Tome 2 · La Morale · Leçon 6

IVeme Commandement de Dieu

Plan de la leçon 8 parties
  1. I. Le 4me Commandement. Objet. Origine divine de l'autorité
    1. Origine divine de l'autorité
  2. II. Devoirs des enfants à l'égard de leurs parents
    1. L'amour
    2. Le respect
    3. L'obéissance
    4. L'assistance
  3. III. Devoirs des parents à l'égard de leurs enfants
    1. L'affection
    2. L'éducation
  4. IV. Choix de l'école. Devoirs des élèves
    1. Choix de l'école
    2. Devoirs des élèves
  5. V. Devoirs des maîtres envers leurs élèves
  6. VI. Devoirs des serviteurs et des maîtres
    1. Devoirs des serviteurs
    2. Devoirs des maîtres
  7. VII. La Patrie. Devoirs des citoyens
    1. La Patrie
    2. Devoirs des citoyens
  8. VIII. Devoirs des gouvernants
    1. Devoirs des fidèles
    2. Devoirs des pasteurs
Développement

I. Le 4me Commandement. Objet. Origine divine de l'autorité.

1 ° Objet. - Les trois premiers Commandements nous ont parlé de nos devoirs envers Dieu ; il va être question désormais de nos devoirs envers le prochain et envers nous-mêmes. Le 4me Commandement nous prescrit directement nos devoirs envers nos père et mère, et, indirectement, envers tous ceux que la Providence a mis au-dessus de nous, soit dans l'ordre spirituel, soit dans l'ordre temporel. Tous ces devoirs ont pour principe l'autorité dont les parents et les supérieurs ont été investis par Dieu. Mais, comme l'autorité ne jouit pas seulement de droits et qu'elle a aussi des devoirs, il y aura lieu d'établir, à côté des devoirs des enfants et des inférieurs, ceux des parents et des supérieurs sur le triple terrain de la famille, de l'école et de la société.

Origine divine de l'autorité.

- Qu'elle soit considérée dans la famille, à l'école ou dans la société, l'autorité est d'origine divine. Cette proposition découle du double témoignage de la Sainte Écriture et de la raison.


A. SAINTE ÉCRITURE. - 1. Ancien, testament : « C'est par moi que règnent les rois... et que gouvernent les chefs et les grands » est-il dit de Dieu dans les Proverbes, VIII, 15, 16. - 2. Nouveau Testament. Jésus dit à Pilate : « Tu n'aurais sur moi aucun pouvoir s'il ne t'avait pas été donné d'en haut. » (Jean, XIX, 11). « Que toute âme soit soumise aux autorités supérieures, car il n'y a point d'autorité qui ne vienne de Dieu... C'est pourquoi celui qui résiste à l'autorité résiste à l'ordre que Dieu a établi », écrit saint PAUL aux Romains, XIII, 1, 2.

B. RAISON. - Commander suppose une supériorité qui ne peut venir ni du chef qui commande ni de la société qui l'a choisi comme chef, car ni l'homme ni la société n'ont le pouvoir de prescrire des actes sous peine de péché. Pour qu'un supérieur ait droit à l'obéissance, il faut qu'il ait reçu une délégation de Dieu, il faut qu'il représente Dieu auprès de ses inférieurs.

ARTICLE PREMIER. - LA FAMILLE

II. Devoirs des enfants à l'égard de leurs parents.

Ces devoirs sont, dans le 4me Commandement, résumés dans le seul mot « honorer ». Or, honorer comprend quatre choses : l'amour, le respect, l'obéissance et l'assistance.  

L'amour.

- Ce sentiment est fondé sur la nature ; il faudrait que les enfants fussent bien ingrats pour répondre aux sacrifices que leurs parents s'imposent, autrement que par une profonde affection. On manque à ce devoir, lorsqu'on nourrit dans son cœur de l'aversion pour ses parents, qu'on leur souhaite du mal, qu'on désire leur mort, lorsqu'on les calomnie ou qu'on parle de leurs défauts, au lieu de chercher tous les moyens de leur faire plaisir et de cacher leurs imperfections.

