Préambule · Prologue · § 3

La Hauteur de l'Ecriture Sainte

1. La sainte Ecriture Sainte possède en outre dans son développement, une Hauteur consistant dans la description des hiérarchies ordonnées en degrés, la hiérarchie ecclésiastique, la hiérarchie angélique et la hiérarchie divine, appelées encore hiérarchies subcéleste, céleste et supracéleste, de sorte qu’elle décrit la première de ces hiérarchies en toute clarté, la seconde d’une manière un peu voilée, la troisième d’une manière secrète. La sainte Ecriture Sainte reçoit de la première une certaine hauteur, de la seconde une hauteur plus grande, de la troisième la hauteur suprême, de sorte que nous pouvons dire le mot du Prophète : « Prodige de savoir qui me dépasse, hauteur où je ne puis atteindre. »

Et ceci à juste titre car, étant donné que les choses possèdent l’être dans leur matérialité, qu’elles possèdent l’être dans notre âme par la connaissance acquise, qu’elles i’y possèdent aussi par la grâce et par la gloire, qu’elles possèdent enfin l’être dans l’art éternel, la philosophie certes traite des choses de la nature, soit que l’âme en ait une connaissance innée, soit qu’elle en ait une connaissance acquise. Mais la théologie, comme science fondée sur la foi et révélée par l’Esprit Saint, traite des choses relevant de la grâce, de la vision de gloire et de la sagesse éternelle. Aussi, la théologie, mettant à sa disposition la connaissance philosophique et assumant des natures des choses autant qu’elle en a besoin pour for mer le miroir qui lui permet de représenter les réalités divines, dresse comme une échelle qui, par le bas, touche la terre, et atteint au sommet le ciel. Elle accomplit ceci par l’unique hiérarque, Jésus-Christ, qui, non seulement en raison de la nature humaine assumée est hiérarque de la hiérarchie ecclésiastique, mais aussi de la hiérarchie angélique et personne médiane dans la hiérarchie supracéleste de la bienheureuse Trinité. De la sorte, par lui, la grâce d’onction descend du souverain chef Dieu, non seulement sur la barbe, mais aussi sur le col des tuniques, car elle atteint non seulement la Jérusalem céleste, mais aussi militante.

La beauté est grande dans le monde, elle est encore plus grande dans l’Eglise ornée de la beauté des charismes des saints, elle est plus grande encore dans la Jérusalem céleste, elle est suprême dans la Trinité souveraine et bienheureuse.

L’Ecriture Sainte ne possède donc pas seulement une matière très haute par laquelle elle délecte, elle surélève la pointe de l’esprit jusqu’en haut, elle est aussi pleine de séduction et délecte notre intelligence d’une manière admirable et, en la délectant de plus en plus, elle l’habitue aux visions et aux contemplations des divins spectacles.