Tome 2 · La Morale · Leçon 3
Les Péchés contre la vertu de religion
Plan de la leçon 3 parties
Idolâtrie (du grec « eidôlon », idole ; « latreia », culte). Culte d'adoration rendu aux idoles, c'est-à-dire à tout ce qui n'est pas Dieu, à la créature animée ou inanimée : hommes, héros, animaux, soleil, plantes ou statues, ou encore personnage fictif : par exemple, la grande Révolution française adora la déesse Raison.
Superstition (du latin « super », sur « stare », se tenir au-dessus, par conséquent, en dehors). Appliqué au culte, ce mot signifie, conformément à l'étymologie, qu’on ne rend pas le culte comme il convient.
Objets de superstition. Objets qu'on porte sur soi, ou non, - pas exemple, l'amulette, le talisman, le fétiche, - et auxquels on attribue la vertu secrète de protéger contre les maladies et les malheurs, et de procurer chance et bonheur. (V. notre Apologétique N° 138).
Occultisme (lat. occultas, caché). Ce mot sert parfois à désigner l'ensemble des sciences occultes, comme la divination, la magie, le spiritisme et autres sciences dont la connaissance est cachée au vulgaire.
I. Les péchés contre la vertu de religion.
Il y a deux façons de pécher contre la vertu de religion, ou devoir de culte prescrit par le premier précepte : par excès ou par défaut.
1. Par excès. - Dans cette première catégorie de péchés, il faut ranger l'idolâtrie et la superstition. Ces deux manières fausses de rendre le culte à la Divinité, constituent ce qu'on appelle la vie païenne.
2. Par défaut ou irréligion. - A cette seconde catégorie appartiennent
- le sacrilège ; -.
- l'incrédulité et l'impiété ; et -.
- l'indifférence..
l'indifférence.
II. Première Catégorie. Péchés par excès : L'Idolâtrie.
1° Définition.
- L'idolâtrie consiste à rendre à des idoles le culte d'adoration qui n'est dû qu'à Dieu.
2° Espèces.
- Il faut distinguer :
- l'idolâtrie par ignorance : tel est le cas des infidèles et des païens qui croient que les idoles sont la vraie divinité ; -.
- l'idolâtrie vraie ou formelle : péché de ceux qui, connaissant le vrai Dieu, adorent les idoles : ce cas est très fréquent dans l'histoire juive ; -.
- l'idolâtrie simulée, lorsque, par crainte de la persécution, on se prosterne extérieurement devant les idoles sans leur rendre le culte intérieur : tel fut, au temps des persécutions, le péché d'un certain nombre de chrétiens, qui, pour échapper aux supplices, sacrifièrent aux idoles, et qu'on appela pour cette raison « les lapsi », d'un mot latin qui veut dire tombés..
l'idolâtrie simulée, lorsque, par crainte de la persécution, on se prosterne extérieurement devant les idoles sans leur rendre le culte intérieur : tel fut, au temps des persécutions, le péché d'un certain nombre de chrétiens, qui, pour échapper aux supplices, sacrifièrent aux idoles, et qu'on appela pour cette raison « les lapsi », d'un mot latin qui veut dire tombés.
3° Malice.
- Toute idolâtrie, qui ne provient pas de l'ignorance, est un péché grave. Dans l'Ancien Testament, elle fut défendue par le premier précepte du Décalogue et punie par des peines très sévères. Sous la Loi évangélique, aux premiers siècles de l'Église, l'idolâtrie fut considérée comme une faute des plus graves et soumise à une pénitence publique, qui durait jusqu'à la fin de la vie. Les « lapsi » n'obtenaient l'absolution de leur faute qu'avant la mort, ou dans le cas d'une nouvelle persécution.
Il va de soi cependant que l'idolâtrie simulée, qui provient de la crainte, est moins grave que l'idolâtrie vraie, qui a pour principe la perversité du cœur.
178 bis. - III. Péchés par excès (suite) : La Superstition.
1° Définition.
