font ressentir§817 les divisions de l’Église qui rompent la commune participation à la table du Seigneur, d’autant plus pressantes sont les prières au Seigneur pour que reviennent les jours de l’unité complète de tous ceux qui croient en Lui.
1399
Les Églises orientales qui ne sont pas en pleine communion avec l’Église catholique célèbrent l’Eucharistie avec un grand amour. « Ces§838 Églises, bien que séparées, ont de vrais sacrements, – principalement, en vertu de la succession apostolique : le Sacerdoce et l’Eucharistie, – qui les unissent intimement à nous » a. Une certaine communion in sacris, donc dans l’Eucharistie, est « non seulement possible, mais même recommandée, lors de circonstances favorables et avec l’approbation de l’autorité ecclésiastique » bc.
1400
Les communautés ecclésiales issues de la Réforme, séparées de l’Église catholique, « en raison surtout de l’absence du sacrement de l’Ordre, n’ont§1536 pas conservé la substance propre et intégrale du mystère eucharistique » a. C’est pour cette raison que, pour l’Église catholique, l’intercommunion eucharistique avec ces communautés n’est pas possible. Cependant, ces communautés ecclésiales, « lorsqu’elles font mémoire dans la sainte Cène de la mort et de la résurrection du Seigneur, professent que la vie consiste dans la communion au Christ et attendent son retour glorieux » b.
1401
Lorsqu’une nécessité grave se fait pressente, selon le jugement de l’ordinaire, les ministres catholiques peuvent donner§1483 les sacrements (Eucharistie, pénitence, onction des malades) aux autres chrétiens qui ne sont pas en pleine communion avec l’Église catholique, mais qui les demandent de leur plein gré : il faut alors qu’ils manifestent la foi catholique concernant ces sacrements et qu’ils se trouvent dans les dispositions requises§1385 (voir CIC, can. 844, § 4).

VII. L’Eucharistie – « pignus futuræ gloriæ » (« gage de la gloire à venir »)

1402
Dans une antique prière, l’Église§1323 acclame le mystère de l’Eucharistie : « O sacrum convivium in quo Christus sumitur. Recolitur memoria passionis eius ; mens impletur gratia et futuræ gloriæ nobis pignus datur » a. Si l’Eucharistie est le mémorial de la Pâque du Seigneur, si par notre§1130 communion à l’autel, nous sommes comblés « de toute bénédiction céleste et grâce » b, l’Eucharistie est aussi l’anticipation de la gloire céleste.
1403
Lors de la dernière Cène, le Seigneur a lui-même tourné le regard de ses disciples vers l’accomplissement de la Pâque dans le royaume de Dieu : « Je vous le dis, je ne boirai plus désormais de ce produit de la vigne jusqu’au jour où je boirai avec vous le vin nouveau dans le Royaume de mon Père » 123. Chaque fois que l’Église célèbre l’Eucharistie, elle se souvient de cette promesse et son regard se tourne vers « Celui qui vient » 4. Dans sa prière, elle appelle sa venue : « Marana tha » 5, « Viens, Seigneur§671 Jésus » 6, « Que ta grâce vienne et que ce monde passe ! » a.
1404
L’Église sait que, dès maintenant, le Seigneur vient dans son Eucharistie, et qu’il est là, au milieu de nous. Cependant, cette présence est voilée. C’est pour cela que nous célébrons l’Eucharistie « expectantes beatam spem et adventum Salvatoris nostri Jesu Christi » 1, en demandant « d’être comblés de ta gloire, dans ton Royaume, tous ensemble et pour l’éternité, quand Tu essuieras toute larme de nos yeux ; en Te voyant, Toi§1028§1041 notre Dieu, tel que Tu es, nous Te serons semblables éternellement, et sans fin nous chanterons ta louange, par le Christ, notre Seigneur » a.
1405
De cette grande espérance, celle des cieux nouveaux et de la terre nouvelle en lesquels habitera la justice 1, nous n’avons pas§1042 de gage plus sûr, de signe plus manifeste que l’Eucharistie. En effet, chaque fois qu’est célébré ce mystère, « l’œuvre de notre rédemption s’opère » a et nous « rompons un même pain qui est remède d’immortalité, antidote pour§1000 ne pas mourir, mais pour vivre en Jésus-Christ pour toujours » b.