Tome 2 · La Morale · Leçon 4
IIeme Commandement de Dieu
Plan de la leçon 10 parties
- I. Objet du 2eme Commandement
- II. Le Serment
- III. Conditions requises pour la légitimité du serment - Gravité
- IV. Obligation du serment promissoire. Cas où elle cesse
- V. La Tentation de Dieu
- VI. Le Blasphème
- VII. L'Imprécation
- VIII. Le Vœu
- IX. Les différentes espèces de vœux
- X. Obligation du vœu. Cas où elle cesse
Jurer. Deux sens : -a) prendre Dieu à témoin. Jurer = prêter serment. Le mot jurer doit être entendu dans ce sens au II Commandement : « Dieu en vain tu ne jureras » signifie : Tu ne prendras pas Dieu à témoin sans raison suffisante. - b) blasphémer. Souvent le mot jurer est employé dans ce sens. Généralement, celui qui s'accuse d'avoir juré, entend par là qu'il a proféré des blasphèmes, ou plutôt, des jurons qu'il prend pour des blasphèmes, et non pas qu'il a fait des serments en vain.
Serment (du latin « sacramentum », chose sacrée). Comme l'étymologie l'indique, le serment est un acte religieux. - Le serment d'Annibal, serment de haine contre les Romains qu'Annibal fit aux pieds des autels, fut un acte politique et non religieux.
Prêter serment en justice. Jurer devant un juge de dire la vérité.
Parjure (lat. « perjurium »). Serment faux ou violé.
Blasphème (du grec « blasphêmia », diffamation, calomnie). Blasphémer, c'est donc, d'après l'étymologie, calomnier Dieu, le diffamer, nuire à sa réputation.
Imprécation est, synonyme de malédiction. Faire des imprécations, c'est souhaiter du mal à quelqu'un, le maudire.
Maudire (lat. male, mal, malheur ; dicere, dire), c'est souhaiter le malheur à quelqu'un, c'est appeler sur lui la malédiction divine. - En parlant de Dieu, maudire signifie réprouver, condamner : Dieu maudit le méchant. Les imprécations étaient très fréquentes chez les peuples anciens qui avaient l'habitude de vouer aux dieux infernaux un coupable ou un ennemi. Les Grecs et les Romains gravaient même des formules de malédiction sur des tablettes de plomb et les déposaient dans des tombeaux, afin que le mort transmît la requête aux dieux infernaux.
I. Objet du 2eme Commandement.
Le 2me Commandement est une suite et une conséquence du premier. C'est toujours, en effet, du culte de Dieu qu'il est question ; car, quand il nous est défendu de prendre en vain le Nom de Dieu, ce n'est que l'excès, c'est-à-dire le mauvais usage que nous pouvons faire de ce saint Nom, qui est prohibé. Or, on peut prendre le Nom de Dieu en vain, c'est-à-dire en faire un mauvais usage : - 1 par le jurement ou serment fait en dehors des conditions requises ; - 2 par la tentation de Dieu ; - 3 par le blasphème ; - 4 par l'imprécation ; et - 5 par l'infidélité à nos vœux.
II. Le Serment.
1° Définition.
- Le serment est l'invocation du Nom de Dieu comme témoin de la vérité de ce qu'on dit, ou de la sincérité de la promesse que l'on fait. Deux conditions sont requises pour qu'il y ait serment : - a) l'invocation du Nom de Dieu, expresse ou tacite, et, dans ce dernier cas, indiquée par des signes extérieurs, comme mettre la main sur l'Évangile, sur la croix ou la tourner vers le crucifix. On ne jure pas par les saints, ni par les créatures, à moins qu'elles ne représentent Dieu, comme dans ces mots : Je jure par le ciel, par la croix, par l'autel, par l'évangile. « Celui, dit Notre-Seigneur, qui jure par le ciel, jure par le trône de Dieu et par celui qui y est assis. » (Mat., XXIII, 22). Ce n'est donc pas jurer que de dire : ma parole d'honneur En vérité, en conscience, aussi vrai que Dieu existe ; que le diable m'emporte si je ne dis pas la vérité ; ou encore : paroi, parbleu, sacristi, sacrédié, etc. Dire « je le jure » n'est pas non plus un serment en soi, à moins que les circonstances n'indiquent qu'on prend Dieu à témoin ; - b) l'invocation de Dieu comme témoin de la vérité énoncée, d'où il suit que le serment suppose à la base l'intention de s'obliger à dire la vérité.
