Section 27 · 429–449

Le sacrement de pénitence et de réconciliation

L'oeuvre divine de réconciliation

429 La vie sainte dans laquelle introduisent les sacrements de l'initiation chrétienne continue d'être entretenue et structurée, non seulement par l'eucharistie, mais aussi par un certain nombre d'autres sacrements, parmi lesquels celui de la pénitence et de la réconciliation, destiné au rétablissement de l'amitié avec Dieu, détruite ou entachée par le péché.

Pendant sa vie terrestre, Jésus accueille les pécheurs et pardonne leurs péchés. Il parle et ceux qui accueillent sa Parole se convertissent. Il les invite à devenir "adorateurs du Père en esprit et en vérité". Il scelle la Nouvelle Alliance en versant son sang "en rémission des péchés" (Mt 26,28). Ressuscité, le Christ envoie l'Esprit Saint sur les apôtres. Il leur donne mission et pouvoir de remettre les péchés : "Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis" (Jn 20,23). Ainsi les apôtres sont envoyés pour continuer son oeuvre de réconciliation et de réhabilitation de l'homme. "Dieu nous a réconciliés avec lui par le Christ, et il nous a donné pour ministère de travailler à cette réconciliation" (2Co 5,18).

430 L'histoire d'Israël a été, elle aussi, l'histoire du pardon de Dieu toujours offert et toujours renouvelé alors que le peuple, lui, multiplie les infidélités à l'Alliance. Il se laisse séduire par le culte du veau d'or. Il se livre à la persécution des justes, des faibles ou des émigrés. Dieu, lui, demeure fidèle. Quels que soient les refus de l'homme, il ne cesse de rappeler son amour. Il cherche à toucher le coeur du peuple infidèle. Il lui envoie des prophètes. Ceux-ci dénoncent avec vigueur les comportements mauvais aussi bien du peuple tout entier que de ses rois ou de ses prêtres. Ils les invitent à reconnaître leurs fautes, à se détourner du mal et à revenir à Dieu et à l'Alliance. Dieu conduit son peuple au désert ou en exil. Il lui demande, en l'appelant "épouse infidèle", de raviver son amour de "fiancée" (cf. Os 2-3 Ez 16). Il annonce enfin une Nouvelle Alliance. Ce sera celle d'un peuple réconcilié avec son Dieu, porteur de paix en lui-même et pour le monde entier (cf. Jr 31,31 et suiv. ; Ez 16,60 et suiv.).

431 Cette Nouvelle Alliance est effectivement réalisée par le don que Dieu fait de son propre Fils, venu "chercher et sauver ce qui était perdu" (Lc 19,10). "Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé" (Jn 3,16-17).

A cet effet Jésus, par l'Esprit Saint, confère à de simples hommes, les apôtres, et après eux les évêques et les prêtres, qui sont eux-mêmes pécheurs, le pouvoir de remettre les péchés par son autorité.

La réconciliation : un long itinéraire

432 La rémission des péchés, proclamée dans le Credo, est d'abord et fondamentalement l'oeuvre du baptême. Il inaugure la Vie nouvelle des fils de Dieu, arrachés au péché et à son monde de perdition.

Mais les disciples et les apôtres, illuminés par la vie nouvelle qu'ils venaient de découvrir, l'ont toujours su : les chrétiens demeurent des hommes fragiles et pécheurs.

Dès les premiers temps de l'Église, certains baptisés ont abandonné la foi, renié leur Seigneur (apostasie) ou commis des actes gravement contraires à l'amour de Dieu ou à l'amour des autres : homicide, adultère, faux témoignages ou injustices aux conséquences meurtrières. Ils se sont mis en état de rupture avec Dieu et avec l'Église. L'apôtre Jean leur rappelle qu'ils ne sont pas abandonnés dans leur faiblesse. Il écrit dans sa première lettre : "Mes petits enfants, je vous écris pour que vous évitiez le péché. Mais, si l'un de nous vient à pécher, nous avons un défenseur devant le Père : Jésus Christ, le juste" (1Jn 2,1).

433 L'Église les invite alors à vivre ce que l'Évangile enseigne pour se disposer à la réconciliation avec Dieu. Jésus, en effet, a laissé à ses disciples le tracé de tout un itinéraire de réconciliation : "Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul et montre-lui sa faute. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère. S'il ne t'écoute pas, prends encore avec toi une ou deux personnes afin que toute l'affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S'il refuse de les écouter, dis-le à la communauté de l'Église ; s'il refuse encore d'écouter l'Église, considère-le comme un païen et un publicain. Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel" (Mt 18,15-18).

