ANASTASE II : 24 novembre 496-17

6 entrées · DH 356–361

Les deux natures en Christ

Profession de foi

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Nous confessons donc que notre Seigneur Jésus Christ, le Fils unique de Dieu, est né du Père selon la divinité sans commencement avant tous les siècles, mais qu'en ces derniers temps le même est devenu chair de la sainte Vierge Marie et homme complet moyennant une âme rationnelle et la réception d'un corps, consubstantiel au Père selon la divinité et consubstantiel à nous selon l'humanité. Car des deux natures complètes l'unité a été faite de façon ineffable. C'est pourquoi l'unique Christ, nous le confessons à la fois Fils de Dieu et Fils d'homme, unique engendré du Père et premier-né d'entre les morts ; car nous savons qu'il est le créateur de toutes choses, et qu'après le consentement de la Vierge sainte, lorsqu'elle dit à l'ange : " Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta parole "Lc 1,38, il a daigné se construire d'elle, de façon ineffable, un temple, et qu'il se l'est uni à lui- même ; ce corps il ne l'a pas amené coéternel de sa substance depuis le ciel, mais, de la pâte de notre substance, c'est-à-dire de la Vierge. En le prenant et en l'unissant à soi, Dieu, le Verbe, n'a pas été changé en chair et il n'est pas apparu non plus comme un être imaginaire, mais il a conservé son essence de façon immuable et sans changement, et il s'est uni à soi les prémices de notre nature. Car le commencement, Dieu Verbe, a daigné dans sa grande bonté unir à soi ces prémices de notre nature, lui qui s'est montré, non pas mélangé, mais un seul et même dans les deux natures selon qu'il est écrit : " Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai " Jn 2,19. Le Christ en effet est détruit selon ma substance qu'il a prise, et il relève son propre temple détruit, et cela selon la substance divine selon laquelle il est aussi le créateur de toutes choses.

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Jamais cependant après la résurrection de notre nature unie à lui il ne s'est séparé de son temple, et il ne peut pas non plus s'en séparer en raison de son ineffable bonté ; au contraire le Seigneur Jésus Christ lui-même est aussi bien passible qu'impassible, passible selon l'humanité, impassible selon la divinité. Dieu, le Verbe, a donc reconstruit son temple, et en lui il a opéré la résurrection et le renouvellement de notre nature. Et celle-ci le Seigneur Christ l'a montrée à ses disciples, après être ressuscité des morts, en disant : " Touchez moi et voyez, car un esprit n'a ni chair ni os comme vous me voyez en avoir " Lc 24,39. Il n'a pas dit " comme vous dites que je suis " mais avoir, pour que l'on considère aussi bien qui possède que qui est possédé, et que l'on voie que ce n'est pas un mélange ou un changement ou une transformation mais une unité qui s'est faite. C'est pourquoi il a montré également les marques - des clous et la blessure faite par la lance, et il a mangé avec les disciples afin de montrer en toutes choses comment en lui notre nature est ressuscitée et renouvelée ; et parce que selon la substance de la divinité bienheureuse il est sans changement, sans transformation, impassible, immortel, sans avoir besoin de rien, il a accompli toutes les souffrances et il a permis qu'elles soient infligées à son temple qu'il a relevé par sa propre force ; et par la propre perfection de son temple, il a opéré la rénovation de note nature.

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Mais ceux qui affirment que le Christ est un homme apparent ou que Dieu est passible, ou qu'il s'est transformé en chair, ou qu'il n'avait pas un corps uni à lui, ou qu'il l'a fait descendre du ciel, ou qu'il était une vision, ou qui, en qualifiant Dieu le Verbe de mortel, disent qu'il avait besoin d'être ressuscité par le Père, ou qu'il a pris un corps sans âme ou un homme sans esprit, ou que les deux substances du Christ ont été confondues dans un mélange pour faire une unique substance, et qui ne confessent pas que notre Seigneur Jésus Christ est deux natures sans confusion mais une unique personne, et donc un seul Christ et de même un seul Fils, ceux-là l'Eglise catholique et apostolique les anathématise.

L'origine de l'âme et le péché originel

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(Chap. 1, Par 2) (Certains hérétiques affirment que), de même qu'ils lui transmettent les corps à partir d'une excrétion matérielle, les parents donnent aussi au genre humain le souffle de l'âme... (Par 4). Comment donc, contre l'affirmation divine que l'âme des hommes a été faite à l'image de Dieu, pensent-ils avec une intelligence trop charnelle, que l'âme se communique par l'union d'êtres humains alors que l'action de celui qui a fait cela depuis le commencement aujourd'hui encore ne cesse pas, comme il l'a dit lui-même : " Mon Père agit encore et j'agis " (voir Jn 5,17) ?...
(Par. 5) Car ils devraient également comprendre ce qui est écrit : " Celui qui vit éternellement a créé tout ensemble " Si 18,1. Si donc, avant que l'Ecriture n'ait disposé, suivant les espèces particulières, ordre et raison en chacune des créatures, il agit " potentiellement ", ce qu'on ne saurait nier, et " à titre de cause dans une oeuvre qui se déroule au cours du temps ", ils feraient bien d'accepter une saine doctrine : celui qui infuse les âmes et celui qui " appelle ce qui n'est pas pour que cela soit " (Voir Rm 4,17 .

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(Chap. 4, Par 13) S'ils pensent peut-être qu'ils parlent pieusement et bien en croyant pouvoir dire que les âmes sont transmises par les parents puisqu'elles sont profondément enfoncées dans le péché, ils doivent, en opérant une sage séparation, distinguer ceci, à savoir que les parents ne peuvent transmettre autre chose que le fruit de leur mauvaise témérité, c'est-à-dire la faute et la peine du péché, ce qui se voit clairement dans la descendance qui provient de cette transmission : les hommes naissent mauvais et déformés. C'est à cela seulement, on le voit clairement, que Dieu n'a aucune part, lui qui, voulant éviter de les voir tomber dans un fatal malheur, le leur a interdit par la terreur de la mort et le leur a prédit. C'est pourquoi, en parlant de transmission, on voit clairement ce qui est transmis par les parents et ce que, du début à la fin, Dieu a fait et fait encore.