Troisième partie · 341–515

Les commandements de Dieu et de l’Église

Les commandements de Dieu en général.

341

De quoi est-il question dans la troisième partie de la Doctrine chrétienne ?

Dans la troisième partie de la Doctrine chrétienne il est question des commandements de Dieu et de l’Église

342

Combien y a-t-il de commandements dans la loi de Dieu ?

Les commandement de la loi de Dieu sont au nombre de dix :

Je suis le Seigneur ton Dieu.

1. Tu n’auras pas d’autre Dieu en ma présence.

2. Tu n’emploieras pas en vain le nom de Dieu.

3. Rappelle-toi de sanctifier les fêtes.

4. Honore ton père et ta mère.

5. Tu ne tueras pas.

6. Tu ne feras pas d’impureté.

7. Tu ne voleras pas.

8. Tu ne diras pas de faux témoignage.

9. Tu ne désireras pas la femme d’autrui.

10. Tu ne désireras pas le bien d’autrui.

343

Pourquoi les commandements de Dieu ont-ils reçu ce nom ?

Les commandements de Dieu ont reçu ce nom parce que c’est Dieu lui-même qui les a imprimés dans l’âme de tout homme, qui les a promulgués sur le mont Sinaï dans la loi ancienne gravée sur deux tables de pierre, et c’est Jésus-Christ qui les a confirmés dans la loi nouvelle.

344

Quels sont les commandements de la première table ?

Les commandements de la première table sont les trois premiers, qui regardent directement Dieu et les devoirs que nous avons envers lui.

345

Quels sont les commandements de la seconde table ?

Les commandements de la seconde table sont les sept derniers, qui regardent le prochain et les devoirs que nous avons envers lui.

346

Sommes-nous obligés d’observer les commandements ?

Oui, nous sommes tous obligés d’observer les commandements parce que tous nous devons vivre selon la volonté de Dieu qui nous a créés, et qu’il suffit d’en violer gravement un seul pour mériter l’enfer.

347

Pouvons-nous observer les commandements ?

Nous pouvons certainement observer les commandements de Dieu parce que Dieu ne nous commande rien d’impossible, et qu’il donne la grâce de les observer à qui la demande comme il faut.

348

Que faut-il considérer d’une manière générale en chaque commandement ?

Dans chaque commandement il faut considérer la partie positive et la partie négative, c’est-à-dire ce qu’il nous commande et ce qu’il nous défend.

Les commandements qui regardent Dieu.

§ 1. Le premier commandement.

349

Pourquoi est-il dit au commencement : Je suis le Seigneur ton Dieu ?

En tête des commandements il est dit : Je suis le Seigneur ton Dieu pour que nous sachions que Dieu, étant notre Créateur et Seigneur, peut nous commander ce qu’il veut et que nous, ses créatures, nous sommes tenus de lui obéir.

350

Qu’est-ce que Dieu nous ordonne par les paroles du premier commandement : Tu n’auras pas d’autre Dieu en ma présence ?

Par les paroles du premier commandement : Tu n’auras pas d’autre Dieu en ma présence, Dieu nous ordonne de reconnaître, d’adorer, d’aimer et de servir Lui seul comme notre souverain Seigneur.

351

Comment accomplit-on le premier commandement ?

On accomplit le premier commandement par l’exercice du culte intérieur et du culte extérieur.

352

Qu’est-ce que le culte intérieur ?

Le culte intérieur est l’honneur que l’on rend à Dieu avec les seules facultés de l’esprit, c’est-à-dire avec l’intelligence et la volonté.

353

Qu’est-ce que le culte extérieur ?

Le culte extérieur est l’hommage que l’on rend à Dieu au moyen d’actes extérieurs et d’objets sensibles.

354

Ne suffit-il pas d’adorer Dieu intérieurement dans son cœur ?

Non, il ne suffit pas d’adorer Dieu intérieurement dans son cœur ; il faut l’adorer aussi extérieurement, avec son esprit comme avec son corps, parce qu’il est le Créateur et le Seigneur absolu de l’un et de l’autre.

355

Le culte extérieur peut-il subsister sans le culte intérieur ?

Non, le culte extérieur ne peut absolument pas subsister sans le culte intérieur, parce que s’il n’en est pas accompagné, il reste privé de vie, de mérite et d’efficacité, comme un corps sans âme.

356

Que nous défend le premier commandement ?

Le premier commandement nous défend l’idolâtrie. la superstition, le sacrilège, l’hérésie et tout autre pêché contre la religion.

357

Qu’est-ce que l’idolâtrie ?

On appelle idolâtrie le fait de rendre à quelque créature, par exemple à une statue, à une image, à un homme, le culte suprême d’adoration qui n’est dû qu’à Dieu seul.

358

Comment se trouve exprimée cette défense dans la Sainte Écriture ?

Dans la Sainte Écriture, on trouve cette défense exprimée par les mots : « Tu ne feras pas de sculpture, ni aucune représentation de ce qui est là-haut dans le ciel et ici-bas sur la terre. Et tu n’adoreras pas ces choses, tu ne leur rendras aucun culte. »

359

Ces paroles défendent-elles toutes sortes d’images ?

Non certainement : mais seulement celles des fausses divinités, faites dans un but d’adoration, comme faisaient les idolâtres. Cela est si vrai que Dieu lui-même commanda à Moïse d’en faire quelques-unes, comme les deux statues de chérubins qui étaient sur l’arche et le serpent d’airain dans le désert.

360

Qu’est-ce que la superstition ?

On appelle superstition toute dévotion contraire à la doctrine et à l’usage de l’Église, comme aussi le fait d’attribuer à une action ou à une chose quelconque une vertu surnaturelle qu’elle n’a pas.

361

Qu’est-ce que le sacrilège ?

Le sacrilège est la profanation d’un lieu, d’une personne ou d’une chose consacrée à Dieu et destinée à son culte.

362

Qu’est-ce que l’hérésie ?