2° Espèces.
- A. AU POINT DE VUE DE L'OBJET, le serment : - 1. affirmatif, quand on le fait pour affirmer un chose. Ex. : je jure que je ne connais pas, que je n'ai jamais vu cet homme ; - 2 promissoire, si Dieu est invoqué comme témoin de la sincérité d'une promesse. Ex. : Dieu m'est témoin que je donnerai mille francs aux pauvres ; - 3 comminatoire, quand il s'accompagne d'une menace ; ex. : jurer qu'on se vengera de son ennemi ; - 4. imprécatoire, quand on appelle Dieu comme vengeur, si l'on est coupable de parjure ; ex. : « Que Dieu me damne si je ne dis pas vrai ! »
B. AU POINT DE VUE DE LA FORME, le serment est : - 1. simple, s'il est fait sans aucun apparat ; - 2. solennel ; s'il est accompagné d'une cérémonie extérieure conforme à la loi ou à la coutume ; ex. : le serment fait, la main sur l'Évangile ou levée vers le crucifix, devant un tribunal ou un notaire.
III. Conditions requises pour la légitimité du serment - Gravité.
1° .Conditions.
- C'est pour appuyer sa parole et lui donner une sorte de consécration, que l'homme, dans certaines circonstances solennelles, prête serment. Invoquer le témoignage de Dieu en faveur de ce que l'on dit, c'est donc une manière indirecte de proclamer qu'il sait tout et qu'il ne peut mentir ; c'est lui rendre hommage et c'est, de ce fait, un acte de religion. On comprend dès lors que le serment, pour être légitime, doit être entouré de certaines, conditions.
Trois conditions sont requises pour que le serment soit permis. Il faut qu'il soit fait selon la vérité, selon la justice et avec discrétion (can. 1316, § 1) :
- selon la vérité, ou du moins ce qu'on croit être la vérité. Invoquer le témoignage de Dieu en faveur du mensonge, constitue un parjure ; -.
- selon la justice, c'est-à-dire pour s'engager à faire une chose juste et honnête ; -.
- avec discrétion, c'est-à-dire avec discernement et pour un juste motif. Le serment doit être nécessaire ou très utile ; sinon, ce serait en vain, c'est-à-dire sans raison suffisante. Il est toujours permis, quand il est requis en justice, quand un supérieur l'exige, avant d'entrer en charge dans une fonction publique, etc..
avec discrétion, c'est-à-dire avec discernement et pour un juste motif. Le serment doit être nécessaire ou très utile ; sinon, ce serait en vain, c'est-à-dire sans raison suffisante. Il est toujours permis, quand il est requis en justice, quand un supérieur l'exige, avant d'entrer en charge dans une fonction publique, etc.
2° Gravité.
- 1. Le serment fait pour affirmer une chose fausse ou que l'on croit fausse (parjure), ou pour s'engager à commettre une mauvaise action (se venger, tuer, voler, etc.) est un péché grave de sa nature, puisque c'est vouloir faire de Dieu le complice d'un mensonge ou d'une injustice. - 2. Au contraire, le serment frivole, ou même complètement inutile, n'est généralement qu'une faute légère lorsqu'il ne va pas contre la vérité et la justice.
IV. Obligation du serment promissoire. Cas où elle cesse.
1° Obligation.
Tout serment promissoire entraîne une double obligation : une obligation de fidélité à sa promesse et une obligation de religion, en raison du serment qui a accompagné la promesse. Un serment, extorqué par la violence ou par une crainte grave, est valide, mais le supérieur ecclésiastique peut en relever. Un serment qui a pour objet « un acte préjudiciable au prochain, au bien public, au salut éternel, n'entraîne aucune obligation ; on pécherait donc en l'exécutant » (can. 1317 et 1318, § 2).
2° Cas où l'obligation cesse.
- L'obligation du serment cesse :
- quand il y a eu erreur sur l'objet. Par exemple, je promets avec serment à un de mes amis de lui donner un objet qui, dans mon idée, n'a pas beaucoup de valeur et que je ne lui donnerais pas si je savais le contraire ; si j'apprends que le prix en est de beaucoup supérieur, je ne suis pas obligé de le lui remettre ; -.
