Chapitre 2

LA STRUCTURE DE LA MESSE, SES ÉLÉMENTS ET SES PARTIES

27

A la messe ou Cène du Seigneur, le peuple de Dieu est convoqué et rassemblé, sous la présidence du prêtre, qui agit en la personne du Christ, pour célébrer le mémorial du Seigneur, ou sacrifice eucharistique37. C´est pourquoi ce rassemblement local de la sainte Église réalise de façon éminente la promesse du Christ : "Lorsque deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis là, au milieu d´eux" (Mt 18, 20). En effet, dans la célébration de la messe où est perpétué le sacrifice de la croix38, le Christ est réellement présent dans l´assemblée elle-même réunie en son nom, dans la personne du ministre, dans sa Parole et aussi, mais de façon substantielle et permanente, sous les espèces eucharistiques39.

28

La messe comporte comme deux parties : la liturgie de la Parole et la liturgie eucharistique ; mais elles sont si étroitement liées qu´elles forment un seul acte de culte40. En effet, la messe dresse la table aussi bien de la parole de Dieu que du Corps du Christ, où les fidèles sont instruits et restaurés41. En outre, certains rites ouvrent la célébration et la concluent.

29

Lorsqu´on lit dans l´Église la sainte Écriture, c´est Dieu lui-même qui parle à son peuple, et c´est le Christ, présent dans sa parole, qui annonce l’Évangile.

30

De tout ce qui revient au prêtre, la Prière eucharistique occupe la première place, car elle est le sommet de toute la célébration. Viennent ensuite les oraisons, c´est-à-dire la prière d´ouverture (collecte), la prière sur les offrandes et la prière après la communion. Ces prières, dites par le prêtre qui préside l´assemblée en tenant la place du Christ en personne, s´adressent à Dieu au nom de tout le peuple saint et de tous ceux qui sont présents43. C´est donc à juste titre qu´on les nomme "oraisons présidentielles".

31

C´est encore au prêtre, dans sa fonction de président de l´assemblée, qu´il revient de prononcer certaines monitions prévues dans le rite lui-même. Là où les rubriques l’indiquent, il lui est permis de les adapter quelque peu pour qu’elles correspondent mieux à la compréhension des participants. Le prêtre aura soin cependant de toujours conserver le sens de la monition proposée dans le Missel, et de l’exprimer en peu de mots. Il revient également au prêtre qui préside de diriger la liturgie de la parole de Dieu, et de donner la bénédiction finale. Il lui est permis en outre, d’introduire les fidèles à la messe du jour par des paroles très brèves, après la salutation initiale et avant l’acte pénitentiel ; à la liturgie de la Parole, avant les lectures ; à la Prière eucharistique, avant la préface, mais jamais au cours de la prière elle-même ; et enfin de conclure toute la célébration, avant l’envoi des fidèles.

32

La nature des parties "présidentielles" exige qu´elles soient prononcées clairement et à haute voix, et qu´elles soient écoutées attentivement par tous44. Par conséquent, pendant que le prêtre les prononce, il n´y aura pas d´autres prières ni d´autres chants, l´orgue et les autres instruments resteront silencieux.

33

Le prêtre prie comme président, au nom de l’Eglise et de la communauté rassemblée ; il prie aussi parfois en son nom propre pour accomplir son ministère avec plus d’attention et de piété. Ces prières-là, proposées avant la lecture de l’Evangile, à la préparation des dons, avant et après la communion du prêtre, sont prononcées à voix basse.

34

Puisque, par sa nature, la célébration de la messe a un caractère « communautaire »45, les dialogues entre le prêtre et les fidèles rassemblés, ainsi que les acclamations, possèdent une grande signification46 : en effet, ce ne sont pas seulement des signes extérieurs de la célébration commune, mais des éléments qui favorisent et réalisent la communion entre le prêtre et le peuple.

35

Les acclamations des fidèles et leurs réponses aux salutations et aux prières du prêtre constituent un degré de participation active qui doit être réalisé par les fidèles rassemblés quelle que soit la forme de la messe, pour exprimer clairement et pour favoriser l´action de toute la communauté47.