Le respect.

- L'amour que tout enfant doit porter à ses parents ne saurait étouffer le respect, qui est un sentiment de vénération et de crainte vis-à-vis de ceux qui tiennent la place de Dieu. Les enfants ne doivent pas traiter sur le pied d'égalité avec leurs parents. Quel que soit l'âge des enfants, quelle que soit leur valeur intellectuelle et morale, quelle que soit la supériorité de leur éducation, et l'on peut ajouter, quels que soient les défauts et les travers des parents, le devoir de respect n'en subsiste pas moins, absolu et impérieux ; les parents, même indignes et coupables, portent, malgré tout, « l'empreinte de la majesté divine ». Plus ils avancent en âge, plus ils ont droit à notre respect. L'enfant pèche contre ce devoir lorsqu'il rougit de ses parents, lorsqu'il leur parle d'un ton arrogant et dédaigneux ou qu'il les traite avec trop de familiarité ; à plus forte raison, lorsqu'il les injurie, les frappe ou leur intente un procès, sauf le cas où le père commettrait une injustice à son endroit.

L'obéissance.

- Le respect est la meilleure garantie de l'obéissance et l'obéissance est la meilleure preuve de l'amour filial. Toutefois, lorsque les enfants ont quitté le foyer paternel, lorsque la Providence les a mis à leur tour à la tête d'une famille, ils ne sont plus soumis au contrôle des parents. Cependant, il convient de remarquer que, au point de vue moral, l'émancipation n'est jamais complète, et que les enfants sont tenus, toute leur vie, à l'amour et au respect, et même à l'obéissance aux volontés justes de leurs parents. L'obéissance doit être :

  1. prompte, sans discussion, -.
  2. joyeuse, sans plainte ni récrimination, et -.
  3. entière.

Il n'y a que deux cas où l'autorité paternelle rencontre des limites : - 1. le premier c'est quand elle est en opposition avec l'autorité divine ; alors il faut répondre avec saint Pierre qu' « on doit obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes » (Act., V, 29) ; - 2. le second c'est dans le choix d'un état de vie. Sans doute, les enfants doivent écouter les sages conseils de leurs parents dans une affaire aussi grave. Mais comme la vocation se décide sous l'influence surnaturelle de la grâce et qu'elle est étroitement liée à la question du salut éternel, l'obéissance stricte aux parents ne saurait être requise sur ce point. Et si cela est vrai de toute profession humaine, combien plus, lorsque le choix porte sur l'état sacerdotal ou religieux et dépend uniquement de l'appel de Dieu ! Le péché de désobéissance peut être mortel ou véniel, selon le degré de résistance et l'importance de l'ordre donné. Pour que le péché soit mortel, il faut que :

  1. les parents commandent avec la volonté, au moins implicite, d'obliger gravement, -.
  2. que la chose soit une matière importante, et -.
  3. que la désobéissance soit pleinement volontaire..

que la désobéissance soit pleinement volontaire.

L'assistance.

- L'obligation de l'assistance est gravée dans tous les cœurs ; aussi la loi civile s'accorde-t-elle, avec le droit naturel et le droit ecclésiastique (can. 542), quand elle oblige les enfants à secourir leurs parents qui sont dans la misère. Les enfants doivent donc venir en aide à leurs parents dans leurs besoins corporels et spirituels : - a) corporels, en leur donnant l'argent dont ils ont besoin dans la maladie, la vieillesse et la pauvreté, et en leur rendant les services qu'ils en ont reçus quand ils étaient petits ; - b) spirituels, en leur procurant les secours de la religion ; en appelant le prêtre lorsqu'ils sont malades, en leur faisant des funérailles en rapport avec leur situation, et surtout en priant et en faisant prier pour le repos de leur âme.

