Le sens du mot
315 C'est saint Ignace d'Antioche qui, le premier, au début du 2e siècle, emploie le mot "catholique" pour désigner l'Église : "Là où est le Christ Jésus, là est l'Église catholique" (Lettre aux chrétiens de Smyrne, 2).
Catholique est souvent pris dans un sens confessionnel pour désigner exclusivement l'ensemble des chrétiens unis au pape.
Cela s'explique par l'histoire. On désignait comme catholique la grande Église répandue en tous lieux, vivant par la communion des Églises particulières unies entre elles et avec le Siège apostolique de Rome, en la distinguant des communautés locales qui se voulaient autonomes et liées à un seul peuple.
L'adjectif vient d'un mot grec qu'on traduit parfois par "universel". Mais "universel" ne recouvre qu'imparfaitement le contenu du mot "catholique" qui comporte un sens à la fois plus riche et plus concret.
L'adjectif "catholique" évoque d'abord l'expansion géographique : l'Église est destinée à s'étendre à toutes les nations (elle a, dans ce sens, vocation universelle).
Mais le mot évoque surtout la "plénitude de grâce et de vérité" (UR 3) qui est confiée à l'Église catholique, dès le jour de la Pentecôte, et qui lui permet d'évangéliser tout l'homme en même temps que tous les hommes. La catholicité de l'Église se manifeste dans la capacité qu'elle a d'accueillir dans leur diversité les aspirations et les situations des hommes, de réunir dans l'unité, et sans les réduire, l'infinie variété des cultures et des réalités humaines, tant individuelles que sociales.
316 Certes, tout n'est pas accompli. La foi catholique et l'Église n'ont pas encore rejoint la totalité des hommes ni la totalité de leur vie, sur toute la surface de la terre, ni à l'intérieur de chaque diocèse. Pourtant, par la puissance de l'Esprit qui lui est donné, l'Église est capable d'enraciner l'Évangile dans les diverses cultures, de sorte qu'il soit une force de conversion des courants de pensée et des systèmes de valeur en désaccord avec les vues de Dieu. Par ce même Évangile dont elle est dépositaire, l'Église est en mesure d'épanouir dans les cultures ce qui correspond au bien des hommes.
La confession de la catholicité de l'Église est l'affirmation d'un fait. Pour les croyants, elle définit aussi une tâche : tâche d'ouverture, d'évangélisation, d'élargissement de la communauté chrétienne qui, comme la "maison du Père", doit pouvoir contenir beaucoup de demeures (cf. Jn 14,2).
L'Église catholique manifestée dans les Églises particulières
317 L'Église n'existe que réalisée en des lieux divers, parmi les peuples de la terre, où se sont constituées les Églises particulières. "Celles-ci sont formées à l'image de l'Église universelle ; c'est en elles et à partir d'elles qu'existe l'Église catholique une et unique" (LG 23).
"Universelle par vocation et par mission", l'Église, "jetant ses racines dans la variété des terrains culturels, sociaux, humains, prend dans chaque portion du monde des visages, des expressions extérieures diverses" (EN 62).
Déjà au temps de saint Paul qui parle, par exemple, de façon significative de "l'Église de Dieu qui est à Corinthe" (cf 1Co 1,2 2Co 1,1), on voit comment l'Église se manifeste dans sa réalité catholique, à la fois en étant implantée ici et là, et aussi par les liens de communion de chaque communauté avec les autres, de chaque Église avec les autres.
318 Inversement les Églises particulières ne peuvent exister authentiquement que dans leur pleine relation avec l'Église universelle dont elles sont, en un lieu déterminé, la figure et la réalisation. Cette relation implique la communion de chacune des Églises particulières avec les autres Églises et d'abord avec l'Église de Rome. Au service de l'Église universelle, le successeur de Pierre "préside à la charité". Par son ministère apostolique, il assure la cohésion de la foi et la communion entre les Églises particulières.