36

Il y a d´autres parties qui sont très utiles pour manifester et favoriser la participation active des fidèles, et qui reviennent à toute l´assemblée, notamment l’acte pénitentiel, la profession de foi, la prière universelle et l´oraison dominicale.

37

Enfin, parmi les autres formules :

38

Dans les textes qui doivent être prononcés clairement et à voix haute par le prêtre, le diacre, le lecteur, ou par tous, le ton de voix doit répondre au genre du texte lui-même, selon qu´il s´agit d´une lecture, d´une prière, d´une monition, d´une acclamation ou d´un chant ; il doit répondre aussi à la forme de la célébration et à la solennité du rassemblement. En outre, on tiendra compte du caractère des diverses langues et de la mentalité des peuples.

39

L´Apôtre invite les fidèles qui se rassemblent dans l´attente de l´avènement de leur Seigneur, à chanter ensemble des psaumes, des hymnes et des cantiques inspirés (cf. Col 3, 16). Le chant est en effet le signe de l´allégresse du cœur (cf. Ac 2, 46). Aussi saint Augustin dit-il justement : "Chanter est le fait de celui qui aime"48, et selon un proverbe ancien : "Bien chanter, c’est prier deux fois".

40

On fera donc grand usage du chant dans les célébrations, en tenant compte de la mentalité des peuples et des aptitudes de chaque assemblée. S’il n’est pas toujours nécessaire, par exemple aux messes de semaine, de chanter tous les textes qui, par eux-mêmes, sont destinés à être chantés, on mettra tout le soin possible pour que le chant des ministres et du peuple ne soit pas absent des célébrations, les dimanches et fêtes de précepte.

41

Le chant grégorien, en tant que chant propre de la liturgie romaine, doit, toutes choses égales d’ailleurs, occuper la première place. Les autres genres de musique sacrée, et surtout la polyphonie, ne sont nullement exclues, pourvu qu’ils s’accordent avec l’esprit de l’action liturgique et qu’ils favorisent la participation de tous les fidèles.50

42

Les gestes et les attitudes du corps, tant ceux du prêtre, du diacre ou des ministres, que ceux du peuple doivent viser à ce que toute la célébration manifeste une belle et noble simplicité, que soit perçue toute la vraie signification de ses diverses parties et que soit favorisée la participation de tous52. On devra donc être attentif aux normes de cette Présentation générale et à la pratique reçue du rite romain ainsi qu’au bien commun spirituel du peuple de Dieu, plutôt qu’à ses goûts personnels et à son propre jugement.

43

Les fidèles se tiendront debout depuis le début du chant d´entrée, ou quand le prêtre se rend à l´autel, jusqu´à la prière d´ouverture (collecte) inclusivement ; au chant de l´Alléluia avant l´Évangile ; pendant la proclamation de l´Évangile ; pendant la profession de foi et la prière universelle ; et depuis l’invitation Orate fratres (Prions ensemble) avant la prière sur les offrandes jusqu´à la fin de la messe, excepté ce que l´on va dire.

44

Parmi les gestes, on compte aussi les actions et les processions quand le prêtre, avec le diacre et les ministres, se rend à l´autel ; quand le diacre porte à l’ambon l’Evangéliaire ou le Livre des évangiles avant la proclamation de l’Evangile ; quand les fidèles apportent les dons et s´approchent pour la communion. Il convient que ces actions et processions se déroulent avec beauté, tandis qu´on exécute les chants appropriés, selon les normes fixées pour chacune.

45

Le silence sacré fait partie de la célébration : il doit aussi être observé en son temps54. Sa nature dépend du moment où il trouve place dans chaque célébration. En effet, pendant l’acte pénitentiel et après l´invitation à prier, chacun se recueille ; après une lecture ou l´homélie, on médite brièvement ce qu´on a entendu ; après la communion, le silence permet la louange et la prière intérieure.