Corollaires. – 

A. L'ESPRIT DE FAMILLE. - Sous les noms de « père et mère e il faut comprendre tous ceux qui font partie de la famille : les grands-parents, les frères et sœurs, les oncles et tantes, les cousins et cousines. Nous devons rendre à nos grands-parents les mêmes devoirs qu'à nos parents. - Les frères et sœurs doivent s'aimer et s'entraider. Le frère n'est-il pas pour son frère l'ami le meilleur et le plus sûr que la nature lui ait donné ? Il convient qu'entre tous les membres de la famille règne une solidarité étroite, qui écarte avec soin les rivalités et les jalousies mesquines. Tous doivent avoir à cœur de garder intactes les saines traditions de leurs ancêtres, d'enrichir le patrimoine d'honnêteté et de vertus qu'ils en ont reçu et de léguer à leurs descendants un nom sans tache. En tout cela consiste l'esprit de famille.

B. LA LONGUE VIE, promise à ceux qui honorent leurs parents, doit être entendue dans ce sens que Dieu attache tant d'importance à l'accomplissement de ce précepte, qu'il le récompense d'une façon spéciale soit dans ce monde soit dans l'autre. Il est d'ailleurs d'expérience quotidienne que les familles, où les enfants respectent leurs parents, sont plus étroitement unies, - ce qui est déjà une récompense, - et bénies du ciel.

III. Devoirs des parents à l'égard de leurs enfants.

 Ces devoirs sont : 1 l'affection ; 2 l'éducation ; 3 l'exemple.

L'affection.

- Il n'est pas besoin d'insister sur ce premier devoir, car la nature a déposé dans le cœur du père et de la mère une affection qui va jusqu'à la tendresse. Cependant ce serait bien mal comprendre ce devoir que d'aimer tout dans ses enfants, voire leurs défauts. L'amour des parents doit être, au contraire

  1. sans faiblesse. Il ne faut pas accorder aux enfants ce qui peut nuire à leur véritable intérêt. L'excès de sensibilité et de tendresse serait une faute. « Qui aime bien châtie bien » : le proverbe sera éternellement vrai ; -.
  2. sans égoïsme. Que les parents aient toujours en vue le bien et le bonheur de leurs enfants, et non pas le leur propre ; -.
  3. sans prédilection. Les parents doivent avoir le même amour pour chacun de leurs enfants, car la préférence qu'ils auraient pour l'un, ferait naître la jalousie chez les autres et jetterait la discorde au sein de la famille ; ex. : histoire de Joseph (Gen., XXXVII, 4)..

sans prédilection. Les parents doivent avoir le même amour pour chacun de leurs enfants, car la préférence qu'ils auraient pour l'un, ferait naître la jalousie chez les autres et jetterait la discorde au sein de la famille ; ex. : histoire de Joseph (Gen., XXXVII, 4).

L'éducation.

- L'éducation a un double objet : le corps et , l'âme. Elle a pour but de développer les facultés physiques, intellectuelles et morales de l'enfant.

A. ÉDUCATION PHYSIQUE.

  1. Les parents doivent assurer à leurs enfants la subsistance matérielle. Ce devoir commence aux premières heures de la vie de l'enfant. La nature a voulu qu'il incombe tout d'abord à la mère : celle-ci n'a pas le droit, à moins d'une raison grave, de trahir sa mission et de se dérober à ce premier devoir de la maternité. Lorsque les enfants ont grandi, c'est sur le père plus spécialement que retombe la charge d'être le soutien de la famille. Ou plutôt le père et la mère doivent travailler, chacun dans leur sphère, pour procurer à leurs enfants la nourriture et le vêtement en rapport avec leur situation et avec leur rang.
  2. Ils doivent veiller, en outre, à ce que leurs enfants développent leurs forces corporelles par des exercices physiques appropriés à leur âge : la santé du corps est, en effet, une condition de la santé de l'âme (mens sana in corpore sano). C'est par le développement des forces physiques que les enfants deviendront capables de soutenir les luttes de la vie et de se plier courageusement aux deux grandes lois de la souffrance et du sacrifice.
  3. Qu'ils les habituent enfin au travail et qu'ils n'oublient pas que le meilleur moyen d'atteindre ce but, c'est de donner eux-mêmes l'exemple, encore que leur condition de fortune leur permette de vivre dans l'oisiveté..