En réponse à l'appel de Jésus, l'Église tout entière s'engage dans cette aide au "retour vers Dieu" des pécheurs qui sont ses membres.

Elle organise un ensemble de démarches fraternelles, de prières et d'actes de conversion. Elle propose au pécheur jeûne, aumônes, correction fraternelle dans le sens des recommandations de Jésus, appels à la miséricorde de Dieu, dont les psaumes sont remplis. S'il s'y engage, le chrétien ne cesse de rechercher, sous l'impulsion de la grâce, le pardon de ses péchés et le rétablissement de la paix. Il se remet à vivre selon l'Alliance. Il laisse l'Esprit de Dieu opérer en lui une oeuvre de retournement et de conversion.

La réconciliation, oeuvre du Christ confiée à l'Église

434 Au coeur de ces démarches le sacrement destiné à ceux qui, après le baptême, se sont écartés du chemin de vie, opère le pardon et la réconciliation.

L'évêque, le jeudi saint, prononçait l'absolution personnelle sur le chrétien pénitent. Il le réconciliait avec l'Église et lui ouvrait l'accès à la communion eucharistique.

Durant les six premiers siècles, l'Église réserve le sacrement aux pêcheurs coupables de fautes particulièrement graves, telles que l'apostasie, le meurtre ou l'adultère. Mais à tous les baptisés, quotidiennement pécheurs, l'Église enseigne que Dieu pardonne sans délai leurs fautes légères, Pour qu'il en soit ainsi, certaines conditions s'imposent. Elle leur demande de reconnaître ces fautes en vérité. Elle les invite à rester proches de Dieu par la prière quotidienne, spécialement celle du Notre Père. Elle leur indique les voies quotidiennes d'un authentique pardon : la réconciliation accordée aux frères, l'aide apportée à leur retour avec Dieu, l'aumône et le partage des biens, la visite des malades et des prisonniers, le jeûne, l'affliction du coeur et l'humilité, et surtout la charité et la foi vécues avec le plus d'intensité possible. Dans la Tradition de l'Église, les voies de la sanctification sont aussi des voies du pardon pour toutes les fautes légères commises par faiblesse et manque de générosité (cf [RP 26). Et ceci demeure toujours vrai aujourd'hui.

Progressivement, à partir du VIème siècle, on assiste dans l'Église à la disparition de la longue préparation à la réconciliation sacramentelle. Sans doute est-elle devenue trop exigeante pour que beaucoup s'y engagent.

Guidée par l'expérience des moines, l'Église ouvre alors le sacrement de réconciliation à tous les fidèles, autant de fois qu'ils le désirent, quelle que soit la gravité des péchés dont ils demandent à être purifiés. Elle aménage l'ordre des démarches pénitentielles. Elle accorde l'absolution dès que le pécheur regrette ses fautes et les avoue humblement.

Le concile de Trente reconnaît et organise cette pratique sacramentelle du pardon et de la réconciliation pour toutes les fautes et autant de fois que le chrétien pénitent les confesse.

435 Dans la célébration du sacrement du pardon et de la réconciliation, le prêtre, ordonné par l'Église, agit comme ministre du Christ qui accueille et guérit. Il en appelle à Dieu le Père, qui a réalisé l'oeuvre de notre salut par le Christ et l'Esprit Saint, et agissant par le pouvoir qu'il tient du Christ, il prononce et communique l'absolution personnelle : "Que Dieu notre Père vous montre sa miséricorde ; par la mort et la résurrection de son Fils, il a réconcilié le monde avec lui et il a envoyé l'Esprit Saint pour la rémission des péchés : par le ministère de l'Église, qu'il vous donne le pardon et la paix. Et moi, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, je vous pardonne tous vos péchés."

C'est le moment où Dieu, en réponse au pénitent, se rend présent à lui pour le réconcilier avec lui. Signe efficace de l'intervention du Père qui réconcilie ses fils par son Esprit, en considération de l'immense amour de son Fils unique.

---

Dispositions et actes du pénitent

436 Le pardon sacramentel, ainsi opéré par le ministère de l'Église, suppose toujours un certain nombre de dispositions ou d'actes du pénitent. Ils sont constitutifs du sacrement et ils résument ce que l'Église a toujours demandé au pécheur qui se convertit. Ils sont la preuve de l'authenticité de sa démarche au moment où il demande le sacrement. Ils la précèdent, la motivent et lui donnent corps. Sans eux, le sacrement de réconciliation risquerait de devenir une démarche purement formelle, grandement dévalorisée, voire rabaissée au rang de routine.

