Puisque la liturgie des sacrements et des sacramentaux fait que, chez les fidèles bien disposés, presque tous les événements de la vie sont sanctifiés par la grâce divine qui découle du mystère pascal144, et puisque l'Eucharistie est le sacrement des sacrements, le missel fournit des modèles de messes et d'oraisons qu'en diverses occasions de la vie chrétienne on peut employer pour les besoins du monde entier, de l'Église universelle et de l'Église locale.
Si l'on considère la possibilité élargie de choisir les lectures et les oraisons, il convient d'employer avec mesure ces messes pour intentions diverses, c'est-à-dire quand les circonstances l'exigent.
Dans toutes les messes pour des intentions diverses, sauf indication contraire expresse, on peut employer, si elles s'accordent avec la célébration, les lectures de la férie avec les chants qui s'y intercalent.
Les messes pour des intentions diverses comprennent les messes rituelles, les messes pour intentions ou circonstances diverses, les messes votives.
Les messes rituelles sont liées à la célébration de certains sacrements ou sacramentaux. Elles sont interdites les dimanches de l'Avent, du Carême et du Temps pascal, aux solennités, pendant l'octave de Pâques, le 2 novembre, le Mercredi des Cendres, et pendant la Semaine sainte, en observant par ailleurs les règles qui sont données dans les rituels ou dans ces messes elles-mêmes.
Les messes pour intentions et circonstances diverses sont employées pour des besoins qui peuvent survenir soit occasionnellement, soit à dates fixes. Parmi ces messes l'autorité compétente peut choisir les messes pour les prières publiques dont la célébration, au cours de l'année, sera décidée par la Conférence des évêques.
En cas de besoin ou d’utilité pastorale particulièrement importante, la messe correspondante peut être célébrée, sur l'ordre ou avec la permission de l’évêque diocésain, tous les jours, sauf aux solennités, aux dimanches de l'Avent, du Carême et du Temps pascal, pendant l'octave de Pâques, le 2 novembre, le Mercredi des cendres et pendant la Semaine sainte.
Les messes votives des mystères du Seigneur, ou en l’honneur de la bienheureuse Vierge Marie, des Anges, de tel saint, ou de tous les Saints, peuvent être dites pour la piété des fidèles les jours de férie du Temps ordinaire (« per annum »), même s’il y a ce jour-là une mémoire facultative. Mais on ne peut pas célébrer comme messes votives les messes qui se rapportent aux mystères de la vie du Seigneur ou de la bienheureuse Vierge Marie, excepté la messe de son Immaculée conception, parce que leur célébration est liée au cours de l’année liturgique.
Les messes pour intentions et circonstances diverses et les messes votives sont prohibées les jours de mémoire obligatoire, ainsi qu'aux féries de l'Avent jusqu'au 16 décembre, du temps de Noël depuis le 2 janvier, et du Temps pascal après l'octave de Pâques. Cependant, si un besoin ou une utilité pastorale véritable le demande, on peut prendre, dans la célébration avec peuple, la messe correspondant à ce besoin ou à cette utilité, au jugement du recteur de l'église ou même du prêtre célébrant.
Aux féries du Temps ordinaire (« per annum ») comportant une mémoire facultative, ou bien quand on fait l'office de la férie, il est permis de célébrer n'importe quelle messe, ou d'employer n'importe quelle oraison pour des intentions diverses, excepté cependant les messes rituelles.
La mémoire facultative de sainte Marie les samedis du Temps ordinaire (« per annum ») est particulièrement recommandée, car dans la liturgie de l’Eglise, en premier lieu et avant tous les saints, la vénération s’adresse à la Mère du Rédempteur145.
L'Église offre le sacrifice eucharistique de la Pâque du Christ pour les défunts afin que, en raison de la communion qui unit tous les membres du Christ, l’aide spirituelle obtenue pour les uns apporte aux autres la consolation de l'espérance.
Parmi les messes des défunts, la messe des obsèques occupe la première place ; elle peut être célébrée tous les jours, sauf aux solennités de précepte, le Jeudi saint, le Triduum pascal et les dimanches de l'Avent, du Carême et du Temps pascal. On doit de plus observer tout ce qui est prescrit, selon la norme du droit146.
A l’annonce d’un décès, ou pour la dernière sépulture du défunt, ou le jour du premier anniversaire, on peut célébrer la messe des défunts, même pendant l'octave de Noël et les jours de mémoire obligatoire ou de férie sauf le Mercredi des cendres, et pendant la Semaine sainte.
Aux messes des obsèques, on fera ordinairement une brève homélie, en évitant toutefois toute apparence d'éloge funèbre.
On encouragera les fidèles, surtout les membres de la famille du défunt, à participer, y compris par la communion, au sacrifice eucharistique offert pour le défunt.
Si la messe des obsèques fait partie du rite des obsèques, lorsque l'on aura dit la prière après la communion, et en omettant les rites de conclusion, on accomplira le rite de la dernière recommandation, ou dernier adieu ; ce rite ne se célèbre qu'en présence du corps.
En organisant et en choisissant les parties variables de la messe des défunts, surtout de la messe des obsèques (par exemple les oraisons, les lectures, la prière universelle), on tiendra compte, comme il est juste, des motifs pastoraux relatifs au défunt, à sa famille, et à l'assistance.