Qu'ils les habituent enfin au travail et qu'ils n'oublient pas que le meilleur moyen d'atteindre ce but, c'est de donner eux-mêmes l'exemple, encore que leur condition de fortune leur permette de vivre dans l'oisiveté.

B. ÉDUCATION INTELLECTUELLE ET MORALE. - Celle-ci consiste dans la formation des deux facultés maîtresses de l'enfant : à savoir de son intelligence et de sa volonté. La première s'appelle l’instruction et la seconde l'éducation.

a) INSTRUCTION.- Rien n'est plus important que la culture de l'esprit. Mais avant d'adopter tel genre d'instruction plutôt que tel autre, les parents doivent consulter les goûts et les aptitudes de l'enfant, sinon ils risqueraient d'en faire un déclassé. S'ils ont à cœur de le mettre à la place voulue par Dieu, ils doivent rechercher sa vocation, sans se laisser entraîner par des considérations d'intérêt et des rêves de grandeur.

b) ÉDUCATION. - Quel que soit le prix de l'instruction, elle serait bien vaine si l'éducation n'était pas donnée parallèlement. La culture de l'esprit est un grand bienfait ; la formation de la volonté et du caractère n'est pas un bien moins précieux. Elle se fait par la persuasion, par l'autorité et l'action morale de tous les instants. Elle impose aux parents deux devoirs de premier ordre : la surveillance et la correction.

1. La Surveillance. - Surveiller c'est prévenir le mal ; c'est l'étouffer à la racine. Les parents doivent donc éloigner tout ce qui peut nuire à l'âme de leurs enfants : les mauvaises sociétés, les livres et les journaux qui attaquent la foi ou blessent la morale, et ils doivent leur inculquer les idées de devoir, de vertu et de domination de soi-même.

2. La Correction. - Surveiller ne suffit pas, il faut de plus corriger. Corriger c'est redresser, c'est reprendre l'enfant quand il fait mal : besogne délicate où deux excès, également funestes, sont à éviter : un excès d'indulgence et un excès de sévérité. D'une part, une réprimande trop molle est presque un encouragement à récidiver. De l'autre, une autorité despotique n'est pas moins dangereuse et n'obtient que des résultats superficiels. Il fait surtout éviter de passer d'un extrême à l'autre, de la trop grande sévérité à l'indulgence excessive. C'est le secret d'un bon commandement de savoir allier la douceur à la fermeté. Rares doivent être les cas où l'obéissance n'est imposée que par la contrainte. Il est bon de discipliner la liberté de l'enfant, mais il ne faut pas l'opprimer.

Par dessus tout, l'éducation doit être chrétienne. Si l'éducation religieuse ne suffit pas toujours, et d'une manière infaillible, à assurer le triomphe de la morale, l'expérience est là pour démontrer qu'on ne détache pas impunément la morale de la religion, et qu'une éducation sans religion aboutit presque fatalement à une éducation sans morale. Les parents doivent donc faire baptiser leurs enfants au plus tôt, leur apprendre, dès qu'ils grandissent, les prières et les premières vérités de la religion, les envoyer au catéchisme et les confier à des maîtres chrétiens (voir N° 202).

3 Le bon exemple. - Quelque soin que les parents prennent de l'éducation de leurs enfants, leurs conseils, pour ne pas rester stériles, doivent être appuyés sur l'exemple. « Les leçons profitent peu, dit FÉNELON, si les exemples viennent les démentir. » Comment les parents pourraient-ils enseigner la vertu, recommander la prière, l'assistance à la Messe, le devoir pascal, l'obéissance aux lois de l'abstinence, si leur conduite était en contradiction flagrante avec leur enseignement ?

