Chapitre 1

IMPORTANCE ET DIGNITÉ DE LA CÉLÉBRATION EUCHARISTIQUE

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La célébration de la messe, comme action du Christ et du peuple de Dieu organisé hiérarchiquement, est le centre de toute la vie chrétienne pour l´Église, aussi bien universelle que locale, et pour chacun des fidèles22. C´est en elle en effet que se trouve le sommet de l´action par laquelle Dieu, dans le Christ, sanctifie le monde, et du culte que l’humanité offre au Père, en l´adorant dans l’Esprit Saint par le Christ Fils de Dieu23. En outre, c´est dans cette célébration que les mystères de la Rédemption, au cours du cycle annuel, sont commémorés de telle sorte qu´ils sont rendus présents d´une certaine façon24. Quant aux autres actions sacrées et à toutes les oeuvres de la vie chrétienne, elles s´y relient, elles y trouvent leur source et leur fin25.

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Il est donc de la plus grande importance que la célébration de la messe, c´est-à-dire de la Cène du Seigneur, soit réglée de telle façon que les ministres et les fidèles, y participant selon leur condition, en recueillent pleinement les fruits26 que le Christ Seigneur a voulu nous faire obtenir en instituant le sacrifice eucharistique de son Corps et de son Sang, et en le confiant, comme le mémorial de sa passion et de sa résurrection, à l´Église, son épouse bien-aimée27.

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Ce résultat sera obtenu si, en tenant compte de la nature de chaque assemblée et des diverses circonstances qui la caractérisent, la célébration tout entière est organisée pour favoriser chez les fidèles cette participation consciente, active et plénière du corps et de l´esprit, animée par la ferveur de la foi, de l´espérance et de la charité. Une telle participation est souhaitée par l´Église et demandée par la nature même de la célébration ; elle est un droit et un devoir pour le peuple chrétien en vertu de son baptême28.

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La présence et la participation active des fidèles, qui manifestent plus clairement la nature ecclésiale de la célébration29, ne sont pas toujours réalisables. Cependant la célébration eucharistique possède toujours son efficacité et sa dignité, car elle est l´acte du Christ et de l´Église, dans lequel le prêtre accomplit sa principale fonction et agit toujours pour le salut du peuple.

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Mais, comme la célébration de l´Eucharistie, de même que toute la liturgie, se fait par des signes sensibles par lesquels la foi se nourrit, se fortifie et s´exprime31, il faut apporter un très grand soin à choisir et à organiser les formes et les éléments proposés par l´Église. Car ceux-ci, compte tenu des circonstances de personnes et de lieux, peuvent développer plus intensément la participation active et plénière, et répondre plus exactement aux besoins spirituels des fidèles.

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C´est pourquoi cette Présentation vise à donner les lignes générales selon lesquelles la célébration de l´Eucharistie sera bien organisée, et à expliquer les règles selon lesquelles seront établies les différentes formes de célébration32.

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La célébration de l’Eucharistie dans les Eglises particulières est également de la plus haute importance.

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En outre, pour que la célébration corresponde plus pleinement aux prescriptions et à l’esprit de la liturgie, et que son efficacité pastorale soit plus grande, on trouvera exposées dans cette Présentation et dans l’Ordinaire de la messe quelques aménagements et adaptations.

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Ces adaptations, pour la plupart, consistent dans le choix de certains rites ou de certains textes, comme les chants, les lectures, les prières, les monitions et les gestes, qui répondent mieux aux besoins, à la formation et à la mentalité des participants, et qui sont confiés au prêtre célébrant. Celui-ci se souviendra cependant qu’il est le serviteur de la liturgie et qu’il ne peut de son propre chef ajouter, enlever ou changer quoi que ce soit dans la célébration de la messe34.

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Le Missel signale en outre, chaque fois en son lieu, certaines adaptations qui, selon la Constitution sur la liturgie, sont de la compétence soit de l’évêque diocésain soit de la Conférence des évêques35 (cf. ci-dessous, nn. 387, 388-393).

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Pour ce qui est des adaptations et des changements plus importants qu’il serait utile ou nécessaire d’introduire pour faire droit aux traditions et à la mentalité des peuples et des régions, selon l’esprit de l’art. 40 de la Constitution sur la Liturgie, on observera ce qui est exposé dans l’instruction sur la liturgie romaine et l’inculturation36 et ci-dessous (nn. 395-399).

Notes

  1. Cf. Const. lit., n. 41 ; Const. dogm. sur l'Église, n. 11 ; Décret sur le ministère et la vie des prêtres, nn. 2, 5, 6 ; Décret sur la charge pastorale des évêques, n. 30 ; Décret sur l'Oecuménisme, n. 15 ; Instruction Eucharisticum mysterium, nn. 3e, 6 : DC 1496 (1967), 1094, 1096-1097.
  2. Cf. Const. lit. n. 10.
  3. Cf. ibid., n. 102.
  4. Cf. Const. lit. n. 10 ; Décret sur le ministère et la vie des prêtres, Presbyterorum ordinis, n. 5.
  5. Cf. Const. lit., nn. 14, 19, 26, 28, 30.
  6. Cf. ibid., n. 47.
  7. Cf. ibid., n. 14.
  8. Cf. ibid., n. 41.
  9. Cf. Const. lit., n. 59.
  10. Pour les célébrations particulières de la messe, on observera ce qui est établi : cf. pour les messes de petits groupes, S. Cong. pour le Culte divin, Instruction Actio pastoralis, du 15 mai 1969 : DC (1970), 213-215 et la Note de la Commission épiscopale de liturgie de la Conférence des évêques de France du 5 février 1970 ; pour les messes d’enfants : Directoire des messes d’enfants, du 1er novembre 1973. Sur la manière de joindre la liturgie des heures et la messe : Présentation générale de la liturgie des Heures, nn. 93-98 ; sur la manière de joindre certaines bénédictions et le couronnement d’une statue de la Vierge Marie et la messe : Rituel romain, Livre des bénédictions, préliminaires, n. 28 ; Rituel du couronnement d’une statue de la Vierge Marie, nn. 10 et 14.
  11. Cf. Const. lit., n. 22.
  12. Cf. encore ibidem, nn. 38, 40 ; Paul VI, Const. apostolique Missale romanum, ci-dessous, p. xxxx.
  13. Cong. du Culte divin et de la discipline des sacrements, Instruction Varietates legitimae, du 25 janvier 1994 : DC 2093 (1994), 435-446.