Catéchisme de l'Église Catholique Catéchisme de l'Église Catholique

Article 3

Dans le temps de l’Église

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Le jour de la Pentecôte, l’Esprit de la Promesse a été répandu sur les disciples, « assemblés en un même lieu » 1, l’attendant « tous§731 d’un même cœur, assidus à la prière » 2. L’Esprit qui enseigne l’Église et lui rappelle tout ce que Jésus a dit 3, va aussi la former à la vie de prière.
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Dans la première communauté de Jérusalem, les croyants « se montraient assidus à l’enseignement des apôtres, fidèles à la communion§1342 fraternelle, à la fraction du pain et aux prières » 1. La séquence est typique de la prière de l’Église : fondée sur la foi apostolique et authentifiée par la charité, elle est nourrie dans l’Eucharistie.
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Ces prières sont d’abord celles que les fidèles écoutent et lisent dans les Écritures, mais ils les actualisent, celles des Psaumes en particulier, à partir de leur accomplissement dans le Christ 12. L’Esprit Saint§1092, qui rappelle ainsi le Christ à son Église orante, la conduit aussi vers la Vérité tout entière et suscite des formulations nouvelles qui exprimeront l’insondable Mystère du Christ à l’œuvre dans la vie, les sacrements et la mission de son Église. Ces formulations se développeront dans les grandes traditions liturgiques§1200 et spirituelles. Les formes de la prière, telles que les révèlent les Écritures apostoliques canoniques, resteront normatives de la prière chrétienne.

I. La bénédiction et l’adoration

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La bénédiction exprime le mouvement de fond de la prière chrétienne : elle est rencontre de Dieu et de l’homme ; en elle le Don§1078 de Dieu et l’accueil de l’homme s’appellent et s’unissent. La prière de bénédiction est la réponse de l’homme aux dons de Dieu : parce que Dieu bénit, le cœur de l’homme peut bénir en retour Celui qui est la source de toute bénédiction.
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Deux formes fondamentales expriment ce mouvement : tantôt, elle monte, portée dans l’Esprit Saint, par le Christ§1083 vers le Père 123 ; tantôt, elle implore la grâce de l’Esprit Saint qui, par le Christ, descend d’auprès du Père 4567.
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L’adoration est la première attitude de l’homme qui se reconnaît créature devant son Créateur. Elle exalte la grandeur du Seigneur§2096-2097 qui nous a fait 1 et la toute-puissance du Sauveur qui nous libère du mal. Elle est le prosternement de l’esprit devant le « Roi de gloire » 2 et le silence respectueux face au Dieu « toujours plus grand » a. L’adoration du Dieu trois fois saint et souverainement aimable confond d’humilité et donne assurance§2559 à nos supplications.

II. La prière de demande

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Le vocabulaire de la supplication est riche en nuances dans le Nouveau Testament : demander, réclamer, appeler avec insistance, invoquer, clamer, crier, et même « lutter dans la prière » 12. Mais sa forme la plus habituelle, parce que la plus spontanée, est la demande : C’est par la prière de demande que nous traduisons la conscience de notre relation à Dieu : créatures§396, nous ne sommes ni notre origine, ni maître des adversités, ni notre fin ultime, mais aussi, pécheurs, nous savons, comme chrétiens, que nous nous détournons de notre Père. La demande est déjà un retour vers Lui.
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Le Nouveau Testament ne contient guère de prières de lamentation, fréquentes dans l’Ancien Testament. Désormais dans le Christ ressuscité la demande de l’Église est portée par l’espérance, même si nous sommes encore dans§2090 l’attente et que nous ayons chaque jour à nous convertir. C’est d’une autre profondeur que jaillit la demande chrétienne, celle que s. Paul appelle le gémissement : celui de la création « en travail d’enfantement » 1, le nôtre aussi « dans l’attente de la rédemption de notre corps, car notre salut est objet d’espérance » 2, enfin « les gémissements ineffables » de l’Esprit Saint lui-même qui « vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons que demander pour prier comme il faut » 3.
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La demande du pardon est le premier§2838 mouvement de la prière de demande 1. Elle est le préalable d’une prière juste et pure. L’humilité confiante nous remet dans la lumière de la communion avec le Père et son Fils Jésus-Christ, et les uns avec les autres 23 : alors « quoi que nous Lui demandions, nous le recevrons de Lui » (1 Jn 3:22). La demande du pardon est le préalable de la liturgie eucharistique, comme de la prière personnelle.
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La demande chrétienne est centrée sur le désir et la recherche du Royaume qui vient, conformément à l’enseignement de Jésus 1234. Il y a une§2816 hiérarchie dans les demandes : d’abord le Royaume, ensuite ce qui est§1942 nécessaire pour l’accueillir et pour coopérer à sa venue. Cette coopération à la mission du Christ et de l’Esprit Saint, qui est maintenant celle de l’Église, est l’objet de la prière de la communauté apostolique 56. C’est la prière de Paul, l’Apôtre par excellence, qui nous révèle comment le souci divin de toutes les Églises doit animer la prière chrétienne 789101112. Par la prière tout baptisé travaille§2854 à la Venue du Royaume.
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Quand on participe ainsi à l’amour sauveur de Dieu, on comprend que tout besoin puisse devenir objet de demande§2830. Le Christ qui a tout assumé afin de tout racheter est glorifié par les demandes que nous offrons au Père en son Nom 1. C’est dans cette assurance que Jacques 2 et Paul nous exhortent à prier en toute occasion 3456.

