Fidèle à l´exemple du Christ, l´Église a toujours employé le pain et le vin avec de l´eau pour célébrer le banquet du Seigneur.
Le pain destiné à la célébration eucharistique doit être du pain de pur froment, de confection récente, et, selon la tradition ancienne de l´Église latine, du pain azyme.
La vérité du signe demande que la matière de la célébration eucharistique apparaisse vraiment comme une nourriture. Il convient donc que le pain eucharistique, tout en étant azyme et confectionné selon la forme traditionnelle, soit tel que le prêtre, à la messe célébrée avec peuple, puisse vraiment rompre l´hostie en plusieurs morceaux, et les distribuer au moins à quelques fidèles. Cependant, on n´exclut aucunement les petites hosties quand le nombre des communiants et d´autres motifs pastoraux en exigent l’emploi. Mais le geste de la fraction du pain, qui désignait à lui seul l´Eucharistie à l´âge apostolique, manifestera plus clairement la valeur et l´importance du signe de l´unité de tous en un seul pain, et du signe de la charité, du fait qu´un seul pain est partagé entre frères.
Le vin de la célébration eucharistique doit provenir du fruit de la vigne (cf. Lc 22, 18), être naturel et pur, c´est-à-dire sans mélange de substances étrangères.
On prendra soin de conserver en parfait état le pain et le vin destinés à l´Eucharistie ; on veillera donc à ce que le vin n´aigrisse pas, à ce que le pain ne se gâte, ni ne durcisse trop, ce qui rendrait difficile le geste de la fraction.
Il peut arriver que le prêtre, après la consécration ou quand il communie, s´aperçoive qu´il n´avait pas versé du vin mais de l´eau dans le calice ; qu´il vide alors cette eau dans un récipient et qu´il verse du vin avec de l´eau dans le calice ; il le consacrera en disant la partie du récit de l´institution qui se rapporte au calice, sans avoir à consacrer le pain à nouveau.
Pour la construction des églises, comme pour tout ce qui se rapporte au mobilier liturgique, l’Eglise accepte l’art de chaque région, et accueille les adaptations au génie et aux traditions des différents peuples, pourvu qu´effectivement tout corresponde bien à l´usage auquel est destiné le mobilier liturgique135.
Dans le choix des matériaux destinés au mobilier liturgique, en plus de ceux que l´usage a rendus traditionnels, on peut admettre aussi ceux que, selon l’esprit de notre temps, on estime nobles (cf. N° 390), qui sont durables et bien adaptés à l’usage liturgique. Pour chaque région, c´est la Conférence des évêques qui sera juge en la matière.
Parmi les objets requis pour célébrer la messe, on honore tout spécialement les vases sacrés et, parmi eux, le calice et la patène dans lesquels le vin et le pain sont offerts, consacrés et consommés.
Les vases sacrés seront en métal noble. S’ils sont faits d´un métal susceptible de rouiller ou qui soit moins noble que l´or, ils seront normalement dorés à l´intérieur.
Au jugement de la Conférence des évêques, après confirmation des actes par le Siège Apostolique, les vases sacrés peuvent être faits aussi en d’autres matières solides que, dans cette région, tout le monde juge nobles, comme l´ébène ou d’autres bois durs, pourvu que ces matières conviennent à l’usage sacré. Dans ce cas, on donnera toujours la préférence aux matières qui ne se brisent ni ne s´altèrent facilement. Cela vaut aussi pour tous les vases sacrés destinés à recevoir les hosties, comme la patène, le ciboire, la custode, l´ostensoir, et autres du même genre.
Les calices et les autres vases destinés à recevoir le Sang du Seigneur auront leur coupe en une matière non poreuse. Quant au pied, il pourra être fait d´autres matières, solides et dignes.
Pour la consécration des hosties, on peut employer fort à propos une patène assez grande, dans laquelle on mettra non seulement le pain pour le prêtre et le diacre mais aussi celui pour les autres ministres et les fidèles.
Quant à la forme des vases sacrés, l´artiste peut choisir celle qui correspond aux habitudes de chaque région, pourvu que chacun de ces vases soit adapté à l’usage liturgique, auquel il est destiné, et qu’on le distingue clairement des vases à usage quotidien.
Pour la bénédiction des vases sacrés, on observera les rites prescrits par les livres liturgiques136.
On maintiendra la coutume d’installer dans la sacristie une piscine pour y verser l’eau d’ablution des vases et des linges sacrés (cf. n. 280).
