Chapitre 30 — Section 1

Introduction

Le premier Commandement, que nous venons d’expliquer, et qui nous ordonne de rendre à Dieu un culte saint et plein de respect, renferme nécessairement le Commandement dont nous avons à parler maintenant, et qui est le second. Qui veut être honoré, en effet, veut par là -même qu’on parle de lui avec une déférence parfaite, et il défend même le contraire. C’est ce que nous indiquent clairement ces paroles du Seigneur dans Malachie :1 « Le fils doit honorer son père, et le serviteur son maître ; si donc Je suis votre Père, où sont les honneurs qui me sont dûs ? » Mais Dieu, pour nous faire comprendre la grandeur du devoir qu’Il nous impose ici, a voulu nous prescrire, sur l’honneur qui doit environner la sainteté de son, nom divin, un précepte spécial, et qu’Il a exprimé en termes très clairs et très formels. Et cette raison doit suffire pour montrer au Pasteur que ce n’est pas assez de parler de ce Commandement d’une manière générale, mais qu’il faut au contraire s’y arrêter assez longtemps, afin de pouvoir donner aux Fidèles les explications particulières claires et précises dont ils ont besoin. Et il ne peut apporter à ce travail trop de diligence et de zèle, puisque, malheureusement, il est des hommes tellement aveuglés par l’erreur, qu’ils
ne craignent pas de maudire Celui que les Anges glorifient. Loin d’être retenus par la Loi donnée par Dieu Lui-même, ils ont l’audace et la témérité d’avilir la Majesté divine par leurs blasphèmes de tous les jours, et presque de tous les instants. Qui ne voit en effet qu’on affirme tout avec serment ? qu’on met des imprécations et des exécrations partout ? Presque tous ceux qui vendent, qui achètent, ou qui traitent quelque affaire, ont recours au serment, et prennent mille fois en vain le nom du Seigneur, même dans les choses les plus légères et les plus frivoles. C’est donc un véritable devoir pour le Pasteur de redoubler de soin et de zèle, afin de rappeler souvent aux Fidèles combien ce crime est énorme et détestable.
La première chose à faire remarquer dans l’explication de ce précepte c’est que s’il est certaines choses qu’il défend, il en est d’autres qu’il commande, et que les hommes sont obligés d’accomplir. Ces deux points veulent être traités séparément. Et pour que cet enseignement soit plus facile et plus clair, il faut commencer par les choses que la Loi commande, pour parler ensuite de celles qu’elle défend. Or ce qu’elle commande, c’est d’honorer le saint nom de Dieu et de ne jurer par ce nom qu’avec un religieux respect. Ce qu’elle défend, c’est que personne n’ose mépriser ce nom sacré, ne le prenne en vain, et ne jure à faux par Lui, témérairement ou sans motif.