46

Les rites qui précèdent la liturgie de la Parole, c´est-à-dire le chant d´entrée (introït), la salutation, l’acte pénitentiel, le Kyrie, le Gloria et la prière d´ouverture (collecte), ont le caractère d´une ouverture, d´une introduction et d´une préparation.

47

Lorsque le peuple est rassemblé, tandis que le prêtre entre avec le diacre et les ministres, on commence le chant d´entrée (introït). Le but de ce chant est d´ouvrir la célébration, de favoriser l´union des fidèles rassemblés, d´introduire leur esprit dans le mystère du temps liturgique ou de la fête, et d´accompagner la procession du prêtre et des ministres.

48

Il est exécuté alternativement par la chorale et le peuple ou, de la même manière, par le chantre et le peuple, ou bien entièrement par le peuple ou par la chorale seule.On peut utiliser ou bien l´antienne avec son psaume qui se trouvent soit dans le Graduale romanum soit dans le Graduale simplex ; ou bien un autre chant accordé à l´action sacrée, au caractère du jour ou du temps, et dont le texte soit approuvé par la Conférence des évêques55.

49

Lorsqu´ils sont arrivés au “sanctuaire”*, le prêtre, le diacre et les ministres saluent l´autel par une inclination profonde.

50

Lorsque le chant d´entrée est fini, le prêtre, debout à son siège, fait le signe de la croix avec toute l´assemblée. Ensuite, en saluant la communauté rassemblée, il lui signifie la présence du Seigneur. Cette salutation et la réponse du peuple manifestent le mystère de l´Église rassemblée.

51

Ensuite, le prêtre invite à l’acte pénitentiel qui, après un bref instant de silence, est réalisé par toute la communauté en utilisant une formule de confession générale ; le prêtre la conclut par une absolution, qui n’a pas toutefois l’efficacité du sacrement de pénitence.

52

Après l’acte pénitentiel, on commence toujours le Kyrie eleison, à moins que cette invocation n´ait déjà trouvé place dans l’acte pénitentiel lui-même. Puisque c´est un chant par lequel les fidèles acclament le Seigneur et implorent sa miséricorde, il est habituellement exécuté par tous, le peuple, la chorale ou un chantre y tenant leur partie.

53

Le Gloria est une hymne très ancienne et vénérable par laquelle l´Église, rassemblée dans l´Esprit Saint, glorifie Dieu le Père ainsi que l´Agneau qu’elle supplie. On ne peut jamais remplacer le texte de cette hymne par un autre. Le Gloria est entonné par le prêtre ou, si cela est opportun, par un chantre ou par la chorale ; il est chanté soit par tous ensemble, soit par le peuple alternant avec la chorale, soit par la chorale elle-même. Si on ne le chante pas, il doit être récité par tous, ensemble ou par deux chœurs qui alternent.

54

Puis, le prêtre invite le peuple à prier ; et tous, avec le prêtre, font un instant de silence, pour prendre conscience qu´ils se tiennent en présence de Dieu, et pour mentionner intérieurement leurs intentions de prière. Ensuite le prêtre prononce la prière d’ouverture, appelée habituellement « collecte », qui exprime le caractère de la célébration. Selon l’antique tradition de l’Eglise, cette prière s’adresse habituellement à Dieu le Père, par le Christ, dans l´Esprit Saint57, et se termine par une conclusion trinitaire, c’est-à-dire par la conclusion longue, de la manière suivante :

55

La partie principale de la liturgie de la Parole est constituée par les lectures tirées de la sainte Écriture, avec les chants qui s´y intercalent. En outre, l´homélie, la profession de foi et la prière universelle la développent et la concluent. Car dans les lectures, que l´homélie explique, Dieu adresse la parole à son peuple58, il découvre le mystère de la rédemption et du salut et il offre une nourriture spirituelle ; et le Christ lui-même est là, présent par sa parole, au milieu des fidèles59. Cette parole divine, le peuple la fait sienne par le silence et les chants, et il y adhère par la profession de foi ; nourri par elle, il supplie avec la prière universelle pour les besoins de toute l´Église et pour le salut du monde entier.