"Dans l'exercice de sa charge de Pasteur suprême de l'Église, le pontife romain est toujours en lien de communion avec les autres évêques ainsi qu'avec l'Église tout entière ; il a cependant le droit, selon les besoins de l'Église, de déterminer la façon personnelle ou collégiale d'exercer cette charge" (CIC 333). La communion des Églises se noue ainsi toujours autour du pape, l'évêque de Rome, qui "garantit les légitimes diversités et veille en même temps à ce que, loin de porter préjudice à l'unité, les particularités, au contraire, lui soient profitables" (LG 13).
319 Plus habituellement, plutôt que "d'Église particulière" on parle d'Église diocésaine ou de diocèse. "Un diocèse est une portion du peuple de Dieu confiée à un évêque pour qu'avec l'aide de son presbyterium, il en soit le pasteur : ainsi le diocèse, lié à son pasteur et par lui rassemblé dans le Saint Esprit, grâce à l'Évangile et à l'eucharistie, constitue une Église particulière en laquelle est vraiment présente et agissante l'Église du Christ, une, sainte, catholique et apostolique" (CD 11).
Dans le cadre du diocèse, et donc de l'Église universelle, existent divers types de communautés ecclésiales plus restreintes. Dans ces communautés unies à leurs pasteurs, souvent petites et pauvres et éloignées les unes des autres (cf. LG 26), le Christ est présent ; il y construit son Église une, sainte, catholique et apostolique.
Parmi ces communautés il faut mentionner spécialement la paroisse, communauté de fidèles, cellule de l'Église particulière, qui "rassemble dans l'unité tout ce qui se trouve en elle de diversités humaines et les insère dans l'universalité de l'Église "(AA 10).
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Église apostolique
320 L'Église est apostolique, parce qu'elle procède de la mission confiée par Jésus à ses apôtres et parce qu'elle accueille dans l'obéissance de la foi la Révélation que les apôtres lui ont transmise. Elle se sait responsable de transmettre de génération en génération, sous l'action de l'Esprit Saint, cette Révélation, consignée dans l'Écriture.
"Le Christ Jésus lui-même, avant de donner librement sa vie pour le monde, a de telle sorte organisé le ministère apostolique et promis d'envoyer le Saint-Esprit, que ce ministère et cette mission sont tous deux associés pour mener à bien, toujours et partout, l'oeuvre du salut" ([AGD 4).
On appelle "Apôtres", au sens strict du terme, les premiers témoins de la résurrection du Christ, envoyés par lui annoncer l'Évangile au monde entier. Il s'agit des Douze, mais aussi de l'apôtre Paul (cf 1Co 9,1-2).
Le mot "apôtre" désigne aussi dans le Nouveau Testament, de façon plus large, ceux qui participent à l'annonce de l'Évangile. Est alors également apôtre, dans ce sens, celui qui, n'ayant pas été témoin direct du Seigneur ressuscité, continue la mission reçue des Apôtres.
Une foi apostolique
321 L'Église est apostolique parce que sa foi elle-même est apostolique, c'est-à-dire reçue des apôtres. La foi apostolique est un bien et une responsabilité, partagés par l'ensemble des membres du peuple de Dieu. A l'Église comme telle est promise la fidélité dans cette foi.
"La collectivité des fidèles, ayant l'onction qui vient du Saint (cf. [1Jn 2,20 1Jn 2,27), ne peut se tromper dans la foi ; ce don particulier qu'elle possède, elle le manifeste par le moyen du sens surnaturel de foi qui est celui du peuple tout entier, lorsque, des évêques jusqu'aux derniers des fidèles laïcs (saint Augustin), elle apporte aux vérités concernant la foi et les moeurs un consentement universel" (LG 12).
Le ministère apostolique
322 L'Église est également apostolique en tant que rassemblée et gouvernée par les "successeurs des apôtres" que sont les évêques (cf. [LG 22).
L'histoire de l'Église témoigne de la succession ininterrompue du ministère apostolique des évêques, en même temps que du souci permanent de la transmission fidèle de la foi reçue des apôtres.