- La superstition, considérée en général, est un manière fausse d'entendre et de pratiquer le culte : c'est ne pas le rendre comme il faut et a qui il faut.
2° Espèces.
- La superstition comprend : les vaines observances, la divination, la magie, et les pratiques plus modernes du spiritisme et de l'hypnotisme.
A. VAINES OBSERVANCES. - Il faut entendre par là certaines pratiques, ou observances, auxquelles on attribue des effets infaillibles qu'elles n'ont pas par elles-mêmes et que Dieu n'y a pas attachés. Pour cette raison on les appelle vaines, c'est-à-dire inutiles ou dangereuses. On emploie, par exemple, des remèdes singuliers, on récite des paroles mystérieuses, des formules de prières un nombre déterminé de fois, en vue d'obtenir infailliblement la guérison des hommes ou des animaux. On regarde certaines choses comme des signes ou présages d'événements heureux ou malheureux : ex. : on croit que le fait de se trouver treize à table, de renverser une salière, de voyager le vendredi (jour néfaste), de rencontrer un oiseau soi-disant de mauvais augure, porte malheur, tandis que le trèfle à quatre feuilles, la corde de pendu, les talismans et les amulettes portent bonheur et préservent des catastrophes, comme si Dieu avait attaché des conséquences heureuses ou malheureuses à des choses qui, par elles-mêmes, n'ont aucune influence, bonne ou mauvaise, sur la marche des événements.
Il arrive même que des personnes pieuses pèchent par superstition, en pratiquant des dévotions non approuvées, par exemple, en multipliant les cérémonies (culte superflu), en attribuant à une prière une efficacité souveraine que ni Dieu ni l'Église ne lui ont reconnue. Mais il ne faut pas ranger, parmi les vaines observances, la pratique pieuse de faire des neuvaines : neuvaines de messes ou de prières, de demander des trentains grégoriens pour recevoir des grâces particulières, de porter sur soi, par dévotion, une médaille de la Sainte Vierge ou une relique de saint.
Ce qui est superstition c'est de penser que le moyen est infaillible, quand Dieu n'a jamais donné une telle assurance.
B. DIVINATION. - La divination consiste à vouloir découvrir les choses secrètes ou futures par des moyens, en soi, inefficaces : ce qui suppose donc toujours le recours au démon. L'invocation du démon est : - 1. expresse, quand on prononce des paroles ou qu'on trace des signes qui s'adressent directement au démon et lui demandent une réponse ; - 2. tacite, quand, sans l'invoquer expressément, on emploie des moyens que l'on sait inaptes à obtenir l'effet demandé, sans son intervention.
Il serait trop long d'énumérer les moyens dont la divination a usé pour connaître les choses cachées ou présager l'avenir. Les Grecs consultaient l'oracle de Delphes ; assise sur un trépied, une prêtresse, le médium de cette époque, vaticinait ou plutôt prononçait des paroles obscures, à double sens, qu'on interprétait tant bien que mal. Chez les Romains, les aruspices sondaient la volonté des dieux par l'examen des entrailles des victimes qui étaient sacrifiées. Les augures prophétisaient l'avenir par le vol ou le chant des oiseaux ou par l'appétit des poulets sacrés. Les Juifs eux-mêmes, si enclins à l'idolâtrie, consultèrent plus d'une fois les devins, malgré les défenses de leur Loi. Le roi Saül alla trouver la pythonisse d'Endor, pour savoir l'issue de la guerre qu'il avait entreprise (I Rois, XXVIII, 7-21), et il eut bien des imitateurs sous les règnes d'Achaz et de Manassé.
Nous avons eu, depuis : les astrologues, qui lisaient l'avenir dans les astres ; les chiromanciens, dans les lignes de la main ; les pyromanciens dans les mouvements de la flamme ; les hydromanciens, dans la couleur de l'eau ; les nécromanciens et les spirites qui interrogent les morts dans le même but. Il y a eu, de tout temps, les interprètes des songes (oniromanciens) et il y a encore, à l'heure actuelle, des somnambules et des tireuses de cartes (cartomanciennes) qui ne manquent pas de clientèle.
