Résumé de la matière
Ce sacrement nécessite pour son intégrité la forme vocale qui, selon l’usage le plus commun, est celle-ci : Je te signe du signe de la croix, je te confirme du chrême du salut, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen. Le saint chrême, fait d’huile d’olives et de baume. Est aussi exigé. Lorsque la main de l’évêque imprimé au front, avec ce chrême, le signe de croix et se sert de la formule de la confirmation, le sacrement est reçu. Par lui, l’homme est confirmé comme combattant et reçoit la force de confesser le nom du Christ avec audace et publiquement.
Explication
Le Verbe Incarné qui est notre principe réparateur, a été conçu éternellement dans le coeur du Père et est apparu de façon sensible à l’homme dans le temps. De la même façon, nul ne eut être restauré sans le concevoir par une foi qui vient du coeur et, sans le professer extérieurement, selon qu'il convient au contexte. Une profession pleine de vérité, n’est pas seulement une vérité spéculative, mais aussi pratique. Cette dernière est celle qui ajoute à « l’adéquation de l’intellect, de la parole et de la chose », la complaisance de la volonté et l’adhésion vertueuse, pour que cela se fasse par tout le coeur, par toute l’âme et par tout l’esprit. Ainsi, tout l’homme est modelé sur la vérité selon la connaissance de la raison. Cela doit se faire d’un coeur pur, d'une droite conscience et d'une foi non feinte.
Une telle profession extérieure doit être intègre, capable de plaire et intrépide : intègre, en raison de celui qui en est l’objet ; agréable, en raison de celui devant qui elle est faite ; intrépide, en raison de celui qui doit la faire. Un homme pusillanime n’est pas capable de parvenir à un tel témoignage, à moins d’être soutenu par la grâce. C’est à cause de sa finalité haute que le sacrement de confirmation fut institué par Dieu et prend la deuxième place immédiatement après le baptême. La fin de ce sacrement fait qu'il reçoit les moyens qui y sont ordonnés. Ils sont au nombre de trois, par l’exigence de la profession mentionnée et par ses conditions.
1-  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ; En premier lieu, parce que la profession doit être conforme à la vraie foi. Or cette foi confesse le Christ vrai homme, crucifié pour les hommes et vrai Fils de Dieu incarné, en tout égal au Père et au Saint Esprit dans la Trinité. C'est pourquoi la forme vocale n’exprime pas seulement l’acte de confirmer, mais aussi le signe même de la croix et le nom de la sainte Trinité.
2-  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ; De plus, la profession extérieure de la foi doit être capable de plaire pour conduire au salut celui l'homme devant qui elle est faite et pour plaire à Dieu. Elle ne peut plaire à Dieu que s’il y a la lumière de l’intelligence et la droiture de la conscience ; elle ne peut plaire au prochain que si elle est confirmée par une bonne réputation et une vie honnête. En conséquence, au plan des signes sensibles et pour désigner ces réalités, on fait un mélange d’huile d’olives qui est pure et de baume qui est odoriférant. On veut signifier pas là que la profession extérieure de la foi doit être accompagnée de la profession intérieure de la conscience et d’intelligence, jointe à l’odeur suave de la réputation d’une vie vraiment droite, afin qu’il n’y ait aucune distance entre le langage et la conscience ou entre le langage et la réputation. Sans ces conditions, il est évident qu’une telle profession de foi ne serait acceptée ni de l’homme ni du Christ.
3-  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ; Enfin, une telle profession extérieure de la foi doit être courageuse, dépassant honte ou crainte par amour de la vérité, et la peur en temps de persécution. Le Christ est publiquement mort de manière ignominieuse en croix. Il ne conviendrait pas que ses disciples soient effrayés par une peine et une ignominie semblables à celles de la passion. Or la crainte et la honte apparaissent surtout sur la figure et particulièrement sur le front. Ainsi, pour chasser toute honte et crainte, la main pleine d’autorité est imposée et elle confirme ; une croix est imprimée sur le front pour qu’on n’ait pas honte de confesser la foi publiquement et qu’on n’ait pas peur de soutenir n’importe quelle peine et ignominie, s’il en est besoin, pour confesser le nom du Christ. Il s'agit de vivre par cette onction un vrai combat comme le ferait un soldat vaillant portant sur le front le signe de son roi et l’étendard triomphal de sa croix, prêt à pénétrer avec assurance les lignes ennemies. Car nul ne peut prêcher librement la gloire de la croix s’il en craint la peine et l’ignominie. C'est ce que disait S. André : « Si j’avais été effrayé par l’ignominie de la croix, en aurais-je prêché la gloire ? »
