Résumé de la matière
Le Christ est le médiateur du Nouveau Testament et le principal auteur de la loi. C'est donc lui qui a institué les sept sacrements de la grâce par laquelle il a appelé aux promesses éternelles, donné des préceptes directeurs. Il les a institués en se servant de paroles et d’éléments sensibles pour rendre évidente leur signification et efficace leur sanctification, de telle sorte qu’ils signifient toujours la vérité. Cependant, ils ne possèdent pas toujours l’efficacité de leur effet, non à cause d'eux-mêmes, mais à cause de l'homme qui les reçoit. Il les a institués de diverses manières. Certains par confirmation, approbation et achèvement, comme le mariage et la pénitence ; d’autres par insinuation et en présidant à leur début, comme la confirmation et l’extrême-onction ; d’autres enfin en présidant à leur début, en les achevant et en les recevant lui-même, comme le baptême, l’eucharistie et l’ordre. Il les a institués ces trois derniers pleinement, et il a été le premier à les recevoir.
Explication
Le Christ crucifié est notre principe réparateur. Comme il est le Verbe Incarné parce que Verbe, égal et consubstantiel au Père, il possède une puissance, une vérité, une bonté souveraines et, de ce fait, une souveraine autorité. Il lui revient donc en propre d’inaugurer le Nouveau Testament et c’est encore à lui qu’il appartient de donner une loi intégrale et suffisante, conformément aux exigences d’une puissance, d’une vérité et d’une bonté souveraines. En raison de sa bonté, Le Verbe a proposé des promesses de la vie béatifiante ; en raison de sa vérité, il a donné des préceptes aptes à nous diriger vers elle ; en raison enfin de sa puissance, il a établi des sacrements qui secourent. Ainsi, par les sacrements, notre vertu pouvait être réparée, et rendue capable de s’acquitter des préceptes qui conduisent aux promesses éternelles. Dans la loi évangélique, tout cela est donné par l’action du Verbe Eternel, le Christ Seigneur, voie, vérité et vie.
En outre, le sauveur qui répare n’est pas seulement le Verbe en tant que Dieu, mais le Verbe en tant qu’il s’est incarné. Par son Incarnation, le Verbe s’offre à tous pour leur faire connaître la vérité et se présente à tous ceux qui s’approchent de lui dignement, et il les guérit. C'est pour que les sacrements aient une signification plus claire et une plus grande efficacité sanctificatrice, que le Verbe incarné les a voulus constitués à la fois d’éléments et de paroles. Il a voulu que les éléments s’offrent aux yeux et les paroles aux oreilles, les deux sens les plus cognitifs, pour rendre évidente la signification exprimée. De plus, il a voulu que les paroles viennent sanctifier les éléments pour que l’efficacité de la guérison humaine s'accomplisse. Cette guérison n’est pas accordée à celui qui s’y oppose et qui lutte dans son coeur contre la source de la grâce. C’est pourquoi les sacrements ont été institués de façon à signifier toujours et universellement, mais à ne sanctifier que ceux qui les approchent dignement et sincèrement.
Enfin, bien que le Verbe Incarné est la source de la grâce sacramentelle, il y eut cependant une certaine grâce sacramentelle avant l’Incarnation, une autre qui ne fut donnée qu’après la l'envoi du Saint Esprit et une autre enfin se place pendant la présence du Christ sur terre. Il a donc fallu que les sacrements soient institués de façon diverse en fonction des époques :
1-  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ; Avant l’Incarnation, la pénitence pour les péchés et la génération matrimoniale étaient nécessaires ; c’est pourquoi le Verbe n’a pas institué à nouveau ces deux sacrements mais, les prenant déjà institués par lui et comme inscrits dans la conscience par la loi naturelle, il les a achevés et confirmés dans la loi évangélique quand il prêcha la pénitence, qu’il assista aux noces et qu’il approuva la loi du mariage, comme il apparaît clairement dans plusieurs endroits de l’Evangile.
2-  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ; Pendant sa présence terrestre et avant la mission du Saint Esprit, ce dernier ne fut pas donné pleinement pour la confirmation et pour la confession publique du nom du Christ. Il n’y eut pas non plus d’onction plénière de l’âme pendant la sortie de ce monde. C’est pourquoi ces deux sacrements, (confirmation et l’extrême-onction), ne furent pas institués par le Christ lui-même de façon initiale. Il ne fit que les insinuer. Pour la confirmation, en imposant les mains sur les enfants et en annonçant à l’avance que ses disciples seraient baptisés dans le Saint Esprit ; Pour l’extrême-onction, en envoyant ses disciples guérir par l’huile, comme il est rapporté dans l'évangile de Marc.
3-  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ; Après la venue du Saint Esprit, il y eut la régénération, l’organisation de l’Eglise et sa nutrition spirituelle. C’est pourquoi le Christ avait institué juste avant de quitter ce monde complètement et clairement trois sacrements : le baptême, l’eucharistie et l’ordre. Le baptême d’abord, en le recevant, en lui donnant sa forme et en le faisant connaître aux autres ; l’ordre, en donnant d’abord le pouvoir de lier et de délier les péchés du genre humain puis celui de confectionner le sacrement de l’autel ; l’eucharistie, en se comparant au grain de froment, en confectionnant et en donnant à ses disciples, dans l’imminence de sa passion, le sacrement de son corps et de son sang. Ces trois sacrements ont donc été institués distinctement par le Christ et figurés dans la loi ancienne de multiples façons car ils sont les sacrements substantiels du Nouveau Testament, revenant en propre au Législateur, le Verbe Incarné.