La première disposition est le regret, la "contrition". Le pécheur doit être lucide et reconnaître qu'il a mal agi, qu'il a blessé l'amour de Dieu et des autres, qu'il a fait du tort à l'Église et à la communauté humaine.

Le mot de contrition souligne la profondeur de cette attitude intérieure : avoir le coeur broyé, brisé. Bien évidemment, plus le chrétien aime Dieu, plus il regrette ; moins il aime, moins il a le coeur contrit. La contrition est proportionnelle à l'amour et non d'abord à la faute, à la différence du remords lié à la culpabilité et à son retentissement dans la conscience. Les motivations du regret peuvent être multiples, allant de l'amour parfait pour Dieu à une simple crainte des conséquences engendrées par les fautes commises. L'attitude spirituelle de regret, de contrition ou de pénitence constitue l'un des aspects de la grâce sacramentelle. Le prix attaché à cette grâce explique qu'un chrétien puisse désirer recevoir souvent le sacrement.

437 La contrition engendre logiquement chez le pécheur la volonté de changer sa manière de penser et de vivre, et celle de réparer les dommages commis chez les autres ou en soi-même. Cette réparation est appelée traditionnellement la "satisfaction" encore la "pénitence".

Beaucoup trop oubliée, la réparation des dommages commis ne concerne pas seulement le vol, le faux témoignage, la paternité-maternité hors foyer, le travail mal fait. Elle doit habiter le coeur et engendrer un engagement personnel. Elle aide à prendre la mesure du mal dont on est la source et qui prolifère même lorsque nous cessons d'y collaborer. En approfondissant la conscience du péché, elle contribue à la guérison du pécheur.

438 L'acte significatif que doit poser le pénitent est l'aveu (la "confession") personnel de son péché fait au prêtre. Geste de loyauté et clé courage. Attitude humble de celui qui s'en remet au jugement de la miséricorde de Dieu. Contrition, satisfaction, aveu et ferme propos de conversion constituent les actes de la vertu de pénitence, dont le concile Vatican Il a rappelé qu'elle consiste à détester "le péché en tant qu'il est une offense à Dieu" ([SC 109).

L'aveu sincère peut souvent avoir un pouvoir libérateur sur le plan psychologique. Mais quand le chrétien avoue ses péchés, c'est qu'il reconnaît essentiellement l'amour fidèle de Dieu et veut recommencer à en vivre. Le croyant, qui confesse sa totale confiance en un Dieu d'amour et de pardon, confesse ainsi tout à la fois l'amour de Dieu et le regret de ses péchés.

L'aveu doit porter sur tous les péchés graves commis après le baptême, dont on a conscience après un sérieux examen de soi-même, et qui n'ont pas encore été accusés en confession individuelle et remis par le pouvoir de l'Église (cf. CIC 988).

439 C'est un des commandements de l'Église que les péchés graves soient confessés au moins une fois l'an, pas nécessairement au temps pascal. Et ceci à partir de l'âge de raison qui est celui de la conscience éveillée (cf. CIC 964).

La confession des péchés véniels est "recommandée" (cf CIC 988) : elle approfondit le mouvement de conversion du baptisé et augmente la contrition spirituelle. De même la "confession de dévotion" qui entretient la lucidité sur le péché et la confiance en la miséricorde de Dieu. Ceux qui la pratiquent ne doivent pourtant jamais oublier les autres voies non sacramentelles et quotidiennes du pardon. Et ceci à partir de l'âge de raison qui est celui de la conscience éveillée.

Le lieu le plus adapté à la célébration du sacrement est l'église (cf CIC 964), de même que le baptistère est le lieu le mieux adapté à la célébration du baptême.

Sous la lumière de la Parole de Dieu et dans des perspectives communautaires

440 Le rituel du sacrement de pénitence et de réconciliation prévoit, après l'accueil mutuel du prêtre et du pénitent, une écoute de la Parole de Dieu. Elle va illuminer l'ensemble de la démarche. Elle fait découvrir le péché. Elle rappelle la fidélité de Dieu qui pardonne. Elle invite à regarder vers le Christ, crucifié par le péché des hommes pécheurs et implorant pour eux le pardon du Père. Elle insère l'acte sacramentel dans la longue histoire des réconciliations entre Dieu et l'homme. Elle empêche d'oublier que Dieu prend toujours l'initiative de ces réconciliations. Ce n'est pas nous qui l'aimons les premiers : c'est lui qui nous aime alors que nous sommes pécheurs.

