Appendice

Très bref résumé de l’histoire de la Révélation divine

I. Création du monde et de l’homme

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Au commencement Dieu seul était, et rien n’existait en dehors de lui. Infiniment parfait et heureux en lui-même, il n’avait besoin de personne, mais par pure bonté il voulut créer, c’est-à-dire tirer des êtres du néant. Il voulut, et aussitôt existèrent le ciel, la terre, les choses visibles et invisibles.

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Les créatures furent produites les unes après les autres dans un ordre merveilleux : la lumière, le firmament et les astres, la terre et la Mer, les végétaux et les animaux ; et, en dernier lieu, comme couronnement de la création, l’homme. Il fut fait à l’image et à la ressemblance de Dieu, parce que dans son corps, formé du limon de la terre, le Créateur infusa un esprit immortel et il l’éleva par la grâce à l’état surnaturel, en lui donnant pour fin de jouir de Dieu lui-même dans l’éternité.

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Au premier homme, qu’il nomma Adam, Dieu donna pour compagne Ève, la première femme, qu’il forma, La Transfiguration - Gérard David avec un mystérieux dessein, du côté d’Adam. C’est d’eux qu’est sortie la famille humaine tout entière.

II. Chute de l’homme et promesse du Sauveur

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L’homme avait été établi roi de la nature et placé dans un jardin de délices, le paradis terrestre, où il pouvait jouir de tout. Mais, afin qu’il reconnût le souverain domaine du Créateur, Dieu lui avait interdit de goûter du fruit de l’arbre appelé arbre de la science du bien et du mal : le bien, c’était l’obéissance et la grâce de Dieu ; le mal, la désobéissance et la perte des dons qui n’étaient pas dus à l’homme, mais dont Dieu l’avait enrichi.

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L’homme osa se révolter. Ève, trompée par le démon caché sous la forme du serpent, auquel elle crut plutôt qu’à Dieu, et Adam, par complaisance pour Ève, désobéirent. Par leur faute donc, selon les menaces qui leur avaient été faites, eux et leurs descendants furent dépouillés de la grâce, de l’éternelle félicité en Dieu, ainsi que de tous les autres dons qui ôtaient les imperfections et les faiblesses de la nature. C’est ainsi que, follement, ils se rendirent esclaves du démon, des passions, des misères, de la mort, et nous exposèrent tous à la perdition éternelle.

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Dieu, cependant, en les privant des délices du paradis terrestre et en les condamnant au travail, à la douleur et à la mort corporelle, ne leur retira pas l’espérance de sauver leur âme. Il leur annonça même qu’il détruirait la puissance tyrannique du démon par le Messie ou Christ qui viendrait dans la plénitude des temps. Par cette espérance et cette foi en lui, l’homme revivrait s’il observait la loi morale gravée dans son cœur.

III. Corruption et déluge — Le peuple élu

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Mais il n’en fut pas ainsi. À commencer par Caïn qui tua son frère Abel par envie, les péchés se multiplièrent à mesure que se multipliaient les hommes, et le genre humain tout entier se pervertit. C’est pourquoi Dieu envoya le déluge sur la terre. Tous périrent dans ce châtiment, excepté le juste Noé et sa famille, que Dieu sauva dans une Arche, grand navire qu’il lui avait ordonné de construire à ce dessein. Noé, préservé, offrit à Dieu un sacrifice d’action de grâces.

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Les diverses nations issues de Sem, de Cham et de Japhet, fils de Noé, se corrompirent aussi. Avec le temps, elles oublièrent l’unique vrai Dieu et, commettant un très grave péché, elles adorèrent à sa place de fausses divinités et des créatures. C’est pourquoi, dans le petit nombre des descendants de Sem restés fidèles, Dieu choisit le Chaldéen Abraham. Il l’appela hors de sa patrie et lui promit que, si lui et ses descendants gardaient la foi et la religion, il serait leur Dieu, les multiplierait prodigieusement, les rendrait maîtres de la terre de Chanaan ou Palestine et, dans sa postérité, bénirait toutes les nations. Cette même promesse, Dieu la renouvela à Isaac, fils d’Abraham, et à Jacob, appelé aussi Israël, second fils d’Isaac.