L’hérésie est une erreur coupable de l’intelligence par laquelle on nie avec obstination quelque vérité de la foi.

363

Quelles autres choses défend le premier commandement ?

Le premier commandement nous défend encore d’avoir commerce avec le démon et de nous agréger aux sectes antichrétiennes.

364

Celui qui recourrait au démon ou l’invoquerait commettra-t-il un grave péché ?

Celui qui recourrait au démon ou l’invoquerait commettrait un péché énorme, parce que le démon est le plus pervers des ennemis de Dieu et de l’homme.

365

Est-il permis d’interroger les tables qu’on appelle parlantes ou écrivantes, ou de consulter de quelque façon que ce soit les âmes des trépassés par le spiritisme ?

Toutes les pratiques du spiritisme sont défendues, parce qu’elles sont superstitieuses et que souvent elles ne sont pas exemptes d’intervention diabolique : aussi ont-elles été justement interdites par l’Église.

366

Le premier commandement défend peut-être d’honorer et d’invoquer les Anges et les Saints ?

Non, il n’est pas défendu d’honorer et d’invoquer les Anges et les Saints ; nous devons même le faire, parce que c’est une chose bonne, utile et hautement recommandée par l’Église, car ils sont les amis de Dieu et nos intercesseurs auprès de lui.

367

Puisque Jésus-Christ est notre unique Médiateur auprès de Dieu pourquoi recourons-nous aussi à l’intercession de la très Sainte Vierge et des Saints ?

Jésus-Christ est notre Médiateur auprès de Dieu, parce que, étant vrai Dieu et vrai homme, lui seul en vertu de ses propres mérites nous a réconciliés avec Dieu et nous obtient de lui toutes les grâces. Mais la Sainte Vierge et les Saints, en vertu des mérites de Jésus-Christ et par la charité qui les unit à Dieu et à nous, nous aident par leur intercession à obtenir les grâces que nous demandons. Et c’est là un des grands biens de la communion des Saints.

368

Pouvons-nous aussi honorer les saintes images de Jésus-Christ et des Saints ?

Oui, parce que l’honneur que l’on rend aux saintes images de Jésus-Christ et des Saints est rapporté à leurs personnes mêmes.

369

Et les reliques des Saints peut-on les honorer ?

Oui, on doit aussi honorer les reliques des Saints, parce que leurs corps furent les membres vivants de Jésus-Christ et les temples du Saint-Esprit, et qu’ils doivent ressusciter glorieux à une vie éternelle.

370

Quelle différence y a-t-il entre le culte que nous rendons à Dieu et le culte que nous rendons aux Saints ?

Entre le culte que nous rendons à Dieu et le culte que nous rendons aux Saints il y a cette différence que Dieu, nous l’adorons pour son excellence infinie ; les Saints au contraire, nous ne les adorons pas, mais nous les honorons et nous les vénérons comme les amis de Dieu et nos intercesseurs auprès de Lui. Le culte que nous rendons à Dieu S’appelle culte de latrie c’est-à-dire l’adoration, et le culte que nous rendons aux Saints s’appelle culte de dulie c’est-à-dire de vénération pour les serviteurs de Dieu ; enfin le culte particulier que nous rendons à la Très Sainte Vierge s’appelle culte d’hyperdulie c’est-à-dire de vénération toute spéciale, comme pour la Mère de Dieu.

§ 2. Le second commandement.

371

Que nous défend le second commandement : Tu n’emploieras pas en vain le nom de Dieu ?

Le second commandement : « Tu n’emploieras pas en vain le nom de Dieu » nous défend :

1. d’employer le nom de Dieu sans respect ;

2. de blasphémer contre Dieu, contre la Très Sainte Vierge et contre les Saints ;

3. de faire des jurements faux et sans nécessité ou défendus à quelque titre que ce soit.

372

Qu’est-ce que employer le nom de Dieu sans respect ?

Employer le nom de Dieu sans respect, c’est prononcer ce saint nom et tout ce qui se rapporte d’une manière spéciale à Dieu, comme le nom de Jésus, de Marie et des Saints, par colère, par plaisanterie ou de toute autre manière peu respectueuse.

373

Qu’est-ce que le blasphème ?

Le blasphème est un horrible péché qui consiste en paroles ou actes de mépris ou de malédiction contre Dieu, la sainte Vierge, les Saints, ou contre les choses saintes.

374

Y a-t-il une différence entre le blasphème et l’imprécation ?

Il y a une différence, parce que dans le blasphème on lance la malédiction ou on désire le mal à Dieu, à la Sainte Vierge, aux Saints ; tandis que dans l’imprécation c’est à soi-même ou au prochain.

375

Qu’est-ce que jurer ?

Jurer, c’est prendre Dieu à témoin de la vérité de ce qu’on dit ou de ce qu’on promet.

376

Est-il toujours défendu de jurer ?

Il n’est pas toujours défendu de jurer ; c’est permis et même un honneur rendu à Dieu quand il y a nécessité et que le jurement est fait avec vérité, discernement et justice.

377

Quand est-ce qu’on ne jure pas avec vérité ?

Quand on affirme avec serment ce que l’on sait ou que l’on croit être faux, et quand on promet avec serment ce que l’on n’a pas l’intention d’accomplir.

378

Quand est-ce qu’on ne jure pas avec discernement ?

Quand on jure sans prudence et sans mûre réflexion ou pour des choses de peu d’importance.

379

Quand est-ce qu’on ne jure pas avec justice ?

Quand on jure de faire une chose qui n’est pas juste ou permise, comme de se venger, de voler et autres choses semblables.

380

Sommes-nous obligés de tenir le serment de faire des choses injustes ou défendues ?

Non seulement nous n’y sommes pas obligés, mais nous pécherions en les faisant parce qu’elles sont défendues par la loi de Dieu ou de l’Église

381

Quel péché commet celui qui jure à faux ?

Celui qui jure à faux commet un péché mortel parce qu’il déshonore gravement Dieu, vérité infinie, en le prenant à témoin d’une chose fausse.

