(La Trinité divine) Je crois donc en un seul Dieu, Père, Fils et Esprit Saint : c'est-à-dire au Père tout-puissant, éternel, non engendré ; au
Fils engendré de la substance ou nature de ce même Père, avant tout commencement d'un temps ou d'une éternité quelconque, c'est-à-dire (du Tout-Puissant) tout- puissant, égal, coéternel et consubstantiel à celui qui l'a engendré ; également en l'Esprit Saint, tout-puissant, égal aux deux, c'est-à-dire au Père et au Fils, coéternel et consubstantiel ; qui procédant du Père en dehors du temps, est l'Esprit du Père et du Fils ; donc en trois personnes ou trois hypostases d'une unique essence ou nature, d'une unique force, d'une unique opération, d'une unique béatitude et d'une unique puissance ; c'est ainsi que l'unité est trine et la Trinité est une, selon la vérité de la parole du Seigneur qui dit : " Allez,
enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et de l'Esprit Saint. Mt 28,19. Il dit " au nom " et non pas " aux noms ", afin tout à la fois de montrer l'unique Dieu par le nom indistinct de l'essence divine, et de faire connaître la distinction des personnes manifestées par leurs propriétés (voir 415 ) ; car par le fait que les trois ont un seul nom quant à la divinité se manifeste l'égalité des personnes, et inversement l'égalité des personnes ne permet pas que l'on reconnaisse en elles quelque chose qui leur serait étranger ou qui viendrait s'ajouter à elles, de sorte que chacun d'eux est vraiment et parfaitement Dieu, et que tous les trois sont vraiment et parfaitement un seul Dieu, c'est-à-dire qu'on doit reconnaître en chacun la plénitude de la divinité sans qu'il n'y manque rien en chacun et sans qu'il y ait quoi que ce soit de plus dans les trois.
PELAGE 1er : 16 avril 556 - 3 m
Fides Pelagii
(Le Fils de Dieu incarné). Mais de cette Trinité sainte, très bienheureuse et consubstantielle, je crois et je professe qu'une seule personne, à savoir le Fils de Dieu, est descendu du ciel aux derniers temps pour le salut du genre humain mais sans quitter le trône du Père et le gouvernement du monde ; et lorsque l'Esprit Saint est descendu sur la bienheureuse Vierge Marie et que la puissance du Très-Haut l'a couverte de son ombre, ce même Verbe et Fils de Dieu entré avec clémence dans le sein de cette même Vierge sainte Marie, et s'est uni la chair de sa chair, animée par une âme raisonnable et intellectuelle ; et la chair n'a pas été créée auparavant, le Fils de Dieu venant sur elle ensuite, mais comme il est écrit : " Lorsque la Sagesse s'est édifié une demeure " Pr 9,11 aussitôt la chair dans le sein de la Vierge s'est faite chair du Verbe de Dieu ; et c'est pourquoi le Verbe et Fils de Dieu est devenu homme sans aucun changement ou conversion de la nature du Verbe et de la chair, un seul et même dans l'une et l'autre nature, la divine et l'humaine et ainsi le Christ Jésus a paru, c'est-à-dire est né, vrai Dieu et, le même, vrai homme, la virginité de la mère étant gardée intacte ; car elle l'a engendré en demeurant vierge tout comme elle l'a conçu vierge. C'est pourquoi nous confessons la même bienheureuse Vierge Marie Mère de Dieu en toute vérité, car elle a enfanté le Verbe incarné de Dieu.
Il y a donc un seul et même Christ Jésus, vrai Fils de Dieu et le même qui est vrai Fils d'homme, parfait en divinité le même parfait en humanité, puisqu'il est tout entier dans ce qui est sien et, le même, tout entier en ce qui est nôtre (voir 293 ) ; par la seconde nativité il a pris de la mère humaine ce qu'il n'était pas, mais sans cesser d'être ce qu'il était par la première, celle par laquelle il est né du Père. C'est pourquoi nous croyons qu'il est de deux et en deux natures qui demeurent sans division ni confusion : sans division puisque après l'assomption de notre nature aussi l'unique Christ est demeuré et demeure le Fils de Dieu ; sans confusion, parce que nous croyons que les natures ont été unies dans une unique personne et hypostase de façon telle que, la propriété de chacune étant sauvegardée, aucune des deux ne s'est changée en l'autre. Et c'est pourquoi, comme nous l'avons souvent dit, nous confessons qu'un seul et même Christ est vrai Fils de Dieu et que le même est vrai Fils d'homme, consubstantiel au Père selon la divinité, et le même consubstantiel à nous selon l'humanité, semblable à nous tout à l'exception du péché ; passible dans la chair et le même impassible dans la divinité.
