Chapitre 4

LES DIVERSES FORMES DE CÉLÉBRATION DE LA MESSE

112

Dans l´Église locale, on accordera évidemment le premier rang, en raison de ce qu´elle signifie, à la messe présidée par l´évêque entouré de son presbyterium, des diacres et des ministres laïcs91, et à laquelle le saint peuple de Dieu participe de façon plénière et active. Car c´est alors la principale manifestation de l´Église.

113

On doit aussi estimer grandement la messe célébrée avec une communauté, surtout paroissiale, en tant que cette communauté représente l´Église universelle, à un moment et dans un lieu déterminés ; et cela vaut surtout pour la célébration communautaire du dimanche93.

114

Parmi les messes célébrées par certaines communautés, une place particulière revient à la messe conventuelle comme faisant partie de l´Office quotidien, ou à la messe dite "de communauté". Et bien que ces messes ne comportent aucune forme spéciale de célébration, il convient tout particulièrement qu´elles soient avec chant, et surtout que tous les membres de la communauté y participent pleinement, qu´il s´agisse de religieux ou de chanoines. Dans ces messes, en effet, chacun exerce sa fonction selon l´Ordre ou le ministère qu´il a reçu. Il est bien que tous les prêtres qui ne sont pas tenus de célébrer individuellement dans l´intérêt des fidèles, y concélèbrent dans la mesure du possible. En outre, tous les prêtres de la communauté tenus de célébrer individuellement pour le bien pastoral des fidèles peuvent concélébrer, le même jour, la messe conventuelle ou "de communauté”94. Il importe, en effet, que les prêtres qui sont présents à une célébration eucharistique exercent d’ordinaire la fonction de leur Ordre propre, sauf si une juste cause les en excuse, et par conséquent qu’ils y participent comme concélébrants revêtus des vêtements liturgiques. Sinon, ils porteront leur propre habit de chœur ou le surplis sur la soutane.

115

On entend par "messe avec peuple" celle qui se célèbre avec la participation des fidèles. Aussi, il est bon que, dans la mesure du possible, surtout les dimanches et aux fêtes de précepte, la célébration soit chantée et réunisse un nombre convenable de ministres95 ; cependant, elle peut aussi se faire sans que l´on chante, et avec un seul ministre.

116

Quelle que soit la messe célébrée, s’il y a un diacre, il exercera sa fonction. Habituellement, il est bon aussi qu´il y ait auprès du prêtre célébrant un acolyte, un lecteur et un chantre. Mais le rite qu´on va décrire ci-dessous prévoit la possibilité d´avoir un plus grand nombre de ministres.

117

L´autel sera couvert d’au moins une nappe de couleur blanche. Sur l´autel ou alentour, on mettra des chandeliers avec des cierges allumés : au moins deux pour toute célébration, ou même quatre, ou six, surtout s’il s’agit de la messe dominicale ou d’une fête de précepte, ou encore sept si c´est l´évêque du diocèse qui célèbre. Il y aura aussi sur l´autel ou à proximité une croix avec l’effigie du Christ crucifié. Les chandeliers et la croix avec l’effigie du Christ crucifié pourront être portés dans la procession d´entrée. Sur l´autel même, on pourra mettre, à moins qu´on ne le porte dans la procession d´entrée, l’Evangéliaire, distinct du livre des autres lectures.

118

On préparera aussi :

119

Dans la sacristie, selon les diverses formes de célébration, on préparera les vêtements liturgiques du prêtre (cf. nn. 337-341), du diacre et des autres ministres :

120

Lorsque le peuple est rassemblé, le prêtre et les ministres, portant les vêtements liturgiques, s´avancent vers l´autel, dans l´ordre suivant :

121

Pendant la procession vers l´autel, on exécute le chant d´entrée (cf. n. 47-48).

122

Lorsqu´ils sont parvenus à l´autel, le prêtre et les ministres font une inclination profonde.

123

Le prêtre monte à l´autel et le vénère par un baiser. Ensuite, si cela est opportun, il encense la croix et l’autel, en en faisant le tour.

124

Cela fait, le prêtre gagne son siège. Quand le chant d´entrée est achevé, tous, prêtre et fidèles, debout, font le signe de la croix. Le prêtre dit : In nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti (Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit). Le peuple répond : Amen.

125

Vient ensuite l’acte pénitentiel. Puis on chante ou on dit le Kyrie, selon les rubriques (cf. n. 52)

126

Aux célébrations où cela est prescrit, on chante ou on dit le Gloria (cf. n. 53).

127

Ensuite, le prêtre invite le peuple à la prière. Les mains jointes, il dit : Oremus (Prions ensemble). Et tous, avec lui, prient en silence pendant un instant. Alors le prêtre, les mains étendues, dit la prière d´ouverture (collecte) à la fin de laquelle le peuple dit l´acclamation Amen.

128

La prière d’ouverture (collecte) achevée, tous s’assoient. Le prêtre peut, en quelques mots très brefs, introduire les fidèles à la liturgie de la Parole. Le lecteur se rend à l´ambon où le lectionnaire est déjà en place avant la messe, et il y proclame la première lecture que tous écoutent. A la fin, le lecteur dit l’acclamation : Verbum Domini (Parole du Seigneur), et tous répondent  : Deo gratias (Nous rendons grâce à Dieu).

129

Ensuite le psalmiste ou le lecteur lui-même dit le psaume, auquel le peuple répond habituellement par un refrain (cf. n. 61).

130

S´il y a une deuxième lecture avant l´Evangile, le lecteur la proclame à l´ambon ; tous l’écoutent et, à la fin, répondent par l´acclamation comme indiqué ci-dessus (n. 128). Puis, si cela est opportun, on peut observer un bref moment de silence.

131

Ensuite tous se lèvent et on chante l´Alléluia, ou un autre chant, selon les exigences du temps liturgique (cf. n. 62-64).

132

Pendant qu´on chante l´Alléluia ou un autre chant, le prêtre met l´encens, si on l´emploie à cette messe, et le bénit. Puis, les mains jointes, et profondément incliné devant l´autel, il dit à voix basse : Munda cor meum (Purifie mon cœur)..

133

Alors, si l’Evangéliaire est sur l´autel, il le prend et, précédé par les ministres laïcs qui peuvent tenir l´encensoir et les cierges, il se rend à l´ambon, en portant l’Evangéliaire un peu élevé. Tous se tiennent debout, tournés vers l’ambon, manifestant ainsi le respect particulier dû à l’Evangile du Christ.