ARTICLE II. - L'ÉCOLE

IV. Choix de l'école. Devoirs des élèves.

Choix de l'école.

- La formation intellectuelle et morale des enfants est l'un des principaux devoirs des parents : de droit naturel, c'est à eux que cette charge incombe. Mais il arrive généralement que les parents ne sont pas capables ou n'ont pas le temps d'instruire eux-mêmes leurs enfants ; ils doivent donc prendre des auxiliaires, qui les suppléent dans cette besogne délicate. C'est alors que se pose pour eux la grave question du choix de l'école : école libre et catholique ou école officielle et neutre. Si rien ne les empêche, les parents doivent envoyer leurs enfants aux écoles catholiques. S'ils ne peuvent le faire sans inconvénients sérieux, ils doivent suppléer, par eux-mêmes ou par d'autres, l'enseignement religieux que l'école neutre ne donne pas.

Devoirs des élèves.

- L'école étant le prolongement de la famille et les maîtres tenant la place des parents, il s'ensuit que les élèves doivent traiter leurs maîtres comme leurs père et mère, c'est-à-dire : - 1. les aimer, en raison du dévouement qu'ils leur témoignent et de la peine qu'ils se donnent pour les instruire ; - 2. les respecter en leur parlant toujours avec déférence et en se gardant de tourner leurs défauts en dérision ; - 3. leur obéir, non par crainte des punitions, mais parce que les maîtres sont les représentants de l'autorité paternelle ; - 4. leur garder une profonde reconnaissance pour le double bienfait d'une solide instruction et d'une éducation chrétienne qu'ils en ont reçues : la reconnaissance est le salaire du cœur.

V. Devoirs des maîtres envers leurs élèves.

Les maîtres dans l'enseignement : les professeurs, instituteurs, institutrices, bref, tous ceux qui sont chargés de l'éducation de la jeunesse et qui sont, de ce fait, les dépositaires de l'autorité des parents, doivent à leurs élèves : - 1. une affection sincère et dévouée, exempte de faiblesse et de partialité, une affection chrétienne et surnaturelle, qui se propose avant tout le bien de l'enfant ;- 2. Ils doivent apporter tous leurs soins à l'instruction et à l'éducation de leurs élèves : ils doivent donc préparer consciencieusement leurs classes pour donner le meilleur enseignement possible. Leur zèle ne doit pas se borner à la culture de l'esprit : la formation du caractère et de la volonté doit marcher de pair : ce dernier travail se fait par une correction juste et ferme et surtout par les bons conseils. - 3. Le bon exemple : l'ascendant que les maîtres prennent sur leurs élèves est en rapport non seulement avec leurs qualités intellectuelles mais aussi avec les vertus dont ils donnent l'exemple.

ARTICLE III. - LA SOCIÉTÉ

L'homme n'est pas seulement membre d'une famille ; il appartient aussi à la société, à une double société : la société civile et la société religieuse : d'où nouveaux devoirs dans les différentes situations qu'il peut occuper. Nous aurons donc à passer en revue les devoir, réciproques des serviteurs et des maîtres, des sujets et des gouvernants, des fidèles et des pasteurs.

VI. Devoirs des serviteurs et des maîtres.

Devoirs des serviteurs.

- Sous le nom de serviteurs il faut entendre les ouvriers, les employés et les domestiques c'est-à-dire les gens de la maison (lat. domus, maison). Les serviteurs doivent à leurs maîtres et patrons : - 1. le respect et l'amour chrétiens, comme à des représentants de Dieu : « Serviteurs, servez vos maîtres avec affection, comme servant le Seigneur et non des hommes », écrit saint PAUL aux Éphésiens (VI, 7) ; - 2. l'obéissance en ce qui concerne leur service ; - 3. la fidélité : un bon serviteur traite les intérêts de son patron comme les siens ; il fait consciencieusement le travail pour lequel il est payé et ne lui cause aucun tort ; il ne cherche pas à surprendre les secrets de la famille et, s'il les connaît, il se garde bien de les révéler.