56

La liturgie de la Parole doit se célébrer de manière à favoriser la méditation, c’est-à-dire en évitant toute forme de précipitation qui empêche le recueillement. Il est même bon qu’elle comprenne quelques brefs moments de silence, adaptés à l’assemblée réunie : par ce moyen, avec l’aide de l’Esprit Saint, la parole de Dieu est accueillie dans le cœur et la réponse de chacun se prépare dans la prière. Ces moments de silence peuvent être observés opportunément, par exemple avant de commencer la liturgie de la Parole, après la première et la seconde lecture, et enfin après l’homélie60.

57

Dans les lectures, la table de la parole de Dieu est dressée pour les fidèles, et les trésors bibliques leur sont ouverts61. Il importe par conséquent d’observer l’ordonnance des lectures bibliques, qui montre bien l’unité de l’un et l’autre Testament et de l’histoire du salut, et il n’est jamais permis de remplacer les lectures et le psaume responsorial, qui contiennent la parole de Dieu, par d’autres textes non bibliques62.

58

Dans la célébration de la messe avec peuple, les lectures sont toujours proclamées de l’ambon.

59

Traditionnellement, la fonction de proclamer les lectures n´est pas une fonction présidentielle, mais ministérielle. Les lectures seront donc proclamées par un lecteur et l’Evangile par le diacre ou, en son absence, par un autre prêtre. Toutefois s’il n’y a pas de diacre ou d’autre prêtre, le prêtre célébrant lira lui-même l´Évangile ; et s’il ne se trouve pas non plus d’autre lecteur idoine, le prêtre célébrant proclamera aussi les autres lectures.

60

La proclamation de l’Evangile constitue le sommet de la liturgie de la Parole. Il faut lui accorder la plus grande vénération. La liturgie elle-même nous l´enseigne puisqu’elle la distingue des autres lectures par des marques d’honneur spécifiques : soit de la part du ministre chargé de l´annoncer, qui s´y prépare par la bénédiction et la prière ; soit de la part des fidèles qui par leurs acclamations reconnaissent et professent que le Christ est présent et leur parle, et qui écoutent sa lecture debout ; soit par les signes de vénération adressés au Livre des Évangiles.

61

La première lecture est suivie du psaume responsorial qui fait partie intégrante de la liturgie de la Parole et a une grande importance liturgique et pastorale, car il favorise la méditation de la parole de Dieu.

62

Après la lecture qui précède immédiatement l’Evangile, on chante l´Alléluia ou un autre chant établi par les rubriques, selon ce que demande le temps liturgique. Ce genre d’acclamation constitue un rite ou un acte ayant valeur en lui-même, par lequel l’assemblée des fidèles accueille le Seigneur qui va leur parler dans l’Evangile, le salue et professe sa foi en chantant. L’acclamation est chantée par tous debout, la chorale ou le chantre donnant l’intonation et, le cas échéant, on répète l’acclamation ; le verset est chanté par la chorale ou le chantre.

63

Quand il n´y a qu´une seule lecture avant l´Évangile :

64

La séquence, qui est facultative sauf aux jours de Pâques et de la Pentecôte, est chantée avant l’Alléluia.

65

L´homélie fait partie de la liturgie et elle est fortement recommandée car elle est nécessaire pour nourrir la vie chrétienne63. Elle doit expliquer un aspect des lectures scripturaires, ou bien d´un autre texte de l´ordinaire ou du propre de la messe du jour, en tenant compte soit du mystère que l´on célèbre, soit des besoins particuliers des auditeurs64.

66

L’homélie doit être faite habituellement par le prêtre célébrant lui-même ou par un prêtre concélébrant à qui il l’aura demandé, ou parfois aussi, si cela est opportun, par un diacre, mais jamais par un laïc65. Dans des cas particuliers et pour une juste cause, l’homélie peut être faite aussi par l’évêque ou un prêtre qui participe à la célébration et qui ne peut pas concélébrer.

