Question 1 : Pour résoudre les difficultés que l'on rencontre dans les épîtres de Saint Paul et des autres apôtres où il est question de la 'Parousie' comme on dit, ou de la deuxième venue de Notre Seigneur Jésus- Christ, est-il permis à l'exégète catholique, d'affirmer que les apôtres, bien qu'ils n'enseignent aucun erreur sous l'inspiration du Saint-Esprit, expriment néanmoins des sentiments humains personnels où peut se glisser l'erreur ou l'illusion ?
Réponse : non.
BENOIT XV : 3 septembre 1914 - 22 janvier 1922
La deuxième venue du Christ dans les épîtres pauliniennes.
Question 2 : Etant donné la notion exacte de la charge apostolique, l'indubitable fidélité de saint Paul à la doctrine du Maître et le dogme catholique de l'inspiration et de l'inerrance des saintes Ecritures, en vertu duquel tout ce que l'écrivain sacré affirme, énonce et insinue doit être regardé comme affirmé, énoncé et insinué par l'Esprit Saint ; après une étude attentive et directe des textes des épîtres de l'Apôtre reconnus parfaitement conformes à la manière de parler du Seigneur lui-même, faut-il affirmer que l'apôtre Paul n'a rien dit dans ses écrits qui ne concorde parfaitement avec l'ignorance du temps de la Parousie que le Christ lui-même a déclarée propre aux hommes ?
Réponse : Oui.
Question 3 : Si on considère attentivement la locution grecque "nous les vivants, qui serons restés", si l'on tient compte aussi des explications des Pères et surtout de Jean Chrysostome si versé dans la connaissance de sa langue maternelle et des épîtres de saint Paul, est-il permis de rejeter comme venant de trop loin et manquant de base solide l'interprétation traditionnelle dans les écoles catholiques (que d'ailleurs retinrent les novateurs du XVIème siècle eux- mêmes) qui explique les paroles de saint Paul au chapitre 4 de la première épître aux Thessaloniciens, versets 15-17, 1Th 4,15-17 sans y comprendre l'affirmation d'une Parousie si prochaine que l'Apôtre se mette, lui et ses lecteurs, au nombre des survivants qui iront au-devant du Christ ?
Réponse : Non.
Rejet des images représentant Marie en vêtements sacerdotaux.
Comme on a entrepris, ces derniers temps surtout, à peindre et à répandre des images représentant la très bienheureuse Vierge Marie revêtue d'habits sacerdotaux,... les cardinaux... ont décidé le 15 janvier 1913 : l'image de la bienheureuse Vierge Marie revêtue des habits sacerdotaux doit être réprouvée.
L'usage onaniste du mariage
Question : Une femme peut-elle coopérer à une action du mari qui, pour s'adonner à la volupté, veut commettre le crime d'Onan et des Sodomites et qui la menace du châtiment de la mort ou de sévices graves si elle n'obtempère pas ?
Réponse : a) Si le mari veut commettre dans l'usage du mariage le crime d'Onan, en répandant la semence en dehors du vase après qu'a commencé l'union, et qu'il menace la femme de mort ou de graves sévices si elle ne cède pas à sa volonté perverse, selon l'opinion de théologiens éprouvés elle peut dans ce cas s'unir ainsi avec son mari, puisque pour sa part elle se livre à une chose et à une action licites, mais qu'elle permet le péché du mari pour une raison grave qui l'excuse ; car l'amour par lequel elle serait tenue de l'empêcher n'oblige pas dès lors qu'il est lié à un tel détriment.
b) Mais si le mari veut commettre avec elle le crime des Sodomites, étant donné que cette union sodomite est un acte contre nature de la part de chacun des époux qui s'unissent ainsi, et un acte gravement mauvais au jugement de tous les docteurs, la femme ne peut en cette affaire céder licitement à son mari impudique pour aucune raison, même pour éviter la mort.
Les derniers sacrements pour les schismatiques
Question 1 : Peut-on, sans abjuration de leurs erreurs, conférer ces sacrements à des schismatiques matériels qui se trouvent à l'article de la mort et qui demandent de bonne foi soit l'absolution, soit l'extrême- onction ?
