Chapitre 26 — Section 9

Degrés et fonctions du sacerdoce

Les Fonctions du Prêtre sont d’offrir à Dieu le St Sacrifice de la Messe et d’administrer les Sacrements de l’Eglise. C’est ce qu’il est facile de voir par les Cérémonies mêmes de son Ordination.
D’abord, lorsque l’Evêque ordonne un Prêtre, il lui impose les mains, ainsi que tous les autres prêtres qui sont présents à la Cérémonie.
Ensuite il lui met sur les épaules une étole qu’il ramène et dispose sur sa poitrine en forme de croix pour lui faire entendre qu’il est revêtu de la Force d’en haut avec laquelle il pourra porter la Croix de Jésus-Christ et le joug, plein de douceur, de la Loi divine, et aussi enseigner cette Loi non seulement par ses paroles mais encore par l’exemple d’une vie très sainte et très pure.
Après cela, il fait sur ses mains l’Onction de l’Huile sainte ; puis il lui remet le Calice avec du vin et la patène avec une hostie, en disant : « recevez le pouvoir d’offrir à Dieu le Sacrifice, et de célébrer la Messe tant pour les vivants que pour les morts. » Ces cérémonies et ces paroles font du Prêtre l’interprète et le médiateur entre Dieu et les hommes : ce qui est sa principale Fonction.
Enfin l’Evêque impose une seconde fois les mains sur sa tête, en lui disant : « Recevez le Saint-Esprit, les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux à qui vous tes retiendrez. » C’est par là qu’il lui communique le pouvoir divin de remettre et de retenir les péchés que Notre-Seigneur donna à ses Apôtres.
Telles sont les Fonctions propres et les principaux apanages de l’ordre sacerdotal. Cet Ordre est un en lui-même. Toutefois cette unité n’exclut pas différents degrés de dignité et de puissance.
Le premier de ces degrés est celui de la Prêtrise proprement dite. Nous venons d’en parler.
Le second est celui de l’Episcopat. Les Evêques sont placés à la tête des Diocèses, pour gouverner non seulement les autres Ministres de l’Eglise, mais encore le peuple fidèle et pour s’occuper de leur salut avec une vigilance et un soin extrêmes. C’est ce qui les a fait appeler souvent dans l’Ecriture les Pasteurs des brebis ; et Saint Paul a tracé leurs devoirs et leurs fonctions dans ce discours qu’il adressa aux Ephésiens, et que nous lisons dans les Actes des Apôtres.18
Saint Pierre a donné aussi lui-même une règle toute divine pour l’exercice du ministère épiscopal, et si les Evêques s’étudient à y conformer leur conduite, il est impossible qu’ils ne soient pas de bons Pasteurs, et qu’ils ne passent pour tels.
Les Evêques s’appellent encore Pontifes. Ce nom vient des païens. C’est ainsi qu’ils nommaient les premiers de leurs prêtres.
Le troisième degré est celui des Archevêques. Ils sont à la tête d’un certain nombre d’Evêques. Ils portent aussi le nom de Métropolitains, parce que les villes dont ils sont Evêques sont considérées comme les mères de la province. Leur dignité est plus élevée et leur puissance plus étendue que celle des Evêques, quoique leur Ordination soit absolument la même.
En quatrième lieu viennent les Patriarches, c’est-à-dire les premiers et les plus élevés des Pères. Autrefois, en dehors du Pontife de Rome, on ne comptait que quatre Patriarches dans l’Eglise universelle. Mais ils n’étaient pas tous égaux en dignité. Celui de Constantinople, bien qu’il n’eût obtenu cet honneur qu’après tous les autres, avait le premier rang, à cause de la majesté de la Capitale de l’empire. Le second était celui d’Alexandrie dont l’Eglise avait été fondée par S. Marc l’Evangéliste, et sur l’ordre du prince des Apôtres. Le troisième était celui d’Antioche où Saint Pierre avait établi son premier siège. Enfin le quatrième était celui de Jérusalem, dont l’Eglise avait été gouvernée d’abord par Saint Jacques, frère du Seigneur.
Mais au-dessus de tous, l’Eglise catholique a toujours placé le Pontife Romain, que Saint Cyrille d’Alexandrie, au concile d’Ephèse, appelait le Père et le Patriarche de tout l’univers. En effet, il est assis sur le siège de Saint Pierre, sur lequel il est certain que le prince des Apôtres demeura jusqu’à la fin de sa vie. Et c’est pour cette raison que l’Eglise reconnaît en lui la Primauté d’honneur et l’universalité de Juridiction qu’il tient, non des décrets des Conciles, ou d’autres constitutions humaines, mais de Dieu Lui-même. Il est le Père et le Guide de tous les Fidèles, de tous les Evêques et de tous les autres Prélats, quelles que soient leurs dignités et leurs fonctions. Et en cette qualité, comme successeur de Saint Pierre, comme Vicaire légitime et véritable de Notre-Seigneur Jésus-Christ, il gouverne l’Eglise tout entière.
Les Pasteurs se serviront de cet exposé, pour enseigner aux Fidèles quels sont les principaux devoirs et les principales attributions des différents Ordres ecclésiastiques. Et aussi quel en est le véritable Ministre.
Ce Ministre, c’est l’Evêque. Car il est certain qu’il n’appartient qu’à lui de conférer les saints Ordres. On le prouve de la manière la plus facile et la plus incontestable par l’autorité de la sainte Ecriture, par la tradition, par les saints Pères, par les décisions des Conciles, et par l’usage et la coutume de l’Eglise. Il est vrai que certains Abbés dans leurs monastères, ont été autorisés parfois à conférer les ordres mineurs, à l’exclusion des Ordres sacrés. Mais cette Fonction n’en est pas moins réservée absolument à l’Evêque, qui d’ailleurs peut seul conférer les Ordres majeurs ou sacrés. Pour ordonner les Sous-Diacres, les Diacres et les Prêtres, un seul Evêque suffit ; mais pour consacrer les Evêques, une tradition apostolique, qui s’est toujours maintenue dans l’Eglise, veut qu’il y en ait trois.