Dans l´Église, qui est le Corps du Christ, tous les membres n´exercent pas la même fonction. Cette diversité des ministères dans la célébration de l’Eucharistie se manifeste extérieurement par la diversité des vêtements liturgiques, qui doivent donc être le signe de la fonction propre à chaque ministre. Il faut cependant que ces vêtements contribuent aussi à la beauté de l´action liturgique. Il convient que les vêtements liturgiques des prêtres et des diacres, ainsi que des ministres laïcs, soient bénis avant de servir pour la liturgie, selon le rite prévu dans le Rituel romain137 .
Le vêtement liturgique commun aux ministres ordonnés et institués, de tout degré, est l´aube, serrée autour des reins par le cordon, à moins qu´elle ne soit confectionnée de telle manière qu’elle puisse s’ajuster même sans cordon. On mettra un amict avant de revêtir l´aube si celle-ci ne recouvre pas parfaitement l’habit commun autour du cou. On ne peut pas remplacer l´aube par le surplis, même sur la soutane, lorsque l´on doit revêtir la chasuble ou la dalmatique, ou, selon les prescriptions, l´étole seule sans la chasuble ou la dalmatique.
Le vêtement propre au prêtre célébrant, pour la messe et les autres actions sacrées en lien direct avec la messe, est la chasuble, à moins que ne soit prévu un autre vêtement à porter par-dessus l´aube et l´étole.
Le vêtement propre au diacre est la dalmatique qu´il doit revêtir par-dessus l´aube et l´étole ; en cas de nécessité pourtant ou pour un moindre degré de solennité, il peut ne pas la mettre.
Les acolytes, les lecteurs et les autres ministres laïcs peuvent porter l´aube ou un autre vêtement approuvé dans leur région par la Conférence des évêques (cf. n. 390).
Le prêtre porte l´étole autour du cou et la laisse pendre devant la poitrine ; le diacre la porte en sautoir, en travers de la poitrine, de l´épaule gauche au côté droit du corps, où elle se ferme.
Le pluvial, ou chape, est utilisé par le prêtre lors des processions et autres actions liturgiques, selon les rubriques propres à chaque rite.
En ce qui concerne la forme des vêtements liturgiques, les Conférences des évêques peuvent définir et proposer au Siège Apostolique les adaptations correspondant aux besoins et aux habitudes de chaque pays138.
Pour la confection des vêtements liturgiques, outre les matières traditionnelles, on peut employer les fibres naturelles propres à chaque pays, ainsi que certaines fibres artificielles pourvu qu´elles conviennent à la dignité de l´action sacrée et de celui qui l´accomplit. En ce domaine, la Conférence des évêques sera juge139.
La beauté et la noblesse du vêtement ne doit pas tenir à l´abondance des ornements surajoutés, mais à la matière employée et à la forme du vêtement. Celui-ci pourra présenter des motifs, des images ou des symboles qui indiquent un usage sacré, et l’on écartera ceux qui jureraient avec lui.
La variété des couleurs pour les vêtements liturgiques vise à exprimer efficacement et visiblement ce qui caractérise les mystères de foi que l´on célèbre et par suite le sens de la vie chrétienne qui progresse à travers le déroulement de l´année liturgique.
L’emploi de diverses couleurs des vêtements liturgiques, on observera l´usage reçu, c´est-à-dire :
On célèbre les messes rituelles avec leur couleur propre ou bien en blanc ou en couleur de fête. On célèbre les messes pour intentions et circonstances diverses avec la couleur propre du jour ou du temps, ou bien en violet si elles ont un caractère pénitentiel (par ex. nn. 31, 33, 38). On dit les messes votives avec la couleur qui convient à la messe célébrée ou bien avec la couleur propre du jour ou du temps.
Outre les vases sacrés ou les vêtements liturgiques, pour lesquels une matière déterminée est fixée, tout le reste du mobilier destiné à un usage liturgique proprement dit140, ou qui est admis dans l´église à un autre titre, doit être digne et répondre à sa destination.
Il faut veiller tout particulièrement à ce que les livres liturgiques, surtout l’Evangéliaire et le lectionnaire, destinés à la proclamation de la parole de Dieu et jouissant par conséquent d’une vénération particulière, soient vraiment dans l’action liturgique signes et symboles des réalités célestes, et donc vraiment dignes, nobles et beaux.
On apportera en outre tout le soin requis à ce qui touche directement l’autel et la célébration eucharistique, par exemple la croix de l’autel et la croix de procession.
On s´efforcera de respecter sérieusement les exigences de l´art même pour les objets de moindre importance, dans lesquels une noble simplicité s´associera toujours à la propreté.