L'on peut se demander jusqu'à quel point il est possible, par un de ces procédés, de connaître l'avenir. Il est permis d'affirmer, d'une manière générale, qu'il y a dans tout cet art de la divination une très grande part à faire au charlatanisme et à la duperie, mais il n'en est pas moins vrai que, si un savant, un astronome ou un philosophe peuvent annoncer ce qui adviendra dans un temps plus ou moins reculé en tirant simplement les effets des causes, à plus forte raison, le démon peut-il deviner bien des choses qui sont inconnues à nos intelligences.
C. MAGIE. - La magie diabolique, appelée aussi magie noire, - pour la distinguer de la magie blanche, ou prestidigitation, dont les tours merveilleux sont dûs uniquement à l'habileté de l'opérateur, - est une pratique de superstition par laquelle on prétend accomplir des phénomènes
extraordinaires qui ne peuvent être obtenus par des moyens naturels : ce qui suppose l'intervention du démon. Quand elle se propose de nuire au prochain, de lui jeter un mauvais sort, la magie s'appelle maléfice (lat. male, mal, facere, faire) ou sortilège. Ceux et celles qui la pratiquent S'appellent sorciers et sorcières.
La magie noire remonte aux époques les plus reculées de l'histoire. En Égypte, il y eut, du temps de Moïse, des magiciens qui prétendaient faire des miracles. L'on a même retrouvé des papyrus qui contenaient les fameuses formules mystérieuses, à l'aide desquelles ils évoquaient les âmes des morts et les mauvais génies, guérissaient les malades et s'entretenaient avec les dieux. Les magiciens de Chaldée et d'Assyrie ne furent pas moins fameux.
Du temps des Apôtres, la magie existait toujours. Nous lisons, en effet, dans les Actes des Apôtres (VIII, 5-13) qu'au moment où l'apôtre Philippe évangélisait une ville de Samarie et guérissait de nombreux paralytiques, il se trouvait là un homme, nommé Simon, qui pratiquait la magie et émerveillait le peuple.
Au moyen âge, et même plus tard, la magie noire eut une longue période de prospérité. Ceux qui la pratiquaient s'appelaient sorciers ou alchimistes. La renommée les accusait de jeter des sorts, des conjurations, des maléfices. Les sorciers qui jetaient des sorts ou maléfices, furent poursuivis par une législation sévère, peut-être jusqu'à l'extrême. L'on a même accusé l'Église à ce sujet ; on lui a reproché d'avoir usé de représailles envers les coupables, et d'avoir prononcé des condamnations injustes. Pour le premier grief, avant de le faire à l'Église, il faudrait remonter plus haut et accuser les lois romaines qui ne furent pas moins sévères et qui prononçaient la peine de mort contre les magiciens qui se servaient de leur puissance pour nuire. Si la législation du moyen âge fut si rigide, c'est qu'elle avait adopté le droit romain et que, de ce fait, elle avait maintenu les pénalités qui existaient contre les magiciens. Quant au second grief, qu'il y eut des innocents qui furent condamnés à mort, la chose est possible et regrettable : c'est un malheur que les juges, la plupart du temps laïques, n'aient pas toujours été assez habiles pour discerner les vrais coupables ; mais n'oublions pas que ce fut du sein de l'Église que s'élevèrent les protestations contre les procédures suivies, et que ce fut un roi, défenseur de l'Église, Louis XIV, qui supprima la peine de mort contre les sorciers. (V. JAUGEY. Article : Sorcellerie.)
A notre époque, la magie existe encore chez les nations païennes ; elle a même, pour, ainsi dire, pris rang de religion chez les peuples fétichistes de l'Afrique occidentale et de l'Australie. Dans l'Europe, au contraire, on ne croit plus guère à la magie. Elle a été supplantée par deux autres pratiques, d'apparence plus scientifique : le spiritisme et l'hypnotisme.