Cette "succession apostolique", c'est-à-dire la succession des évêques dans la charge confiée par Jésus aux apôtres, est au service de la continuité apostolique de toute l'Église. Cette fonction est exercée par chaque évêque au sein de l'Église particulière confiée à sa charge. Mais elle s'exerce aussi collégialement, c'est-à-dire que tout évêque, au titre de l'ordination sacramentelle qu'il reçoit, participe, en union avec le pape et les autres évêques, à la charge apostolique de l'Église universelle.
323 Au ministère des évêques sont adjoints, pour le seconder, le ministère ordonné des prêtres et celui des diacres. Par eux aussi le Christ rassemble et vivifie organiquement son Corps dans l'unité en vue de la mission. Sans les ministères ordonnés, l'Église ne pourrait pas subsister. Ils appartiennent à sa structure essentielle.
Le ministère hiérarchique de l'Église signifie et exerce de manière visible la présence et l'action personnelles de Jésus qui édifie son Corps en vue du salut de tous. Les évêques et les prêtres, ministres ordonnés, dons du Christ à son Église (cf. Ep 4,11), sont revêtus d'une grâce particulière du Saint-Esprit qui les conforme au Christ Tête, Pasteur et Serviteur, et les rend capables d'agir en son nom, pour la vie et la mission de l'Église entière. Leur ministère est "la réalisation et la manifestation d'une participation au sacerdoce du Christ, différente, par sa nature et non simplement par son degré, de la participation donnée par le baptême et par la confirmation à tous les fidèles" (CL 22).
Ces ministères tiennent donc une place tout à fait spécifique parmi les dons de l'Esprit dévolus à l'Église : "La grâce accordée aux apôtres tient la première place : l'Esprit lui-même soumet à leur autorité jusqu'aux bénéficiaires des charismes" (LG 7 cf 1Co 14)
Par le sacerdoce ministériel des évêques et des prêtres, par le service des diacres, l'Église apostolique trouve sa structure organique, parce que ce ministère sacramentel lui permet de se construire jusqu'à la "plénitude du Christ" (cf. Ep 4,13).
324 Outre les ministères ordonnés, l'Église se donne certaines structures d'organisation pour vivre son unité, grandir dans la sainteté, signifier la catholicité et poursuivre la mission reçue des apôtres : conseils presbytéraux, conseils pastoraux, synodes diocésains, où chaque fidèle apporte la contribution de ses charismes, de sa compétence, de son ministère ou de son service particulier, selon son état. Par ces structures et en ces diverses occasions s'exprime et se renforce l'unité d'une Église riche de la diversité des dons qu'y répand et y entretient le Saint-Esprit.
325 Église une, sainte, catholique et apostolique : ces quatre "notes" se complètent en se renvoyant l'une à autre. Confesser l'Église une, c'est la regarder plutôt en elle-même comme communion. La dire sainte, c'est la voir dans sa source et dans le projet définitif de Dieu. La dire catholique, c'est la situer dans la diversité du monde où elle prend corps. Affirmer qu'elle est apostolique, c'est la contempler dans l'histoire en continuité avec ses origines.
Aussi bien, une unité qui, par exemple, ne serait pas en même temps catholique risquerait de se comprendre de manière unitaire, nivelante, tout comme une catholicité qui serait pensée indépendamment de l'exigence d'unité risquerait je se dissoudre dans la diversité des formes où la foi chercherait à se couler. Les quatre "notes" doivent être comprises ensemble comme signe de la présence de l'Esprit Saint dans l'Église.
La communion des saints
326 Cette Église, dans ses communautés, dans s'es membres, et jusque dans ses structures et son organisation, est appelée à vivre et à témoigner de la sainteté et de la charité du Christ. Dans le Symbole des Apôtres, la "communion des saints" est mentionnée aussitôt après "la sainte Église catholique". "Communion des saints" peut être une désignation de l'Église.
L'Église est communion des saints dans la mesure où ses membres sont sanctifiés, c'est-à-dire rendus saints au baptême par le don de l'Esprit et par leur incorporation alors réalisée au Corps du Christ ; dans la mesure aussi où elle vit de ces réalités saintes que constituent tous les sacrements, et en particulier l'eucharistie.