III. La prière d’intercession

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L’intercession est une prière de demande qui nous conforme de près à la prière de Jésus. C’est Lui l’unique Intercesseur auprès du Père en faveur de tous les hommes, des pécheurs en particulier 123. Il est§432 « capable de sauver de façon définitive ceux qui par lui s’avancent vers Dieu, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur » 4. L’Esprit Saint lui-même « intercède pour nous [...] et son intercession pour les saints correspond aux vues de Dieu » 5.
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Intercéder, demander en faveur d’un autre, est, depuis Abraham, le propre d’un cœur accordé à la miséricorde de Dieu. Dans le temps§2571 de l’Église, l’intercession chrétienne participe à celle du Christ : elle est l’expression de la communion des saints. Dans l’intercession, celui qui prie ne « recherche pas ses propres intérêts, mais songe plutôt à ceux§2577 des autres » 1, jusqu’à prier pour ceux qui lui font du mal 234.
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Les premières communautés chrétiennes ont vécu intensément cette forme de partage 1234. L’Apôtre Paul les fait participer ainsi à son ministère de l’Évangile 567, mais il intercède aussi pour elles 8910. L’intercession des chrétiens ne connaît pas de frontières : « pour tous les hommes§1900, pour les dépositaires de l’autorité » 11, pour ceux qui persécutent 12, pour le salut§1037 de ceux qui repoussent l’Évangile 13.

IV. La prière d’action de grâces

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L’action de grâces caractérise la prière de l’Église qui, en célébrant l’Eucharistie, manifeste et devient davantage ce qu’elle§224§1328 est. En effet, dans l’œuvre du salut, le Christ libère la création du péché et de la mort pour la consacrer de nouveau et la faire retourner au Père, pour sa Gloire. L’action de grâces des membres du Corps participe à celle de leur Chef§2603.
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Comme dans la prière de demande, tout événement et tout besoin peuvent devenir offrande d’action de grâces. Les lettres de saint Paul commencent et se terminent souvent par une action de grâces, et le Seigneur Jésus y est toujours présent. « En toute condition, soyez dans l’action de grâces. C’est la volonté de Dieu sur vous dans le Christ Jésus » 1. « Soyez assidus à la prière ; qu’elle vous tienne vigilants dans l’action de grâces » 2.

V. La prière de louange

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La louange est la forme de prière qui reconnaît le plus immédiatement que Dieu est Dieu§213 ! Elle le chante pour Lui-même, elle lui rend gloire, au-delà de ce qu’il fait, parce qu’IL EST. Elle participe à la béatitude des cœurs purs qui l’aiment dans la foi avant de le voir dans la Gloire. Par elle, l’Esprit se joint à notre esprit pour témoigner que nous sommes enfants de Dieu 1, il rend témoignage au Fils unique en qui nous sommes adoptés et par qui nous glorifions le Père. La louange intègre les autres formes de prière et les porte vers Celui qui en est la source et le terme : « le seul Dieu, le Père, de qui tout vient et pour qui nous sommes faits » 2.
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Saint Luc mentionne souvent dans son Évangile l’émerveillement et la louange devant les merveilles du Christ, les souligne aussi pour les actions de l’Esprit Saint que sont les Actes des Apôtres : la communauté de Jérusalem 1, l’impotent guéri par Pierre et Jean 2, la foule qui en glorifie Dieu 3, et les païens de Pisidie qui « tout joyeux, glorifient la Parole du Seigneur » 4.
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« Récitez entre vous des psaumes, des hymnes et des cantiques inspirés ; chantez et célébrez le Seigneur de tout votre cœur » 12. Comme les écrivains inspirés du Nouveau Testament, les premières communautés chrétiennes relisent le livre des Psaumes en y chantant le Mystère du Christ. Dans la nouveauté de l’Esprit§2587, elles composent aussi des hymnes et des cantiques à partir de l’Evénement inouï que Dieu a accompli en son Fils : son Incarnation, sa Mort victorieuse de la mort, sa Résurrection et son Ascension à sa droite 345678. C’est de cette « merveille » de toute l’Économie du salut que monte la doxologie, la louange de Dieu 9101112.
2642
La Révélation « de ce qui doit arriver bientôt », l’Apocalypse, est portée par les cantiques de la Liturgie céleste 123 mais aussi§1137 par l’intercession des « témoins » 4. Les prophètes et les saints, tous ceux qui furent égorgés sur la terre pour le témoignage de Jésus 5, la foule immense de ceux qui, venus de la grande tribulation, nous ont précédés dans le Royaume, chantent la louange de gloire de Celui qui siège sur le Trône et de l’Agneau 6. En communion avec eux, l’Église de la terre chante aussi ces cantiques, dans la foi et l’épreuve. La foi, dans la demande et l’intercession, espère contre toute espérance et rend grâce au « Père des lumières de qui descend tout don excellent » 7. La foi est ainsi une pure louange.
2643
L’Eucharistie contient et exprime toutes les formes de prière : elle est « l’offrande pure » de tout le Corps du Christ « à la gloire de son Nom » 1 ; elle est, selon les traditions d’Orient et d’Occident, « le sacrifice§1330 de louange ».