D. LE SPIRITISME est la science occulte qui se propose, en évoquant les esprits (désincarnés), de connaître les choses cachées, par exemple, le sort des défunts et les secrets de la vie future. Les spirites demandent leurs réponses à des intermédiaires, appelés médiums. Parfois, c'est une table qui répond en frappant un certain nombre de petits coups répétés sur le sol, ou bien c'est un crayon qui écrit la réponse demandée, ou bien encore c'est un fantôme qui apparaît.
E. HYPNOTISME. - L'hypnotisme est l'art de provoquer, par différents procédés, l'hypnose, ou sommeil artificiel, dans lequel le sujet hypnotisé peut recevoir de l'hypnotiseur des suggestions qui déterminent en lui des sensations ou l'incitent à des actes qu'il accomplit incontinent, dans l'état d'hypnose, ou plus tard, à l'état de veille. Les phénomènes de l'hypnotisme peuvent être naturels et d'ordre pathologique. Mais, comme l'hypnotisé perd sa liberté et devient la chose de l'hypnotiseur, l'hypnotisme est toujours immoral de sa nature.
Il faut rapprocher de l’hypnotisme le magnétisme animal. D'après les expériences faites par la science, les animaux, les hommes dégagent un fluide très subtil qui se transmet à d'autres corps, aptes à le recevoir, absolument comme il s'échappe de l'aimant un fluide qui se communique au fer et l'attire. Le fluide part du corps du magnétiseur, et, par différents procédés : les attouchements (dans le système de Mesmer), à l'aide de la baguette magique (système de Puységur), ou bien à l'aide d'un objet brillant placé devant le sujet (système de Braid), il se communique au corps du magnétisé et produit l'état de somnambulisme dans lequel l'intelligence et le savoir peuvent prendre toutes sortes de développements.
3° Malice de la Superstition.
a) Les vaines observances. -Comme en général, elles procèdent beaucoup plus d'une certaine faiblesse d'esprit, de l'ignorance, et d'un manque d'instruction religieuse, que de la malice et de mauvaises intentions, elles n'ont qu'un degré très atténué de culpabilité.
b) La Divination. - 1. Quand il y a pacte explicite avec le démon, la divination est un péché grave. S'adresser, en effet, au démon pour découvrir les choses de l'avenir que Dieu seul connaît, c'est proclamer que le démon est aussi puissant que Dieu, c'est lui rendre un culte divin : c'est, par conséquent, faire à Dieu une injure grave. - 2. Même quand l'invocation est tacite, le péché est grave puisqu'on fait un appel implicite à l'intervention du démon. Cependant il peut arriver que l'ignorance et la simplicité diminuent la gravité de la faute.
c) La Magie.- Seule, la magie noire est défendue, et sa gravité est en proportion du tort qu'on veut causer au prochain on faisant intervenir le démon.
d) Le Spiritisme. - La pratique du spiritisme est une superstition tout à fait illicite, car il n'est pas dans l'ordre divin que Dieu envoie les bons esprits pour favoriser la curiosité humaine. Si des esprits répondent aux investigations des spirites, il ne peut donc s'agir que de démons qui ne veulent entrer en communication avec l'homme que pour lui nuire et le pousser au mal. Aussi l'Église a-t-elle interdit absolument de prendre une part quelconque aux expériences de spiritisme. (Décrets de la Congrégation du Saint-Office du 30 mars 1898 et du 24 avril 1917).