En effet, la communion des saints est d'abord cette communion actuelle réalisée par l'Esprit Saint entre tous les disciples du Christ vivant aujourd'hui et rassemblés dans l'Église. Ce sont eux qui, selon l'usage du Nouveau Testament, sont appelés "saints".
327 La communion des saints est une communion réalisée également avec la Sainte Vierge Marie et avec tous les saints du ciel, en particulier ceux qui sont canonisés, c'est-à-dire ceux dont l'Église a reconnu officiellement le témoignage exemplaire. En effet, les chrétiens ne trouvent pas seulement "dans la vie des saints, un modèle", mais aussi "dans la communion avec eux une famille, et dans leur intercession, un appui" (préface des Saints 1).
Mais la communion des saints s'étend également à tous "ceux qui sont morts dans la paix du Christ" (prière eucharistique IV). C'est ainsi que l'Église a, "dès les premiers temps du christianisme, entouré de beaucoup de piété la mémoire des défunts" ([LG 50), en offrant pour eux ses prières.
Elle s'étend encore à tous les morts dont Dieu seul connaît la foi (cf. prière eucharistique IV), autrement dit à tous ceux qui, sans avoir été baptisés, sont aujourd'hui citoyens de la Cité d'en haut, la Jérusalem du ciel, par grâce de Dieu qui accorde à toute personne humaine la possibilité d'être associée au mystère pascal (cf. GS 22).
La fête de la Toussaint rassemble dans une même action de grâce tous ceux, connus et inconnus, qui constituent la "cité sainte, la Jérusalem nouvelle" (Ap 21,2), accomplissement de l'humanité selon le dessein de Dieu.
L'Église en mission au coeur du monde
328 "Envoyée par Dieu aux païens pour être le sacrement universel du salut, l'Église, en vertu des exigences intimes de sa propre catholicité et obéissant au commandement de son fondateur (cf. [Mc 16,16), est tendue de tout son effort vers la prédication de l'Évangile à tous les hommes" (AGD 1).
Le mot français mission, d'origine latine, est de contenu Analogue au mot apostolat, d'origine grecque. L'Église apostolique est une Église missionnaire, envoyée. Catholique, elle est impatiente voir l'Évangile rejoindre tous les hommes. "Malheur à moi, si je n'annonçais pas l'Évangile !" (1Co 9,16) : cette exclamation de saint Paul ne cesse de retentir à ses oreilles.
La mission de l'Église a sa source en Dieu : elle prolonge la mission que le Fils a reçue du Père de réconcilier le monde avec lui, mission de sanctification et de communion qui s'accomplit dans l'Esprit Saint, envoyé par le Père et le Fils (cf. AGD 2-4).
Cette mission, Jésus ressuscité la confia aux disciples, quand il leur dit : "Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde" (Mt 28,18-20).
329 La mission incombe donc à un titre particulier "à l'ordre des évêques, assistés par les prêtres en union avec le successeur de Pierre" (AGD 5). Mais elle est confiée, en union avec eux, à tous les baptisés. C'est l'Église tout entière qui est missionnaire. L'évangélisation incombe à tout le peuple de Dieu. "Le Christ [...\ accomplit sa fonction prophétique jusqu'à la pleine manifestation de la gloire, non seulement par la hiérarchie qui enseigne en son nom et avec son pouvoir, mais aussi par les laïcs dont il fait pour cela également des témoins en les pourvoyant du sens de la foi et de la grâce de la parole" (LG 35).
Reprenant l'enseignement du concile Vatican II, faisant écho également aux voix qui s'étaient fait entendre lors du synode des évêques de 1987, consacré à "la vocation et [à] la mission des fidèles laïcs dans l'Église et dans le monde", Jean Paul II, dans son Exhortation apostolique sur les fidèles laïcs, rappelle ce qui fonde cette mission des laïcs : les sacrements de l'initiation chrétienne et le don du Saint-Esprit, qui les fait participants à la fonction sacerdotale, prophétique et royale de Jésus Christ (cf. CL 13-14).