382

Que nous ordonne le second commandement ?

Le second commandement nous ordonne d’honorer le saint nom de Dieu et d’accomplir non seulement les serments, mais encore les vœux.

383

Qu’est-ce qu’un vœu ?

Un vœu est la promesse faite à Dieu d’une chose bonne, possible pour nous, et meilleure que son contraire, à laquelle nous nous obligeons comme si elle nous était commandée.

384

Si l’accomplissement d’un vœu devenait en tout ou en partie très difficile, que faudrait-il faire ?

On peut demander la commutation ou la dispense du vœu à son Évêque ou au Souverain Pontife, selon l’importance du vœu.

385

Est-ce un péché de manquer aux vœux ?

Manquer aux vœux est un péché. Aussi nous ne devons pas faire de vœux sans une mûre réflexion et, ordinairement, sans le conseil du confesseur ou d’une autre personne prudente, afin de ne pas nous exposer au péril de pécher.

386

Peut-on faire des vœux à la Sainte Vierge et aux Saints ?

On fait les vœux seulement à Dieu ; cependant on peut promettre à Dieu de faire quelque chose en l’honneur de la Sainte Vierge ou des Saints.

§ 3. Le troisième commandement.

387

Que nous ordonne le troisième commandement : Rappelle-toi de sanctifier les fêtes ?

Le troisième commandement : Rappelle-toi de sanctifier les fêtes, nous ordonne d’honorer Dieu par les pratiques du culte les jours de fête.

388

Quels sont les jours de fête ?

Dans l’ancienne loi, c’étaient le jour du sabbat et les autres jours particulièrement solennels pour le peuple hébreu ; dans la loi nouvelle, ce sont les dimanches et autres solennités établies par l’Église

389

Pourquoi dans la loi nouvelle sanctifie-t-on le dimanche au lieu du samedi ?

Le dimanche, qui signifie jour du Seigneur a été substitué au samedi, parce que c’est à pareil jour que Jésus-Christ Notre Seigneur est ressuscité.

390

Quelle est la pratique du culte qui nous est commandée aux jours de fête ?

Il nous est commandé d’assister dévotement au saint sacrifice de la Messe.

391

Par quelles autres pratiques un bon chrétien sanctifie-t-il les fêtes ?

Un bon chrétien sanctifie les fêtes :

1. en assistant à la Doctrine chrétienne, aux prédications et aux offices ;

2. en recevant souvent avec les dispositions convenables les sacrements de Pénitence et d’Eucharistie ;

3. en se livrant à la prière et aux œuvres de charité chrétienne envers le prochain.

392

Que nous défend le troisième commandement ?

Le troisième commandement nous défend les œuvres serviles et toute autre occupation qui nous détourne du culte divin.

393

Quelles sont les œuvres serviles défendues les jours de fête ?

Les œuvres serviles défendues les jours de fête sont les travaux dits manuels, c’est-à-dire les travaux matériels auxquels le corps a plus de part que l’esprit, comme ceux que font ordinairement les serviteurs, les ouvriers et les artisans.

394

Quel péché commet-on en travaillant les jours de fête ?

En travaillant les jours de fête on commet un péché mortel ; cependant si le travail dure peu de temps, il n’y a pas de faute grave.

395

N’y a-t-il aucune œuvre servile qui soit permise les jours de fête ?

Les jours de fête sont permis les travaux nécessaires à la vie ou au service de Dieu et ceux qu’on fait pour une cause grave, en demandant, s’il se peut, la permission à son curé.

396

Pourquoi les œuvres serviles sont-elles défendues les jours de fête ?

Les œuvres serviles sont défendues, les jours de fête, pour que nous puissions mieux nous occuper au culte divin et au salut de notre âme, et pour que nous nous reposions de nos fatigues. Aussi il n’est pas défendu de se livrer à d’honnêtes amusements.

397

Quelles autres choses devons-nous éviter surtout les jours de fête ?

Les jours de fête nous devons éviter par dessus tout le péché et tout ce qui peut nous porter au péché, comme les amusements et les réunions dangereuses.

Les commandements qui concernent le prochain.

§ 1. Le quatrième commandement.

398

Que nous ordonne le quatrième commandement : Honore ton père et ta mère ?

Le quatrième commandement : Honore ton père et ta mère, nous ordonne de respecter notre père et notre mère, de leur obéir en tout ce qui n’est pas péché et de les assister dans leurs besoins spirituels et temporels.

399

Que nous défend le quatrième commandement ?

Le quatrième commandement nous défend d’offenser nos parents en paroles, en actes et de toute autre manière.

400

Sous le nom de père et mère quelles autres personnes comprend ce commandement ?

Sous le nom de père et de mère, ce commandement comprend encore tous nos supérieurs tant ecclésiastiques que laïques, auxquels nous devons donc obéissance et respect.

401

D’où vient aux parents l’autorité de commander à leurs enfants et l’obligation pour les enfants de leur obéir ?

L’autorité qu’ont les parents de commander à leurs enfants et l’obligation pour les enfants d’obéir vient de Dieu qui a constitué et ordonné la famille, de telle sorte que l’homme y trouve les premiers moyens nécessaires à son perfectionnement matériel et spirituel.

402

Les parents ont-ils des devoirs envers leurs enfants ?

Les parents ont le devoir d’aimer, de soigner et nourrir leurs enfants, de pourvoir à leur éducation religieuse et civile, de leur donner le bon exemple, de les éloigner des occasions de péché, de les corriger de leurs fautes et de les aider à embrasser l’état auquel ils sont appelés de Dieu.

403

Dieu nous a-t-il donné le modèle de la famille parfaite ?

Dieu nous a donné le modèle de la famille parfaite dans la sainte Famille, où Jésus-Christ vécut soumis à la Très Sainte Vierge et à saint Joseph jusqu’à trente ans, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’il commençât à exercer la mission que lui avait confiée le Père éternel de prêcher l’Évangile

404

Si les familles vivaient isolément, séparées l’une de l’autre, pourraient-elles pourvoir à tous leurs besoins matériels et moraux ?

