La révision du Missel romain, effectuée en notre temps conformément aux décrets du IIe concile oecuménique du Vatican, a veillé avec soin à ce que tous les fidèles puissent apporter, dans la célébration eucharistique, cette participation pleine, consciente et active, qui est demandée par la nature de la liturgie elle-même et qui est pour eux, en vertu de leur condition, un droit et un devoir147.
L’évêque diocésain, qui “doit être considéré comme le grand prêtre de son troupeau, de qui découle et dépend en quelque manière la vie des fidèles dans le Christ”148, doit favoriser la vie liturgique dans son diocèse, la régler et veiller sur elle. C’est à lui que, dans cette Présentation, est confié le soin de régler la discipline de la concélébration (cf. nn. 202, 374), d’établir des normes sur la fonction de servir le prêtre à l’autel (cf. n. 107), sur la distribution de la communion sous les deux espèces (cf. n. 283), sur la construction et la disposition des églises (cf. n. 291). Mais c’est à lui qu’il revient en premier lieu de nourrir les prêtres, les diacres et les fidèles de l’esprit de la liturgie.
Les adaptations ci-dessous, qui exigent une plus large coordination, doivent être déterminées, selon la norme du droit, par la Conférence des évêques.
Il revient aux Conférences des évêques tout d’abord de préparer et d’approuver l’édition de ce Missel romain dans les langues vivantes reconnues, pour qu’après confirmation des actes par le Siège apostolique, elle soit mise en application dans les pays concernés149.
Il appartient aux Conférences des évêques de définir et, après confirmation des actes par le Siège Apostolique, d’introduire dans le Missel lui-même les adaptations indiquées dans cette Présentation et dans la liturgie de la messe, et qui concernent :
Il revient aussi aux Conférences de veiller avec un soin particulier aux traductions des textes bibliques qui sont employées dans la célébration de la messe. C’est de la sainte Ecriture en effet que sont tirés les textes qu’on lit et que l’homélie explique, ainsi que les psaumes que l’on chante ; c’est sous son inspiration et dans son élan que les prières, les oraisons et les hymnes liturgiques ont jailli, et c’est d’elle que les signes et les actions reçoivent leur sens150.
De même, il appartient aux Conférences des évêques de préparer avec grand soin la traduction des autres textes, pour que, tout en conservant le caractère propre de chaque langue, le sens du texte latin d’origine soit pleinement et fidèlement rendu. Pour accomplir cette tâche, on tiendra compte des divers genres littéraires utilisés dans le Missel, comme les prières présidentielles, les antiennes, les acclamations, les répons, les supplications litaniques, etc.. On ne perdra pas de vue que la traduction des textes n’est pas faite en premier lieu pour la méditation, mais plutôt pour la proclamation ou le chant dans l’action liturgique.
En raison de la place éminente que tient le chant dans la célébration, comme partie nécessaire ou intégrante de la liturgie152, il revient aux Conférences des évêques d’approuver des mélodies appropriées, surtout pour les textes de l’Ordinaire de la messe, pour les réponses et acclamations du peuple, et pour les rites particuliers durant l’année liturgique.
Il faut que chaque diocèse ait son calendrier et son propre des messes. De son côté, la Conférence des évêques établira le calendrier propre de la nation ou, en union avec d’autres Conférences, le calendrier d’un territoire plus vaste, qui devra être approuvé par le Siège Apostolique153.
Enfin, si la participation des fidèles et leur bien spirituel requièrent des changements et des adaptations plus profonds pour que la célébration liturgique corresponde à la mentalité et aux traditions des divers peuples, les Conférences des évêques pourront, selon la norme de l’article 40 de la Constitution sur la Sainte Liturgie, les proposer au Siège Apostolique pour qu’avec son consentement elles soient introduites ; et cela surtout en faveur des peuples à qui l’Evangile a été annoncé plus récemment156. On observera avec soin les normes particulières établies dans l’Instruction sur « la liturgie romaine et l’inculturation »157.
Avant pourtant d’en arriver à de nouvelles adaptations, surtout des adaptations plus en profondeur, il faudra soigneusement veiller à promouvoir avec sagesse et ordre l’information indispensable du clergé et des fidèles, à mettre en application les facultés déjà prévues et à appliquer pleinement les normes pastorales correspondant à l’esprit de la célébration.
On observera aussi le principe, selon lequel chaque Eglise particulière doit être en accord avec l’Eglise universelle, non seulement sur la doctrine de la foi et sur les signes sacramentels, mais aussi sur les usages reçus universellement de la tradition apostolique ininterrompue. On doit les observer non seulement pour éviter les erreurs, mais pour transmettre l’intégrité de la foi, car la règle de la prière (lex orandi) de l’Eglise correspond à sa règle de foi (lex credendi)159.
C’est pourquoi le Missel romain, tout en faisant place à la diversité des langues et à une certaine diversité de coutumes164, doit être reçu à l’avenir comme un instrument et un signe évident de l’intégrité et de l’unité du rite romain165.