Implanter l'Église sur des terres nouvelles
[330 Le mot mission revêt souvent un sens particulier. Il s'agit de "l'évangélisation et [de] l'implantation de l'Église dans les peuples ou les groupes humains dans lesquels elle n'a pas encore été enracinée" (AGD 6).
Cette tâche missionnaire, pour laquelle toute l'Église doit unir ses forces, incombe aussi à l'Église particulière, à l'égard de "ceux qui, ne croyant pas au Christ, demeurent avec elle sur le même territoire" (AGD 20).
L'Église réalise cette activité par l'annonce de la Parole de Dieu et par le témoignage de ses membres, qui manifestent la joie de croire et de vivre selon l'Évangile.
L'évangélisation est un trait essentiel de l'Église. Celle-ci est missionnaire par essence (cf. Rm. 15,17-21). Tous les baptisés confirmés par l'Esprit et qui se nourrissent de l'eucharistie sont envoyés dans le monde pour y vivre comme témoins et comme apôtres. Lorsqu'on a découvert l'énergie transformatrice de l'Évangile, on ne peut que vouloir la partager. Or l'Évangile ne construit pas une autre société terrestre. Il est le ferment de notre monde. L'homme "est la première route que l'Église doit parcourir en accomplissant sa mission : il est la première route et la route fondamentale de l'Église, route tracée par le Christ lui-même, route qui, de façon immuable, passe par le mystère de l'Incarnation et de la Rédemption" (RH 14).
331 La mission se distingue cependant radicalement d'un prosélytisme qui fait bon marché des libertés et du respect des personnes.
Dans cette activité missionnaire, le rôle des laïcs est capital. De tout temps, ils ont contribué de différentes façons, en communion avec leurs pasteurs, à se laisser conduire par les impulsions de l'Esprit et à être souvent en première ligne de la vie missionnaire, en particulier dans tous les domaines de leur vie sociale et professionnelle.
Pour que cette activité missionnaire soit mieux organisée et plus féconde, l'Église encourage les chrétiens à prendre leurs responsabilités dans les communautés paroissiales et diocésaines, dans les associations de fidèles, les mouvements apostoliques, spirituels et caritatifs.
Aujourd'hui encore, c'est un signe de vitalité pour une Église d'envoyer certains des siens, laïcs, religieux ou prêtres, porter l'Évangile dans le monde entier ou coopérer à l'activité missionnaire des Églises lointaines. Une Église qui envoie des missionnaires bénéficie en retour de leur expérience et peut accueillir, grâce à eux, ce qui est vécu par les jeunes Églises.
Notre temps requiert un nouvel élan d'évangélisation. L'Église doit voir dans l'évangélisation, comme elle l'a toujours vu, sa grâce et sa vocation propres (cf. EN 14). Elle doit reconnaître, parmi les charismes et les ministères qui lui sont donnés pour qu'elle soit pleinement catholique, la vocation missionnaire de laïcs, religieux ou prêtres envoyés vers les non-chrétiens. Elle doit puiser dans la prière, comme l'y invite son Seigneur, la force de poursuivre ardemment sa tâche missionnaire (cf. CL 35).
332 L'Église désire avec force faire partager sa foi, permettre à ceux auxquels elle s'adresse de rencontrer le Christ, d'accueillir son Évangile et de vivre de sa vie. C'est pour cela qu'elle vit, qu'elle prie, qu'elle témoigne et qu'elle agit. Mais elle sait bien que l'adhésion à la foi chrétienne dépend de l'action intérieure de l'Esprit et qu'elle n'est vraie que si elle est libre.
L'activité missionnaire, parce qu'elle vise à faire resplendir l'Évangile au coeur des hommes et des peuples, dans leurs milieux de vie et dans leurs cultures, est inconcevable indépendamment du dialogue avec ces hommes auxquels cet Évangile est destiné.
