(Chap. 4) Aussi bien les supérieurs en exercice que les confesseurs, qui plus tard seront promus au rang de supérieurs, se garderont avec le plus grand soin de faire usage, en vue du gouvernement extérieur, de la connaissance qu'ils ont pu avoir, dans la confession, du péché d'autres personnes. Et nous ordonnons donc que cela soit observé par tous les supérieurs de réguliers, quels qu'ils soient.
INNOCENT IX : 29 octobre - 30 décembre 1591
Sauvegarde du secret de la confession
La faculté de bénir le chrême et de confirmer
Les prêtres grecs ne doivent pas signer le front des baptisés avec le chrême, et c'est pourquoi doit être supprimé dans leur euchologue ce qui suit les mots : " Et après la prière ", etc., et où se trouve la forme de cette consignation...
Par. 1. Les évêques latins doivent confirmer les enfants ou les autres baptisés dont le front a été effectivement signé avec le chrême par des prêtres grecs, et il semble plus sûr qu'ils le fassent avec cette réserve et cette condition, à savoir : N., si tu es confirmé, je ne te confirme pas ; mais si tu n'es pas confirmé, je te signe du signe de la croix et je te confirme avec le chrême du salut au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ; et cela surtout lorsqu'on peut douter avec une certaine vraisemblance qu'ils ont été baptisés par des évêques grecs.
Par. 3 Les prêtres grecs ne doivent pas être contraints de recevoir les saintes huiles, à l'exception du chrême, d'évêques diocésains latins, puisque selon le rite ancien ces huiles sont confectionnées ou bénies par eux au moment même où ces huiles et les sacrements sont administrés. Mais ils seront contraints de recevoir le chrême qui, selon leur rite également, ne peut être consacré que par l'évêque.
Confession et absolution d'un absent
Le très saint Seigneur... a condamné et prohibé la proposition suivante, à savoir
" qu'il est permis de confesser les péchés sacramentellement à un confesseur absent, par lettre ou par messager, et de recevoir l'absolution de ce même prêtre absent ", comme fausse, téméraire et scandaleuse, et il a ordonné que désormais cette proposition ne doit plus être enseignée dans des cours, des conférences ou des assemblées, en privé ou en public, et que jamais elle ne doit être soutenue, imprimée, ou mise en pratique en quelque manière, comme étant probable en certains cas.
Question : La doctrine du P. Suarez contenue dans le 4e volume de ses Commentarri in 3am Partem D. Thomae disp. 21, sect. 4 où, après la publication du décret émanant de notre très saint Seigneur l'année passée au mois de juin au sujet de la matière de la confession sacramentelle, il discute de cette même matière et du sens dudit décret, est-elle ouvertement contraire à ce qu'ordonne ce décret ?
(Réponse) : Etant donné que les termes du décret précité montrent clairement et de par leur forme que Sa Sainteté n'a pas condamné seulement la proposition affirmant qu'il est permis de recevoir l'absolution d'un prêtre absent, mais également qu'il est permis de confesser sacramentellement les péchés à un confesseur absent,
et puisque le mot " il est permis", comme il apparaît des autres éléments, est très clairement utilisé pour qualifier d'illicite ce qui est contraire à l'institution et à l'essence du sacrement (comme Suarez lui-même est contraint par la vérité de le reconnaître), et puisque c'est une pure invention, sans aucun fondement vraisemblable dans les termes du décret, que de dire que toute cette hypothèse y est condamnée seulement les choses étant liées, c'est-à-dire à la manière d'une seule hypothèse, et que cette hypothèse à condamner devrait être comprise avec une particule copulative et non avec une particule disjonctive de sorte que selon la teneur véritable de la formule les deux membres feraient l'objet de la censure et non pas l'un seulement ou l'autre, et puisque c'est un vain prétexte que de conclure de ce cas où, à partir des seuls signes de la pénitence qui ont été donnés et rapportés au prêtre qui arrive, l'absolution est donnée à celui qui est déjà mourant, à une confession des péchés en l'absence du prêtre - puisque la' difficulté qu'il contient est toute différente : pour cette raison les seigneurs précités ont considéré que la doctrine susdite du P. Suarez s'oppose ouvertement à ce qu'a défini le très Saint-Père.
