Résumé de la matière
Dieu soit très libéral et plus prompt à donner que nous à recevoir. Pourtant, il veut être prié par nous, afin d’avoir l’occasion de distribuer les dons de l’Esprit Saint. Il veut être prié non seulement d’une prière mentale qui est « l’élévation de l’esprit vers Dieu », mais aussi d’une prière vocale qui est « la demande à Dieu de ce qui convient ».
Il veut être prié non seulement par nous-mêmes mais aussi par les saints comme par des aides, afin que ce que nous sommes peu dignes de demander nous mêmes, nous le demandions par les saints. Puisque nous ne savons que demander pour prier comme il faut, de peur que nous n’errions dans l’incertitude, Dieu nous a transmis une formule dans la prière qu’il a composée. Celle-ci contient tout ce que nous avons à demander et ce en en sept demandes.
Explication
Dieu, le premier principe est vrai et bon en lui-même, mais aussi miséricordieux et juste dans son oeuvre. Miséricordieux, il condescend très volontiers à la misère humaine par l’infusion de a grâce. Juste, il ne donne le don parfait qu’à celui qui le désire, la grâce, à celui qui le remercie, sa miséricorde, à celui qui reconnaît sa misère. Ainsi la liberté de l'homme est sauve, le don n’est pas galvaudé et le culte de Dieu demeure intègre. Celui qui prie le fait pour trois raisons : quêter le secours de Dieu, alléguer sa propre misère et rendre grâce pour le bienfait donné gratuitement. Ainsi, la prière dispose à recevoir les divins charismes et Dieu veut être prié pour répandre ses dons.
En outre, il faut que notre amour soit fervent, notre pensée recueillie et notre attente certaine et ferme, pour que le désir tende efficacement vers le ciel. Comme notre coeur est fréquemment tiède, souvent dispersé, effrayé par le remords du péché et n’ose pas de lui-même comparaître devant la face de Dieu, le Seigneur a voulu que nous ne priions vocalement et pas seulement mentalement. Cela excite notre coeur par des paroles recueille nos pensées par le sens des mots. Pour donner confiance aux timides, Dieu a voulu aussi que nous le priions par les saints et que les saints prient pour nous. De cette manière, ceux qui n’osent ou ne peuvent pas demander par eux-mêmes, sont exaucés grâce à des intercesseurs qualifiés. L’humilité de la prière en est augmentée chez ceux qui prient : ceux qui sont en bas recourent avec confiance à ceux qui sont en haut et ceux qui sont en haut descendent vers ceux qui sont en bas. La grandeur de Dieu est proclamée dans les Saints intercesseurs et sa charité se manifeste.
Enfin, Dieu ne doit exaucer les prières que si elles tendent à son honneur et à notre salut ; les demandes qui concernent la récompense du ciel et le secours ici-bas sont de cet ordre ; les premières sont au nombre de trois, les secondes au nombre de quatre. C'est pourquoi l’oraison dominicale contient sept demandes qui nous enseignent ce que nous devons demander utilement. Trois concernent l'honneur de Dieu et la récompense du ciel : il s'agit de l’intelligence de la vérité, du respect de la majesté et de l’accord de la volonté. Autrement dit, on demande la vision du vrai souverain qui ne peut être vu que des coeurs purs et saints. On la demande en disant : "Que ton nom soit sanctifié," ce qui veut dire "que la connaissance de ton nom soit accordée aux coeurs parfaits, saints et purs." On demande la possession de la grandeur suprême qui fait les rois et par lequel est fondé le royaume en disant : "que ton règne vienne." On la demande la jouissance du bien suprême que seuls reçoivent ceux dont la volonté est conforme à celle de Dieu en disant : "que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel." Certaines demandes concernent le passage dans cette vie regardent le don d’un bien profitable ou la fuite d’un mal nuisible. On demande un bien profitable dans "le pain quotidien ou supersubstantiel." Sous ce nom de pain est en ait demandé tout ce qui est nécessaire à la conservation de la vie présente de l’esprit ou du corps. On demande la fuite du mal nuisible dans les trois dernières phrases du Pater car le mal est passé, futur ou présent. Autrement dit, il est mal du péché, de la tentation ou de la peine. On demande que s’éloigne le premier dans "le pardon des offenses," le second dans "la victoire sur les tentations," le troisième dans "la délivrance de l’oppression des maux." Il y a donc sept demandes qui contiennent tout ce que l’on doit demander.
Et ces sept demandes correspondent aux sept charismes et dons de la grâce. Car l'Ecriture Sainte nous propose la considération de sept septénaire
1° des sept péchés capitaux
2° des sept sacrements
3° des sept vertus
4° des sept dons
5° des sept béatitudes
6° des sept demandes
7° et des sept récompenses glorieuses, trois spirituelles et quatre corporelles, comme on le verra plus loin,
— le premier septénaire des péchés correspond à tout ce dont nous devons nous éloigner,
— le second septénaire des sacrements correspond aux moyens de progresser,
— le dernier septénaire des récompenses correspond aux biens à désirer,
— l’avant-dernier septénaire des demandes correspond aux choses à demander,
— le septénaire intermédiaire des vertus, des dons et des béatitudes correspond aux étapes à franchir.
Demandons sept fois le jour, dans notre louange et prière du nom du Seigneur, la grâce septiforme des vertus, des dons et des béatitudes, par laquelle nous pouvons vaincre les sept tentations des péchés capitaux. Ainsi pourrons-nous parvenir à la couronne septiforme des récompenses glorieuses. Nous serons aidant par les sept médicaments des sacrements qui furent donnés par Dieu pour la réparation de l'humanité.
