LIBERE : 17 mai 352-24 septembre 366
Condamnation d'Athanase et professions de foi
Libère en 357.
Nous croyons en un seul Dieu, le Père tout-puissant, celui qui a créé et fait toute chose, de qui toute paternité tient son nom, au ciel et sur la terre (voir Ep 3,15) ;
et en son Fils unique, notre Seigneur Jésus Christ, engendré du Père avant tous les siècles, Dieu de Dieu, lumière de lumière, par qui tout a été fait, au ciel et sur la terre, les choses visibles et invisibles ; il est Verbe et Sagesse, lumière véritable et vie ; devenu homme à cause de nous dans les derniers jours, et né de la sainte Vierge, et crucifié, et mort et enseveli ; et ressuscité d'entre les morts le troisième jour enlevé au ciel, assis à la droite du Père ; et qui viendra à la consommation du temps pour juger les vivants et les morts et donner à chacun selon ses oeuvres ; son Règne est sans fin et continue pour l'éternité des siècles ; car il demeurera assis à ta droite du Père, non seulement dans ce siècle, mais aussi dans le siècle à venir ; et en l'Esprit Saint, c'est-à-dire au Paraclet qu'il avait promis aux apôtres d'envoyer après sa montée aux cieux, et qu'il envoya pour les enseigner et les exhorter en toutes choses ; et par lui sont sanctifiées aussi les âmes de ceux qui croient sincèrement en lui.
1. Mais ceux qui disent que le Fils vient du néant, ou d'une autre hypostase, et non de Dieu, qu'il fut un temps ou une durée où il n'était pas, la sainte Eglise catholique les tient pour étrangers à elle.
2. A nouveau nous disons, si quelqu'un dit que le Père et le Fils sont deux dieux, qu'il soit anathème.
3. Et si quelqu'un dit que le Christ, comme Fils de Dieu, est Dieu avant tous les temps, mais ne confesse pas qu'il a aidé Dieu dans la création de toutes choses, qu'il soit anathème.
4. Si quelqu'un ose dire que le non-engendré ou une partie de lui est né de Marie, qu'il soit anathème.
5. Si quelqu'un dit que le Fils est avant Marie selon la prescience, et non qu'engendré du Père avant les siècles il est auprès de Dieu, et que par lui toutes choses ont été faites, qu'il soit anathème.
6. Si quelqu'un dit que la substance de Dieu se dilate ou se contracte, qu'il soit anathème.
7. Si quelqu'un dit que la substance de Dieu dilatée fait le Fils, ou appelle Fils la dilatation de sa substance, qu'il soit anathème.
8. Si quelqu'un appelle le Fils de Dieu Verbe intérieur ou proféré, qu'il soit anathème.
9. Si quelqu'un dit que le fils de Marie est seulement un homme, qu'il soit anathème.
10. Si quelqu'un, nommant celui qui est de Marie Dieu et homme, entend par là le Dieu non engendré, qu'il soit anathème.
11. Si la parole " Je suis Dieu, le premier, et je suis après tout cela, et en dehors de moi il n'est pas de Dieu " Is 44,6 qui a été dite pour l'anéantissement des idoles et de ceux qui ne sont pas des dieux, quelqu'un la conçoit à la manière des juifs en excluant l'unique engendré de Dieu avant les siècles, qu'il soit anathème.
12. Si quelqu'un entend " le Verbe est devenu chair " Jn 1,14 et pense que le Verbe a été changé en chair, ou dit qu'il a pris chair en se soumettant à un changement, qu'il soit anathème.
13. Si quelqu'un entend que le Fils unique de Dieu a été crucifié et dit que la divinité a subi une corruption, ou une souffrance, ou un changement, ou une diminution, ou un anéantissement, qu'il soit anathème.
14. Si quelqu'un dit que la parole " Faisons l'homme " (Gn 1,26 n'a pas été dite par le Père au Fils, mais que Dieu a parlé lui-même à lui- même, qu'il soit anathème.
15. Si quelqu'un dit que ce n'est pas le Fils qui a été vu par Abraham Gn 18,1-22 mais le Dieu non engendré ou une partie de celui-ci, qu'il soit anathème.