441 La "confession", toute personnelle qu'elle soit, revêt nécessairement une dimension ecclésiale, donc communautaire. Nos péchés sont toujours aussi une blessure du Corps du Christ, qui est l'Église. "Cette accusation arrache d'une certaine façon le péché des secrètes profondeurs du coeur et donc du cercle de la pure individualité, en mettant aussi en relief son caractère social ; en effet, par l'entremise du ministre de la Pénitence, c'est la communauté ecclésiale, lésée par le péché, qui accueille de nouveau le pécheur repenti et pardonné" ([RP 31).

L'Église entière, en tant que peuple sacerdotal, agit de façon diversifiée en exerçant l'oeuvre de réconciliation (cf. rituel romain, 4). Elle a prévu plusieurs liturgies différentes : la réconciliation individuelle ; la célébration communautaire avec confession et absolution individuelles ; la célébration pénitentielle non sacramentelle. La dimension communautaire du sacrement est plus manifeste dans les célébrations communautaires, qui entourent la confession et l'absolution individuelles. L'absolution collective ne peut être qu'exceptionnelle, liée à des raisons impératives ; elle reste soumise à l'autorisation expresse de l'évêque du lieu (cf CIC 961). "Pour qu'un fidèle bénéficie validement d'une absolution sacramentelle donnée à plusieurs ensemble, il est requis non seulement qu'il y soit bien disposé, mais qu'il ait en même temps le propos de confesser individuellement, en temps voulu, les péchés graves qu'il ne peut pas confesser ainsi actuellement" (CIC 962). "Un fidèle dont les péchés graves sont remis par une absolution générale recourra à la confession individuelle le plus tôt possible et dès qu'il en a l'occasion, avant de recevoir une nouvelle absolution générale, à moins que n'intervienne une juste cause" (CIC 963).

442 L'accueil du pécheur par la communauté ecclésiale marque que le sacrement de réconciliation est oeuvre de paix. Cette oeuvre de paix dépasse le cercle de ceux qui le reçoivent. Le sacrement agit au bénéfice de tous les hommes et rend présentes au monde la miséricorde et la réconciliation auxquelles ils aspirent et que Dieu rend possibles.

C'est pourquoi, ceux qui sont réconciliés avec Dieu, avec leurs frères et avec eux-mêmes, par le sacrement, sont appelés à devenir, de manière grandissante, des messagers de la paix et de la joie qui leur ont été données ou rendues. "A l'Église est confiée la parole de réconciliation pour la réaliser dans le monde. Elle montre à l'homme les chemins et lui offre les moyens de se réconcilier avec Dieu, avec lui-même, avec ses frères et toute la Création" (cf. RP 8).

L'onction des malades

443 L'onction des malades est par excellence le sacrement de la miséricorde du Christ et de l'Église.

L'épreuve de la maladie

444 La maladie et la souffrance marquent la vie de tout homme, souvent de manière très aiguë, au point de pouvoir conduire à la révolte ou au désespoir. Par ailleurs le grand âge, à lui seul, comporte souvent des handicaps qui s'apparentent à la maladie.

L'épreuve de la maladie favorise le souvenir des expériences et des choix qui ont marqué la vie. Elle peut raviver parfois le sentiment des erreurs commises et de leurs conséquences. Elle s'ouvre souvent sur une angoisse concernant le jour et l'heure de la fin. Le croyant s'interroge sur la fidélité de sa vie à l'Évangile. Il peut en venir à douter de la miséricorde de Dieu et de la vie éternelle. Nul n'est assuré de sa persévérance finale dans la foi, l'espérance et la charité.

Devant ces épreuves le Christ ne laisse pas ses fidèles démunis. Pour son Église et ceux qu'elle sert, il a voulu le sacrement de sa compassion.

Sacrement de la "compassion" du Christ et de l'Église

445 Le Christ, qui "a connu l'épreuve comme nous, et n'a pas péché" ([He 4,15), a témoigné d'une compassion toute particulière pour les malades et tous ceux qui étaient atteints par la souffrance physique. Annonçant la Bonne Nouvelle du salut, il guérissait ceux qui venaient à lui (cf. Mt 9,35 Mt 14,35-36). Homme des douleurs, il a porté toutes les souffrances des hommes et c'est grâce aux blessures de sa passion qu'il apporte la guérison (cf. Is 53).