Le dialogue loyal recherché par l'Église, "conduit par le seul amour de la vérité et aussi avec la prudence requise, n'exclut personne : ni ceux qui honorent de hautes valeurs humaines, sans en reconnaître encore l'auteur, ni ceux qui s'opposent à l'Église et la persécutent de diverses façons" (GS 92). Ce dialogue, qui prend la forme d'échanges sur le présent et l'avenir de l'humanité, sur le monde à construire, est mené dans l'Église à partir de la lumière de l'Évangile. Il est ordonné au bien de l'homme, à une plus grande humanisation de la famille humaine.
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333 Appeler la communauté chrétienne à conformer sa vie à l'Evangile ne détourne pas de la mission.
Saint Paul, l'apôtre des Gentils, recommande de travailler "pour le bien de tous, surtout celui de nos proches dans la foi" (Ga 6,10).
Dans la communauté chrétienne les fidèles sont appelés à vivre et à témoigner à la manière des premiers disciples (cf. Ac 2,42 et suiv.). Ce qui importe, c'est l'union des croyants, leur progrès dans la foi, l'espérance et la charité, le soutien de leur vie sacramentelle, de leur vie morale, de leur témoignage et de leur action missionnaire.
Dans l'Église tous les croyants, tous les baptisés, y compris "ceux qui, malgré le baptême reçu dans l'Église, ont abandonné la pratique des sacrements ou même la foi" (LG 28), ont droit à l'aide et au soutien des pasteurs. Une préférence doit cependant se manifester en faveur de ceux et de celles dont l'"évangélisation " constitue le signe de l'avènement du règne de Dieu : les pauvres, de pauvreté matérielle, morale ou spirituelle (cf. Mt 11,5).
334 Cette tâche incombe en premier lieu aux pasteurs de l'Église et tout particulièrement aux évêques. Cependant les religieux et les laïcs ont à exercer, en union avec eux, leur part de responsabilité. En effet, le souci des frères dans la foi, ainsi que celui des communautés, incombe à tous les chrétiens.
L'annonce de l'Évangile aux générations nouvelles, en particulier la catéchèse des enfants et des jeunes et leur initiation chrétienne véritable, tient bien sûr une place de première importance dans la vie de l'Église. L'accueil des catéchumènes, leur formation et leur accompagnement, leur intégration dans les communautés chrétiennes, représentent aussi pour l'Église des responsabilités de premier ordre. Car, par leur désir de baptême explicitement exprimé, les catéchumènes sont déjà unis à l'Église, qui "les enveloppe comme siens dans son amour en prenant soin d'eux" (LG 14).
Il en est de même, toujours dans la fidélité à l'Évangile, pour la visite des malades, l'accueil des étrangers, la rencontre des personnes âgées et le soutien de ceux qui souffrent de handicaps divers.
335 Les fonctions et les formes d'activité de l'Église, à l'intérieur d'elle-même et au service du monde, peuvent traditionnels. La koinônia est la fonction ou le service de "communion" qu'assure l'Église et qui peut finir par la désigner tout entière, ainsi que nous l'avons vu. La diakonia désigne le service de charité, également constitutif de l'Église. C'est sur le même radical qu'est formé le mot "diacre". La marturia désigne la fonction de témoignage de la foi et de l'amour de Dieu, fonction que l'Église est appelée à exercer dans le monde. C'est sur ce mot qu'est formé celui de "martyr". Le martyr est un "confesseur de la foi". La leiturgia est le service du culte public que l'Église doit rendre à son Dieu en célébrant les grandes oeuvres accomplies par lui en faveur des hommes. Elle est "le sommet auquel tend l'action de l'Église, et en même temps la source d'où découle toute sa vertu" (SC 10).
Ces formes d'activité de l'Église sont celles qui la caractérisent durant son pèlerinage terrestre au cours duquel elle avance à travers les persécutions du monde et les consolations de Dieu, annonçant la croix et la mort du Seigneur jusqu'à ce qu'il vienne (cf LG 8).