Si les familles vivaient isolément, séparées l’une de l’autre, elles ne pourraient pourvoir à leurs besoins, et il est nécessaire qu’elles soient unies en société civile afin de s’aider mutuellement pour leur perfectionnement et leur bonheur communs.

405

Qu’est-ce que la société civile ?

La société civile est la réunion de nombreuses familles, dépendant de l’autorité d’un chef, pour s’aider réciproquement à atteindre leur perfectionnement mutuel et le bonheur temporel.

406

D’où vient à la société civile l’autorité qui la gouverne ?

L’autorité qui gouverne la société civile vient de Dieu qui la veut constituée pour le bien commun.

407

Y a-t-il obligation de respecter l’autorité qui gouverne la société civile et de lui obéir ?

Oui, tous ceux qui appartiennent à la société civile ont le devoir de respecter l’autorité et de lui obéir parce que cette autorité vient de Dieu et qu’ainsi le veut le bien commun.

408

Doit-on respecter toutes les lois qui sont imposées par l’autorité civile ?

On doit respecter toutes les lois que l’autorité civile impose, pourvu qu’elles ne soient pas opposées à la loi de Dieu ; c’est le commandement et l’exemple de Notre Seigneur Jésus-Christ.

409

Outre l’obéissance et le respect aux lois imposées par l’autorité, ceux qui font partie de la société civile ont-ils d’autres devoirs ?

Ceux qui font partie de la société civile, outre l’obligation du respect et de l’obéissance envers les lois, ont le devoir de vivre dans la concorde et de travailler de toutes leurs forces et de tous leurs moyens à y faire régner, pour l’avantage commun, la vertu, la paix, l’ordre et la prospérité.

§ 2. Le cinquième commandement.

410

Que nous défend le cinquième commandement : Tu ne tueras pas ?

Le cinquième commandement : Tu ne tueras pas, défend de donner la mort au prochain, de le battre, de le frapper, ou de lui faire quelque autre mal dans son corps, soit par soi-même, soit par les autres. Il défend encore de l’offenser par des paroles injurieuses et de lui vouloir du mal. Dans ce commandement Dieu défend aussi de se donner la mort, ce qui est le suicide.

411

Pourquoi est-ce un péché grave de tuer son prochain ?

Parce que celui qui tue usurpe témérairement le droit sur la vie de l’homme qui n’appartient qu’à Dieu seul, parce qu’il détruit la sécurité de la société humaine, et parce qu’il enlève au prochain la vie, qui est le plus grand bien naturel qu’il ait sur la terre.

412

Y a-t-il des cas où il soit permis de tuer son prochain ?

Il est permis de tuer son prochain quand on combat dans une guerre juste ; quand, par ordre de l’autorité suprême, on exécute une condamnation à mort, châtiment de quelque crime, et enfin quand on est en cas de nécessaire et légitime défense contre un injuste agresseur.

413

Dieu dans le cinquième commandement défend-il aussi de nuire à la vie spirituelle du Prochain ?

Oui, Dieu, dans le cinquième commandement, défend aussi de nuire à la vie spirituelle du prochain par le scandale.

414

Qu’est-ce que le scandale ?

Le scandale est toute parole, tout acte ou toute omission qui est pour les autres une occasion de commettre le péché.

415

Le scandale est-il un péché grave ?

Le scandale est un péché grave parce qu’il tend à détruire la plus grande œuvre de Dieu qui est la Rédemption, par la perte d’une âme ; parce qu’il donne au prochain la mort de l’âme en lui enlevant la vie de la grâce, qui est plus précieuse que la vie du corps ; parce qu’il est cause d’une multitude de péchés. Aussi Dieu menace-t-il des plus sévères châtiments ceux qui donnent le scandale.

416

Pourquoi dans le cinquième commandement Dieu défend-il de se donner la mort à soi-même ou de se suicider ?

Dans le cinquième commandement, Dieu défend le suicide parce que l’homme n’est pas le maître de sa vie comme il ne l’est pas de celle d’autrui. Et l’Église punit le suicide par la privation de la sépulture ecclésiastique.

417

Le cinquième commandement défend-il aussi le duel ?

Oui, le cinquième commandement défend aussi le duel, parce que le duel participe de la malice du suicide et de celle de l’homicide ; et quiconque y assiste volontairement, même comme simple spectateur, est excommunié.

418

Le duel est-il encore défendu quand il n’y a pas péril de mort ?

Oui, le duel même est défendu, parce que non seulement nous ne pouvons pas tuer, mais nous ne pouvons pas même blesser volontairement nous-mêmes ni les autres.

419

La défense de l’honneur peut-elle excuser le duel ?

Non, parce qu’il n’est pas vrai que par le duel on répare l’offense, et parce qu’on ne peut pas réparer l’honneur par une action injuste, déraisonnable et barbare, comme est le duel.

420

Que nous ordonne le cinquième commandement ?

Le cinquième commandement nous ordonne de pardonner à nos ennemis et de vouloir du bien à tout le monde.

421

Que doit faire celui qui a porté tort au prochain pour la vie du corps ou pour la vie de l’âme ?

Il ne suffit pas que celui qui a porté tort au prochain se confesse, il doit aussi réparer le mal qu’il a fait en compensant les torts qu’il a portés, en rétractant les erreurs qu’il a enseignées, en donnant le bon exemple.

§ 3. Le sixième et le neuvième commandement.

422

Que nous défend le sixième commandement : Tu ne feras pas d’impuretés ?

Le sixième commandement : Tu ne feras pas d’impuretés, nous défend tout acte, tout regard, toute parole contraire à la chasteté, et l’infidélité dans le mariage.

423

Que défend le neuvième commandement ?

Le neuvième commandement défend expressément tout désir contraire à la fidélité que les époux se sont jurés en s’unissant par le mariage. Il défend aussi toute pensée coupable ou tout désir d’actes défendus par le sixième commandement.