Devoirs des maîtres.

- Les maîtres et maîtresses de maison, les patrons, les chefs d'usine ou d'atelier doivent.

  1. commander leurs inférieurs avec bienveillance, ne jamais leur adresser des paroles blessantes et ne pas tolérer que leurs enfants leur parlent mal ; -.
  2. prendre soin de leur âme, et pour cela, les reprendre quand ils font mal, leur faciliter la pratique des devoirs religieux, et leur prêcher d'exemple ; -.
  3. leur donner une nourriture convenable, un salaire équitable (voir N° 273 bis)..

leur donner une nourriture convenable, un salaire équitable (voir N° 273 bis).

VII. La Patrie. Devoirs des citoyens.

La Patrie.

- Tout homme a une patrie, qui est, comme le mot l'indique, la terre de ses pères, formée par un groupe plus ou moins nombreux d'individus soumis aux mêmes gouvernants et aux mêmes lois. La patrie, appelée aussi nation ou état, est donc une nouvelle société, intermédiaire entre la famille, le village ou la ville que nous habitons (la petite patrie), d'une part, et d'autre part, l'humanité ou la grande famille humaine.

Devoirs des citoyens.

- Les citoyens d'un même pays ont pour principaux devoirs : le respect des gouvernants, l'obéissance aux lois, le paiement des impôts justes, le service militaire, le vote et le patriotisme.

A. RESPECT DES GOUVERNANTS. - Les sujets doivent honorer et respecter tous les dépositaires de l'autorité civile, c'est-à-dire le chef de l'État et tous ceux qui ont mission de faire les lois et de les appliquer. Même s'ils ne sont pas toujours recommandables, ils n'en représentent pas moins l'autorité divine pour les affaires temporelles. « Les magistrats, dit saint PAUL, sont les ministres de Dieu. » (Rom., XIII, 6).

B. OBÉISSANCE AUX LOIS. - Les sujets sont tenus en conscience d'obéir aux lois de leur pays, même si ces lois, portées dans l'intérêt général, sont en opposition avec leurs intérêts privés et exigent d'eux des sacrifices. Sans doute, toutes les lois n'imposent pas la même obligation, et il y a lieu de distinguer, comme on l'a déjà vu (N°166), entre les lois préceptives ou prohibitives et les lois purement pénales. Il n'en est pas moins vrai que toute loi juste impose une obligation. Dans le seul cas où la loi serait manifestement injuste, c'est-à-dire contraire à la loi naturelle ou à la loi divine positive, il faudrait répondre, avec saint Pierre et les Apôtres, qu'« on doit obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes ». (Act., V, 29).

C. PAIEMENT DES IMPÔTS. - Les sujets n'ont pas le droit de se dérober à l'impôt : ils doivent contribuer aux charges de l'État dans la mesure de leurs moyens (voir N° 229).

D. LE SERVICE MILITAIRE. - Tout jeune homme reconnu valide doit accomplir son service militaire, afin de devenir apte à défendre sa patrie si elle est attaquée. C'est donc une faute grave de chercher à se faire exempter de cette loi qui doit assurer la protection et le salut du pays.

E. LE VOTE. - Tout citoyen qui est électeur, doit voter et voter bien. Or voter bien, c'est accorder son suffrage au candidat le meilleur, c'est-à-dire le plus capable de défendre les intérêts de la patrie et de la religion, même s'il n'est pas celui qui, personnellement, a nos préférences. C'est une faute grave de voter pour un ennemi de la religion ou de favoriser son élection par l'abstention.