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Ainsi la race d’Abraham et d’Israël, c’est-à-dire les Hébreux, devint le peuple élu de Dieu pour conserver la foi et la vraie religion, et transmettre la promesse du Sauveur.

IV. Servitude d’Égypte — délivrance par l’intermédiaire de Moïse

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Jacob mourut en egypte où, durant une grande famine, il s’était rendu avec les siens auprès de Joseph, son fils de prédilection. Les frères de celui-ci, envieux, l’avaient vendu comme esclave et le Pharaon, roi de ce pays, l’avait élevé à la plus haute dignité de ce royaume, à cause de son esprit prophétique, de sa fidélité et de sa prévoyance. Là s’accrut le nombre des Hébreux, et leur prospérité devint si grande que, après plusieurs siècles, un Pharaon cruel, jaloux de leur puissance, tenta de les exterminer en les soumettant à une très dure servitude, et en les condamnant à jeter tous leurs enfants mâles dans les eaux du Nil.

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Mais Dieu intervint en faveur de son peuple. Moïse, le futur libérateur, fut sauvé des eaux et élevé à la cour par la fille même du Pharaon. C’est par lui que Dieu ordonna dans la suite au Pharaon de laisser partir le peuple hébreu. Le roi ayant refusé, son royaume fut successivement frappé de dix fléaux terribles, appelés plaies d’Égypte. Le dernier de ces fléaux fut l’extermination de tous les fils aînés des Égyptiens. Il fut accompli en une nuit par un ange qui n’épargna que les maisons des Hébreux, marquées, selon l’ordre de Dieu, avec le sang d’un agneau immolé.

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Alors le roi céda, et Moïse partit aussitôt avec le peuple et traversa la Mer Rouge, qui s’ouvrit miraculeusement devant les Hébreux pour leur livrer passage. Les Égyptiens, regrettant d’avoir laissé partir les Hébreux, se mirent à leur poursuite et voulurent, eux aussi, s’engager dans la Mer ; mais les eaux se refermèrent et tous furent submergés. Le grand passage, ou la Pâque, était accompli et la mémoire de cette délivrance prodigieuse sera célébrée ensuite par les Hébreux chaque année par la fête la plus solennelle, jusqu’à ce que se réalise la Pâque de Jésus-Christ, où l’humanité entière fut délivrée de la servitude, infiniment plus funeste, du péché.

V. Les Hébreux dans le désert — la loi — Josué — la Terre Promise

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Les Hébreux furent conduits dans le désert. Dieu, dans l’éclat d’une grande majesté, parmi les éclairs et les tonnerres, leur donna, par l’intermédiaire de Moïse, sur le mont Sinaï, la loi morale du Décalogue ou des dix commandements, gravée sur deux tables de Pierre. Il leur donna d’autres lois encore, rituelles et sociales, par lesquelles le peuple devait se gouverner jusqu’à la venue du Messie, s’il voulait obtenir la réalisation des promesses divines, être victorieux et heureux.

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Ce fut l’Ancien Testament ou alliance de Dieu avec le peuple élu ; ce fut la Loi, c’est-à-dire la loi ancienne, mosaïque, destinée, dans sa minutieuse rigueur, à sauvegarder la foi et le culte de l’unique vrai Dieu, méconnu partout, et à préparer le Nouveau Testament, c’est-à-dire la Loi Nouvelle de Jésus-Christ, infiniment supérieure. Telle a été la base et la constitution de la nation hébraïque fondée par Moïse.

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Cependant, les Hébreux, malgré cette alliance dont Dieu les avait honorés, malgré l’aliment miraculeux dont il les avait nourris pendant tant d’années dans le désert, en leur faisant tomber du ciel la manne comme une rosée, en leur faisant jaillir l’eau du rocher frappé par la verge de Moïse, retardèrent par leurs propres fautes leur entrée dans la Terre Promise. Moïse lui-même mourut à la frontière de celle-ci, laissant pour successeur Josué qui, enfin, après quarante ans de pérégrination, conquit la Palestine et la partagea entre les douze tribus issues des douze fils de Jacob.