- « par la remise de celui en faveur de qui il a été prêté » : vous jurez de donner une somme d'argent à un ami ; si celui-ci renonce à ses droits, l'obligation de votre serment cesse.
- « par le changement substantiel de la chose jurée ou si, par suite des circonstances, cette chose devient mauvaise, ou tout à fait indifférente, ou opposée à un plus grand bien » ; ainsi, un père qui a juré de frapper son fils pour le corriger, ne doit pas tenir son serment, s'il prévoit que la correction aura de mauvais résultats ; -.
- « par défaut de la condition posée », ou bien si l'on se trouve dans l'impossibilité de tenir sa promesse : par exemple, je fais le serment d'aller à Lourdes si ma mère guérit. Évidemment, je ne suis pas tenu d'exécuter mon serment en cas de non guérison, ou bien si ma situation de fortune change dans l'intervalle et ne me permet plus les dépenses du voyage ; -.
- « par annulation, dispense ou commutation » (can. 1319). « Celui qui a le pouvoir d'annuler un vœu, d'en dispenser ou de le commuer, a le même pouvoir à l'égard du serment promissoire » (can. 1320). (Voir N° 190)..
« par annulation, dispense ou commutation » (can. 1319). « Celui qui a le pouvoir d'annuler un vœu, d'en dispenser ou de le commuer, a le même pouvoir à l'égard du serment promissoire » (can. 1320). (Voir N° 190).
V. La Tentation de Dieu.
1° Définition.
- Tenter Dieu, c'est mettre Dieu à l'épreuve, c'est dire ou faire une chose qui le provoque à manifester l'un de ses attributs : puissance, bonté, sagesse, justice, etc.
2° Espèces.
- La tentation de Dieu est expresse ou implicite :a) expresse ou formelle, quand, par impiété, on doute d'un attribut divin et qu'on en requiert explicitement la manifestation ;- b) implicite, quand, sans intention expresse de tenter Dieu, on agit comme si on le tentait ; ex. : un malade qui attend de Dieu sa guérison sans user des remèdes de l'art ; s'exposer au péril sans nécessité en escomptant la protection divine ; le prédicateur qui, pour frapper son auditoire, annonce un miracle ; vouloir juger de l'innocence ou de la culpabilité par les épreuves du feu, de la croix, etc. (voir N° 213).
3° Malice.
- Ces différentes tentations sont plus ou moins répréhensibles selon l'intention de celui qui s'en rend coupable. Il est clair que la tentation qui a pour cause l'incrédulité, est autrement grave que celles qui viennent de la curiosité ou de la présomption, on d'une mauvais conception de la Providence divine.
VI. Le Blasphème.
1° Définition.
- Le blasphème c'est l'injure adressée à Dieu et à tout ce qui peut être considéré comme son oeuvre : les saints, la religion, etc.
2° Espèces.
- Le blasphème peut être direct ou indirect : - a) direct ou immédiat, lorsque l'injure, exprimée par paroles ou par écrits, s'adresse directement à Dieu : par exemple, nier les perfections de Dieu ; dire que Dieu n'est pas tout-puissant, qu'il n'est pas miséricordieux, que son oeuvre est mauvaise, que sa Providence est injuste ou cruelle, que sa volonté est tyrannique ;- b) indirect ou médiat si l'injure ne s'adresse qu'indirectement à Dieu : - 1. soit qu'on le maudisse dans son oeuvre en se moquant de la Religion, de la Sainte Vierge et des Saints en qui il a fait éclater sa grandeur, sa bonté et sa sagesse ; en parlant mal des prêtres et des religieux ; et même, dans une certaine mesure, en n'osant pas protester, par respect humain et par lâcheté, contre les mauvais propos des autres ; - 2 soit qu'on attribue aux créatures des qualités qui n'appartiennent qu'à Dieu ; en disant, par exemple, du démon, qu'il sait tout, et qu'il est tout-puissant.
Remarque. - Les locutions où l'on emploie en vain le nom de Dieu, et en particulier, celles qui sont précédées du mot « sacré », sont-elles de vrais blasphèmes ? Entendues dans leur sens propre, ces formules, loin d'être injurieuses à Dieu, sont des formules pieuses ; mais le mot « sacré » peut être pris dans le sens de maudit, et dans ce cas, la formule devient blasphématoire. Cependant lorsque ces sortes de locutions sont proférées par habitude grossière et par mauvaise éducation, elles ne doivent pas être regardées comme des blasphèmes : tout dépend d'ailleurs de l'usage, de la commune estimation du pays et de l'intention de celui qui profère les paroles.