67

Le Symbole, ou profession de foi, vise à ce que tout le peuple rassemblé réponde à la parole de Dieu annoncée dans les lectures de la sainte Ecriture et expliquée dans l´homélie, et, en professant la règle de la foi dans une formule approuvée pour l’usage liturgique, se rappelle et professe les grands mystères de la foi avant que ne commence leur célébration dans l’Eucharistie.

68

Le Symbole doit être chanté ou dit par le prêtre avec le peuple, le dimanche et les jours de solennité ; on peut aussi le dire lors de célébrations particulières plus solennelles.

69

Dans la prière universelle, ou prière des fidèles, le peuple répond en quelque sorte à la parole de Dieu reçue dans la foi et, exerçant la fonction de son sacerdoce baptismal, présente à Dieu des prières pour le salut de tous. Il convient que cette prière ait lieu habituellement aux messes avec peuple, si bien que l´on fasse des supplications pour la sainte Église, pour ceux qui nous gouvernent, pour ceux qui sont accablés par diverses misères, pour tous les hommes et pour le salut du monde entier 67

70

Les intentions seront habituellement :

71

C´est au prêtre célébrant de diriger la prière, de son siège. Il l’introduit par une brève monition qui invite les fidèles à prier. Il la conclut par une oraison. Il faut que les intentions soient sobres, composées avec une sage liberté et en peu de mots, et qu’elles expriment la supplication de toute la communauté.

72

A la dernière Cène, le Christ a institué le sacrifice et le banquet pascal par lequel le sacrifice de la croix est sans cesse rendu présent dans l´Église lorsque le prêtre, représentant le Christ Seigneur, accomplit cela même que le Seigneur lui-même a fait et qu´il a transmis à ses disciples pour qu´ils le fassent en mémoire de lui69.

73

Au commencement de la liturgie eucharistique, on apporte à l´autel les dons qui deviendront le Corps et le Sang du Christ.

74

La procession qui apporte les dons est accompagnée par le chant d’offertoire (Cf. n. 37b) qui se prolonge au moins jusqu´à ce que les dons aient été déposés sur l´autel. Les normes qui concernent la manière d´exécuter ce chant sont les mêmes que pour le chant d´entrée (n. 48). Le chant peut toujours accompagner les rites de l’offertoire, même lorsqu’il n’y a pas de procession des dons.

75

Le pain et le vin sont déposés par le prêtre sur l’autel, geste qu’il accompagne des formules établies ; le prêtre peut encenser les dons placés sur l´autel, puis la croix et l´autel lui-même, pour signifier que l’oblation de l´Église et sa prière montent comme l´encens devant la face de Dieu. Puis, le diacre ou un autre ministre encense le prêtre, à cause de son ministère sacré, et le peuple, en raison de sa dignité baptismale.

76

Ensuite le prêtre se lave les mains sur le côté de l’autel, rite qui exprime le désir de purification intérieure.

77

Lorsqu´on a déposé les offrandes et terminé les rites d´accompagnement, on conclut la préparation des dons et on se prépare à la Prière eucharistique par l´invitation à prier avec le prêtre et par la prière sur les offrandes.

78

C´est maintenant que commence ce qui est le centre et le sommet de toute la célébration : la Prière eucharistique, prière d´action de grâce et de sanctification. Le prêtre invite le peuple à élever les cœurs vers le Seigneur dans la prière et l´action de grâce, et il se l´associe dans la prière qu´il adresse à Dieu le Père par Jésus Christ dans l’Esprit Saint, au nom de toute la communauté. Le sens de cette prière est que toute l´assemblée des fidèles s´unisse au Christ dans la confession des hauts faits de Dieu et dans l´offrande du sacrifice. La Prière eucharistique exige que tous l’écoutent avec respect et en silence.