134

A l´ambon, le prêtre ouvre le livre et, les mains jointes, dit : Dominus vobiscum (Le Seigneur soit avec vous). Le peuple répond : Et cum spiritu tuo (Et avec votre esprit). Le prêtre annonce ensuite : Lectio sancti Evangelii (Evangile de Jésus Christ selon N.), en faisant le signe de la croix avec le pouce sur le livre, puis sur lui-même au front, à la bouche et à la poitrine. Tous se signent de la même manière. Le peuple acclame : Gloria tibi, Domine (Gloire à toi, Seigneur). Si l´on emploie l´encens, le prêtre encense le livre (cf. nn. 276-277). Puis il proclame l´Évangile. A la fin, il ajoute : Verbum Domini (Acclamons la parole de Dieu), et le peuple acclame  : Laus tibi, Christe (Louange à toi, Seigneur Jésus !). Le prêtre baise le livre en disant à voix basse : Per evangelica dicta (Que cet Evangile efface nos péchés)..

135

S´il n´y a pas de lecteur, le prêtre proclame lui-même toutes les lectures et le psaume, debout à l´ambon. C´est au même endroit qu´il met l´encens, si on l´emploie, qu’il le bénit et que, profondément incliné, il dit : Munda cor meum (Purifie mon cœur).

136

Le prêtre, debout à son siège ou à l´ambon ou, si cela est opportun, à un autre endroit approprié, fait l´homélie, à la fin de laquelle on peut observer un moment de silence.

137

Le Symbole est chanté ou récité par le prêtre avec le peuple, tous se tenant debout (cf. n. 68). Aux mots : Et incarnatus est (Par l’Esprit Saint, il a pris chair), etc. tous s´inclinent profondément ; et, aux solennités de l´Annonciation et de Noël, tous font la génuflexion.

138

Après le Symbole, le prêtre, debout à son siège et les mains jointes, invite les fidèles à la prière universelle par une brève monition. Puis le chantre, ou un lecteur ou quelqu’un d’autre, tourné vers le peuple, dit les intentions de l’ambon ou d’un autre endroit qui convient, et de son côté le peuple participe à la supplication par sa réponse. Enfin le prêtre, les mains étendues, dit la prière de conclusion.

139

Lorsque la prière universelle est achevée, tous s’assoient et on commence le chant d’offertoire (cf. n. 74). L’acolyte ou un autre ministre laïc met sur l´autel le corporal, le purificatoire, le calice, la pale et le missel.

140

Il est bien que la participation des fidèles se manifeste par l´offrande du pain et du vin pour la célébration de l´Eucharistie, comme par d´autres dons destinés à subvenir aux besoins de l´Église et des pauvres.

141

Le prêtre, à l´autel, reçoit la patène avec le pain, et il la tient des deux mains un peu élevée au-dessus de l´autel, en disant à voix basse : Benedictus es, Domine (Tu es béni). Ensuite, il dépose la patène avec le pain sur le corporal.

142

Puis, se tenant sur le côté de l´autel, le prêtre verse dans le calice le vin et un peu d´eau qu’un ministre lui présente dans les burettes, et il dit à voix basse : Per huius aquae (Comme cette eau). Revenu au milieu de l´autel, il élève un peu le calice qu´il tient des deux mains, en disant à voix basse : Benedictus es, Domine (Tu es béni). Puis il dépose le calice sur l´autel et, si cela est opportun, le couvre de la pale.

143

Après avoir déposé le calice sur l´autel, le prêtre, profondément incliné, dit à voix basse : In spiritu humilitatis (Humbles et pauvres).

144

Ensuite, si on emploie l’encens, le prêtre en met dans l’encensoir, le bénit sans rien dire et encense les offrandes, la croix et l´autel. C’est le ministre qui, en se tenant sur le côté de l’autel, encense le prêtre, puis le peuple.

145

Après la prière In spiritu humilitatis (Humbles et pauvres), ou après l´encensement, le prêtre, debout sur le côté de l´autel, se lave les mains, en disant à voix basse : Lava me, Domine (lave-moi de mes fautes) tandis que le ministre verse l´eau.

146

Revenu ensuite au milieu de l´autel, le prêtre, en se tournant vers le peuple, et en étendant puis en joignant les mains, invite le peuple à la prière en disant : Orate, fratres (Prions ensemble). Le peuple se lève et répond : Suscipiat Dominus (Pour la gloire de Dieu). Ensuite, le prêtre, les mains étendues, dit la prière sur les offrandes. A la fin, le peuple répond : Amen.

147

Le prêtre commence alors la Prière eucharistique. Il choisit, selon les rubriques, une de celles qui se trouvent dans le Missel romain ou qui ont été approuvées par le Siège Apostolique. La Prière eucharistique exige, de par sa nature, que seul le prêtre la prononce, en vertu de son ordination. Le peuple s’associe au prêtre dans la foi et en silence, ainsi que par les interventions prévues au cours de la prière : les réponses au dialogue de la préface, le Sanctus, l’acclamation après la consécration, l’acclamation Amen après la doxologie finale, ainsi que les autres acclamations approuvées par la Conférence des évêques et reconnues par le Saint-Siège.

148

Le prêtre commence la Prière eucharistique en étendant les mains ; il chante ou dit : Dominus vobiscum (Le Seigneur soit avec vous), et le peuple répond : Et cum spiritu tuo (Et avec votre esprit). Il reprend en élevant les mains : Sursum corda (Elevons notre cœur). Le peuple répond : Habemus ad Dominum (Nous le tournons vers le Seigneur). Puis le prêtre ajoute, les mains étendues : Gratias agamus Domino Deo nostro (Rendons grâce au Seigneur notre Dieu), et le peuple répond : Dignum et iustum est (Cela est juste et bon). Alors le prêtre, les mains étendues, poursuit la préface. Lorsqu´elle est finie, les mains jointes, avec toute l’assistance, il chante ou il dit à voix haute : Sanctus (Saint !) (cf. n. 79b).

149

Le prêtre continue la Prière eucharistique, selon les rubriques qui se trouvent dans chacune de ces prières.

