Pas d'Église sans sacrements
359 Dans l'Église, le Christ ressuscité se rend présent et agit de Manière privilégiée par les sacrements.
L'Église, enseigne Vatican II, est "en quelque sorte le sacrement, c'est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l'union intime avec Dieu et de l'unité de tout le genre humain" ([LG 1).
Cependant, il ne suffit pas de parler de l'Église en général pour dire ce que sont les sacrements, ni pour manifester la place singulière qu'ils occupent dans cette Église et dans l'existence des chrétiens.
Les sacrements sont des "actions du Christ et de l'Église" (CIC 840) : des actes du Christ accomplis dans l'Église et par son ministère. Ce sont tous des actes d'Alliance qui unissent au Christ par l'action du Saint-Esprit, relient les hommes à Dieu et à leurs frères par le plus intime d'eux-mêmes, et incorporent à l'Église. Par eux, les hommes sont introduits et progressent dans le monde nouveau "pour connaître la liberté, la gloire des enfants de Dieu" (Rm 8,21) qui leur sont réservées à l'intérieur de la création renouvelée.
Il n'y a pas de christianisme sans Christ, Dieu venu dans notre humanité visible. Il n'y a pas non plus d'Église sans sacrements, signes visibles de la grâce invisible.
Les sacrements célébrés dans l'Église
360 L'Église, cette portion de l'humanité qui accueille et communique l'amour du Père pour tous les hommes, ne cesse de contempler le don du salut réalisé par la naissance, la vie, les paroles, les miracles, la mort et la résurrection du Seigneur. Corps du Christ, elle prolonge sur terre sa prière d'intercession et de louange. Envoyée au monde, elle célèbre l'action de "l'Esprit qui poursuit son oeuvre dans le monde et achève toute sanctification" (prière eucharistique IV). Elle répond ainsi à l'invitation du Christ : "L'heure vient et c'est maintenant où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père" ([Jn 4,23).
"La liturgie est considérée comme l'exercice de la fonction sacerdotale de Jésus Christ, exercice dans lequel la sanctification de l'homme est signifiée par signes sensibles, est réalisée d'une manière propre à chacun d'eux, et dans lequel le culte public intégral est exercé par le Corps mystique de Jésus Christ, c'est-à-dire par le Chef et par ses membres" (SC 7).
361 Dans l'ensemble de la vie liturgique de l'Église, en son coeur, sont les sacrements. Ils témoignent que toute l'action sainte et sanctifiante que l'Église exerce dans sa liturgie a sa source et son fondement dans l'institution du Christ.
Il est de la nature des sacrements d'être célébrés, c'est-à-dire d'avoir une expression publique, voire solennelle. Ils sont toujours des actes liturgiques. Inversement, toute la liturgie de l'Église gravite autour des sacrements et notamment de l'eucharistie. Tel est en particulier le cas de l'Office divin, qui rythme la prière officielle de l'Église, et dont s'acquittent les religieux, les religieuses et les ministres ordonnés, mais que se plaisent aussi aujourd'hui à accomplir, en tout ou en partie, un nombre toujours plus grand de laïcs.
Pas de sacrement, autrement dit, qui ne soit action liturgique Et pas de liturgie qui n'entretienne quelque lien à la structure sacramentelle de l'Église et de son culte.
