(1) La condition première du salut est de garder la règle de la foi juste et de ne s'écarter d'aucune façon des décrets des pères. Et parce qu'il n'est pas possible de négliger la parole de notre Seigneur Jésus Christ qui dit : " Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise " Mt 16,18, ce qui a été dit est prouvé par les faits ; car la religion catholique a toujours été gardée sans tache auprès du Siège apostolique.
HORMISDAS : 20 juillet 514-6 août 523
Profession de foi contre les erreurs christologiques
(2) Ne voulant donc nous séparer d'aucune façon de cette espérance et de cette foi, et suivant en toutes choses ce qu'ont décrété les pères, nous anathématisons tous les hérétiques, et principalement l'hérétique Nestorius qui fut jadis évêque de la ville de Constantinople, condamné au concile d'Ephèse par Célestin, le pape de la ville de Rome, et par saint (l'homme vénérable) Cyrille, l'évêque de la ville d'Alexandrie ; avec celui-ci (de même)nous anathématisons Eutychès et Dioscore d'Alexandrie, condamnés au saint synode de Chalcédoine que nous suivons et embrassons ( qui, suivant le saint concile de Nicée, a proclamé la foi apostolique)
(3) Nous y ajoutons (nous exécrons également) le criminel Timothée, surnommé Aelure, ainsi que son disciple et partisan en toutes choses Pierre d'Alexandrie ; et de même nous condamnons (également) et nous anathématisons Acace, jadis évêque de Constantinople, condamné par le Siège apostolique, leur complice et partisan, et ceux qui sont restés en communion avec eux ; car (Acace), s'étant joint à leur communion, a mérité la même sentence de condamnation. De même nous condamnons Pierre d'Antioche avec tous ceux qui l'ont suivi et les partisans de ceux qui ont été mentionnés plus haut.
(4) (Mais) c'est pourquoi nous recevons et approuvons toutes les lettres du bienheureux pape Léon, qu'il a écrites touchant la religion chrétienne. Comme nous le disions plus haut, suivant en toutes choses le Siège apostolique et prêchant tout ce qu'il a décrété, j'espère (donc) mériter de rentrer dans la communion avec vous que prêche le Siège apostolique, communion dans laquelle réside, entière et vraie (et parfaite) la solidité de la religion chrétienne ; nous promettons (je promets) aussi que (à l'avenir) les noms de ceux qui sont séparés de la communion de l'Eglise catholique, c'est-à-dire qui ne sont pas en accord avec le Siège apostolique, ne seront pas lus durant les saints mystères. (Mais si je tentais de dévier en quoi que ce soit de ma profession de foi, je confesse que, selon mon propre jugement, je serais un complice de ceux que j'ai condamnés.) (5) Cette profession de foi je l'ai souscrite de ma propre main, et je l'ai transmise (envoyée) à toi, Hormisdas, le saint et vénérable pape de la ville de Rome...
La Trinité divine
(Chap. 7) Car si la Trinité est Dieu, c'est-à-dire Père, Fils et Esprit Saint, et que Dieu cependant est un seul, en particulier puisque le Législateur dit : " Ecoute Israël, le Seigneur ton Dieu est un seul Dieu " Dt 6,4 celui qui tient une autre conception divise nécessairement la divinité en plusieurs ou en particulier impute la passion à l'essence de la Trinité elle- même ; et... cela veut dire soit, à la manière du paganisme impie, introduire plusieurs dieux, soit transférer une souffrance sensible à cette nature qui est exempte de toute souffrance.
(Chap. 8) Une est la sainte Trinité ; elle n'est pas multipliée par le nombre, elle ne croît pas par une augmentation et elle ne peut pas être comprise par l'intelligence, et ce qu'est Dieu ne peut pas être disjoint par une séparation. Qui par conséquent pourrait tenter de faire subir une division impie à ce mystère de la substance éternelle et impénétrable qu'aucune nature, même des créatures invisibles, ne peut explorer, et ramener les arcanes du mystère divin à un calcul à la manière humaine ? Adorons le Père et le Fils et l'Esprit Saint, la substance distinctement indistincte, incompréhensible et indicible de la Trinité ; et même si la raison , y admet un nombre de personnes, l'unité cependant ne l'admet pas pour l'essence ; et de même que nous gardons les propriétés de la nature divine, de même nous voulons garder aussi ce qui est propre à chacune des personnes, en sorte que l'unicité de la divinité ne soit pas déniée aux personnes, et que ce qui est propre aux noms ne soit pas non plus transféré à l'essence.
(Chap. 9) Grand et incompréhensible est le mystère de la Trinité ; Dieu Père, Dieu Fils, Dieu Esprit Saint, Trinité indivise ; et cependant on sait que c'est le propre du Père d'engendrer le Fils ; que c'est le propre du Fils de Dieu qu'il soit né du Père égal au Père, et on sait aussi ce qu'est le propre de l'Esprit Saint.
L'incarnation du Verbe divin
(Chap. 10) Or le propre du Fils de Dieu est que... dans les derniers temps le Verbe est devenu chair et a habité parmi nous (voir Jn 1,14), les deux natures s'étant unies sans aucune confusion dans le sein de la Vierge Marie, Mère de Dieu, de telle sorte que lui, qui était avant les temps le Fils de Dieu, est devenu Fils d'homme et est né dans le temps à la manière des hommes, ouvrant, en naissant, le sein de la mère, et, en vertu de la divinité, ne blessant pas la virginité de la mère.
(Chap. 11) Il est pleinement digne de la naissance de Dieu, le mystère selon lequel celui qui a fait qu'il soit conçu sans semence, ait préservé la naissance de toute altération, en préservant ce qu'il était du Père et en montrant ce qu'il a reçu de la mère. ...
(Chap. 12) Le même en effet est Dieu et homme, non pas, comme le disent ceux qui ne croient pas, par l'introduction d'une quatrième personne, mais le Fils de Dieu lui-même est Dieu et homme, le même est puissance et faiblesse, humilité et majesté, qui rachète et qui a été vendu, attaché à la croix et accordant le Royaume des cieux, tel dans notre faiblesse qu'il a pu être mis à mort, tel dans sa puissance qu'il n'a pas pu être détruit par la mort.
(Chap. 13) Il a été enseveli parce qu'il a voulu naître comme homme, et parce qu'il était semblable au Père, il est ressuscité : ouffrant des blessures et sauvant les souffrants, l'un parmi les morts et vivificateur des mourants, descendant aux enfers et ne quittant pas le sein du Père. C'est pourquoi aussi cette âme qu'il a laissée du fait de la condition commune, il l'a reprise bientôt en vertu de sa force singulière et de la puissance admirable.