VI. Les Juges — les Rois — David et Salomon — le temple — le royaume de Juda

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Après Josué, le peuple fut gouverné par les Juges, suscités par Dieu quand surgissait quelque nécessité plus grave ; ensuite par les Rois, dont le premier, Saül, fut plus tard rejeté de Dieu et remplacé par le valeureux et fidèle David, de la tribu de Juda. C’est dans la famille de ce dernier que la royauté sera héréditaire et que naîtra enfin le Messie, dont le règne n’aura point de fin.

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Salomon, fils de David, plein de sagesse et très heureux, éleva dans Jérusalem un magnifique temple au Seigneur ; mais, dans sa vieillesse, il tomba dans la luxure et l’idolâtrie. À cause de ces crimes et de la dureté insensée de Roboam, son fils et successeur, dix tribus furent retirées à la maison de David, et formèrent sous Jéroboam, chef des révoltés, le royaume d’Israël. Ce royaume tomba bien vite dans l’idolâtrie, fut réprouvé de Dieu et détruit pour toujours par les Assyriens.

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Cependant, les tribus de Juda et de Benjamin, qui étaient restées fidèles aux descendants de David et avaient formé le royaume de Juda, tombèrent souvent, elles aussi, dans l’idolâtrie, malgré les remontrances des Prophètes, spécialement sous le règne de quelques Rois impies comme Achaz et Manassé. C’est pourquoi survint Nabuchodonosor, roi de Babylone, qui assiégea et détruisit Jérusalem avec le temple et emmena le roi et le peuple en esclavage.

VII. Captivité de Babylone — le retour de l’exil — le nouveau temple — les Prophètes — la réalisation des prophéties

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Dans les afflictions de la captivité de Babylone, aux paroles d’avertissement et de consolation des Prophètes, le peuple s’amenda, raviva sa foi en Dieu et sa confiance dans le relèvement d’Israël par le Messie.

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Lorsque, après soixante-dix ans, Cyrus, roi des Perses, s’étant emparé de Babylone, permit aux Juifs, comme l’avait prédit Isaïe, de retourner dans leur patrie, ce fut avec un grand zèle que, sous Zorobabel et Néhémie, ils reconstruisirent Jérusalem en commençant par le temple. Celui-ci, bien que n’ayant pas toute la splendeur de l’ancien, devait néanmoins être un jour honoré de la présence du « Dominateur » attendu et de « L’ange du testament » nouveau. Le culte public de Dieu fut rétabli ; l’observance de la loi fut remise en vigueur par les soins d’Esdras qui en fit lire et expliquer le livre devant tout le peuple rassemblé.

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Dans les siècles suivants, au sein même de la décadence progressive de la puissance et de la liberté nationales, et malgré la perversion d’un grand nombre, le zèle pour la loi et l’attente du Rédempteur, annoncé par des traits toujours plus précis et distincts, ne diminuèrent pas, mais allèrent toujours en augmentant. Les Prophètes avaient en effet prédit successivement, dans les plus minutieuses circonstances, sa venue et sa vie, sa prédication, ses souffrances, sa gloire et son règne perpétuel, si bien que plusieurs, cherchant vainement à s’appliquer à eux-mêmes les prédictions, osèrent se présenter comme le Messie. Enfin parut Jésus de Nazareth, en qui se vérifièrent et s’accomplirent toutes les prophéties divines.

VIII. Jésus-Christ : sa vie et sa prédication, sa mort, sa résurrection et son ascension au ciel

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Jésus naquit à Bethléem de la Vierge Marie, épouse de Joseph, de la famille de David. Comme l’ange Gabriel le lui avait annoncé, l’Esprit-Saint était descendu sur elle et, sans cesser d’être Vierge, elle était devenue Mère du Verbe divin incarné en elle.