F. LE PATRIOTISME. - Le patriotisme c'est l'amour de prédilection. pour notre pays, qui fait que nous le préférons aux autres et que nous agissons pour le rendre heureux et prospère. Il n'implique nullement la haine de l'étranger : tous les hommes, en effet, ont droit à notre sympathie, vu qu'ils font partie de l'humanité. Cependant, il ne faudrait pas tomber dans cette maladie de l'internationalisme, qui exagère l'amour de l'humanité au détriment de l'amour de la patrie. Internationalisme impie et nationalisme outré sont deux excès qu'il convient d'éviter. Le sentiment patriotique, approuvé par la Sainte Écriture se manifeste d'ailleurs beaucoup plus par les actes que par les paroles. En temps de paix, nous nous montrons patriotes si nous accomplissons strictement tous nos devoirs civiques, ci-dessus mentionnés ; en temps de guerre, nous devons répondre aussitôt à l'appel du pays et lui sacrifier notre bien-être, nos intérêts et, s'il le faut, notre vie.

VIII. Devoirs des gouvernants.

Le pouvoir que les gouvernants détiennent entre leurs mains, n'est pas une propriété privée, c'est un dépôt sacré qui leur vient de Dieu et dont ils auront à lui rendre compte. Ils doivent donc :

  1. travailler au bien commun, rechercher non leurs profits personnels, mais les intérêts de leurs sujets et ne rien négliger de ce qui peut faire la prospérité et la gloire du pays. Ils doivent procurer à tous les citoyens les moyens d'acquérir honnêtement les biens matériels, intellectuels et moraux auxquels ils ont le droit de prétendre, maintenir l'ordre en défendant les personnes et les biens contre les attaques injustes. Tout en aimant et en voulant la paix, ils doivent préparer la défense du territoire pour le mettre en garde contre les agressions ennemies ; -.
  2. Ils doivent faire des lois justes qui contribuent au bien de tous et ne lèsent jamais les libertés les plus sacrées, au nombre desquelles il faut mettre au premier rang la liberté religieuse. -.
  3. Ils doivent enfin donner le bon exemple, en se montrant scrupuleux observateurs des lois divines et humaines..

Ils doivent enfin donner le bon exemple, en se montrant scrupuleux observateurs des lois divines et humaines.

207. - Devoirs des fidèles et des pasteurs.

Devoirs des fidèles.

- Les fidèles doivent au Pape, à leur Évêque, aux Curés et aux Prêtres en général :

  1. un respect religieux : respect qui s'adresse bien moins à l'homme qu'au caractère sacré dont il est revêtu et qui subsiste toujours en dépit des faiblesses, des fautes et des défauts de la personne. Aussi doivent-ils s'abstenir de les dénigrer, de les ridiculiser et de les calomnier. Qu'ils aient pour eux, au contraire, une sympathie réelle ; qu'ils les aiment comme des guides sages et de vrais amis ; -.
  2. l'obéissance, comme à Jésus-Christ dont ils sont les représentants ; et –.
  3. l'assistance. Ils doivent prier pour eux et les aider de leurs ressources-(voir N° 255)..

l'assistance. Ils doivent prier pour eux et les aider de leurs ressources-(voir N° 255).

Devoirs des pasteurs.

- Les pasteurs ont de grandes obligations à remplir envers les fidèles, soumis à leur autorité. Les plus importantes sont :

  1. de les instruire et de leur prêcher l'Évangile, de corriger et de combattre les abus et les scandales ; -.
  2. de leur administrer les sacrements ; -.
  3. de visiter les malades, en un mot, de se dévouer, de se dépenser au bien de leurs ouailles, de les édifier par leur piété, par la pureté de leurs mœurs et par une charité inlassable qui sait aller au secours de toutes les misères et compatir à la souffrance du pauvre et de l'affligé..

de visiter les malades, en un mot, de se dévouer, de se dépenser au bien de leurs ouailles, de les édifier par leur piété, par la pureté de leurs mœurs et par une charité inlassable qui sait aller au secours de toutes les misères et compatir à la souffrance du pauvre et de l'affligé.