424

L’impureté est-elle un grand péché ?

C’est un péché très grave et abominable devant Dieu et devant les hommes ; il avilit l’homme à la condition des animaux sans raison, l’entraîne à beaucoup d’autres péchés et de vices, et provoque les plus terribles châtiments en cette vie et en l’autre.

425

Toutes les pensées qui nous viennent à l’esprit contre la pureté sont-elles des péchés ?

Les pensées qui nous viennent à l’esprit contre la pureté ne sont pas par elles-mêmes des péchés, elles sont plutôt des tentations et des excitations au péché.

426

Quand est-ce que les mauvaises pensées sont des péchés ?

Les mauvaises pensées, même quand elles ne sont pas suivies d’effet, sont des péchés lorsque nous leur donnons occasion d’une manière coupable, ou que nous y consentons ou que nous nous exposons au péril prochain d’y consentir.

427

Que nous ordonnent le sixième et le neuvième commandements ?

Le sixième commandement nous ordonne d’être chastes et modestes dans nos actes, nos regards, notre maintien et nos paroles. Le neuvième commandement nous ordonne d’être chastes et purs même intérieurement c’est-à-dire dans notre esprit et notre cœur.

428

Que convient-il de faire pour observer le sixième et le neuvième commandements ?

Pour bien observer le sixième et le neuvième commandements, nous devons prier Dieu souvent et du fond du cœur, être dévots à la Vierge Marie, Mère de la pureté, nous rappeler que Dieu nous voit, penser à la mort, aux châtiments divins, à la passion de Jésus-Christ, garder nos sens, pratiquer la mortification chrétienne et fréquenter les sacrements avec les dispositions convenables.

429

Que devons-nous fuir pour nous maintenir dans la pureté ?

Pour nous maintenir dans la pureté, il convient de fuir l’oisiveté, les mauvaises compagnies, l’intempérance, d’éviter les images indécentes, les spectacles licencieux, les conversations dangereuses et toutes les autres occasions de péché.

§ 4. Le septième commandement.

430

Que nous défend le septième commandement : Tu ne voleras pas ?

Le septième commandement : Tu ne voleras pas, nous défend de prendre ou de retenir le bien d’autrui injustement, et de faire tort au prochain en ses biens de quelque manière que ce soit.

431

Qu’est-ce que voler ?

Voler, c’est prendre injustement le bien d’autrui contre la volonté de son maître, dans le cas où celui-ci a pleine raison et droit absolu de n’en vouloir pas être privé.

432

Pourquoi le vol est-il défendu ?

Parce que, par le vol, on pèche contre la justice et en fait injure au prochain en prenant et retenant contre son droit et sa volonté ce qui lui appartient.

433

Qu’est-ce que le bien d’autrui ?

Le bien d’autrui est tout ce qui appartient au prochain, qu’il en ait la propriété ou l’usage, ou qu’il l’ait simplement le dépôt.

434

De combien de manières prend-on injustement le bien d’autrui ?

De deux manières : par le vol et par la rapine.

435

Comment se commet le vol ?

Le vol se commet quand on prend le bien d’autrui en se cachant.

436

Comment se commet la rapine ?

La rapine se commet quand on prend avec violence et ouvertement le bien d’autrui.

437

Dans quels cas peut-on prendre le bien d’autrui sans faire de péché ?

Quand le maître n’est pas opposé ou que son opposition est injuste, ce qui arriverait si quelqu’un était dans l’extrême nécessité, pourvu qu’il prit seulement ce qui lui est strictement nécessaire pour subvenir à son besoin urgent et extrême.

438

Ne peut-on faire tort au prochain dans ses biens que par le vol et la rapine ?

On lui fait tort encore par la fraude, par l’usure et par toute autre injustice que l’on commet contre ses biens.

439

Comment se commet la fraude ?

Il y a fraude quand on trompe le prochain dans le commerce par de faux poids, de fausses mesures, de la fausse monnaie et de mauvaises marchandises ; quand on falsifie les écritures et les papiers ; en un mot toutes les fois qu’on induit en erreur dans les ventes, les achats et tout autre contrat, et aussi quand on ne veut pas donner le juste prix et le prix convenu.

440

En quoi consiste l’usure ?

L’usure consiste à exiger, sans titre légitime, un intérêt illicite pour une somme prêtée, en abusant du besoin et de l’ignorance d’autrui.

441

Quelles autres injustices commet-on contre le bien du prochain ?

Ce sont des injustices que de lui faire perdre injustement ce qu’il a, de lui faire tort dans ses possessions, de ne pas travailler comme on le doit, de ne pas payer par malice des dettes ou des marchandises achetées, de frapper ou de tuer les animaux qui lui appartiennent, d’endommager ou laisser endommager ce qu’on a en garde, d’empêcher quelqu’un de faire un juste bénéfice, de tenir la main aux voleurs, de recevoir, cacher ou acheter des choses volées.

442

Est-ce un péché grave que de voler ?

C’est un péché grave contre la justice quand il s’agit d’une matière grave, car il est très important que le droit de chacun sur son bien propre soit respecté, et cela pour le bien des individus, des familles et de la société.

443

Quand est-ce que la matière du vol est grave ?

Elle est grave lorsqu’on prend une chose importante et aussi lorsque, bien qu’on prenne une chose de peu de valeur, le prochain en souffre un grave dommage.

444

Que nous ordonne le septième commandement ?

Le septième commandement nous ordonne de respecter le bien d’autrui, de donner le juste salaire aux ouvriers, et d’observer la justice en tout ce qui concerne la propriété d’autrui.

445

Pour celui qui a péché contre le septième commandement suffit-il qu’il se confesse ?

Pour celui qui a péché contre le septième commandement, la confession ne suffit pas ; il faut qu’il fasse son possible pour restituer le bien d’autrui et réparer les dommages causés.

446

Qu’est-ce que la réparation des dommages causés ?