150

Un peu avant la consécration, un ministre, si cela est opportun, avertit les fidèles avec la clochette. Puis, il sonne également la clochette à chaque élévation du pain et du vin, conformément aux usages de chaque lieu. Si l’on emploie l’encens, quand le prêtre montre l’hostie et le calice au peuple après la consécration, un ministre les encense.

151

Après la consécration, le prêtre dit : Mysterium fidei (Il est grand, le mystère de la foi), et le peuple poursuit par l’acclamation correspondante, selon l’une des formules prescrites.

152

Lorsque est achevée la Prière eucharistique, le prêtre, les mains jointes, dit la monition qui précède l´oraison dominicale, puis il poursuit avec le peuple, les mains étendues.

153

Lorsque l´oraison dominicale est terminée, les mains étendues, le prêtre dit seul l´embolisme Libera nos (Délivre-nous), et à la fin le peuple acclame : Quia tuum est regnum (Car c’est à toi qu’appartiennent).

154

Ensuite le prêtre, les mains étendues, dit à haute voix la prière : Domine Iesu Christe, qui dixisti (Seigneur Jésus Christ, tu as dit à tes Apôtres). Lorsqu´elle est finie, il étend puis joint les mains et il dit, tourné vers le peuple Pax Domini sit semper vobiscum (Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous). Le peuple répond : Et cum spiritu tuo (Et avec votre esprit). Ensuite, si cela est opportun, le prêtre ajoute : Offerte vobis pacem (Frères, dans la charité du Christ, donnez-vous la paix).

155

Après cela, le prêtre prend l´hostie, la rompt au-dessus de la patène, et en met une parcelle dans le calice en disant à voix basse : Haec commixtio (Que le Corps et le Sang). Pendant ce temps, le chœur et le peuple chantent ou disent : Agnus Dei (Agneau de Dieu) (cf. n. 83).

156

Alors le prêtre dit, à voix basse et les mains jointes, la prière pour la communion : Domine Iesu Christe, Filii Dei vivi (Seigneur Jésus Christ, Fils du Dieu vivant) ou Perceptio Corporis et Sanguinis (Seigneur Jésus Christ, que cette communion)..

157

Cette prière terminée, le prêtre fait la génuflexion, prend l´hostie consacrée à cette même messe et, la tenant un peu élevée au-dessus de la patène ou du calice, tourné vers le peuple, il dit : Ecce Agnus Dei (Voici l’Agneau de Dieu), et il ajoute avec le peuple : Domine, non sum dignus (Seigneur, je ne suis pas digne).

158

Ensuite, en se tournant vers l´autel, le prêtre dit à voix basse : Corpus Christi custodiat me in vitam aeternam (Que le Corps du Christ me garde pour la vie éternelle), et il consomme avec respect le Corps du Christ. Puis il prend le calice, dit à voix basse : Sanguis Christi custodiat me in vitam aeternam (Que le Sang du Christ me garde pour la vie éternelle), et boit avec respect le Sang du Christ.

159

Pendant que le prêtre consomme le Sacrement, on commence le chant de communion (cf. n. 86).

160

Le prêtre prend alors la patène ou le ciboire, et s´approche des communiants qui ordinairement s’avancent en procession.

161

Si la communion est donnée seulement sous l´espèce du pain, le prêtre montre à chacun l´hostie en l´élevant légèrement et dit : Corpus Christi (Le Corps du Christ). Le communiant répond : Amen, et reçoit le Sacrement dans la bouche ou bien, là où cela c’est autorisé, dans la main, selon son choix. Celui qui reçoit la sainte hostie pour communier la consomme aussitôt et intégralement.

162

Pour distribuer la communion, le prêtre peut se faire aider par d’autres prêtres qui seraient là. S’il n’y en a pas et que le nombre des communiants soit vraiment élevé, le prêtre peut faire appel pour l’aider à des ministres extraordinaires, c’est-à-dire à un acolyte institué ou même à d’autres fidèles qui sont députés pour accomplir ce rite97. En cas de nécessité, le prêtre peut, pour l’occasion, députer des fidèles capables98.

163

Lorsque la distribution de la communion est achevée, le prêtre consomme lui-même aussitôt à l’autel le vin consacré qui pourrait rester ; quant aux hosties consacrées qui restent, ou il les consomme à l’autel, ou il les porte au lieu destiné à conserver l’Eucharistie.

164

Après cela, le prêtre peut revenir au siège. On peut observer, pendant un certain temps, un silence sacré ou bien chanter un psaume, un cantique de louange ou une hymne (cf. n. 88).

165

Ensuite, debout au siège ou à l´autel, le prêtre tourné vers le peuple dit, les mains jointes : Oremus (Prions), puis il prononce, les mains étendues, la prière après la communion, que peut précéder un bref moment de silence, à moins qu´on n´ait déjà gardé le silence aussitôt après la communion. A la fin de la prière, le peuple répond : Amen.

166

Une fois achevée la prière après la communion, on fera, si c´est utile, de brèves annonces au peuple.

167

Ensuite le prêtre, étendant les mains, salue le peuple en disant : Dominus vobiscum (Le Seigneur soit avec vous), et le peuple lui répond : Et cum spiritu tuo (Et avec votre esprit). Joignant de nouveau les mains et, aussitôt, posant la main gauche sur la poitrine et élevant la main droite, le prêtre ajoute : Benedicat vos omnipotens Deus (Que Dieu tout-puissant vous bénisse) et, faisant le signe de croix sur le peuple, il continue : Pater, et Filius, et Spiritus Sanctus (Le Père, le Fils et le Saint-Esprit). Tous répondent : Amen.

168

Aussitôt après la bénédiction, le prêtre, les mains jointes, ajoute : Ite, missa est (Allez, dans la paix du Christ) : et tous répondent : Deo gratias (Nous rendons grâce à Dieu).

169

Habituellement le prêtre vénère alors l´autel par un baiser et, après l´avoir salué par une inclination profonde avec les ministres laïcs, il se retire avec eux.

170

Si la messe est suivie d’une autre action liturgique, on omet le rite de conclusion, c´est-à-dire la salutation, la bénédiction et l’envoi.

171

Quand un diacre est présent à une célébration eucharistique, il exerce son ministère revêtu des vêtements liturgiques :

172

S’il porte en procession l’Evangéliaire un peu élevé, le diacre marche devant le prêtre qui se rend à l´autel ; sinon, il s’avance à côté de lui.