Evidemment, dans les pratiques du spiritisme, beaucoup de choses peuvent être attribuées soit à la supercherie, soit à des causes naturelles et ne sont pas, dès lors, mauvaises : tels sont les phénomènes des tables tournantes et même des tables parlantes, toutes les fois qu'elles donnent des réponses qu'on peut expliquer d'une manière naturelle par la transmission d'un fluide venant des médiums. De même, tous les faits de clairvoyance (faculté de voir à travers les corps opaques et de pénétrer la pensée), de télépathie (connaissance de choses occultes ou d'événements qui se passent à une distance telle qu'ils ne peuvent être connus du sujet qui en a la vision), ne sont pas non plus nécessairement le résultat d'une intervention diabolique. Mais il y a certains faits qui s'expliquent difficilement en dehors de l'intervention des démons : par exemple, le transport de certains objets, sans cause visible, certains phénomènes de lévitation (tables ou autres objets qui s'élèvent d'eux-mêmes au-dessus du sol), les réponses des tables parlantes dans une langue inconnue des assistants, etc. Pour juger à qui ces faits doivent être attribués, il convient par conséquent de considérer les circonstances dans lesquelles ils se produisent. Voir RIBET, La Mystique divine, t. III.
e) L'hypnotisme. - Il est plus difficile de faire le départ des causes naturelles et des causes surnaturelles dans les pratiques de l'hypnotisme. Cependant il est permis de poser les règles suivantes : - 1. L'hypnotisme est sévèrement défendu quand on emploie des moyens mauvais en soi, comme les formules d'incantation, pour provoquer le sommeil, ou qu'on s'y propose des effets mauvais, par exemple, dévoiler les secrets d'une tierce personne. - 2. L'hypnotisme est permis, au contraire, quand il est produit par des voies naturelles et qu'il a un but louable. Ainsi les médecins peuvent l'employer licitement pour traiter certaines maladies physiques ou morales, du moment que l'hypnotisé accorde, au préalable, son consentement.
IV. Deuxième Catégorie. Les Péchés par défaut.
1° Le Sacrilège.
A. DÉFINITION. - Le sacrilège est la profanation d'une personne, d'un objet ou d'un lieu sacrés. Profaner, c'est traiter ce qui est sacré comme ce qui est profane, par conséquent, sans le respect voulu. Pour qu'il y ait profanation, il faut donc que la personne, l'objet ou le lieu aient été consacrés à Dieu, c'est-à-dire séparés, par une cérémonie spéciale, des personnes, des objets et des lieux profanes.
B. ESPÈCES. - Le sacrilège est personnel, réel ou local :
- personnel, quand on frappe les personnes consacrées à Dieu ou qu'on commet avec elle le péché de luxure ; -.
- réel, quand on profane des objets sacrés. Le vol, l'emploi des vases et des ornements sacrés à des usages profanes, les attentats contre les reliques des saints, contre les biens ecclésiastiques, l'administration ou la réception des sacrements dans l'état d'indignité, sont des sacrilèges réels. Il y faut ajouter encore la simonie, qui fut la plaie du moyen âge et qui consistait à conférer des évêchés et des bénéfices au plus offrant, à acheter ou à vendre des reliques ; -.
- local, quand on profane un lieu sacré (église, chapelle ou cimetière) par des actes contraires à la sainteté du lieu : vols, attentats, actions indécentes, etc...
local, quand on profane un lieu sacré (église, chapelle ou cimetière) par des actes contraires à la sainteté du lieu : vols, attentats, actions indécentes, etc..
C. MALICE DU SACRILÈGE. - Que le sacrilège soit un péché grave de sa nature, cela découle du fait que traiter mal une chose sacrée, c'est faire injure à celui à qui cette chose est consacrée, c'est-à-dire à Dieu.
Toutefois, la gravité de la faute dépend de trois circonstances
- de la sainteté de la personne, de la chose ou du lieu que l'on profane. Si, par exemple, la chose sacrée ne sert au culte divin que d'une manière éloignée, le sacrilège est moins grave ; -.
- de l'irrévérence elle-même, selon qu'elle est plus ou moins grave ; -.
- de l'intention du profanateur. La culpabilité de celui-ci varie avec la conscience qu'il a de la malice de son acte..
de l'intention du profanateur. La culpabilité de celui-ci varie avec la conscience qu'il a de la malice de son acte.
2° L'incrédulité.
