Partie I · La Trinité de Dieu · Chapitre 1

Les sept parties de la théologie

Résumé de la matière

  ;Il faut comprendre pour commencer que la sainte doctrine, c’est-à-dire la théologie, qui parle principalement du premier principe, Dieu trois et un, traite dans son universalité de sept sujets :

1-  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ; La Trinité de Dieu

2-  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ; Le monde créature de Dieu.

3-  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ; La corruption introduite par le péché.

4-  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ; L’incarnation du Verbe.

5-  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ; La grâce de l’Esprit Saint.

6-  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ; Les remèdes sacramentels.

7-  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ;  ; L’aboutissement du jugement final.

Explication

  ;La sainte Ecriture Sainte ou théologie est la science qui donne une connaissance suffisante du premier principe pour l’homme ici-bas, selon que l'exige son salut. Or, Dieu n’est pas seulement le principe des choses et l’exemplaire effectif de la création, il est aussi principe et exemplaire réparateur dans la rédemption, principe et exemplaire perfectif dans la rétribution.

La théologie ne traite donc pas seulement de Dieu créateur, mais aussi de la création et de la créature. La créature raisonnable qui est d’une certaine façon, fin de toutes les autres créatures, n’a pas maintenu son état originel, mais en raison de sa chute a eu besoin d’être réparée ; la théologie traite donc aussi de la corruption du péché, puis du médecin, de la santé et de la médecine, et enfin de la guérison parfaite qui sera donnée dans la gloire, tandis que les impies seront rejetés dans le châtiment.

La théologie est donc, et elle seule, la scier parfaite, puisqu’elle commence au commencement, qui est le premier principe, et parvient jusqu’au terme, la récompense éternelle. Elle commence au sommet, le Dieu très haut, créateur de toutes choses, et s’étend jusqu’au plus bas, le supplice de l’enfer.

  ;Elle seule est la sagesse parfaite, car elle commence à la cause suprême, en tant que principe de tout ce qui a une cause, — là où se ter mine précisément la connaissance philosophique —, elle passe par la cause suprême qui est aussi remède des péchés, et retourne à la cause suprême en tant que celle-ci est la récompense des mérites et la fin des désirs.

Dans cet acte de connaissance se trouvent la par faite saveur, la vie, et le salut des âmes. C’est à s’y appliquer que doit donc s’enflammer le désir de tous les chrétiens.

  ;Ainsi est-il manifeste que la théologie, qui traite de questions si nombreuses et diverses, ne constitue pourtant qu’une seule science, dont le sujet, tour à tour :

— est Dieu, de qui viennent tous les êtres,

— est le Christ, par qui tous passent,

— est l’oeuvre rédemptrice, vers laquelle tendent, est l’unique lien de la charité qui enserre et unit tous les êtres, célestes ou terrestres, est le donné de la foi en tant que tel, tout entier contenu dans les livres canoniques,

— est le donné de la foi en tant qu’il est intelligible, c’est ce dont traitent les livres des commentateurs comme le dit saint Augustin dans son traité De utilitate credendi : « ce que nous croyons, nous le devons à l’autorité, mais l’exercice de notre intelligence sur notre foi, nous le devons à notre raison »