173

Lorsqu´il y est parvenu, le diacre monte à l’autel en omettant l’inclination s’il porte l’Evangéliaire. Puis, comme cela est souhaitable, il dépose l’Evangéliaire sur l’autel et vénère celui-ci d´un baiser en même temps que le prêtre.

174

Une fois l’autel encensé, il gagne le siège avec le prêtre, il y demeure à côté de lui, et lui rend les services nécessaires.

175

Pendant qu´on chante l´Alléluia ou une autre acclamation, si on emploie l’encens, le diacre sert le prêtre pour l’imposition ; puis, profondément incliné devant le prêtre, il demande sa bénédiction, en disant à mi-voix : Iube, domne, benedicere (Père, bénissez-moi). Le prêtre le bénit en disant : Dominus sit in corde tuo (Que le Seigneur soit dans ton cœur). Le diacre fait sur lui-même le signe de la croix et répond : Amen. Ensuite, après une inclination à l’autel, il prend l’Evangéliaire qui y a été déposé et il se rend à l´ambon en portant le livre un peu élevé, précédé par le thuriféraire avec l’encensoir fumant et les ministres avec les cierges allumés. Là, il salue le peuple en disant les mains jointes : Dominus vobiscum (Le Seigneur soit avec vous). Puis quand il dit : Lectio sancti Evangelii (Evangile de Jésus Christ), il signe du pouce le livre, puis se signe lui-même au front, à la bouche et à la poitrine, il encense le livre et proclame l´Évangile. Celui-ci terminé, il dit : Verbum Domini (Acclamons la Parole de Dieu), et tous répondent : Laus tibi, Christe (Louange à toi, Seigneur Jésus). Il vénère alors le livre par un baiser en disant à voix basse : Per evangelica dicta (Que cet Evangile efface) et revient auprès du prêtre.

176

S’il n’y a pas d’autre lecteur idoine, le diacre fera aussi les autres lectures.

177

Après l´introduction du prêtre, le diacre dit lui-même les intentions de la prière universelle, habituellement de l´ambon.

178

Après la prière universelle, tandis que le prêtre reste à son siège, le diacre prépare l´autel, aidé par l’acolyte ; cependant, c´est lui qui prend soin des vases sacrés. Il assiste aussi le prêtre pour recevoir les dons du peuple. Puis il remet au prêtre la patène avec le pain à consacrer ; il verse le vin et un peu d´eau dans le calice, en disant à voix basse : Per huius aquae (Comme cette eau), et il présente ensuite le calice au prêtre. Il peut faire cette préparation du calice à la crédence.

179

Pendant la Prière eucharistique, le diacre se tient auprès du prêtre, mais un peu en arrière, pour le servir, quand il le faut, au calice ou au Missel.

180

A la doxologie finale de la Prière eucharistique, le diacre, se tenant à côté du prêtre, tient le calice élevé, tandis que le prêtre élève la patène avec l´hostie, jusqu´à ce que le peuple ait acclamé Amen.

181

Après que le prêtre a dit la prière pour la paix et Pax Domini sit semper vobiscum (Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous), et que le peuple a répondu : Et cum spiritu tuo (Et avec votre esprit), c´est le diacre qui, si cela est opportun, invite à la paix en disant, les mains jointes et tourné vers le peuple : Offerte vobis pacem (Frères et sœurs, dans la charité du Christ, donnez-vous la paix). Lui-même reçoit du prêtre la paix, et il peut la donner aux ministres les plus proches de lui.

182

Lorsque le prêtre a communié, le diacre reçoit du prêtre lui-même la communion sous les deux espèces puis il aide le prêtre à donner la communion au peuple. Si l´on donne la communion sous les deux espèces, c´est lui qui présente le calice aux communiants et, quand il a terminé, il consomme aussitôt à l’autel avec respect tout ce qui reste du Sang du Christ, en se faisant aider, le cas échéant, par les autres diacres et prêtres.

183

Lorsque la communion est achevée, le diacre revient à l´autel avec le prêtre, recueille les fragments s´il y en a, puis porte le calice et les autres vases sacrés à la crédence ; là, il les purifie et les range comme d’habitude, tandis que le prêtre retourne au siège. Il est permis cependant de laisser à la crédence, sur un corporal, les vases à purifier, convenablement recouverts, et de les purifier aussitôt après la messe, une fois le peuple renvoyé.

184

Une fois dite la prière après la communion, le diacre fait au peuple les brèves annonces, au cas où ce serait utile, à moins que le prêtre ne veuille le faire lui-même.

185

Si l’on emploie la prière sur le peuple ou la formule de bénédiction solennelle, le diacre dit : Inclinate vos ad benedictionem (Inclinez-vous pour la bénédiction). Lorsque le prêtre a donné la bénédiction, le diacre envoie le peuple en disant, les mains jointes et tourné vers lui : Ite, missa est (Allez, dans la paix du Christ).

186

Ensuite, avec le prêtre, il baise l´autel et, après avoir fait une inclination profonde, s´en retourne en procession, comme il était venu.

187

Les fonctions que l´acolyte peut remplir sont diverses. Il arrive même que certaines d´entre elles doivent s´exercer en même temps. Il convient donc qu´elles soient réparties entre plusieurs personnes. S´il n´y a qu´un acolyte, il accomplit les fonctions les plus importantes ; les autres étant confiées à d´autres ministres.

188

Lorsqu´on se rend à l´autel, l´acolyte peut porter la croix entre deux ministres qui portent les cierges allumés. Lorsqu´il arrive à l´autel, il installe la croix près de celui-ci pour qu’elle soit la croix de l’autel ; sinon, il la met dans un endroit digne. Puis il gagne sa place dans le sanctuaire.

189

Pendant toute la célébration, l´acolyte doit pouvoir se rendre auprès du prêtre ou du diacre pour leur présenter le livre ou les assister quand il en est besoin. Autant que possible, il convient donc de prévoir pour lui une place d´où il puisse facilement remplir sa fonction soit au siège soit à l´autel.

