2e Concile de NICEE (7e Oecuménique) 24 septembre - 23 octobre 787

16 entrées · DH 600–615

Définition concernant les saintes images

600


... Avançant sur la voie royale et nous attachant à l'enseignement divinement inspiré de nos saint Pères et à la tradition de l'Eglise catholique, dont nous reconnaissons qu'elle est celle de l'Esprit habitant en elle, nous décidons ceci, avec toute la précision et la justesse possibles : comme pour la représentation de la précieuse et vivifiante croix, qu'on place les vénérables et saintes images, mosaïques ou oeuvres faites de toute autre matière convenable, dans les saintes églises de Dieu, sur les objets ou vêtements sacrés, les murs et des tableaux, dans les maisons et les chemins ; l'image de notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus Christ, celle de notre Dame sans tache, la sainte Mère de Dieu, celle des anges, dignes de notre respect, celle de tous les saints et justes.

601


En effet, plus on les voit, grâce à leur représentation par l'image, plus en contemplant leurs images on est amené à se rappeler et à aimer les modèles originaux et à leur donner salutations et respectueuse vénération ; non pas l'adoration véritable propre à notre foi, qui convient à la nature divine seule, mais comme on le fait pour la représentation de la glorieuse et vivifiante croix, pour les saints évangiles et tous les autres objets sacrés ; et on fera en leur honneur des encensements et l'apport de lumières, selon la pieuse coutume des Anciens. Car " l'honneur rendu à l'image s'en va au modèle original " et celui qui vénère l'image vénère en elle la personne de celui qu'elle représente.

602


Ainsi sont confirmés l'enseignement de nos saints Pères, la tradition de l'Eglise catholique, Eglise qui d'un bout à l'autre de la terre a accueilli l'Evangile ; ainsi nous nous attachons à Paul, qui parlait dans le Christ 2Co 2,17 à toute la divine assemblée des apôtres et à la sainteté de nos Pères, tenant fermement les traditions que nous avons reçues 2Th 2,15 ; ainsi nous chantons prophétiquement les hymnes célébrant la victoire de l'Eglise : " Réjouis-toi, fille de Sion, élève la voix, fille de Jérusalem, réjouis-toi et jubile de tout ton coeur ; le Seigneur a fait disparaître autour de toi les injustices de tes adversaires, tu es délivrée de la main de tes ennemis ; le Seigneur est roi au milieu de toi ; tu ne verras plus le malheur ", et la paix sera sur toi pour toujours So 3,14ss. .

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Ceux qui osent penser ou enseigner autrement, ou à la suite des hérétiques maudits mépriser les traditions de l'Eglise et imaginer quelque.nouveauté, ou rejeter l'un des objets consacrés offerts à l'Eglise, évangiles, représentations de la croix, tableau ou saintes reliques d'un martyr ; ou imaginer de tortueuses et fourbes manoeuvres pour renverser quelque chose dans les légitimes traditions de l'Eglise catholique ; ou encore faire servir à des usages profanes les objets sacrés ou les saints monastères : tous ceux-là, s'ils sont évêques ou clercs, nous ordonnons de les déposer ; s'ils sont moines ou laïcs, de les exclure de la communion.

Les élections aux ministères sacrés

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Toute élection d'un évêque, d'un prêtre ou d'un diacre faite par des princes demeure nulle, selon le canon (canon des apôtres 30) qui dit : Si un évêque recourant à des princes séculiers entre par eux en possession d'une église, qu'il soit déposé, et que soient excommuniés tous ceux qui acceptent sa communion. Car celui qui doit être élevé à l'épiscopat doit être élu par des évêques, comme il a été décidé par les saints Pères réunis à Nicée, dans le canon (can. 4) qui dit : le plus convenable est qu'un évêque soit établi par tous les évêques de la province ; si la chose se révélait difficile, soit en raison d'une nécessité urgente, soit à cause de la longueur de la route, il faut de toute façon que trois évêques se réunissent au même endroit - les absents donnant aussi leur suffrage et exprimant leur consentement par écrit -, et fassent alors l'ordination. La pleine autorité sur ce qui se fait est donnée dans chaque province au métropolite.

Sur les images, l'humanité du Christ et la tradition de l'Eglise

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Nous admettons les vénérables images ; ceux qui ne jugent pas ainsi, nous les soumettons à l'anathème,..

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Si quelqu'un ne confesse pas que le Christ notre Dieu est l'imité (homologue) selon l'humanité, qu'il soit anathème...

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Si quelqu'un n'admet pas les présentations de l'Evangile qui se font par des images, qu'il soit anathème.

608


Si quelqu'un ne salue pas ces images, faites au nom du Seigneur et de ses saints, qu'il soit anathème.

609


Si quelqu'un rejette toute la tradition ecclésiastique écrite ou non écrite, qu'il soit anathème...

L'hérésie de l'adoptianisme

610


La justification avancée pour l'hérésie de l'adoption de Jésus Christ, le Fils de Dieu, doit être rejetée comme d'autres choses parce que s'appuyant sur des argumentations fausses ; on peut y lire l'ivraie des paroles hérétiques, d'une plume désordonnée. Cela l'Eglise catholique ne l'a jamais cru, ne l'a jamais enseigné, et jamais elle n'a donné son assentiment à ceux qui croyaient cela faussement..