79

On peut distinguer comme suit les principaux éléments qui forment la prière eucharistique :

80

Puisque la célébration eucharistique est le banquet pascal, il convient que, selon l´ordre du Seigneur, son Corps et son Sang soient reçus par les fidèles bien préparés comme une nourriture spirituelle. C´est à cela que tendent la fraction et les autres rites préparatoires par lesquels les fidèles sont immédiatement amenés à la communion.

81

Dans l´oraison dominicale, on demande le pain quotidien qui, pour les chrétiens, évoque surtout le pain eucharistique, et on y implore la purification des péchés, pour que les choses saintes soient vraiment données aux saints. Le prêtre prononce l´invitation à la prière, tous les fidèles disent celle-ci avec le prêtre, et le prêtre seul ajoute l´embolisme que le peuple conclut par la doxologie. L´embolisme, qui développe la dernière demande de l´oraison dominicale, demande pour toute la communauté des fidèles la libération de l’emprise du Mal. L´invitation, la prière proprement dite, l´embolisme et la doxologie par laquelle le peuple conclut cet ensemble, sont chantés ou dits à haute voix.

82

Vient ensuite le rite de la paix : l’Eglise implore la paix et l´unité pour elle-même et toute la famille humaine, et les fidèles expriment leur communion dans l’Eglise ainsi que leur amour mutuel avant de communier au sacrement.

83

Le prêtre rompt le pain eucharistique, aidé, le cas échéant, par le diacre ou un concélébrant. Le geste de la fraction, accompli par le Christ à la dernière Cène et qui a donné son nom à toute l’action eucharistique à l´âge apostolique, signifie que les multiples fidèles, dans la communion à l´unique pain de vie, qui est le Christ, mort et ressuscité pour le salut du monde, deviennent un seul Corps (1 Co 10, 17). La fraction commence après le rite de la paix, et se fait avec le respect qui s’impose, en évitant de le prolonger sans nécessité ou de lui donner trop d’importance. Ce rite est réservé au prêtre et au diacre.

84

Le prêtre, par une prière à voix basse, se prépare à recevoir avec fruit le Corps et le Sang du Christ. Les fidèles font de même par une prière silencieuse.

85

Il est très souhaitable que les fidèles, comme le prêtre est tenu de le faire lui-même, reçoivent le Corps du Seigneur avec des hosties consacrées au cours de cette même célébration et, dans les cas prévus (cf. n. 283), qu´ils participent au calice, afin que par ces signes mêmes, la communion apparaisse mieux comme la participation au sacrifice actuellement célébré73.

86

Pendant que le prêtre consomme le Sacrement, on commence le chant de communion pour exprimer par l´unité des voix l´union spirituelle entre les communiants, montrer la joie du cœur et mettre davantage en lumière le caractère « communautaire » de la procession qui conduit à la réception de l’Eucharistie. Le chant se prolonge pendant que les fidèles communient74. Mais il s’arrêtera au moment opportun s’il y a une hymne après la communion.

87

Pour le chant de communion, on peut prendre soit l´antienne du Graduale romanum, avec ou sans psaume, soit l´antienne avec son psaume du Graduale simplex, ou un autre chant approprié approuvé par la Conférence des évêques. Le chant est exécuté soit par la chorale seule, soit par la chorale ou le chantre avec le peuple.

88

Lorsque la distribution de la communion est achevée, le prêtre et les fidèles, si cela est opportun, prient en silence pendant un certain temps. Si on le décide ainsi, toute l´assemblée pourra aussi exécuter une hymne, un psaume, ou un autre chant de louange.

89

Pour achever la prière du peuple de Dieu et conclure tout le rite de communion, le prêtre dit la prière après la communion, dans laquelle il demande les fruits du mystère célébré.