190

Une fois achevée la prière universelle, l´acolyte, en l´absence d´un diacre, pose sur l´autel le corporal, le purificatoire, le calice, la pale et le missel, tandis que le prêtre reste au siège. Ensuite, s´il y a lieu, il assiste le prêtre pour recevoir les dons du peuple. Puis, éventuellement, il porte à l´autel le pain et le vin et les remet au prêtre. Si l´on emploie l´encens, il présente l´encensoir au prêtre et assiste celui-ci pour l´encensement des dons, de la croix et de l´autel. Ensuite il encense le prêtre et le peuple.

191

Si c’est nécessaire, l’acolyte institué, en tant que ministre extraordinaire de la communion, peut assister le prêtre pour donner la communion aux fidèles100. Lorsque la communion est donnée sous les deux espèces, et qu’il n’y a pas de diacre, il présente le calice aux communiants ou bien, si la communion est donnée par intinction, il tient le calice.

192

De même, après la communion, l’acolyte institué aide le prêtre ou le diacre à purifier les vases sacrés et à les remettre à leur place. En l´absence d´un diacre, il porte les vases sacrés à la crédence, où il les purifie, les essuie et les remet à leur place comme d’habitude.

194

En l´absence d´un diacre, lorsqu´on se rend à l´autel, le lecteur, portant un vêtement approuvé, peut porter, en l’élevant un peu, l’Evangéliaire. Dans ce cas, il marche devant le prêtre. Autrement, il se place avec les autres ministres.

195

Lorsqu´il arrive à l´autel, il fait avec les autres une inclination profonde. S´il porte l’Evangéliaire, il monte à l´autel pour y déposer le livre ; puis il gagne sa place avec les autres ministres dans le sanctuaire.

196

Il lit, de l´ambon, les lectures qui précèdent l´Évangile. A défaut de psalmiste, il peut dire le psaume responsorial après la première lecture.

197

Pour la prière universelle, en l´absence du diacre, le lecteur peut, de l’ambon, dire les intentions après que le prêtre a introduit la prière.

198

S´il n´est pas prévu de chanter à l´entrée ou à la communion, et que les antiennes proposées au missel ne sont pas dites par les fidèles, il peut les lire au moment opportun (cf. nn. 48, 87).

199

La concélébration, qui manifeste heureusement l´unité du sacerdoce et du sacrifice, ainsi que l´unité du peuple de Dieu tout entier, est prescrite par le rite lui-même : à l´ordination d´un évêque ou à celle de prêtres, à la messe pour la bénédiction d´un abbé, et à la messe chrismale.

200

On accueillera volontiers à la concélébration eucharistique les prêtres de passage, pourvu que l’on connaisse leur identité sacerdotale.

201

Là où il y a un grand nombre de prêtres, la concélébration peut avoir lieu plusieurs fois le même jour, si la nécessité ou l’utilité pastorale le demande ; cela doit cependant se faire à des moments successifs, ou bien en différents lieux sacrés102.

202

Il appartient à l´évêque, conformément au droit, de régler la discipline de la concélébration dans toutes les églises et oratoires de son diocèse.

203

On doit particulièrement estimer la concélébration où les prêtres d´un diocèse concélèbrent avec leur propre évêque, à la messe “stationale” surtout aux jours de grande solennité de l’année liturgique, à la messe d’ordination du nouvel évêque du diocèse, de son coadjuteur, ou de son auxiliaire, à la messe chrismale, à la messe du Jeudi saint au soir en mémoire de la Cène du Seigneur, aux célébrations du saint fondateur de l’Eglise locale ou du patron du diocèse, aux anniversaires de l’évêque, enfin à l’occasion du synode ou de la visite pastorale103.

204

Pour un motif particulier, à cause de la signification du rite ou de l´importance de la fête, il est permis de célébrer ou de concélébrer plusieurs fois le même jour, dans les cas suivants :

205

La messe concélébrée, quelle qu´en soit la forme, suit les règles à observer communément (cf. nn. 112-198), en les conservant ou en les changeant sur les points indiqués ci-dessous.

206

Personne ne sera jamais admis à concélébrer une fois la messe commencée.

208

S’il n’y a pas de diacre, quelques-uns des concélébrants accompliront les fonctions qui lui reviennent.

209

Les concélébrants revêtent à la sacristie ou dans un autre local approprié les vêtements liturgiques qu´ils ont l´habitude de prendre lorsqu´ils célèbrent la messe individuellement. Toutefois, pour une juste cause, par exemple un nombre très élevé de concélébrants, qui fait qu’on manque d’ornements, les concélébrants, excepté toujours le célébrant principal, pourront se passer de chasuble, et porter l’étole sur l’aube.

210

Lorsque tout est bien préparé, on se rend comme ordinairement à l´autel en procession dans l´église. Les prêtres concélébrants précèdent le célébrant principal.

211

Lorsqu´ils sont parvenus à l´autel, les concélébrants et le célébrant principal, après avoir fait une inclination profonde, vénèrent l’autel d’un baiser, puis gagnent les sièges qui leur ont été attribués. Le célébrant principal, si cela est opportun, encense la croix et l´autel, après quoi il rejoint son siège.

212

Pendant la liturgie de la Parole, les concélébrants se tiennent à leur place. Ils s´assoient et se lèvent comme le célébrant principal.

213

Ordinairement, c’est le célébrant principal qui prononce l´homélie, ou bien l´un des concélébrants.

214

Le célébrant principal fait la préparation des dons (cf. nn. 139-146), les autres concélébrants restant à leur place.

215

Une fois la prière sur les offrandes dite par le célébrant principal, les concélébrants s´approchent de l´autel et se placent tout autour, mais de façon à ne pas gêner l´accomplissement des rites et à permettre aux fidèles de bien voir l´action sacrée ; ils ne doivent pas non plus gêner le diacre lorsque celui-ci, en raison de son ministère, doit s´approcher de l´autel.

216

La préface est chantée ou dite uniquement par le prêtre célébrant principal. Mais le Sanctus est chanté ou récité par tous les concélébrants avec le peuple et la chorale.

217

Le Sanctus achevé, les prêtres concélébrants poursuivent la Prière eucharistique de la manière décrite ci-dessous. Seul, le célébrant principal fait les gestes, à moins d’indication différente.

218

Les parties prononcées par tous les concélébrants ensemble, et surtout les paroles de la consécration, que tous sont tenus de prononcer, doivent être récitées à mi-voix, si bien que l´on entende clairement la voix du célébrant principal. De cette manière les mots seront mieux saisis par le peuple.