3° Malice.
- Le blasphème est, de sa nature, un péché très grave, puisqu'il s'attaque à Dieu, et lui refuse l'honneur et le respect qui lui sont dus ; il n'admet donc pas de légèreté de matière toutes les fois qu'il est pleinement délibéré et voulu. Dénigrer la Sainte Vierge, dire qu'elle est une femme comme toutes les autres, qu'elle n'a pas été immaculée, qu'elle n'est pas la Mère de Dieu, c'est aussi blasphémer gravement. Toutefois il arrive souvent que l'irréflexion et la légèreté, comme dans les mouvements d'impatience, diminuent la gravité de la faute.
Les personnes pieuses, qui entendent proférer un blasphème, doivent avoir à cœur de réparer l'outrage fait à Dieu on disant intérieurement l'une des invocations suivantes :« Dieu soit béni - Béni soit son saint Nom ! - Béni soit Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme - Béni soit le nom de Jésus - Béni soit le nom de Marie, Vierge et Mère ! - Béni soit Dieu dans ses anges et dans ses saints » (Indulgence d'un an à chaque invocation.)
VII. L'Imprécation.
1° Définition.
L'imprécation est toute parole de haine ou de colère par laquelle on souhaite du mal à quelqu'un, on le voue au malheur.
2° Espèces.
- Il y a imprécation :
- contre Dieu, si on le maudit, si on souhaite qu'il n'existe pas ; -.
- contre soi-même, quand on appelle le malheur sur soi : par exemple, en disant : - « Que je meure ! Que Dieu me damne !... » Telle fut la terrible imprécation des Juifs devant Pilate après avoir fait condamner Notre-Seigneur : « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants » (Mat., XXVII, 25) ; -.
- contre le prochain, quand on lui souhaite le malheur, la mort, la damnation ; -.
- contre les êtres privés de raison. Dans des moments de colère, le laboureur maudit le temps et les animaux qui, à son avis, le servent mal ; l'ouvrier maudit son outil, etc..
contre les êtres privés de raison. Dans des moments de colère, le laboureur maudit le temps et les animaux qui, à son avis, le servent mal ; l'ouvrier maudit son outil, etc.
3° Malice.
- La malice de l'imprécation dépend du mal que l'on souhaite. Souvent l'inadvertance en atténue la gravité. Il peut arriver même qu'elle soit légitime : ex. : malédiction de Cham par son père Noé (Gen., IX, 25).
VIII. Le Vœu.
1° Définition.
- Le vœu (lat, votum, promesse) est « une promesse délibérée et libre, faite à Dieu, d'un bien possible et meilleur n(can. 1307).
A. NATURE DU VŒU. - a) Le vœu n'est pas une simple résolution qui n'oblige pas ; c'est une
promesse qui lie la conscience. - b) Une promesse faite à Dieu, et non pas à un autre, car le vœu est essentiellement un acte de religion par lequel nous reconnaissons, d'un côté, le souverain domaine de Dieu sur nous et, de l'autre, notre complète dépendance.
B. OBJET DU VŒU. - a) Le vœu est la promesse d'un bien meilleur. Non seulement l'acte doit être moralement bon, il faut qu'il soit plus parfait que celui qui lui est opposé. Ainsi le vœu que l'on ferait de se marier ne vaut pas, puisqu'il est opposé à un bien supérieur qui consiste à garder la virginité. - b) Le vœu cet la promesse d'un bien possible ; on ne peut, par exemple, faire le vœu d'éviter tous les péchés véniels, mais on peut faire le vœu d'éviter tel péché déterminé ; une mère ne peut pas faire le vœu que son enfant entrera en religion.
Une action déjà commandée par un précepte peut être la matière d'un vœu, vu qu'une chose commandée est un bien ; ainsi, l'on a le droit de faire vœu de jeûner pendant le carême ; on est, dans ce cas, lié par une double obligation : celle du précepte et celle du vœu.
C. CONDITIONS DU VŒU. - Deux conditions sont requises : la pleine connaissance de l'obligation contractée et la liberté. L'ignorance, l'erreur, le défaut de délibération ou de liberté sont donc causes de nullité. D'où il suit que les vœux émis par les enfants, par les adultes qui ne sont pas en possession complète de leur raison, ou qui sont déterminés par une crainte grave et injuste, sont sans valeur.