Nous professons que sous Ponce Pilate il a librement souffert pour notre salut dans la chair, qu'il a été crucifié dans la chair, qu'il est mort dans la chair, qu'il est ressuscité le troisième jour dans la même chair, glorifiée et incorruptible, et... qu'il est monté aux cieux, et qu'il siège aussi à la droite du Père.
(L'accomplissement du monde). Je le crois et je professe... que de même qu'il est monté aux cieux, il viendra juger les vivants et les morts. Tous les hommes en effet qui sont nés et qui sont morts depuis Adam jusqu'à la consommation des siècles avec Adam lui-même et sa femme qui ne sont pas nés d'autres parents mais qui ont été créés, l'un de la terre, l'autre de la côte de l'homme (voir Gn 2,7 Gn 2,22 , je professe qu'ils ressusciteront alors et qu'ils se tiendront " devant le tribunal du Christ, afin de recevoir chacun le prix de ce qu'il aura fait dans son corps, soit en bien, soit en mal " Rm 14,10 2Co 5,10 ; et les justes, comme des " vases de miséricorde préparés pour la gloire " (voir Rm 9,23 , il les récompensera par la grâce surabondante de Dieu avec les récompenses de la vie éternelle, et ils vivront sans fin dans la société des anges, sans crainte aucune de retomber ; quant aux impies qui, par le choix de leur propre volonté, demeurent comme des " vases de colère, destinés à la perdition " Rm 9,22, qui soit n'ont pas reconnu la voix du Seigneur, soit l'ont reconnue mais l'ont abandonnée à nouveau parce que séduits par des transgressions de toute sorte, il les livrera par son très juste jugement aux peines du feu éternel et inextinguible afin qu'ils brûlent sans fin. Telle est donc ma foi et mon espérance, qui est en moi par un don de la miséricorde de Dieu ; et pour elle, comme nous le prescrit le bienheureux apôtre Pierre, nous devons être prêts surtout à répondre à quiconque nous demande d'en rendre raison (voir 1P 3,5)
L'autorité des conciles oecuméniques
S'agissant des quatre saints conciles, c'est-à-dire celui de Nicée des trois cent dix-huit (pères), celui de Constantinople des cent cinquante, le premier d'Ephèse des deux cents, mais aussi (au sujet de) celui de Chalcédoine des six cent trente, je professe avoir conduit mes pensées sous la protection de la miséricorde divine et de faire ainsi jusqu'à la fin de ma vie, de tout coeur et de toute ma force, en sorte de les préserver avec une pleine dévotion dans la défense de la sainte foi et les condamnations des hérésies et des hérétiques, puisque ces pensées ont été confirmées par le Saint-Esprit ; je professe que leur solidité, parce qu'elle est la solidité de toute l'Eglise, je la protégerai et la défendrai comme il n'est pas douteux que mes prédécesseurs l'ont fait. En cela je désire suivre et imiter surtout celui dont nous savons qu'il fut l'auteur du concile de Chalcédoine (le pape Léon 1er), qui conformément à son nom s'est montré clairement, par son zèle très ardent pour la foi, un membre de ce lion qui a surgi de la tribu de Juda (voir Ap 5,5). De même je suis donc convaincu de ce que je manifesterai toujours la même révérence pour les synodes susmentionnés, que tous ceux qui ont été absous par ces quatre conciles, je les tiendrai pour orthodoxes, et que jamais dans ma vie... je n'ôterai quoi que ce soit à l'autorité de leur prédication sainte et vraie.
Mais je suis et je vénère également les canons que le Siège apostolique accepte... Je professe que je garde également les lettres du pape Célestin de bienheureuse mémoire...et d'Agapet, pour la défense de la foi catholique, pour la solidité des quatre synodes susdits et contre les hérétiques, et tous ceux qu'ils ont condamnés, je les tiens pour condamnés, et tous ceux qu'ils ont reçus, en particulier les vénérables évêques Théodoret et Ibas, je les vénère parmi les orthodoxes.
La forme du baptême.
Le pape interprète des décrets de conciles
Il n'a jamais été permis et il ne sera jamais permis qu'un concile particulier se réunisse pour porter un jugement sur un concile général. Mais chaque fois qu'un doute s'élève pour certains au sujet d'un concile universel - pour se voir fournir des éclaircissements au sujet de ce qu'ils ne comprennent pas - soit ceux qui désirent le salut pour leur âme viennent d'eux-mêmes auprès des Sièges apostoliques pour être éclairés, soit... s'ils devaient être à ce point obstinés et opiniâtres qu'ils ne veulent pas être enseigné, il est nécessaire qu'ils soient tirés vers le salut de toutes les manières par ces mêmes Sièges apostoliques, ou qu'ils soient poursuivis par les pouvoirs séculiers conformément aux canons, de manière à ne pas pouvoir être une cause de perdition pour d'autres.