219

Dans la Prière eucharistique I, ou Canon romain, le célébrant principal seul, les mains étendues, dit : Te igitur (Père infiniment bon).

220

Il convient de confier à un ou à deux concélébrants le Memento des vivants (Souviens-toi), et le Communicantes (Dans la communion)  ; chacun dit ces prières seul, les mains étendues et à haute voix.

221

Hanc igitur (Voici l’offrande) est dit de nouveau par le célébrant principal seul, les mains étendues.

222

De Quam oblationem (Sanctifie pleinement) à Supplices (Nous t’en supplions), le célébrant principal fait seul les gestes, mais tous les concélébrants prononcent ensemble tous les textes de la façon suivante :

223

Il convient de confier le Memento des défunts (Souviens-toi), et le Nobis quoque peccatoribus (Et nous, pécheurs) à l’un ou l’autre des concélébrants ; chacun dit ces prières seul, les mains étendues et à haute voix.

224

Aux mots Nobis quoque peccatoribus (Et nous, pécheurs) tous les concélébrants se frappent la poitrine.

225

Per quem haec omnia (C’est par lui) est dit par le célébrant principal seul.

226

Dans la Prière eucharistique II, Vere Sanctus (Toi qui es vraiment saint) est dit par le célébrant principal seul, les mains étendues.

227

Depuis Haec ergo dona (Sanctifie ces offrandes) jusqu´à Et supplices (Humblement, nous te demandons), tous les concélébrants disent ensemble tous les textes, de la manière suivante :

228

Il convient de confier les intercessions pour les vivants : Recordare, Domine (Souviens-toi, Seigneur) et pour les défunts : Memento etiam fratrum nostrorum (Souviens-toi aussi) à l’un ou l’autre des concélébrants dont chacun dit ces prières seul, les mains étendues et à voix haute.

229

Dans la Prière eucharistique III, Vere Sanctus (Tu es vraiment saint) est dit par le célébrant principal seul, les mains étendues.

230

Depuis Supplices ergo te, Domine ( C’est pourquoi nous te supplions) jusqu´à Respice, quaesumus (Regarde, Seigneur), tous les concélébrants disent ensemble tous les textes, de la manière suivante :

231

Il convient de confier les intercessions : Ipse nos, Haec hostia nostrae reconciliationis (Que l´Esprit Saint fasse de nous) et Fratres nostros (Et maintenant, nous te supplions, Seigneur), à l’un ou l’autre des concélébrants, dont chacun dit ces prières seul, les mains étendues et à voix haute.

232

Dans la Prière eucharistique IV, Confitemur tibi, Pater sancte (Père très saint, nous proclamons) jusqu´à omnem sanctificationem compleret (achève toute sanctification) est dit par le célébrant principal seul, les mains étendues.

233

Depuis Quaesumus igitur, Domine (Que ce même Esprit Saint) jusqu´à Respice, Domine (Regarde, Seigneur), tous les concélébrants disent ensemble tous les textes, de la manière suivante :

234

Il convient de confier les intercessions Nunc ergo, Domine, omnium recordare et Nobis omnibus (à partir de : Et maintenant Seigneur) à l´un ou l’autre des concélébrants qui les dit seul, les mains étendues et à voix haute.

235

Pour les autres Prières eucharistiques approuvées par le Saint-Siège, on observera les normes établies pour chacune d’elles.

236

La doxologie finale de la Prière eucharistique est prononcée uniquement par le célébrant principal et, s’il le souhaite, avec tous les concélébrants, mais non par les fidèles.

237

Ensuite le célébrant principal, les mains jointes, dit la monition qui précède l´oraison dominicale, puis les mains étendues, il dit avec les autres concélébrants qui eux aussi étendent les mains, et avec tout le peuple l´oraison dominicale elle-même.

238

Libera nos ( Délivre-nous) est dit par le célébrant principal seul, les mains étendues. Tous les concélébrants, avec le peuple, prononcent l´acclamation finale : Quia tuum est regnum (Car c’est à toi qu’appartiennent).

239

Après la monition du diacre ou, en son absence, d´un concélébrant : Offerte vobis pacem (Frères, donnez-vous la paix du Christ), tous se donnent la paix mutuellement. Ceux qui sont les plus rapprochés du célébrant principal reçoivent de lui la paix avant le diacre.

240

Pendant qu´on dit l´Agnus Dei (Agneau de Dieu), les diacres ou quelques-uns des concélébrants peuvent aider le célébrant principal à rompre les hosties pour la communion des concélébrants et celle du peuple.

241

Lorsque l´immixtion est accomplie, seul le célébrant principal, les mains jointes, dit à voix basse l’une des deux prières Domine Iesu Christe, Filii Dei vivi (Seigneur Jésus Christ, Fils du Dieu vivant) ou Perceptio Corporis et Sanguinis (Seigneur Jésus Christ, que cette communion à ton Corps et à ton Sang).

242

Lorsque la prière avant la communion est achevée, le célébrant principal fait la génuflexion et s´écarte un peu. Les concélébrants, l´un après l´autre, viennent au milieu de l´autel, font la génuflexion, prennent à l´autel le Corps du Christ avec respect, le tenant de la main droite, posée sur la main gauche et retournent à leur place. Cependant les concélébrants peuvent rester à leur place et prendre le Corps du Christ sur la patène, que tiennent le célébrant principal ou l´un ou plusieurs des concélébrants qui passent devant eux ; ou bien ils se transmettent la patène de l´un à l´autre jusqu´au dernier.

243

Ensuite le célébrant principal prend l´hostie consacrée à cette messe et, en la tenant un peu élevée au-dessus de la patène ou du calice, tourné vers le peuple, il dit : Ecce Agnus Dei (Voici l’Agneau de Dieu)et il poursuit en disant, avec les concélébrants et le peuple : Domine, non sum dignus (Seigneur, je ne suis pas digne).

244

Puis le célébrant principal, tourné vers l´autel, dit à voix basse : Corpus Christi custodiat me in vitam aeternam (Que le Corps du Christ me garde pour la vie éternelle), et il consomme avec respect le Corps du Christ. Les concélébrants font de même, en se communiant eux-mêmes. Après eux, le diacre reçoit du célébrant principal le Corps et le Sang du Seigneur.

245

On peut consommer le Sang du Christ soit en buvant directement au calice, soit par intinction, soit en employant un chalumeau, ou une cuiller.

