Pie VII : 14 mars 1800-20 août 1823

7 entrées · DH 2705–2718

La tentative de dissolution d'un mariage

2705


Réponse du souverain pontife à quelques questions : La sentence de tribunaux laïcs et d'instances catholiques qui déclarent en particulier la nullité de mariages et qui tentent d'en dissoudre le lien, ne peut avoir devant l'Église aucune valeur et aucune portée. ...

2706


C'est une faute très grave et une trahison de leur ministère sacré que commettraient les curés qui par leur présence approuveraient ces mariages et qui les confirmeraient par leur bénédiction. D'ailleurs on ne doit pas les appeler mariages, mais plutôt unions adultères. ...

Traduction de la Bible

2710


Tu aurais dû... avoir devant les yeux... "que si la sainte Bible est admise en langue vulgaire en tous lieux, sans discrimination, il en résulte plus de dommage que d'utilité" 1854 . Etant donné qu'en outre, en vertu de la prescription bien connue du concile de Trente 1506 , l'Eglise romaine reconnaît seulement l'édition de la Vulgate, elle rejette les traductions en d'autres langues et ne permet que celles qui sont éditées avec des annotations tirées de façon appropriée des écrits des Pères et des docteurs catholiques, afin qu'un si grand trésor ne soit pas ouvert aux conceptions des innovateurs, et que l'Eglise répandue partout dans le monde se serve de la même langue et des mêmes mots Gn 11,1.

2711


Puisque en effet nous constatons dans la langue vulgaire beaucoup de différences, de diversités et de changements, une liberté sans frein des traductions de la Bible ébranlerait effectivement cette immutabilité qui est le propre du témoignage divin, et la foi elle-même chancellerait, d'autant que parfois une seule syllabe décide de la vérité d'un dogme.
C'est pourquoi dans leurs machinations biaisées et abominables les hérétiques avaient coutume, en éditant des bibles en langue vulgaire (dont l'étonnante diversité et les contradictions cependant font qu'ils s'accusent et se déchirent eux-mêmes les uns les autres), de chercher à imposer insidieusement leurs erreurs respectives en les enveloppant de la magnificence plus sainte de la Parole divine. "Les hérésies en effet, dit Augustin, tirent leur origine du seul fait que les Ecritures qui sont bonnes ne sont pas bien comprises, et que ce qui n'a pas été bien compris en elles est affirmé en outre avec audace et témérité."
Et si nous sommes affligés de ce qu'il n'est pas rare que les hommes les plus considérés en raison de leur piété et de leur sagesse aient failli dans l'interprétation des Ecritures, que ne faudrait-il pas craindre si les Ecritures traduites en n'importe quelle langue vulgaire étaient livrées à la libre lecture du commun ignorant, qui le plus souvent ne juge pas en vertu d'un choix mais en vertu d'une certaine témérité".

2712


(Référence est faite alors à la lettre célèbre d'Innocent III aux fidèles de l'Eglise de Metz : "Les mystères cachés de la foi... pour n'être pas prétentieux " : )771 Mais on connaît bien les constitutions non seulement d'Innocent III qui vient d'être mentionné, mais également de Pie V, de Clément VIII et de Benoît XIV... . Quant à ce que pense l'Eglise au sujet de la lecture et de l'interprétation de l'Ecriture, ta fraternité le trouvera très clairement dans la très célèbre constitution Unigenitus de notre autre prédécesseur, Clément XI, dans laquelle ont été réprouvées de façon explicite ces doctrines où il était affirmé qu'il est utile et nécessaire en tout temps, en tous lieux et à toutes sortes de personnes de connaître les mystères de la sainte Ecriture - dont il était affirmé que la lecture est pour tout le monde - et qu'il est dommageable d'en écarter le peuple chrétien, et que bien plus, c'est fermer aux fidèles la bouche du Christ que de leur arracher des mains le Nouveau Testament voir 2479-2485 .

L'usage onaniste du mariage

2715


Question : Une épouse pieuse peut-elle permettre que son mari s'approche d'elle alors qu'elle sait par expérience qu'il se comporte à la manière infâme d'Onan..., surtout si dans le cas où l'épouse le refuse elle s'expose au risque de sévices ou craint que le mari aille chez les prostituées ?
Réponse : Etant donné que dans le cas présent la femme, de son côté, ne fait rien contre nature et accomplit une chose licite, et que tout le désordre de l'acte procède de la malice de l'homme qui, au lieu de consommer l'acte, se retire et se répand en dehors du vase, dès lors qu'après les admonestations qui conviennent la femme n'aboutit à rien et que l'homme s'obstine en menaçant de mort, de coups ou d'autres sévices graves, elle pourra (comme l'enseignent des docteurs éprouvés) se livrer passivement sans péché, parce que dans ces conditions elle permet simplement le péché de son mari, et cela pour une raison grave qui l'excuse ; car l'amour par lequel elle serait tenue de l'empêcher ne l'oblige pas s'il comprend un tel préjudice.

évêques des Grecs melkites, 8 mai 1822.