La réparation des dommages causés est la compensation qu’on doit donner au prochain pour les fruits et les bénéfices perdus à cause du vol et des autres injustices commises à son détriment.

447

A qui doit-on restituer le bien volé ?

A celui qui a été volé ; à ses héritiers, s’il est mort ; et si c’est vraiment impossible, on doit en donner la valeur au profit des pauvres et des œuvres pieuses.

448

Que doit-on faire quand on trouve une chose de grande valeur ?

On doit apporter un grand empressement à en trouver le maître et la lui restituer fidèlement.

§ 5. Le huitième commandement.

449

Que nous défend le huitième commandement : Tu ne diras pas de faux témoignage ?

Le huitième commandement : Tu ne diras pas de faux témoignage, nous défend de déposer faussement en justice. Il nous défend encore la diffamation ou médisance, la calomnie, la flatterie, le jugement et le soupçon téméraires et toute sorte de mensonge.

450

Qu’est-ce que la diffamation ou médisance ?

La diffamation ou médisance est un péché qui consiste à manifester sans un juste motif les péchés et les défauts d’autrui.

451

Qu’est-ce que la calomnie ?

La calomnie est un péché qui consiste à attribuer méchamment au prochain des fautes et des défauts qu’il n’a pas.

452

Qu’est-ce que la flatterie ?

La flatterie est un péché qui consiste à tromper quelqu’un en disant faussement du bien de lui ou d’un autre, dans le but d’en retirer quelque avantage.

453

Qu’est-ce que le jugement ou soupçon téméraire ?

Le jugement ou le soupçon téméraire est un péché qui consiste à mal juger ou à soupçonner de mal le prochain sans un juste motif.

454

Qu’est-ce que le mensonge ?

Le mensonge est un péché qui consiste à affirmer comme vrai ou comme faux, par des paroles ou par des actes, ce qu’on ne croit pas tel.

455

De combien d’espèces est le mensonge ?

Le mensonge est de trois espèces : le mensonge joyeux, le mensonge officieux et le mensonge pernicieux.

456

Qu’est-ce que le mensonge joyeux ?

Le mensonge joyeux est celui dans lequel on ment par pure plaisanterie et sans faire tort à personne.

457

Qu’est-ce que le mensonge officieux ?

Le mensonge officieux est l’affirmation d’une chose fausse pour sa propre utilité ou celle d’un autre, mais sans qu’il y ait de préjudice pour personne.

458

Qu’est-ce que le mensonge pernicieux ?

Le mensonge pernicieux est l’affirmation d’une chose fausse qui fait tort au prochain.

459

Est-il permis de mentir ?

Il n’est jamais permis de mentir ni par plaisanterie, ni pour son propre avantage ni pour celui d’autrui, car c’est une chose mauvaise par elle-même.

460

Quel péché est le mensonge ?

Quand le mensonge est joyeux ou officieux, c’est un péché véniel ; mais s’il est pernicieux, c’est un péché mortel si le préjudice causé est grave.

461

Est-il toujours nécessaire de dire tout ce qu’on pense ?

Non, cela n’est pas toujours nécessaire, surtout quand celui qui vous interroge n’a pas le droit de savoir ce qu’il demande.

462

Pour celui qui a péché contre le huitième commandement suffit-il qu’il s’en confesse ?

Pour celui qui a péché contre le huitième commandement, il ne suffit pas qu’il s’en confesse ; il est obligé de rétracter ce qu’il a dit de calomnieux contre le prochain, et de réparer du mieux qu’il le peut les dommages qu’il lui a causés.

463

Que nous ordonne le huitième commandement ?

Le huitième commandement nous ordonne de dire quand il le faut la vérité, et d’interpréter en bien, autant que nous le pouvons, les actions de notre prochain.

§ 6. Le dixième commandement.

464

Que nous défend le dixième commandement : Tu ne désireras pas le bien d’autrui ?

Le dixième commandement : Tu ne désireras pas le bien d’autrui, nous défend le désir de priver autrui de son bien et le désir d’acquérir du bien par des moyens injustes.

465

Pourquoi Dieu nous défend-il aussi le désir du bien d’autrui ?

Dieu nous défend les désirs déréglés du bien d’autrui, parce qu’il veut que nous soyons justes, même intérieurement, et que nous nous tenions toujours très éloignés des actes injustes.

466

Que nous ordonne le dixième commandement ?

Le dixième commandement nous ordonne de nous contenter de l’état dans lequel Dieu nous a placés, et de souffrir avec patience la pauvreté quand Dieu nous veut dans cet état.

467

Comment un chrétien peut-il être content dans la pauvreté ?

Un chrétien peut être content même dans la pauvreté, en considérant que le plus grand des biens est une conscience pure et tranquille, que notre vraie patrie est le ciel, et que Jésus-Christ s’est fait pauvre par amour pour nous et a promis une récompense spéciale à tous ceux qui supportent avec patience la pauvreté.

Les préceptes de l’Église

§ 1. Les préceptes de l’Église en général.

468

Outre les commandements de Dieu, que devons-nous encore observer ?

En dehors des commandements de Dieu, nous devons encore observer les préceptes de l’Église

469

Sommes-nous obligés d’obéir à l’Église ?

Sans aucun doute nous sommes obligés d’obéir à l’Église parce que Jésus-Christ lui-même nous l’ordonne, et parce que les préceptes de l’Église aident à observer les commandements de Dieu.

470

Quand commence l’obligation d’observer les préceptes de l’Église ?

L’obligation d’observer les préceptes de l’Église commence généralement quand on a l’usage de la raison.

471

Est-ce un péché de transgresser un précepte de l’Église ?

Transgresser délibérément un précepte de l’Église en matière grave est un péché mortel.

472

Qui peut dispenser d’un précepte de l’Église ?

Il n’y a que le Pape qui puisse dispenser des préceptes de l’Église, et ceux à qui il en a donné le pouvoir.

473

Combien y a-t-il de préceptes de l’Église, et quels sont-ils ?

