Chapitre 27 — Section 3

Du mariage considéré par rapport a la nature

Les Fidèles doivent savoir tout d’abord que le Mariage a été institué par Dieu. En effet nous lisons dans la Genèse :4 « Dieu créa l’homme et la femme. Il les bénit et leur dit : croissez et multipliez. Et encore : Il n’est pas bon que l’homme soit seul : faisons-lui un aide qui lui ressemble. Puis un peu plus loin : Il ne se trouvait point pour Adam d’aide qui fut semblable à lui. Le Seigneur lui envoya un doux sommeil, et pendant qu’il dormait Il lui tira une côte, et mit de la chair à la place, et de la côte qu’Il venait d’enlever à Adam Il forma la femme qu’Il lui présenta, et Adam, la voyant, s’écria : c’est l’os de mes os et la chair de ma chair. Elle sera appelée d’un nom pris de l’homme parce qu’elle a été tirée de l’homme. C’est pourquoi l’homme abandonnera son père et sa mère, et il s’attachera à sa femme, et ils seront deux dans une même chair. »
Ces paroles, selon le témoignage même de notre Sauveur dans Saint Matthieu,5 prouvent que Dieu Lui-même est l’Auteur du Mariage. Et non seulement Dieu est l’Auteur du Mariage, mais encore, comme l’enseigne le Concile de Trente,6 Il a voulu que cette union eût un lien perpétuel et indissoluble. « Ce que Dieu a joint, dit le Sauveur Lui-même,7 que l’homme ne le sépare point ! » Bien que l’indissolubilité convienne parfaitement au Mariage comme œuvre de la nature, c’est surtout à son titre de Sacrement qu’il la doit. C’est ce même titre qui élève à leur haute perfection toutes ses propriétés naturelles. Toutefois, l’éducation des enfants et les autres fins du Mariage répugnent à la dissolution du lien qui le constitue.
Quant à ces paroles du Seigneur : « Croissez et multipliez », elles ont pour but de faire connaître la cause de l’institution du Mariage, et non d’en imposer l’obligation à tout le monde. Le genre humain étant multiplié comme il l’est, non seulement personne n’est tenu par aucune loi à se marier, mais encore la virginité est hautement célébrée et conseillée dans nos Saints Livres, comme supérieure à l’état du Mariage, c’est-à-dire plus parfaite et plus sainte. Ainsi l’a enseigné Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même par ces paroles :8 « Que celui qui peut comprendre, comprenne. » Et Saint Paul a dit après Lui :9 « Je n’ai point reçu de commandement du Seigneur relativement aux vierges ; mais voici le conseil que je donne, comme ayant reçu de Dieu la grâce d’être son fidèle Ministre. »