(L'écrit de Guillaume) a été lu par eux de façon attentive et examiné mûrement et avec rigueur, et il nous en a été fait une relation complète ; parce que nous avons appris qu'on y trouve manifestement certaines choses fausses et condamnables.
ALEXANDRE IV : 12 décembre 1254 - 25 mai 126
Erreurs de Guillaume de Saint-Amour au sujet des moines mendiants
contre le pouvoir et l'autorité du pontife romain et de ses coévêques,
et contre ceux qui, à cause de Dieu, mendient dans la pauvreté la plus rigoureuse, en surmontant ainsi le monde avec ses biens par une indigence volontaire ;
d'autres choses aussi contre ceux qui, animés d'un zèle ardent pour le salut des âmes et soucieux des études sacrées, opèrent dans l'Eglise de Dieu de nombreux progrès spirituels et y portent beaucoup de fruit ;
certaines contre l'état salutaire des moines pauvres, ou mendiants, que sont nos chers fils les frères prêcheurs et les frères mineurs qui, dans la force de l'Esprit, abandonnent le siècle avec ses richesses et n'aspirent de toutes leurs forces qu'à la seule patrie céleste ;
ainsi que plusieurs autres choses inconvenantes et dignes par conséquent d'être rejetées et vouées à l'infamie pour toujours ;
et parce que cet écrit a été également la source d'un grand scandale, qu'il a donné lieu à beaucoup de trouble et qu'il a causé également des dommages aux âmes, puisqu'il a détourné les fidèles de la dévotion qui leur était familière, de leur libéralité habituelle en matière d'aumône, ainsi que de la conversion et de l'entrée en religion :
sur le conseil de nos frères et en vertu de l'autorité apostolique Nous rejetons et condamnons pour toujours comme inique, sacrilège et exécrable l'écrit qui commence ainsi : " Ecce videntes clamabunt foris ", et qui porte le titre " Tractatus brevis de periculis novissimorum temporum " et les enseignements et les doctrines qu'il contient. Nous les condamnons comme erronés, faux et impies..