- Les incrédules sont ceux qui ne croient pas aux dogmes religieux. Lorsque l'incrédulité ne se borne pas à nier les dogmes religieux et qu'elle les combat soit par des écrits, soit par des paroles, elle s'appelle impiété. L'impiété délibérée est toujours un péché grave.
3° L'Indifférence.
- L'incrédule, qui ne rend pas le culte à un Dieu auquel il ne croit pas, et l'impie qui le combat, sont irréligieux. L'indifférent, lui, est areligieux. Il refuse d'examiner la question la plus importante de toutes, celle de la destinée : c'est l'indifférence théorique. Ou bien il vit comme si Dieu n'existait pas, il l'oublie, il ne s'occupe pas de lui, il ne le prie pas, par paresse ou par négligence ; ou bien, par respect humain, il rougit de paraître chrétien, d'aller à la messe et de pratiquer ses devoirs religieux : c'est alors l'indifférence pratique.
1 Il importe beaucoup que nous connaissions parfaitement les règles qu'il faut suivre dans le culte que nous devons à Dieu, pour ne jamais tomber dans des superstitions ridicules qui attireraient sur nous la plaisanterie des gens du monde et qui leur fourniraient matière à scandale et à attaques contre l'Église.
2 Se faire une règle de ne pas assister aux séances de spiritisme et même d'hypnotisme, puisqu'il n'est pas toujours facile de savoir si les procédés employés sont naturels ou non.
3 Avoir un très grand respect pour toutes les choses et les personnes consacrées à Dieu.
LECTURES. – 1 Saint Paul prêche devant l'Aréopage. (Actes, XVII, 16-3r,). 2 Superstition des Juifs. (Jean, XVIII, 28). 3 Balthazar puni pour son sacrilège. (Daniel, v.). 4 Superstition. – « J'ai perdu mon procès, disait un sot, parce qu'il a été jugé un vendredi. » « Alors, lui répond un malin, ce ne peut être le même jour que votre adversaire l'a gagné. »
I. Comment pèche-t-on contre la vertu de religion ?
II. 1 Qu'est-ce que l'idolâtrie ? 2 Quelles en sont les espèces ? 3 Quelle en est la malice ?
III. 1 Qu'est-ce que la superstition ? 2 Quelles en sont les espèces ? 3 Qu'appelez-vous vaines observances ? 4 Qu'est-ce qui caractérise la vaine observance ? 5 Qu'est-ce que la divination ? 6 Qu'est-ce que l'invocation expresse du démon ? 7 Qu'est-ce que l'invocation tacite ? 8 Qu'est-ce que la magie ? 9 Quelles en sont les espèces ? 10 La magie est-elle de date ancienne ? 11 Qu'est-ce que le spiritisme ? 12 Qu'est-ce que l'hypnotisme ? 13 Quelle est la malice de la superstition ? 14 La pratique du spiritisme est-elle toujours coupable ? 15 Quelles règles peut-on établir à propos de la pratique de l'hypnotisme ?
IV. 1 Qu'est-ce que le sacrilège ? 2 Quelles en sont les espèces ? 3 Quelle en est la malice ? 4 De quelles circonstances dépend la gravité de la faute ? 5 Qu'est-ce que l'incrédulité ? 6 Qu'est-ce que l'impiété ? 7 L'impiété délibérée est-elle un péché grave ? 8 Qu'est-ce que l'indifférence ? 9 Quelles en sont les espèces ?
-1 Que signifie ce mot de Bossuet à propos du paganisme : « Tout était Dieu, excepté Dieu lui-même » ? 2 Les Mahométans sont-ils idolâtres ? 3 Serait-ce un aussi grand péché d'adorer la Sainte Vierge que d'adorer les idoles ? 4 La superstition est-elle un péché aussi grave que l'idolâtrie ? 5 Y a-t-il sacrilège à profaner un tombeau ? 6 Serait-ce un sacrilège d'employer à des usages profanes les tapis de l'Église, les candélabres, etc. ? Ces objets sont-ils des objets sacrés ?