Son attitude en face de la souffrance et de la mort, il veut qu'elle soit aussi celle de ses disciples. "Guérissez les malades", leur ordonne-t-il en les envoyant en mission (cf. Mt 10,8). Et, de fait, "ils chassaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d'huile à de nombreux malades, et les guérissaient" (Mc 6,13).

446 Après la résurrection les apôtres continuent cette mission que Jésus leur a confiée, comme le montre l'exhortation contenue dans l'épître de saint Jacques : "Si l'un de vous est malade, qu'il appelle ceux qui exercent dans l'Église la fonction d'Anciens : ils prieront sur lui après lui avoir fait une onction d'huile au nom du Seigneur. Cette prière inspirée par la foi sauvera le malade : le Seigneur le relèvera et, s'il a commis des péchés, il recevra le pardon. Reconnaissez vos péchés les uns devant les autres, et priez les uns pour les autres afin d'être guéris, car la supplication du juste agit avec beaucoup de puissance" (Jc 5,14-16).

Dans ce texte de l'Écriture se trouvent déjà mentionnés les rites principaux du sacrement : la prière, l'imposition des mains et l'onction d'huile par le prêtre (s'y ajoute l'écoute de la Parole de Dieu), en même temps que les effets du sacrement. Dans cette liturgie "l'Église recommande les fidèles dangereusement malades au Seigneur souffrant et glorifié pour qu'il les relève et les sauve" (CIC 998 cf LG 11).

447 Dans l'onction des malades, le Christ associe, comme il le faisait durant sa vie terrestre, le souci du bien des corps et celui des biens spirituels. C'est pourquoi ce sacrement est un sacrement de guérison. Guérison intérieure d'abord, des angoisses, des doutes et des déchirements qu'apporte toute maladie grave ou une blessure corporelle sérieuse. Guérison physique aussi parfois, car le Christ est toujours agissant dans son Corps qui est l'Église. Le prêtre, en faisant l'onction, dit au malade : "N., par cette onction sainte, que le Seigneur, en sa grande bonté, vous réconforte par la grâce de l'Esprit Saint ; ainsi, vous ayant libéré de tous péchés, qu'il vous sauve et vous relève." Au chrétien dans l'épreuve, il donne la grâce spéciale qui lui permettra d'être associé à la passion et à l'agonie du Christ jusqu'au dernier combat avec la mort.

448 L'onction des malades signifie d'abord sacramentellement l'action du Christ sur le malade, c'est-à-dire son relèvement et son salut. Par la grâce de cet amour, les fidèles malades ou gravement handicapés sont situés - ou devraient l'être toujours davantage coeur du mystère pascal. Mais ce mystère est toujours vécu en Eglise. La célébration communautaire de l'onction des malades permet aux malades, à leurs proches et à l'assemblée des bien portants qui y participent, de célébrer la "compassion" du Christ et de son Église se envers ceux qui souffrent. Elle renouvelle souvent la manière dont une communauté situe ou devrait situer les malades : à l'une des premières places. Comme tous les sacrements, le sacrement des malades contribue à construire l'Eglise. Il signifie aussi que le règne de Dieu est ouvert à tous, notamment à ceux qui vivent une situation d'exclusion ou de rejet.

449 "L'onction des malades peut être administrée au fidèle qui, parvenu à l'usage de la raison, commence à se trouver en danger pour cause de maladie, ou de vieillesse" (CIC 1004). "Le sacrement sera donné aux malades qui, lorsqu'ils étaient conscients, l'ont demandé au moins implicitement" (CIC 1006). "L'onction des malades ne sera pas donnée à ceux qui persévèrent avec obstination dans un péché grave manifeste" (CIC 1007)

"Pour autant qu'il soit possible, la célébration de l'onction doit être précédée du sacrement de pénitence ; ceci est nécessaire pour les fidèles qui ont péché gravement et sont en mesure de confesser leur péché dans le sacrement de la réconciliation. Postérieurement au sacrement de l'onction, le fidèle, si c'est possible, recevra l'eucharistie" (rituel romain 30).

"Ce sacrement peut être réitéré si le malade, après guérison, tombe de nouveau gravement malade ou si, au cours de la même maladie, le danger s'aggrave" (CIC 1004).