HONORIUS Ier : 27 octobre 625-12 octobre

8 entrées · DH 485–493

Profession de foi trinitaire et christologique.

485


(Chap. 1) Conformément aux Ecritures divines et à la doctrine que nous avons reçues des saints Pères, nous confessons que le Père et le Fils et l'Esprit Saint sont d'une unique divinité et substance ; croyant en la trinité dans la diversité des personnes et prêchant l'unité dans la divinité, nous ne confondons pas les personnes et nous ne séparons pas non plus la substance. Nous disons que le Père n'a été engendré par personne, nous affirmons que le Fils n'a pas été fait par le Père, mais engendré ; de l'Esprit Saint nous confessons qu'il n'a été ni fait ni engendré, mais qu'il procède du Père et du Fils ; notre Seigneur Jésus Christ lui-même, le Fils de Dieu et créateur de tout, a été engendré avant les siècles de la substance du Père, dans les derniers temps, pour la Rédemption du monde, il est descendu du Père, lui qui n'a jamais cessé d'être avec le Père ; il s'est incarné en effet de l'Esprit Saint et de la sainte et glorieuse Vierge Marie, Mère de Dieu, et seul il est né d'elle ; le même Seigneur Jésus Christ, l'un de la sainte Trinité, a pris l'homme complet dans son âme et sa chair, sans péché, restant ce qu'il était, assumant ce qu'il n'était pas, égal au Père selon la divinité, moindre que le Père selon l'humanité, ayant en une unique personne les propriétés des deux natures ; il y avait en effet en lui deux natures, Dieu et homme : non pas deux fils et deux dieux, mais le même était une seule personne dans les deux natures ; il a enduré la Passion et la mort pour notre salut, non pas dans la force de la divinité, mais dans la faiblesse de l'humanité ; il est descendu aux enfers pour délivrer les saints qui y étaient retenus, et ayant vaincu le pouvoir de la mort, il est ressuscité ; monté ensuite aux cieux, il viendra dans l'avenir pour juger les vivants et les morts ; purifiés par sa mort et par son sang, nous avons obtenu la rémission des péchés, pour être ressuscités par lui au dernier jour dans la chair dans laquelle nous vivons maintenant, et dans la forme dans laquelle le Seigneur est ressuscité ; les uns recevront de lui la vie éternelle pour les mérites de la justice, les autres la condamnation à la peine éternelle pour leurs péchés. Telle est la foi de l'Eglise catholique, cette profession de foi nous la gardons et la tenons, et quiconque la gardera très fermement aura le salut éternel.

L'Apocalypse de Jean, Livre des saintes Ecritures.

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(Chap. 17) L'autorité de nombreux conciles et les décrets synodiques des saints évêques romains attribuent le livre de l'Apocalypse à l'évangéliste Jean, et ont commandé qu'il soit reçu parmi les livres divins. Et parce qu'il en est beaucoup qui ne reçoivent pas son autorité et qui négligent de l'annoncer dans l'Eglise de Dieu, si quelqu'un désormais soit ne le reçoit pas, soit ne l'annonce pas dans l'Eglise durant les messes de Pâques à Pentecôte, il sera excommunié.

Les deux volontés et opérations dans le Christ.

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Sous la conduite de Dieu nous parviendrons à la mesure de la juste foi que les apôtres de la vérité ont répandue par la règle des saintes Ecritures : confessant que le Seigneur Jésus Christ, médiateur de Dieu et des hommes 1Tm 2,5 a opéré ce qui est divin moyennant l'humanité unie au Verbe de Dieu selon la nature (grec : selon l'hypostase) et que le même a opéré ce qui est humain par la chair assumée de façon ineffable et unique et remplie par la divinité de façon distincte (grec : sans distinction), sans confusion et sans changement... en sorte que manifestement, avec un très grand étonnement de l'esprit, on reconnaît que (la chair capable de souffrance) s'unit (à la divinité), tandis que les différences des deux natures demeurent de façon admirable...
C'est pourquoi nous confessons, également une seule volonté de notre Seigneur Jésus Christ, parce que de fait notre nature, non pas la faute, a été assumée par la divinité : à savoir cette nature qui a été créée avant le péché, et non celle qui a été viciée après la transgression. Le Christ en effet... conçu de l'Esprit Saint sans péché, est né de même sans péché de la Vierge sainte et immaculée, Mère de Dieu, sans avoir connu aucun contact avec la nature viciée... Car il n'y avait pas dans ses membres d'autre loi, ni une volonté différente et contraire au Sauveur, puisqu'il est né sans être soumis à la loi de l'humaine condition...
Que le Seigneur Jésus Christ, Fils et Verbe de Dieu " par qui tout a été fait " Jn 1,3 soit lui-même l'unique opérateur de la divinité et de l'humanité, les saintes Ecritures dans leur entier le démontrent clairement. Quant à savoir si en raison des oeuvres de la divinité et de l'humanité il faut dire ou concevoir une seule ou deux opérations dérivées, cela ne doit pas nous importer ; nous laissons cela aux grammairiens qui ont coutume de vendre aux petits enfants des termes acquis par dérivation. Quant à nous, nous n'avons pas appris des Ecritures que le Seigneur Jésus Christ et son Esprit Saint a une seule ou deux opérations, mais nous avons reconnu qu'il a opéré de façon multiforme.

Les deux opérations du Christ.