Les préceptes de l’Église sont au nombre de cinq :

1. Entendre la messe tous les dimanches et les autres fêtes commandées.

2. Jeûner pendant le Carême, aux quatre-temps et pour les Vigiles commandées ; ne pas manger de viande les jours défendus.

3. Se confesser au moins une fois l’an et communier à Pâques, chacun dans sa paroisse.

4. Payer les dîmes dues à l’Église, selon les usages.

5. Ne pas célébrer de mariages en temps prohibé, c’est-à-dire du premier dimanche de l’Avent à l’Épiphanie et du premier jour de Carême à l’octave de Pâques.

§ 2. Le premier précepte de l’Église

474

Que nous ordonne le premier précepte ou commandement de l’Église : Entendre la messe tous les dimanches et les autres fêtes commandées ?

Le premier précepte de l’Église : Entendre la messe tous les dimanches et les autres fêtes commandées, nous ordonne d’assister avec dévotion à la sainte Messe tous les dimanches et autres fêtes de précepte.

475

Quelle est la messe à laquelle l’Église désire qu’on assiste les dimanches et autres fêtes d’obligation ?

La Messe à laquelle l’Église désire qu’on assiste, autant que possible, les dimanches et autres fêtes d’obligation est la Messe paroissiale.

476

Pourquoi l’Église recommande-t-elle aux fidèles d’assister à la Messe paroissiale ?

L’Église recommande aux fidèles d’assister à la Messe paroissiale :

1. afin que ceux qui appartiennent à la même paroisse s’unissent pour prier ensemble avec le curé qui est leur chef ;

2. afin que les paroissiens participent davantage au saint Sacrifice qui est spécialement appliqué pour eux ;

3. afin qu’ils entendent les vérités de l’Évangile que les curés ont l’obligation d’exposer à la Sainte Messe ;

4. afin qu’ils connaissent les prescriptions et les avis qui sont publiés à cette Messe.

477

Que veut dire le mot : dimanche ?

Le mot dimanche veut dire jour du Seigneur, c’est-à-dire jour spécialement consacré au service divin.

478

Pourquoi dans le premier commandement de l’Église est-il fait une mention spéciale du dimanche ?

Dans le premier commandement de l’Église il est fait une mention spéciale du dimanche, parce qu’il est la fête principale chez les chrétiens comme le sabbat (samedi) était fête principale chez les Juifs, par l’institution de Dieu lui-même.

479

Quelles autres fêtes a instituées l’Église ?

L’Église a institué aussi les fêtes de Notre Seigneur, de la très Sainte Vierge, des Anges et des Saints.

480

Pourquoi l’Église a-t-elle institué d’autres fêtes de Notre Seigneur ?

L’Église a institué d’autres fêtes de Notre Seigneur en souvenir de ses divins mystères.

481

Pourquoi ont été instituées les fêtes de la très Sainte Vierge’ des Anges et des Saints ?

Les fêtes de la Très Sainte Vierge, des Anges et des Saints ont été instituées :

1. en souvenir des grâces que Dieu leur a faites et pour en remercier la divine bonté ;

2. afin que nous les honorions, que nous imitions leurs exemples et que nous obtenions le secours de leurs prières.

§ 3. Le second précepte de l’Église

482

Que nous ordonne le second précepte de l’Église par les mots : Jeûner aux jours commandés ?

Le second précepte de l’Église par les mots : Jeûner aux jours commandés nous ordonne de jeûner :

1. pendant le Carême ;

2. à certains jours de l’Avent, là où le jeûne est prescrit ;

3. aux quatre-temps ;

4. à certaines Vigiles.

483

En quoi consiste le jeûne ?

Le jeûne consiste à ne faire qu’un seul repas par jour et à s’abstenir des aliments défendus.

484

Aux jours de jeûne, peut-on faire le soir une petite collation ?

Par une condescendance de l’Église on peut, les jours de jeûne, faire le soir une petite collation.

485

A quoi sert le jeûne ?

Le jeûne sert à mieux nous préparer à la prière, à faire pénitence des péchés commis, et à nous préserver d’en commettre de nouveaux.

486

Qui est obligé au jeûne ?

Sont obligés au jeûne tous les chrétiens qui ont vingt et un ans accomplis, et qui ne sont ni dispensés ni excusés par un empêchement légitime.

487

Ceux qui ne sont pas obligés au jeûne sont-ils absolument dispensés de toute mortification ?

Ceux qui ne sont pas obligés au jeûne ne sont pas absolument dispensés de toute mortification, parce que nous sommes tous obligés à faire pénitence.

488

Dans quel but a été institué le Carême ?

Le Carême a été institué pour imiter en quelque façon le jeûne rigoureux de quarante jours que Jésus-Christ fit dans le désert, et pour nous préparer par la pénitence à célébrer saintement la fête de Pâques.

489

Dans quel but a été institué le jeûne de l’Avent ?

Le jeûne de l’Avent a été institué pour nous disposer à célébrer saintement la fête de Noël.

490

Dans quel but a été institué le jeûne des quatre-temps ?

Le jeûne des quatre-temps a été institué :

491

Dans quel but a été institué le jeûne des Vigiles ?

Le jeûne des Vigiles a été institué pour nous préparer à célébrer saintement les fêtes principales.

492

Qu’est-ce qui nous est défendu le vendredi et les samedis où il n’y a pas de dispense ?

Le vendredi et les samedis où il n’y a pas de dispense, il nous est défendu de manger de la viande, sauf en cas de nécessité.

493

Pourquoi l’Église a-t-elle voulu que nous nous abstenions ces jours-là de manger de la viande ?

Afin que nous fassions pénitence chaque semaine. et surtout le vendredi en l’honneur de la Passion, et le samedi en souvenir de la sépulture de Jésus-Christ, et en l’honneur de la Très Sainte Vierge.

§ 4. Le troisième précepte de l’Église

494

Que nous commande l’Église par les paroles du troisième précepte : Se confesser au moins une fois l’an ?