90

Relèvent des rites de conclusion :

Notes

  1. Cf. Décret sur le ministère et la vie des prêtres, Presbyterorum ordinis, n. 5 ; Const. lit., n. 33.
  2. Cf. Conc. Trente, Sess. XXII, Doctrine du sacrifice de la messe, ch. 1 : D.S. 1740 ; cf. Paul VI, Profession de foi, du 30 juin 1968, n. 24 : DC (1968) p. 1256-1257.
  3. Cf. Const. lit., n. 7 ; Paul VI, Lettre encyclique Mysterium fidei, du 3 septembre 1965 : DC 1456 (1965), 1635 ; S. Cong. des Rites, Instruction Eucharisticum mysterium, du 25 mai 1967, n. 9 : DC 1496 (1967), 1098-1099.
  4. Cf. Const. lit., art. n. 56 ; S. Cong. des Rites, Instruction Eucharisticum mysterium, du 25 mai 1967, n. 3 : DC 1496 (1967), 1092-1095.
  5. Cf. Const. lit., nn. 48, 51 ; Const. sur la Révélation, Dei Verbum, n. 21 ; Décret sur le ministère et la vie des prêtres, n. 4.
  6. Cf. ibidem, n. 33.
  7. Cf. S. Cong. des Rites, Instr. Musicam sacram, du 5 mars 1967, n. 14 : DC 1490 (1967), 499.
  8. Cf. Const. lit., nn. 26 - 27 ; S. Cong. des Rites, Instr. Eucharisticum Mysterium, n. 3d : DC 1496 (1967), 1093.
  9. Cf. ibidem, n. 30.
  10. S. Cong. des Rites, Instr. Musicam sacram, n. 16a. : DC 1490 (1967), 500.
  11. Sermon 336, 1 : PL 38, 1472.
  12. Cf. Const. lit., n. 116 ; cf. aussi n. 30.
  13. Cf. Const. lit., nn. 30, 34 ; cf. aussi n. 21.
  14. Cf. Const. lit., n. 30. ; S. Cong. des Rites, Instr. Musicam sacram, n. 17 : DC 1490 (1967), 500.
  15. Cf. Jean-Paul II, Lettre apost. Dies Domini, du 31 mai 1998, n. 50 : DC 2186 (1998), 670.
  16. Cf. Tertullien, Contre Marcion, IV, 9 : PL 376A ; Origène, entretien avec Héraclide, n. 4, 24 : SC 67, p. 62 ; Statuta Concilii Hipponensis Breviata, 21 : CCSL 149, p. 39.
  17. Cf. Const. lit., n. 33.
  18. Cf. ibid., n. 7.
  19. Cf. Ordo lectionum missae, ed. typica altera, n. 28.
  20. Cf. Const. lit., n. 51.
  21. Cf. Jean-Paul II, Lettre apostolique Vicesimus quintus annus, du 4 décembre 1988, n. 13 : DC 1985 (1989), 521.
  22. Cf. Const. lit., n. 52 ; cf. Code de droit canonique, can. 767 § 1.
  23. Cf. S. Cong. des Rites, Instr. Inter Oecumenici, n. 54 : DC 1435 (1964), 1369.
  24. Cf. Code de droit canonique, can. 767 § 1 ; Conseil pontifical pour l’interprétation du Code, Réponse à un doute sur le can. 767 § 1 : A.A.S. 79 (1987), p. 1249 ; Instruction interdicastérielle sur certaines questions au sujet de la coopération des fidèles laïcs au ministère des prêtres, Ecclesiae de mysterio, du 15 août 1997, art. 3 : DC 2171 (1997), 1014-1015.
  25. Cf. Const. lit., n. 53.
  26. Cf. Const. lit., n. 47 ; S. Cong. des Rites, Instr. Eucharisticum mysterium, n. 3a, b : DC 1496 (1967), 1092-1093.
  27. S. Cong. des Rites, Instruction Eucharisticum mysterium, nn. 31, 32 : DC 1496 (1967), 1108-1109 ; S. Cong. pour la discipline des Sacrements, Instruction Immensae caritatis, du 29 janvier 1973, n. 2 : DC 1630 (1973), 359.
  28. Cf. S. Cong. pour les Sacrements et le Culte divin, Instruction Inaestimabile donum, du 3 avril 1980, n. 17 : DC 1789 (1980), 643.