246

Si la communion se fait en buvant directement au calice, on peut employer une des manières suivantes.

247

Le diacre consomme avec respect à l’autel tout ce qui reste du Sang du Christ, en se faisant aider, le cas échéant, par quelques concélébrants, puis il porte le calice à la crédence. Là, lui-même ou un acolyte institué le purifie, l´essuie et le range comme à l’ordinaire (cf. n. 183).

248

On peut encore organiser la communion des concélébrants de telle manière que chacun à l’autel communie au Corps et, aussitôt après, au Sang du Seigneur.

249

Si la communion des concélébrants se fait par intinction, le célébrant principal prend le Corps et le Sang du Seigneur de la manière habituelle, en veillant seulement à ce qu´il reste dans le calice assez de vin consacré pour la communion des concélébrants. Puis le diacre ou l´un des concélébrants dispose convenablement le calice au milieu ou sur un côté de l’autel, sur un autre corporal, avec une patène contenant des morceaux d’hostie.

250

Le célébrant principal, à son siège, fait tout le reste comme d´habitude (cf. nn. 166-168) jusqu´à la fin de la messe, les concélébrants demeurant à leur siège.

251

Avant de quitter l´autel, les concélébrants font devant lui une inclination profonde. Le célébrant principal accompagné du diacre vénère, comme d’habitude, l´autel par un baiser.

252

Quand un prêtre célèbre la messe et n´a qu´un seul ministre pour l´assister et lui répondre, il observera les rites de la messe avec peuple (cf. nn. 120-169) , le ministre prononçant, quand cela convient, les réponses du peuple.

253

Si pourtant le ministre est un diacre, il accomplit les fonctions qui sont les siennes (cf. nn. 171-186) et prononce aussi les réponses du peuple.

254

Le prêtre ne célébrera pas sans ministre ou sans la présence d’au moins un fidèle sauf pour une cause juste et raisonnable. En ce cas, les salutations, les monitions et la bénédiction à la fin de la messe sont omises.

255

Les vases sacrés nécessaires sont préparés avant la messe, soit sur une crédence, soit sur le côté droit de l´autel.

256

Le prêtre vient à l’autel et, après avoir fait avec le ministre une inclination profonde, le vénère par un baiser et se rend au siège ; s’il le juge bon, il peut rester à l’autel ; dans ce cas, le missel y sera préparé. Le ministre ou le prêtre lit alors l´antienne d´ouverture.

257

Ensuite le prêtre, debout et avec le ministre, fait sur lui-même le signe de la croix en disant : In nomine Patris (Au nom du Père). Puis tourné vers le ministre, il le salue par l’une des formules proposées.

258

Ensuite il accomplit l’acte pénitentiel et dit le Kyrie et le Gloria, selon les rubriques.

259

Ensuite, les mains jointes, il dit : Oremus (Prions ensemble)et, après une pause convenable, les mains étendues, il dit la prière d´ouverture (collecte). A la fin, le ministre répond : Amen.

260

Autant que possible, les lectures sont faites de l’ambon ou d’un pupitre.

261

Une fois la collecte dite, le ministre lit la première lecture et le psaume et, quand on doit la dire, la deuxième lecture et le verset de l´Alléluia ou un autre chant.

262

Puis le prêtre, profondément incliné, dit Munda cor meum (Purifie mon cœur) et lit l´Evangile. A la fin, il dit : Verbum Domini (Acclamons la parole de Dieu), et le ministre répond : Laus tibi, Christe (Louange à toi, Seigneur Jésus !). Puis le prêtre vénère le livre par un baiser, en disant à voix basse : Per evangelica dicta (Que cet Evangile).

263

Le prêtre récite ensuite le Symbole, selon les rubriques, avec le ministre.

264

Vient alors la prière universelle, qui peut se dire même à cette messe ; le prêtre introduit et conclut la prière et le ministre dit les intentions.

265

Pour la liturgie eucharistique, tout se fait comme dans la messe avec peuple, sauf ce qui suit.

266

Une fois achevée l´acclamation à la fin de l´embolisme qui suit l’oraison dominicale, le prêtre dit la prière Domine Iesu Christe, qui dixisti (Seigneur Jésus Christ, tu as dit) ; puis, il ajoute : Pax Domini sit semper vobiscum (Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous), à quoi le ministre répond : Et cum spiritu tuo (Et avec votre esprit). Si cela est opportun, le prêtre donne la paix au ministre.

267

Puis, pendant qu´il dit l´Agnus Dei (Agneau de Dieu) avec le ministre, le prêtre rompt l´hostie au-dessus de la patène. Une fois achevé l´Agnus Dei (Agneau de Dieu), il fait l´immixtion en disant à voix basse : Haec commixtio (Que le Corps et le Sang).

268

Après l´immixtion, le prêtre dit à voix basse l’une des prières Domine Iesu Christe, Filii Dei vivi (Seigneur Jésus Christ, Fils du Dieu vivant) ou Perceptio (Seigneur Jésus Christ, que cette communion) ; ensuite, il fait la génuflexion, prend l´hostie et, si le ministre communie, il dit, tourné vers lui et tenant l´hostie un peu élevée au-dessus de la patène ou du calice : Ecce Agnus Dei (Voici l’Agneau de Dieu), et, avec lui, il poursuit en disant Domine, non sum dignus (Seigneur, je ne suis pas digne). Ensuite, tourné vers l´autel, il consomme le Corps du Christ. Si toutefois le ministre ne reçoit pas la communion, le prêtre, après avoir fait la génuflexion, prend l´hostie et, tourné vers l´autel, dit à voix basse : Domine, non sum dignus (Seigneur, je ne suis pas digne) et Corpus Christi custodiat (Que le Corps du Christ me garde), puis il consomme le Corps du Christ. Ensuite, il prend le calice, dit à voix basse : Sanguis Christi custodiat (Que le Sang du Christ me garde), et consomme le Sang.

269

Avant que la communion ne soit donnée au ministre, l´antienne de la communion est lue par lui ou par le prêtre.

270

Le prêtre purifie le calice à la crédence ou à l’autel. S’il purifie le calice à l’autel, le ministre le peut porter à la crédence, ou bien le prêtre le laisse sur le côté de l´autel.