611


Lui-même en effet (le Christ) a fait savoir au sujet de lui même de qui il est le fils, lorsqu'il dit qu'il a annoncé aux hommes le nom du Père. Il dit en effet : " J'ai manifesté ton nom aux hommes, que tu m'as donnés du milieu du monde " Jn 17,6. Le nom du Père, il l'a jadis manifesté aux hommes, lorsqu'il s'est fait connaître comme le Fils véritable, non putatif, propre et non adoptif. Mais il faut remarquer qu'il est dit : " aux hommes que tu m'as donnés ". De ces hommes en effet que le Père lui avait donnés, et même qu'il avait élus avant la constitution du monde, ne font pas partie ceux qui le confessent comme le fils adoptif et non comme son propre Fils, comme si un moment il avait été étranger au Père, ou s'il s'était éloigné de lui en prenant chair, alors que c'était une unique volonté du Père et du Fils que le Verbe devienne chair, comme il est écrit : " Que je fasse ta volonté ; mon Dieu, je l'ai voulu " Ps 40,9.
C'est pourquoi il dit ailleurs : " Je monte vers mon Père et votre Père " Jn 20,17 Il dit en effet de façon précise " mon " et " votre ",c'est-à-dire le sien non pas par grâce mais par nature, mais le nôtre par la grâce de l'adoption. En outre jamais le Fils n'a pas été, parce que jamais le Père n'a pas été. Toujours et partout il l'appelle expressément son Père. " Mon Père, dit-il, est à l'oeuvre jusqu'à présent, et moi aussi je suis à l'oeuvre " Jn 5,17 ; et encore : " Père, glorifie ton Fils, pour que ton fils te glorifie " Jn 17,1, et : " Ce que mon Père m'a donné, est plus grand que tout " Jn 10,29

Mais si dans leurs tergiversations pleines d'astuce ils pensent que tout ce que nous avons avancé ne doit être rapporté qu'à la divinité du Fils de Dieu, qu'ils disent où il a jamais dit d'un commun sentiment avec nous " notre Père ". " Votre Père, dit-il, sait en effet ce qui vous est nécessaire " Mt 6,8. Il ne dit pas " notre ", comme s'il avait été adopté avec nous par grâce. Et ailleurs : " Soyez donc parfaits vous aussi, comme votre Père des cieux est parfait " Mt 5,48. Pourquoi n'a-t-il pas dit " notre " ? Parce qu'il est autrement le nôtre, et autrement le sien. Alors il dit encore : " Si vous, qui êtes mauvais, savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père céleste donnera l'esprit bon à ceux qui le prient ? " Lc 11,13 etc. Alors Paul, le vase d'élection, dit : " Dieu n'a pas épargné son propre Fils, mais il l'a livré pour nous tous " Rm 8,32. Nous savons en effet qu'il n'a pas été livré selon la divinité, mais selon qu'il était un homme véritable.

Concile de Francfort (Main), vers juin 794. a) Lettre synodale des évêques du royaume franc aux évêques d'Espagne.

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.. Nous avons en effet trouvé par écrit au début de votre lettre que vous affirmez : " Nous confessons et croyons que Dieu, le Fils de Dieu, a été engendré du Père avant tous les siècles et sans commencement, coéternel et consubstantiel, non par adoption mais selon la descendance ". De même on a lu peu après au même endroit : " Nous confessons et croyons que, fait de la femme, fait sous la loi Ga 4,4, il n'est pas Fils de Dieu selon la descendance mais par adoption, non par nature mais par grâce. " Voilà le serpent qui se tient caché entre les arbres fruitiers du paradis afin de tromper tous les imprudents...

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De même ce que vous avez ajouté dans ce qui suit, nous ne l'avons pas trouvé affirmé dans la profession de foi du symbole de Nicée : " dans le Christ deux natures et trois substances " Lettre " regi regum " à l'empereur Constantin IV vers août 682 et " homme déifié " et " Dieu humanisé ". Qu'est la nature de l'homme, sinon âme et corps ? ou quelle différence entre " nature " et " substance ", de sorte qu'il faudrait parler de trois substances et non pas plus simplement, comme le disent les saints Pères, confesser notre Seigneur Jésus Christ vrai Dieu et vrai homme en une seule personne ?
Mais la personne du Fils est demeurée dans la sainte Trinité ; à cette personne s'est jointe la nature humaine, en sorte qu'il y a une unique personne, Dieu et homme, non pas un homme divinisé et un Dieu humanisé, mais Dieu homme et homme Dieu : en raison de l'unité de la personne, un seul Fils de Dieu, et le même Fils d'homme, Dieu parfait, homme parfait.
L'homme n'est parfait qu'avec l'âme et le corps ... ; nous non plus nous ne nions pas que dans le Christ ces trois sont vraiment présents, à savoir la divinité, l'âme et le corps. Mais parce qu'il est appelé en vérité Dieu et homme, dans le nom de " Dieu " est désigné tout ce qui est de Dieu, et dans celui d'" homme " est entendu tout ce qu'est l'homme. C'est pourquoi il suffit de confesser en lui l'une et l'autre : la substance parfaite de la divinité, et la substance parfaite de l'humanité ... La coutume ecclésiastique a l'habitude de nommer dans le Christ deux substances, à savoir celle de Dieu et celle de l'homme....

614


S'il est donc Dieu véritable, celui qui est né de la Vierge, comment peut-il être fils adoptif ou esclave ? Car vous n'osez aucunement confesser Dieu comme esclave ou comme fils adoptif ; et même si le prophète l'a appelé esclave, ce n'est pas en raison de la condition de servitude mais en raison de l'obéissance de l'humilité par laquelle il est devenu pour le Père " obéissant jusqu'à la mort " Ph 2,8.

Condamnation des adoptianistes.

615


Can. 1... Au début des chapitres on a commencé par l'hérésie impie et blasphématoire de l'évêque Eliphand de Tolède et de Félix d'Urgel et de leurs adeptes, qui dans leur pensée fausse affirmaient pour le Fils de Dieu une adoption : ce qu'ont contredit d'une seule voix et ont rejeté tous les très saints Pères susdits, et ils décidèrent que cette hérésie devait être éradiquée complètement de la sainte Eglise.