16. Si quelqu'un dit que ce n'est pas le Fils qui a lutté avec Jacob comme un homme Gn 32,25-31, mais le Dieu non engendré ou une partie de celui-ci, qu'il soit anathème.
17. Si quelqu'un ne comprend pas la parole " Le Seigneur fit pleuvoir du feu du Seigneur " Gn 19,24 du Père et du Fils, mais dit que lui-même a fait pleuvoir de lui-même, qu'il soit anathème.
18. Si quelqu'un entend que le Père est Seigneur et que le Fils est Seigneur et que le Père et le Fils sont Seigneur, et, parce que le Seigneur fit (pleuvoir) du Seigneur, parle de deux dieux, qu'il soit anathème. Car nous ne plaçons pas le Fils au même rang que le Père, mais disons qu'il est subordonné au Père. Car le Fils n'est pas desçendu sur Sodome sans la volonté du Père, et il n'a pas fait pleuvoir de lui-même, mais du Seigneur, c'est-à- dire sous l'instigation du Père ; et il n'est pas assis à la droite de lui même, mais il entend le Père qui dit : 'Assieds-toi à ma droite' Ps 110,1.
19. Si quelqu'un dit que le Père et le Fils et le Saint-Esprit sont une seule personne, qu'il soit anathème.
20. Si quelqu'un qui appelle l'Esprit Saint Paraclet dit qu'il est le Dieu non engendré, qu'il soit anathème.
21. Si quelqu'un ne dit pas, comme le Seigneur nous l'a enseigné, que le Paraclet est un autre que le Fils, car il dit : " Et le Père vous enverra un autre Paraclet que je demanderai " Jn 14,16, qu'il soit anathème.
22. Si quelqu'un dit que l'Esprit Saint est une partie du Père et du Fils, qu'il soit anathème.
23. Si quelqu'un appelle le Père et le Fils et le Saint-Esprit trois dieux, qu'il soit anathème.
24. Si quelqu'un dit que le Fils de Dieu a été fait selon la volonté de Dieu comme l'une des créatures, qu'il soit anathème.
25. Si quelqu'un dit que le Fils a été engendré contre la volonté du Père, qu'il soit anathème. Car ce n'est pas forcé, par une nécessité de la nature, sans le vouloir, que le Père a engendré le Fils ; mais aussitôt qu'il l'a voulu, il l'a montré engendré de lui-même, en dehors des temps et impassible.
26. Si quelqu'un appelle le Fils non engendré et sans commencement, en parlant ainsi de deux êtres non engendrés, et en faisant deux dieux, qu'il soit anathème. Car la tête, qui est le principe de tout, est le Fils ; et la tête qui est le principe du Christ, est Dieu ; de cette manière nous ramenons tout avec piété par le Fils à l'unique principe de tout qui est sans commencement.
27. Et à nouveau nous exprimons ensemble avec soin le sens de la doctrine chrétienne, et nous disons : si quelqu'un ne dit pas que le Christ Dieu, Fils de Dieu, était avant tous les temps, coopérateur du Père pour la création de toutes choses, mais qu'il dit que c'est au moment où il est né de Marie qu'il a été appelé Christ et Fils et qu'il a reçu commencement de l'être divin, qu'il soit anathème.
c) Lettre " Pro deifico " aux évêques d'Orient, printemps 357.
(Lettre de Libère :) (1) En raison de la crainte qui est l'oeuvre de Dieu : votre foi sainte est connue de Dieu et des hommes de bonne volonté Lc 2,14. Comme le dit la Loi : jugez de façon juste, fils des hommes Ps 58,2 je n'ai pas défendu Athanase, mais parce que l'évêque Jules, mon prédécesseur d'heureuse mémoire l'avait accueilli, j'ai craint d'être considéré comme ayant manqué à mes devoirs en quelque façon. Mais dès que j'ai reconnu, lorsqu'il a plu à Dieu que vous l'avez condamné à juste titre, j'en suis venu rapidement à être en accord avec vos jugements. De même j'ai fait porter par notre frère Fortunatien à l'empereur Constance une lettre à son sujet, c'est-à-dire au sujet de sa condamnation. Athanase se trouvant donc exclu de la communion avec nous tous et ses lettres ne devant plus être reçues par moi, je dis que je suis dans la paix et l'unanimité avec vous tous et avec tous les évêques d'Orient, c'est-à-dire de toutes les provinces.
