Après avoir brièvement traité de la Trinité, de la création, du péché, de l’incarnation du Verbe, et des sacrements, il reste à traiter maintenant en septième et dernier lieu de du jugement final.
Résumé de la matière.
Le jugement universel aura lieu, c'est une donnée sûre de la foi ; Dieu le Père par Jésus-Christ Notre Seigneur, jugera les vivants et les morts, les bons et les méchants, et il rendra à chacun selon ses mérites. Dans ce jugement aura lieu l’ouverture des livres. Le livre des consciences s’ouvrira, et les mérites comme les démérites de tous seront connus de tous et de chacun, par la puissance du Livre éternel de vie, le Verbe incarné.
Sous sa forme divine, le Verbe incarné apparaîtra aux seuls bons ; mais sous sa forme humaine, il apparaîtra aux bons comme aux méchants et son apparition, « apparence terrifiante pour les méchants, aimable pour les justes », promulguera la sentence.
Explication
Le premier Principe est le premier par soi, en soi, pour soi. Il est efficience, forme et fin. Il a produit, il gouverne et il sonnera sa fin à l’univers. Il produit selon sa puissance, il gouverne selon sa vérité, il consomme l’univers selon sa bonté.
1- La sublimité de la puissance exigeait la production de la création comme vestige, mais aussi comme image. Il a créé comme vestige la créature sans raison soumise au mouvement de l’élan naturel. Il a produit comme image la créature raisonnable, douée de volonté libre. Or la créature qui est à l’image de Dieu, parce qu'elle est capable de Dieu, est capable de béatitude ; la créature raisonnable est capable d’une discipline, la créature douée de volonté libre peut s’ordonner ou se désordonner par rapport à la loi de justice.
2- Dès lors, la rectitude de la vérité devait imposer à l’homme une loi qui l’invite à la béatitude, l’instruise de la vérité, l’oblige à la justice, sans pour autant contraindre la liberté, qui peut, à son gré, suivre ou abandonner la justice ; Dieu en effet « gouverne les choses qu’il a créées en les laissant agir selon leurs mouvements naturel » et la liberté est une propriété naturelle de l'esprit.
3- Comme néanmoins la plénitude de la bonté réalise la consommation de l’univers selon les exigences de sa puissance et de sa vérité, la bonté suprême accorde la consommation de la béatitude à ceux qui ont observé la justice imposée par la droiture de la vérité, à ceux qui ont accepté la discipline, à ceux qui ont préféré le bonheur suprême et éternel aux biens qui passent.
Dans l’état de voie, certains agissent dans cette droiture et que d’autres la refusent, au gré variable de leur volonté. Mais ce choix demeure secret et libre jusqu'au jugement universel manifestera la sublimité de la puissance, la rectitude de la vérité, la plénitude de la bonté. Alors aura lieu la juste attribution des récompenses, la déclaration ouverte des mérites et la promulgation irrévocable des sentences. Dans l'attribution des récompenses se manifestera la Bonté, dans la déclaration des mérites apparaîtra la Vérité et la promulgation irrévocable des sentences se montrera la Puissance.
La juste rétribution concerne d’abord la faute et sa dette, la justice et son prix de gloire. Or tous les fils d’Adam possèdent l’une et l’autre, la faute ou la justice. Il est donc nécessaire que tous les hommes soient jugés d’un jugement de rétribution qui glorifie les justes et condamne les impies. Ce jugement nécessite que soient ouvert le livre des mérites et l’apparition simultanée de ce qu’il fallait faire et de ce qui a été fait ou omis par la libre volonté humaine, selon les circonstances variées. L’apparition des mérites se fait par l’ouverture du livre des consciences. C'est l’ouverture du livre de Vie qui manifestation norme de la Justice, source d’approbation des mérites ou de désaveu. Or dans le livre de vie, tous les mérites sont écrits simultanément et clairement et dans les consciences et ce d'une manière claire et réelle. C'est dans la confrontation des deux livres ouverts que se dévoileront les secrets des cœurs, les mérites et démérites, à soi-même et aux autres. Saint Augustin dit que ce livre est « la force qui rappellera merveilleusement toutes choses à la mémoire de chacun », pour la claire manifestation de l’équité des jugements divins dans l’éclatante lumière de la vérité.
Il convient aussi que la sentence irrévocable soit promulguée par quelqu’un que l’on puisse voir et entendre et dont l’autorité soit sans appel. Mais tout le monde ne pourra voir la Lumière trinitaire, elle échappera aux regards ténébreux car, si l'esprit n'est pas devenu déiforme, la vision face à face est impossible. Le juge devra donc apparaître sous le visage de la créature. Mais comme une simple créature ne possède pas une autorité suprême et sans appel, notre juge devra être Dieu pour trancher par autorité suprême, et homme pour contester visiblement avec les pécheurs. Il sera donc le Verbe incarné. Sa voix d'arbitre suprême terrifiera les coupables et rassurera les innocents ; ainsi son seul visage suffira à réjouir les justes et renverser les impies.