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En ce qui concerne la doctrine de l'Eglise et ce que nous devons tenir et enseigner, à cause de la simplicité des hommes et pour mettre fin aux obscurités inextricables des controverses..., nous devons non pas définir une seule ou deux opérations dans le médiateur de Dieu et des hommes, mais confesser que les deux natures, unies d'une unité de nature dans l'unique Christ, opèrent et agissent chacune en lien avec l'autre, c'est-à-dire que la divine opère ce qui est de Dieu, et l'humaine accomplit ce qui est de la chair : enseignant que, sans division et sans confusion ni changement, la nature de Dieu s'est changée en l'homme, et la nature humaine en Dieu, mais confessant que les différences des natures demeurent intactes.
Voulant donc... écarter le scandale de l'invention nouvelle nous ne devons pas définir et prêcher une seule ou deux opérations, mais au lieu de l'unique opération qu'affirment certains, nous devons confesser en vérité l'unique Christ Seigneur qui opère dans les deux natures ; et au lieu des deux opérations, écartant le terme de double opération, il faut proclamer bien plutôt avec nous que les deux natures elles-mêmes, c'est-à-dire celle de la divinité et celle de la chair assumée, opèrent ce qui leur est propre dans la personne unique du Fils unique de Dieu Père, sans confusion, ni division, et sans changement.

La Trinité et le Fils de Dieu, le Sauveur fait chair.

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Nous croyons et confessons la Trinité très sainte et toute- puissante, le Père et le Fils et l'Esprit Saint, un seul Dieu non solitaire, d'une seule essence, force, puissance, majesté, et d'une unique nature, inséparablement distincte dans les personnes, indistincte quant à l'essence dans la substance de la divinité, créatrice de toutes les créatures ; le Père, non engendré, incréé, est la source et l'origine de toute la divinité ; le Fils a été engendré, non créé, par le Père intemporellement avant toute créature sans commencement ; car le Père n'a jamais existé sans le Fils, ni le Fils sans le Père, cependant le Fils est Dieu à partir de Dieu Père, et le Père n'est pas Dieu à partir de Dieu Fils, le Père du Fils n'est pas Dieu à partir du Fils ; mais celui-ci est le Fils du Père et Dieu à partir du Père, égal en tout au Père, vrai Dieu de vrai Dieu ; l'Esprit Saint cependant n'est ni engendré ni créé, mais l'Esprit des deux qui procède du Père et du Fils ; et par là ils sont un par la substance, parce qu'un seul procède des deux. Mais dans cette Trinité il est une telle unité de substance qu'elle est dénuée de pluralité et qu'elle conserve l'égalité, et qu'elle n'est pas moindre en chacune des personnes qu'en toutes, ni plus grande en toutes qu'en chacune.

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De ces trois personnes de la divinité, nous le confessons, seul le Fils, pour la Rédemption du genre humain, afin de supprimer les dettes du péché que nous avons contractées au commencement par la désobéissance d'Adam, est sorti du secret et du mystère du Père, et a assumé de Marie, la sainte toujours Vierge, l'homme sans péché, en sorte que le même Fils de Dieu Père est aussi Fils d'homme, Dieu parfait et homme parfait, en sorte que l'unique Christ est homme et Dieu en deux natures, un seul dans la personne, afin qu'à la Trinité ne vienne pas s'ajouter une quaternité si dans le Christ la personne était dédoublée. Il est donc inséparablement distinct du Père et de l'Esprit Saint par la personne, mais de l'homme assumé, il l'est par la nature, et notre Seigneur Jésus Christ est, comme nous l'avons dit, un seul de deux natures et dans une seule personne, égal au Père dans la forme de la divinité, moindre que le Père dans la forme d'esclave ; c'est à partir de là qu'il faut comprendre sa parole dans le Psaume Ps 22,11 : " Du sein de ma mère tu es mon Dieu ". Lui seul par conséquent est né de Dieu sans mère, et né de la Vierge sans père, et " Le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous " Jn 1,14 ; et bien que la Trinité entière ait coopéré à la formation de l'homme assumé, parce que les oeuvres de la Trinité sont inséparables, seul cependant il a assumé l'homme dans la singularité de la personne, non dans l'unité de la nature divine, en ce qui est propre au Fils, non en ce qui est commun à la Trinité ; car s'il avait mêlé l'une en l'autre la nature de l'homme et celle de Dieu, toute la Trinité aurait assumé le corps, puisqu'il est établi que la nature de la Trinité est une seule, mais non la personne.

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Ce Seigneur Jésus Christ fut donc envoyé par le Père, prenant ce qu'il n'était pas, et ne perdant pas ce qu'il était, ne pouvant subir d'atteinte en raison de ce qui est sien, mortel en raison de ce qui est nôtre, et il est venu dans ce monde pour sauver les pécheurs et justifier ceux qui croient, et lui qui faisait des miracles, il fut livré en raison de nos forfaits, est mort pour notre expiation ; il est ressuscité pour notre justification ; par ses blessures nous sommes sauvés Is 53,5, réconciliés par sa mort avec Dieu le Père, et ressuscités par sa Résurrection ; nous attendons aussi qu'il vienne à la fin des siècles, pour, en même temps que la résurrection de tous, donner aux justes leur récompense et aux impies leur châtiment, selon son très juste jugement.

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Nous croyons aussi que l'Eglise catholique, sans tache dans son oeuvre ni ride Ep 5,23-27 dans la foi, est son corps, et qu'elle obtiendra le Règne avec sa Tête, Jésus Christ le tout-puissant, après que cette réalité corruptible aura revêtu l'incorruptibilité, et cette réalité mortelle l'immortalité 1Co 15,43, afin que Dieu soit tout en tous', 1Co 15,28.
Par cette foi les coeurs sont purifiés Ac 15,9, par elle les hérésies sont extirpées, en elle l'Eglise tout entière séjourne déjà dans le Règne céleste et se glorifie tant qu'elle demeure dans le siècle présent ; et il n'est pas de salut dans une autre foi : " Car il n'y a sous le ciel aucun nom offert aux hommes dans lequel il faut que nous soyons sauvés " Ac 4,12