Conclusion pratique

1 Dieu a voulu appuyer le 4e Commandement par une double sanction. D'un côté, il a adressé des menaces à ceux qui le transgressent : « Maudit soit celui qui traite avec mépris son père et sa mère. » (Deut., XXVII, 16.) De l'autre, il a fait les plus belles promesses à ceux qui y sont fidèles : « Honore ton père et ta mère, afin que tes jours soient longs. » (Ex., XX, 12). Que les enfants s'en souviennent toujours.

2 Si les parents veulent donner à leurs enfants une éducation vraiment chrétienne, il est nécessaire qu'ils joignent toujours l'exemple au conseil.

3 Le meilleur moyen pour les supérieurs d'obtenir de leurs inférieurs le respect, l'obéissance et l'affection, c'est d'exercer l'autorité avec douceur et bonté, sans hauteur ni dédain.

Lectures

LECTURES. - 1 Cham est maudit parce qu'il s'est moqué de son père tombé en ivresse. (Genèse, IX, 18, 25). 2 Obéissance d'Isaac. (Genèse, XXII).

Questionnaire

I. 1 Quel est l'objet du 4e Commandement de Dieu ? 2 Prouvez l'origine divine de l'autorité.

II. 1 Quels sont les devoirs des enfants envers leurs parents ? 2 Par quel mot le 4e Commandement les désigne-t-il ? 3 Quelle sorte d'assistance devons-nous à nos parents ? 4 Qu'entendez-vous par esprit de famille ?

III. 1 Quels sont les devoirs des parents à l'égard de leurs enfants ? 2 Comment les parents doivent-ils aimer leurs enfants ? 3 Quels sont les devoirs impliqués dans celui de l'éducation ? 4 Est-il important que les parents donnent l'exemple à leurs enfants.

IV. 1 Quelle école les parents doivent-ils choisir pour leurs enfants ? 2 Quels sont les devoirs des élèves ?

V. Quels sont les devoirs des maîtres envers leurs élèves ?

VI. 1 L'homme a-t-il des devoirs envers la société ? 2 N'y a-t-il pas une double société ? 3 Quels sont les devoirs des serviteurs ? 4 Quels sont ceux des maîtres ?

VII. 1 Qu'est-ce que la patrie ? 2 Quels sont les devoirs des citoyens envers les gouvernants ? 3 Comment doivent-ils contribuer aux charges de l'État ? 4 Sont-ils obligés de voter ? 5 Qu'est-ce que le patriotisme ?

VIII. 1 Quels sont les devoirs des gouvernants ? 2 Peuvent-ils faire toutes les lois qu'il leur plaît ?

IX. 1 Les fidèles ont-ils des devoirs envers les chefs de l'Église ? 2 Sont-ils obligés de leur venir en aide ? 3 Quels sont les devoirs des pasteurs envers les fidèles ? 4 Sont-ils de grande importance ?

Devoirs

- 1 Énumérer tous les bienfaits que vous avez reçus de vos parents et dire pourquoi vous devez les aimer et les respecter. 2 Les enfants doivent-ils toujours obéir à leurs parents ? N'y a-t-il pas un âge où ils deviennent libres ? Y a-t-il aussi un moment où ils peuvent cesser de les respecter ? 3 Peut-on obéir à son père s'il ordonne de blasphémer ? 4 Jusqu'à quel moment nos parents sont-ils obligés de subvenir à notre subsistance ? 5 Est-ce une question de justice que d'assister nos parents dans leurs besoins ? 6 Dieu ayant promis une longue vie aux enfants qui honorent leurs parents, ceux qui obéissent à ce précepte sont-ils sûrs de devenir vieux ? De quelle vie surtout s'agit-il ? 7 De qui les supérieurs tiennent-ils le droit de commander à leurs inférieurs ?