2° Objection.
- Le vœu n'est-il pas contraire à la liberté ? - A ceux qui le prétendent « je répondrais, dit Mgr D'HULST, qu'on est libre dans la mesure où l'on fait oeuvre de volonté, et que j'ai voulu plus fortement que vous, puisque j'ai voulu des choses plus difficiles. Et si, revenant à la charge, vous me parlez de mes chaînes, je vous dirai que je les porte, parce que je les ai choisies, et que j'en suis lier, tandis que vous en portez peut-être que vous n'avez pas choisies et dont vous rougissez ». La vraie liberté ne consiste-t-elle pas à offrir ce que nous voulons, et serions-nous encore libres si, au nom de la liberté, on nous défendait de faire tel usage de nos biens que bon nous semble ?
IX. Les différentes espèces de vœux.
Les vœux sont :
- temporaires ou perpétuels selon qu'ils sont faits pour un temps déterminé ou pour la vie ; -.
- conditionnels ou absolus selon qu'on pose une condition ou non. Dans le premier cas ils n'obligent que si la condition est remplie ; -.
- personnels, réels ou mixtes selon que l'objet du vœu est la personne elle-même, ou un bien dont elle dispose ou les deux ensemble. Exemple d'un vœu personnel : promettre de se consacrer à Dieu dans l'état ecclésiastique ou religieux. Vœu réel : la promesse de bâtir une église. Veau mixte, c'est-à-dire personnel et réel à la fois : « J'irai moi-même porter à Notre-Dame de Lourdes un ex-voto, si je guéris de ma maladie » ;-.
- publics, s'ils sont reçus au nom de l'Église par le supérieur ecclésiastique légitime ; sinon ils sont privés ; -.
- solennels, s'ils sont reconnus tels par l'Église, comme dans les Ordres religieux proprement dits ; sinon ils sont simples ; -.
- réservés, lorsque le Saint-siège seul peut concéder la dispense (can. 1308)..
réservés, lorsque le Saint-siège seul peut concéder la dispense (can. 1308).
X. Obligation du vœu. Cas où elle cesse.
1° Obligation du vœu.
Les vœux obligent en conscience. Cette obligation découle du droit naturel et du droit divin : - 1. du droit naturel : la justice et l'honnêteté nous font en effet un devoir de tenir nos engagements ; - 2. du droit divin : la promesse faite à Dieu ajoute au devoir naturel un devoir de religion. Le vœu est donc une promesse doublement sacrée.
La gravité de l'obligation dépend de l'importance de la chose promise et de l'intention qu'on a eue en la promettant. Le vœu personnel n'oblige que celui qui le fait. Mais l'obligation d'un vœu réel passe aux héritiers, ainsi que celle d'un vœu mixte en ce qu'il a de réel (can. 1310).
2° Cas où elle cesse.
- L'obligation cesse :
- quand le temps de cette obligation est passé ; -.
- par le changement substantiel de l'objet promis, quand, par exemple, la chose qui est l'objet du vœu cesse -d'être licite ou nous devient impossible : vous avez promis de jeûner plusieurs fois la semaine, mais votre santé s'y oppose ; -.
- par le défaut de la cause finale du vœu : je fais vœu de donner cent francs par mois à un ami parce qu'il est pauvre ; si cet ami devient riche, l'obligation de mon vœu cesse ; -.
- par l'annulation, la dispense ou la commutation du vœu (can. 1311). Quiconque a le pouvoir légitime sur la volonté de celui qui a fait le vœu (ex. : un père, un mari, un supérieur), peut validement et même pour une juste cause, licitement, annuler ce vœu (can. 1312, § 1). La dispense des vœux non réservés peut être donnée, pour un juste motif, et pourvu qu'elle ne lèse pas le droit d'un tiers : 1) par l'Ordinaire du lieu à tous ses sujets et même aux étrangers de passage, 2) par le supérieur d'une maison religieuse exempte à tout le personnel de sa maison et 3) par tous ceux qui en ont reçu le pouvoir du Saint-Siège (can. 1313). Le Pape se réserve la dispense des vœux publics, ainsi que des vœux privés de chasteté parfaite et perpétuelle, et du vœu d'entrer dans un ordre à vœux solennels, quand ces vœux sont absolus et ont été faits après dix-huit ans (can. 1309). « Une oeuvre promise par un vœu non réservé peut être commuée en une couvre meilleure ou équivalente par celui qui a fait le vœu ; mais elle lie peut être changée en une couvre moins bonne que par celui qui, d'après le canon 1313, peut dispenser du vœu lui-même u(can. 1314)..