Par les paroles du troisième précepte : Se confesser au moins une fois l’an, l’Église oblige tous les chrétiens qui sont arrivés à l’usage de la raison de l’approcher au moins une fois l’an du sacrement de Pénitence.

495

Quel est le temps le plus opportun pour satisfaire au précepte de la Confession annuelle ?

Le temps le plus opportun pour satisfaire au précepte de la Confession annuelle est le Carême, selon l’usage introduit et approuvé dans toute l’Église

496

Pourquoi l’Église dit-elle que nous nous confessions au moins une fois l’an ?

L’Église dit : au moins, pour nous faire connaître son désir que nous nous approchions plus souvent des sacrements.

497

C’est donc une chose utile de se confesser souvent ?

C’est une chose très utile de se confesser souvent, surtout parce qu’il est difficile de se bien confesser et de se tenir éloigné du péché mortel si l’on se confesse rarement.

498

Que nous prescrit l’Église par les autres paroles du troisième précepte Communier au moins à Pâques, chacun dans sa paroisse ?

Par les autres paroles du troisième précepte : communier au moins à Pâques chacun dans sa paroisse, l’Église oblige tous les chrétiens qui sont arrivés à l’âge de discrétion, à recevoir tous les ans la très sainte Eucharistie, dans leur paroisse, pendant le temps pascal.

499

Y a-t-il un autre temps en dehors de Pâques, où nous soyons obligés de communier ?

Nous sommes obligés de communier aussi quand nous Sommes en danger de mort.

500

Pourquoi est-il dit que nous devons communier au moins à Pâques ?

Parce que l’Église désire vivement que non seulement à Pâques, mais le plus souvent possible, nous nous approchions de la sainte Communion qui est la divine nourriture de nos âmes.

501

Satisfait-on à ce précepte par une confession ou une communion sacrilège ?

On ne satisfait pas au troisième précepte de l’Église par une confession ou une communion sacrilège, parce que l’intention de l’Église est qu’on reçoive ces sacrements pour la fin qui a motivé leur institution, c’est-à-dire pour notre sanctification.

§ 5. Le quatrième précepte de l’Église

502

Comment observe-t-on le quatrième précepte de l’Église : Payer les dîmes dues à l’Église ?

Le quatrième précepte : Payer les dîmes dues à l’Église, s’observe en payant les offrandes ou prestations qui ont été établies pour reconnaître le souverain domaine de Dieu sur toutes choses, et pour pourvoir à l’honnête subsistance de ses ministres.

503

Comment doit-on payer les dîmes ?

On doit payer les dîmes sur les choses et de la manière que comporte l’habitude des lieux.

§ 6. Le cinquième précepte de l’Église

504

Que nous défend l’Église par le cinquième précepte : Ne pas célébrer de mariage en temps prohibé ?

Par le cinquième précepte l’Église ne défend pas la célébration du sacrement de Mariage, mais seulement la solennité des mariages, du premier dimanche de l’Avent à l’Épiphanie et du premier jour de Carême à l’Octave de pâques.

505

En quoi consiste cette solennité des mariages ?

La solennité des mariages prohibée par ce précepte consiste dans la Messe propre pour les époux, dans la bénédiction nuptiale, et dans la pompe extraordinaire des mariages.

506

Pourquoi les mariages solennels ne conviennent-ils pas pendant l’Avent et le Carême ?

Les mariages solennels ne conviennent pas pendant l’Avent et le Carême, parce que ce sont des temps spécialement consacrés à la pénitence et à la prière.

Les devoirs particuliers de chaque état et les conseils évangéliques.

§ 1. Les devoirs d’état.

507

Qu’est-ce que les devoirs d’état ?

Par devoir d’état on entend les obligations particulières que chacun a par suite de son état, de sa condition et de la situation qu’il occupe.

508

Qui a imposé aux divers états leurs devoirs particuliers ?

C’est Dieu qui a imposé aux divers états leurs devoirs particuliers, parce que ces devoirs dérivent de ses divins commandements.

509

Comment les devoirs particuliers dérivent-ils des dix commandements ?

Par exemple, dans le quatrième commandement, sous le nom de père et de mère, sont compris encore tous nos supérieurs, et ainsi de ce commandement dérivent tous les devoirs d’obéissance, d’amour et de respect des inférieurs envers leurs supérieurs, et tous les devoirs de vigilance qu’ont les supérieurs envers leurs inférieurs.

510

De quels commandements dérivent les devoirs des ouvriers, des commerçants, de ceux qui administrent les biens d’autrui et autres semblables ?

Les devoirs de fidélité, de sincérité, de justice, d’équité qu’ils ont, dérivent du septième, du huitième et du dixième commandements qui défendent toute fraude, injustice, négligence et duplicité.

511

De quel commandement dérivent les devoirs des personnes consacrées à Dieu ?

Les devoirs des personnes consacrées à Dieu dérivent du second commandement qui ordonne d’accomplir les vœux et les promesses faites à Dieu : car c’est ainsi que ces personnes se sont obligées à l’observation de tous les conseils évangéliques ou de quelques-uns.

§ 2. Les conseils évangéliques.

512

Qu’est-ce que les conseils évangéliques ?

Les conseils évangéliques sont certains moyens suggérés par Jésus-Christ dans le saint Évangile pour atteindre la perfection chrétienne.

513

Quels sont les conseils évangéliques ?

Les conseils évangéliques sont : la pauvreté volontaire, la chasteté perpétuelle et l’obéissance en tout ce qui n’est pas péché.

514

A quoi servent les conseils évangéliques ?

Les conseils évangéliques servent à faciliter l’observation des commandements et à mieux assurer le salut éternel.

515

Pourquoi les conseils évangéliques facilitent-ils l’observation des commandements ?

Les conseils évangéliques facilitent l’observation des commandements parce qu’ils aident à détacher le cœur de l’amour des richesses, des plaisirs et des honneurs, et qu’ainsi ils éloignent du péché.