Réponse : Non ; il est requis au contraire qu'ils rejettent les erreurs de la meilleure manière possible, et qu'ils fassent une profession de foi.
Question 2 : Peut-on conférer l'absolution et l'extrême-onction à des schismatiques à l'article de la mort et privés de leurs sens ?
Réponse : Oui sous condition, surtout si les circonstances permettent de conjecturer qu'ils ont rejeté au moins implicitement leurs erreurs, mais en écartant efficacement tout scandale, c'est-à-dire en signifiant aux assistants que l'Eglise suppose qu'au dernier moment ils sont revenus à l'unité.
L'usage onaniste du mariage à l'aide de moyens artificiels
Questions : 1. Dans le cas où le mari veut utiliser un instrument pour pratiquer l'onanisme, la femme est-elle tenue de résister de façon positive ?
2. Si la réponse est non pour justifier la résistance passive de la part de la femme, suffit-il de raisons du même poids que pour l'onanisme naturel (sans instrument), ou des raisons de plus grand poids sont-elles absolument nécessaires ?
3. Pour que toute cette matière soit développée et enseignée de façon plus sûre, un homme qui fait usage de tels instruments doit-il réellement être assimilé à un violeur auquel la femme doit donc opposer la même résistance qu'une vierge à l'intrus ?
Réponses : Pour 1. Oui. - Pour 2. Traité en 1. - Pour 3. Oui.
Spiritisme
Question : Est-il permis d'assister à des entretiens ou à des manifestations spiritistes, moyennant un médium comme on dit, ou sans médium, avec ou sans emploi d'hypnotisme, même lorsque ces séances présentent des apparences d'honnêteté et de piété, en interrogeant les âmes ou les esprits, en écoutant leur réponse, ou en regardant seulement, même en protestant tacitement ou expressément que l'on ne veut avoir aucun commerce avec les esprits malins ?
Réponse (confirmée par le souverain pontife le 26 avril) : Non pour tous les points.
La science de l'âme du Christ.
Question : peut-on enseigner en toute sûreté les propositions suivantes ?
1.- Il n'est pas sûr qu'il y avait dans l'âme du Christ, pendant qu'il vivait parmi les hommes, la science que possèdent les bienheureux dans la vision.
2.- On ne peut déclarer certaine l'opinion qui affirme que l'âme du Christ n'a rien ignoré, mais que, dès les débuts, elle a connu toutes choses dans le Verbe, passées, présentes, et futures, c'est-à-dire tout ce que Dieu connaît par la science de vision.
3.- La doctrine de certains modernes sur la science limitée de l'âme du Christ n'est pas moins recevable dans les écoles catholiques que l'opinion des Anciens sur sa science universelle.
Réponse (confirmée par le souverain pontife le 6 juin) : non.
L'inspiration de la sainte Ecriture
On ne trouvera de fait dans les écrits du très grand docteur (Jérôme) aucune page d'où il ne ressorte qu'avec toute l'Eglise catholique il a fermement et constamment tenu que les livres écrits sous l'inspiration de l'Esprit Saint ont Dieu pour auteur, et qu'ils ont été transmis comme tels à l'Eglise elle-même 3006 . Il affirme en effet que les livres de la sainte Ecriture ont été composés sous l'inspiration, ou la suggestion ou l'insinuation, ou même sous la dictée de l'Esprit Saint, bien plus, que c'est par lui qu'ils ont été rédigés et publiés ; et il ne doute nullement par ailleurs que ses différents auteurs n'aient, chacun conformément à son caractère et à son génie, prêté librement leur concours à l'inspiration divine.
Ainsi il n'affirme pas seulement de manière générale ce qui est commun à tous les écrivains sacrés, à savoir qu'en écrivant ils ont suivi 1' Esprit de Dieu, de sorte que Dieu doit être tenu pour la cause principale de chaque pensée et de toutes les affirmations de l'Ecriture, mais il discerne aussi avec soin ce qui est propre à chacun. ..
Cette communauté de travail de Dieu avec l'homme en vue de réaliser une seule et même oeuvre, Jérôme l'illustre par la comparaison avec un ouvrier qui, pour confectionner un objet, se sert d'un outil ou d'un instrument. ...
