Partie VI · Les sept médicaments sacramentels · Chapitre 10

La pénitence

Résumé de la matière

On appelle ce sacrement « la seconde planche de salut après le naufrage ». On peut y recourir après le naufrage du péché mortel, tant qu’on est dans cette vie, autant de fois qu’on veut implorer la miséricorde de Dieu. Ce sacrement possède des parties intégrantes :

1-  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ; la contrition du coeur,

2-  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ; la confession orale

3-  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ; la satisfaction des oeuvres.

Ainsi, la pénitence est complète lorsque le pécheur 1- renonce de fait toute faute mortelle commise, la confesse oralement, la déteste dans son coeur et se propose de ne jamais plus pécher. Lorsque ces conditions se rencontrent de la manière qui convient, l’absolution qui est donnée par le prêtre doté du pouvoir et la juridiction, l’homme est lavé du péché, réuni à l’Eglise et réconcilié avec le Christ. La juridiction qui revient en propre à l’évêque en tant qu’il est l’époux de l’Eglise, peut absoudre non du péché, mais encore l’excommunication et des peines.

Explication

Le Verbe Incarné qui est notre principe réparateur, par le fait même qu’il est Verbe, est la source de toute vérité et sagesse ; par le fait qu’il est Incarné, il est la source de la bonté et de la miséricorde. Il restaure donc l'humanité contre la maladie principale, qui est le péché mortel. Il le fait comme il convient par les remèdes sacramentels. En cela, il est un pontife 1- rempli de pitié et 2- un médecin expérimenté, 3- un juge équitable. Il manifeste dans notre guérison sa 1- bonté, sa 2- prudence et 3- sa justice souveraine.

1- En premier lieu, notre guérison du péché mortel par la pénitence, doit manifester la souveraine bonté du Christ. Il est le pontife plein de pitié ; Sa bonté surpasse tous les péchés de l’homme, quels qu'ils soient et aussi nombreux qu’ils soient, autant de fois qu’ils aient été commis. Il reçoit lui-même les pécheurs au pardon, non une fois ou deux, mais autant de fois qu’ils supplient la bonté de Dieu. Or, ce sont les gémissements de la pénitence qui attirent cette bonté. L’homme peut se comporter ainsi que tant qu’il est dans cette vie où il a le pouvoir de s’incliner vers le bien et vers le mal. Ainsi, on peut conclure que quels que soient la gravité, le moment et le nombre de ses fautes, le pécheur peut trouver le pardon dans le sacrement de pénitence.

2- En outre, dans notre guérison, doit se manifester la prudence du Christ qui est le médecin expert. La prudence du médecin supprime non seulement la maladie mais aussi sa cause. Or le péché contre Dieu vient de la délectation, du consentement et de l’accomplissement c’est-à-dire du coeur, de la bouche et de l’action. Ainsi, le médecin prudent a établi les dispositions suivantes : Le désordre du pécheur se fait selon ses trois puissances vitales -affective, discursive et opérative-. La guérison du pénitent se fait donc selon la triple puissance susdite : la pénitence est conçue dans le coeur par la componction ; elle est exprimée par la confession et elle est achevée dans les oeuvres par la satisfaction. Enfin, il est nécessaire, pour que le remède de la pénitence soit complet, que la pénitence porte sur tous les péchés, quant au passé par le déplaisir au sujet des péchés commis, quant au présent en cessant de les commettre et quant au futur par le propos de ne récidiver ni dans le même péché ni dans quelque autre. C’est en s’éloignant ainsi de la faute par la pénitence qu’on reçoit la grâce divine et qu’on obtient le pardon de tous les péchés.

3- Enfin, notre guérison doit manifester la justice du Christ juge. Puisqu'il ne lui est pas donné en personne de juger avant le jugement dernier, il a dû constituer des juges pour les jugements particuliers qui précèdent la fin. Ces juges sont des intermédiaires entre Dieu offensé et l’homme qui offense, intermédiaires proches du Christ et chefs du peuple. Les prêtres sont proches du Seigneur raison de leur charge. Ils ont été consacrés principalement pour son service. C’est pourquoi est conférée, à tous ceux qui sont dans l’ordre sacerdotal et à eux seuls, le pouvoir des deux clefs, à savoir la clef de la science pour discerner et la clef qui donne le pouvoir de lier et de délier pour porter un jugement et accorder l’absolution sacramentelle.

Vu l'importance de ces pouvoirs, on ne place pas n’importe qui à la tête dans l’Eglise militante. La hiérarchie ecclésiastique elle-même est ordonnée selon le pouvoir judiciaire ; or, ce pouvoir de lier et de délier a d’abord été concédé au seul premier et souverain prêtre, le Christ, chef suprême et détenteur du pouvoir universel. Descendant de lui, ce pouvoir se divise en diverses parties, de telle manière qu’il descend du chef unique dans les évêques puis dans les prêtres. Si chaque prêtre possède l’ordre et le pouvoir des clefs, ce pouvoir cependant ne s’étend qu’à ceux qui leur sont soumis de façon ordinaire sauf si un pouvoir plus étendu leur est concédé par la juridiction ordinaire. Comme cette juridiction réside principalement dans le chef suprême, ensuite dans l’évêque et enfin dans le prêtre qui a charge d’âme, elle peut être confiée à un autre homme par chacun d'eux, davantage par l’évêque et en plénitude par le chef suprême.

Une telle juridiction réside de manière suprême dans le souverain Pontife et même dans les évêques. Elle permet non seulement de juger entre Dieu et l’homme au for interne, mais aussi entre deux hommes au for externe. Ils sont ceux à qui ont été confiés le gouvernement et la garde de l’Eglise, comme l’épouse est confiée à l’époux. Les prélats ont donc le glaive qui leur permet

-  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ; de frapper par l’excommunication en faveur de la défense du droit,

-  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ; de prodiguer les trésors des mérites de l’Eglise, dont ils ont le dépôt et la garde et qui viennent tant de la tête que des membres.

-  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ; Cela se fait en déliant. Ils possèdent le pouvoir entier de lier et de délier par lequel ils peuvent punir les impénitents, réprimer les rebelles et absoudre les vrais pénitents et les réconcilier avec Dieu et avec la sainte Mère Eglise. Ils sont de vrais juges institués par Dieu.