271

Lorsque la purification du calice est achevée, il convient que le prêtre observe un temps de silence ; ensuite, il dit la prière après la communion.

272

Le rite de conclusion se fait comme à la messe avec peuple, mais en omettant Ite (Allez, dans la paix du Christ), Le prêtre vénère, comme d’habitude, l’autel par un baiser et, après une inclination profonde avec le ministre, il se retire.

273

Selon l’usage reçu, on vénère l´autel et l’Evangéliaire par un baiser. Là pourtant où ce geste symbolique ne correspond pas bien aux traditions ou à la mentalité du pays, il appartient à la Conférence des évêques d´établir un autre geste à employer à sa place, avec l’accord du Siège Apostolique.

274

La génuflexion, en fléchissant le genou droit jusqu’à terre, signifie l’adoration ; elle est donc réservée au Saint-Sacrement, et à la sainte Croix depuis l’adoration solennelle faite au cours de l’action liturgique du Vendredi saint jusqu’au début de la Veillée pascale.

275

L’inclination signifie le respect et l’honneur que l’on doit aux personnes elles-mêmes ou à leurs représentations. Il y a deux espèces d´inclination : celle de la tête et celle du corps.

276

L’encensement exprime le respect et la prière comme l’indique la sainte Ecriture (cf. Ps 140,2 ; Ap 8,3).

277

Le prêtre met l´encens dans l´encensoir et le bénit d´un signe de croix, sans rien dire.

278

Chaque fois qu´une parcelle d´hostie s´est attachée aux doigts, ce qui arrive surtout après la fraction ou après la communion des fidèles, le prêtre la détachera de ses doigts au-dessus de la patène, ou si cela est nécessaire, il se les lavera. De même, il recueillera les parcelles qui seraient en dehors de la patène.

279

Les vases liturgiques sont purifiés par le prêtre, par le diacre ou par l´acolyte institué, après la communion ou après la messe, autant que possible à la crédence. On fait la purification du calice avec de l´eau ou bien avec de l´eau et du vin, et l´ablution est consommée par celui qui purifie. Ordinairement on essuiera la patène avec le purificatoire.

280

Si une hostie ou une parcelle tombait, on les ramasserait avec respect ; si du vin consacré se répandait, on laverait l´endroit avec de l´eau, et cette eau serait ensuite jetée dans la piscine de la sacristie.

281

La sainte communion réalise plus pleinement sa forme de signe lorsqu´elle se fait sous les deux espèces. Car, sous cette forme, le signe du banquet eucharistique est mis plus pleinement en lumière, et on exprime plus clairement la volonté divine d´accomplir la nouvelle et éternelle Alliance dans le Sang du Seigneur ; on montre aussi plus clairement la relation entre le banquet eucharistique et le banquet eschatologique dans le royaume du Père105.

282

Les pasteurs veilleront, de la façon la plus appropriée possible, à rappeler aux fidèles qui participent à ce rite ou à ceux qui y assistent la doctrine catholique sur la forme de la sainte communion, selon le concile de Trente. Avant tout, on redira aux fidèles l’enseignement de la foi catholique : même sous une seule des deux espèces, on reçoit le Christ tout entier, sans aucun manque, et le Sacrement dans toute sa vérité ; par suite, en ce qui regarde les fruits de la communion, ceux qui la reçoivent sous une seule espèce ne sont privés d´aucune grâce nécessaire au salut106.

283

En plus des cas prévus dans les livres liturgiques, la communion sous les deux espèces est permise :

285

Pour distribuer la communion sous les deux espèces, on prépare :

286

Si la communion au Sang du Christ se fait en buvant directement au calice, le communiant, après avoir reçu le Corps du Christ, se dirige vers le ministre chargé du calice et se tient devant lui. Le ministre dit  : Sanguis Christi (Le Sang du Christ), le communiant répond : Amen. Le ministre lui tend le calice, que le communiant prend lui-même de ses mains pour l’approcher de sa bouche. Le communiant boit un peu au calice, le rend au ministre et se retire ; le ministre essuie le bord du calice avec le purificatoire.

287

Si la communion au calice se fait par intinction, le communiant, tenant le plateau de communion au dessous de sa bouche, s´approche du prêtre qui tient le vase contenant les saintes espèces, alors qu’à son côté se tient le ministre qui porte le calice. Le prêtre prend une hostie, la trempe en partie dans le calice, et, en la lui montrant, dit : Corpus et Sanguis Christi (Le Corps et le Sang du Christ). Le communiant répond Amen, reçoit du prêtre le Sacrement dans la bouche, puis il se retire.

Notes

  1. Cf. ibidem, n. 41.
  2. Cf. Const. lit., n. 42 ; Const. dogm. sur l’Eglise, Lumen gentium, n. 28 ; Décret sur le ministère et la vie des prêtres, Presbyterorum ordinis, n. 5; S. Cong. des Rites, Instruction Eucharisticum mysterium, du 25 mai 1967, n. 26 : DC 1496 (1967), 1106.
  3. Cf. S. Cong. des Rites, Instruction Eucharisticum mysterium, n. 47 : DC 1496 (1967), 1115.
  4. Cf. ibidem, n. 59 ; S. Cong. des Rites, Instr. Musicam sacram, nn. 16, 27.
  5. Cf. S. Cong. pour les Sacrements et le Culte divin, Instruction Inaestimabile donum, du 3 avril 1980, n. 10 : DC 1789 (1980), 642 ; Instruction interdicastérielle sur certaines questions au sujet de la coopération des fidèles laïcs au ministère des prêtres, Ecclesiae de mysterio, du 15 août 1997, art. 8 : DC 2171 (1997), 1016-1017.
  6. Cf. ci-dessous : Rite pour déléguer, occasionnellement, un ministre pour distribuer la communion, p.xxx
  7. Cf. Paul VI, Motu proprio Ministeria quaedam, du 15 août 1972 : DC (1972), 853-854.
  8. Cf. S. Cong. des Rites, Instr. Eucharisticum mysterium., n. 47 : DC 1496 (1967), 1115.
  9. Cf. ibidem.
  10. Cf. S. Cong. des Rites,Instr. Eucharisticum Mysterium, n. 47 : DC 1496 (1967), 1115.
  11. Cf. Concile de Trente, Sess. XXI, décret sur la communion eucharistique, ch. 1-3 : D.S. 1725-1729.