Partie VI · Les sept médicaments sacramentels · Chapitre 7

Le baptême

En septième lieu, il nous reste à étudier chaque sacrement. On doit commencer par le premier des sept, à savoir du baptême qui est la porte des autres sacrements.

Résumé de la matière

Pour qu’une personne soit baptisée validement, il est nécessaire d'utiliser l’expression de la forme vocale instituée par le Seigneur, à savoir « Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, Amen ». On ne doit pas oublier de paroles, ni en intercaler, ni intervertir l’ordre des mots donnés, ni changer les noms. Il est nécessaire d'utiliser aussi l’immersion ou l’ablution de l’eau sur tout le corps ou au moins sur une partie d’une manière telle, que l’expression (des paroles) et l’immersion se fassent par un seul et même sujet et en même temps. Parole et signes sensible étant unis, s’il n’y a pas mensonge dans le baptisé, la grâce qui régénère, rectifie et purifie de toute faute lui est vraiment conférée. A titre de préparation et pour obtenir de meilleurs effets, on fait au catéchumène, enfants ou adulte, le catéchisme et l’exorcisme. Il faut cependant remarquer que la foi personnelle est exigée chez les adultes tandis que pour les enfants la foi d’un représentant supplée.

Explication

Le Verbe Incarné qui est notre parfait et suffisant principe réparateur, restaure le genre humain par les remèdes des sacrements, de telle sorte qu’il n’y a en eux rien d'inutile, de désordonné, rien même de diminué. Il a donc établi le sacrement de baptême et les autres selon que l’exigeaient sa puissance, notre salut et notre maladie.

Mais :

1-  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ; La puissance qui nous restaure appartient à la Trinité en laquelle la sainte Mère Eglise croit, qu’elle confesse et qu’elle proclame par des signes, en distinguant les trois personnes et en affirmant leur propriété, leur ordre et leur origine naturelle ;

2-  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ; Cette puissance est encore celle de la passion du Christ qui est mort, a été enseveli et est ressuscité le troisième jour,

En conséquence :

1-  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ; Il fallait donc, pour exprimer cela dans le sacrement fondement de tous, que la Trinité fût exprimée de manière distincte, propre et ordonnée en ce qui regarde la forme commune. Il faut remarquer cependant qu’au temps de l’Eglise primitive cette expression a pu se faire au nom du Christ en qui la Trinité est incluse.

2-  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ; Il faut aussi qu’on mentionne, de façon propre et ordonnée, le mot baptiser, en même temps que se fait la triple immersion, cette immersion exprimant la mort du Christ, sa sépulture et sa résurrection après trois jours.

3-  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ; Chacune de ces deux actions (l’expression de la formule et l’immersion) doit se faire par un seul et même acteur, simultanément, parce que ces deux puissances opèrent ensemble et dans le seul Christ Sauveur, pour conserver l’unité du sacrement et pour signifier l’unité dans le Christ Médiateur.

4-  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ; De plus, notre salut exige de commencer par la régénération dans la grâce spirituelle, en lavant ce qui est impur, en chassant les ténèbres et en refroidissant la concupiscence qui, de façon universelle, souille tout homme qui descend d’Adam. Pour ces raisons, le premier sacrement a dû être constitué par un élément qui fût par ce qu’il représente naturellement, en conformité avec le triple effet susdit de la grâce qui commence le salut. L'eau fut choisie car, par sa pureté, elle nettoie ; par sa transparence, elle est porteuse de lumière, par sa froideur, elle refroidit. Il faut ajouter que parmi tous les liquides elle est l’élément le plus commun. Pour ces raisons, le sacrement de notre régénération a dû être réalisé par de l’eau, quelle qu’elle soit — car n’importe quelle eau est toujours de la même espèce — et aussi pour que personne ne puisse risquer son salut à cause d’un défaut de matière.

5-  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ; Enfin, la maladie que guérit principalement le baptême, c'est le péché originel. Il prive l’âme de la vie de la grâce et de la rectitude qui préside à toutes les vertus ; Sa conséquence est qu'il l’incline à tout genre de faute. Ce péché se transmet par une source extérieure et « rend l’enfant capable de concupiscence et l’adulte concupiscent de fait. » ; il réduit aussi l'homme sous l'esclavage du diable et au pouvoir du prince des ténèbres. En conséquence, il fallait que ce sacrement apporte sous forme d’action contraire, un remède suffisant. Il convenait qu’en lui soient données la grâce de régénération à l’encontre de la privation de la vie surnaturelle, la grâce qui rectifie sous forme des sept vertus à l’encontre de la privation de la grâce qui purifie de toute faute et s'oppose à la tendance au désordre vicieux.

On a dit que le péché originel n'est pas contracté par une faute personnelle et intérieure et rend l’enfant apte à la concupiscence et l’adulte concupiscent de fait. En conséquence, pour recevoir le remède du baptême, l’adulte doit nécessairement avoir une foi et une pénitence personnelles. Pour l’enfant au contraire peut être régénéré à travers la foi et la pénitence des autres, c'est-à-dire celle qui se trouve dans l’ensemble de l’Eglise. Et puisque le baptême doit arracher de la servitude diabolique et de la puissance du prince des ténèbres aussi bien les enfants que les adultes, il s’ensuit que tous les futurs baptisés doivent être exorcisés. Ils doivent aussi être catéchisés : les adultes, pour qu'ils soient formés à la foi ; les enfants pour que les parrains sachent ce qu’ils devront leur enseigner. Et ainsi le sacrement de baptême atteint sa fin.