(2) Pour que vous sachiez mieux encore que dans ma lettre j'exprime la vraie foi : parce que mon seigneur et frère Démophile a daigné dans sa bienveillance exposer votre foi catholique qui a été discutée, exposée et acceptée à Sirmium par de nombreux frères et coévêques (c'est par là l'hérésie arienne, j'ai noté cela, non l'apostat, Libère ce qui suit :) par tous ceux qui étaient présents, je l'ai acceptée volontiers (saint Hilaire l'anathématise : que je t'anathématise aussi, Libère et tes consorts), je ne l'ai contredite en rien, et j'y ai donné mon assentiment ; je la suis et je la tiens (une deuxième fois anathème, et une troisième fois, traître Libère). J'ai donc cru devoir prier votre sainteté, puisque vous me voyez à présent être en accord avec vous en tout, de daigner oeuvrer d'un commun effort à ce que je sois libéré de l'exil, et que je revienne au siège qui m'a été confié par Dieu.
d) Lettre " Quia scio " à Ursace, Valens et Germinius, 357.
(1) Puisque je sais que vous êtes des fils de la paix et que vous aimez la concorde et l'unanimité, pour cette raison, non pas sous l'effet d'une contrainte - Dieu m'en est témoin - mais pour le bien de la paix et de la concorde que l'on préfère au martyre, je me tourne vers vous par cette lettre, très chers frères dans le Seigneur. Que votre prudence sache qu'Athanase qui était évêque de l'Eglise d'Alexandrie (a été condamné par moi) avant que, selon la lettre des évêques d'Orient (j'écrive) à la cour du saint empereur (qu')il a été exclu également de la communion avec l'Eglise romaine, comme en est témoin tout le presbyterium de l'Eglise romaine. C'est là la seule raison pour laquelle j'ai paru envoyer de façon tardive seulement une lettre à son sujet à nos frères et coévéques orientaux, afin que mes légats, que j'avais envoyés de la ville de Rome à la cour, et les évêques qui furent déportés, et nous-mêmes avec eux, soient rappelés si possible de l'exil.
(2) Mais je veux aussi que vous sachiez que j'ai demandé au frère Fortunatien (de transmettre) au très clément empereur la lettre (que j'ai faite aux évêques d'Orient, pour qu'ils sachent eux-mêmes aussi qu'avec eux je suis séparé de la communion avec Athanase. Je crois que pour le bien de la paix sa piété la recevra avec gratitude... Que Votre Charité reconnaisse que j'ai fait cela d'un coeur bienveillant et innocent. C'est pourquoi je me tourne vers vous par cette lettre et je vous adjure par le Dieu tout-puissant et par le Christ Jésus son Fils, notre Dieu et Seigneur, de daigner) vous présenter (auprès du très clément empereur) Constance Auguste et de le prier que, pour le bien de la paix et de la concorde dans lesquelles sa piété trouve toujours sa joie, il veuille me faire revenir à l'Eglise qui m'a été confiée par Dieu, pour que durant le temps de sa vie l'Eglise romaine ne souffre d'aucun tourment.
e) Lettre " Non doceo " à Vincentius, 357.
(2)J'ai cru devoir faire savoir à ta Sainteté qu'au sujet de ce conflit je me suis éloigné de la personne d'Athanase, et que j'ai envoyé à nos frères et coévêques d'Orient une lettre à son sujet. C'est pourquoi, puisque nous aussi, selon la volonté de Dieu, nous sommes en paix avec tous, tu voudras bien rendre visite à tous les évêques de Campanie et le leur faire savoir. Avec une lettre de vous, faites parvenir un écrit de leur part à l'empereur très clément au sujet de l'unanimité et de la paix avec nous, de sorte que je puisse moi aussi être libéré de la tristesse. ... Nous sommes en paix avec tous les évêques d'Orient et avec vous. ...