par l'annulation, la dispense ou la commutation du vœu (can. 1311). Quiconque a le pouvoir légitime sur la volonté de celui qui a fait le vœu (ex. : un père, un mari, un supérieur), peut validement et même pour une juste cause, licitement, annuler ce vœu (can. 1312, § 1). La dispense des vœux non réservés peut être donnée, pour un juste motif, et pourvu qu'elle ne lèse pas le droit d'un tiers : 1) par l'Ordinaire du lieu à tous ses sujets et même aux étrangers de passage, 2) par le supérieur d'une maison religieuse exempte à tout le personnel de sa maison et 3) par tous ceux qui en ont reçu le pouvoir du Saint-Siège (can. 1313). Le Pape se réserve la dispense des vœux publics, ainsi que des vœux privés de chasteté parfaite et perpétuelle, et du vœu d'entrer dans un ordre à vœux solennels, quand ces vœux sont absolus et ont été faits après dix-huit ans (can. 1309). « Une oeuvre promise par un vœu non réservé peut être commuée en une couvre meilleure ou équivalente par celui qui a fait le vœu ; mais elle lie peut être changée en une couvre moins bonne que par celui qui, d'après le canon 1313, peut dispenser du vœu lui-même u(can. 1314).
1 Que le nom du Soigneur soit toujours entouré par nous de respect et de vénération.
2 Ayons de l'horreur pour le blasphème et l'imprécation. Il convient même de ne jamais proférer-de jurons qui puissent prêter chez les autres à mauvaise interprétation.
3 Le vœu étant une chose très importante, nous ne devons jamais en faire, sans avoir mûrement et longuement réfléchi, et, autant que possible, sans avoir consulté notre confesseur ou une personne de jugement sûr.
LECTURES. – 1 Les mauvais serments. Hérode promet par serment à la fille l'Hérodiade la tête de saint Jean-Baptiste (Mat., XIV). 2 Des faux témoins accusent Jésus-Christ devant Pilate (Mat., XXVI, 59 et suiv.). 3 Sur le blasphème. La punition du blasphème. (Lévitique, XXIV). 4 Sur les vœux. Vœu imprudent de Jephté. (Juges, XI, 29, 30). Vœu d'Anne, mère de Samuel (1er Livre des Rois ou 1er Livre de Samuel, I, 10, 11).
I. 1 Quel est l'objet du 2 Commandement de Dieu ?
II. 1 Qu'est-ce que le serment ? 2 Quelles conditions sont requises pour qu'il y ait serment ? 3 Quelles sont les différentes espèces de serment ?
III. 1 A quelles conditions le serment est-il permis ? 2 Quelle est la gravité du parjure, du serment frivole et du serment inutile ?
IV. 1 Quelle sorte d'obligation résulte du serment promissoire ? 2 Dans quels cas l'obligation cesse-t-elle ?
V. 1 Qu'est-ce que la tentation de Dieu ? 2 Quelles sont les manières de tenter Dieu ?
VI. 1 Qu'est-ce que le blasphème ; 2 Comment se rend-on coupable de blasphème ? 3 Le juron est-il un blasphème ? 4 Le blasphème est-il un péché grave ?
VII. 1 Qu'est-ce que l'imprécation ? 2 Combien y a-t-il de sortes d'imprécations ?
VIII. 1 Qu'est-ce que le vœu ? 2 Le vœu est-il contraire à la liberté ?
IX. 1 Quelles sont les différentes espèces de vœux ?
X. 1 Quelle obligation constitue le vœu personnel ? 2 Et le vœu réel ? 3 Dans quels cas l'obligation cesse-t-elle ?
-1 Dire pourquoi le serment est un acte religieux. 2 Que pensez-vous du parjure et du blasphème ? Le blasphème est-il plus odieux que le parjure ? Peut-il y avoir des raisons qui excusent du blasphème ? Y en-a-t-il qui atténuent la gravité du parjure ? 3 Montrez que les vœux de religion sont une source de bienfaits pour la société.