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L’enfant fut circoncis, selon la loi, et appelé Jésus, nom qui signifie Sauveur. Pour se soustraire aux persécutions d’Hérode, la sainte Famille dut fuir en Égypte. Au retour, Jésus vécut à Nazareth, dans une humble obéissance à Marie et à Joseph, croissant « En sagesse, en âge et en grâce devant Dieu et devant les hommes ». Vers l’âge de trente ans, il reçut le baptême de pénitence dans le fleuve du Jourdain, des mains de Jean-Baptiste. Puis il commença à prêcher, dans la Judée et la Galilée, l’Évangile, ainsi appelé parce que c’était la « Bonne nouvelle » de la rémission des péchés et de la vie éternelle pour ceux qui croiraient en lui et observeraient ses enseignements. Il confirmait par les plus étonnants miracles sa divine mission et sa doctrine.

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Beaucoup crurent en lui. Parmi les premiers, il y eut ces douze hommes appelés Apôtres ou envoyés, et choisis par lui pour fonder son Église, à laquelle il donna pour chef et fondement Pierre. Mais se déchaîna contre lui la haine implacable des pontifes, des pharisiens et des docteurs de la loi, jaloux de son pouvoir et blessés par les reproches qu’il leur adressait à cause de leurs erreurs et de leur hypocrisie. Cette haine finit par le faire condamner à mort par le Sanhédrin ou tribunal suprême de la nation, lui, le Rédempteur attendu. On lui préféra même le voleur Barrabas, quand le lâche Pilate, procurateur romain, tenta de le gracier à l’occasion de la Pâque et de le sauver de la mort.

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Après les plus cruelles tortures, Jésus fut crucifié sur le Calvaire, non loin de Jérusalem, entre deux malfaiteurs. Il accomplit sur la Croix la rédemption de l’humanité pécheresse, en satisfaisant pour elle au Père éternel par son propre sacrifice. Il mourut en pardonnant et en priant pour ses ennemis qui ne cessaient de l’insulter. Alors prit fin l’Ancien Testament ou l’alliance avec la nation ingrate, qui avait rejeté et mis à mort le Dieu Rédempteur, lequel consacra dans son propre sang divin le Testament nouveau et éternel.

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Son corps fut enseveli ; son âme très Sainte descendit aux limbes pour délivrer les âmes des justes qui y étaient détenues dans l’attente de la rédemption. Le troisième jour, il ressuscita d’entre les morts, comme il l’avait annoncé à plusieurs reprises. Puis il apparut aux pieuses femmes, à Pierre, à deux disciples sur la route d’emmaüs et aux autres Apôtres encore incrédules, mais qui, à la vue de ses plaies glorieuses, ne doutèrent plus de la résurrection. Enfin, après les avoir instruits sur le royaume de Dieu et leur avoir donné la mission d’évangéliser et de baptiser toutes les nations avec le pouvoir de remettre et de retenir les péchés ; après leur avoir promis l’Esprit-Saint et sa propre assistance jusqu’à la consommation des siècles ; le quarantième jour, en leur présence, il monta au Ciel où il est assis à la droite de Dieu le Père, ayant reçu tout pouvoir au Ciel et sur la terre.

IX. La descente du Saint-Esprit — l’Église catholique

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Dix jours après, à la Pentecôte, le Saint-Esprit, promis par Jésus-Christ, descendait visiblement sur les Apôtres et sur l’Église naissante pour ne plus jamais s’en retirer. Le royaume de Dieu était dès lors confirmé et rendu parfait par les Apôtres, ses propagateurs et chefs ; par les vertus spirituelles de la parole divine prêchée puis écrite, des sacrements (dont le principal, l’Eucharistie, assurait la présence de Jésus pour toujours avec les siens), et des dons du Saint-Esprit. L’Église commençait sa vie propre, indépendante de la Synagogue, et sa mission propre de salut au milieu des païens. Peu à peu, malgré les sanglantes persécutions du puissant empire romain, elle arrachait un très grand nombre d’âmes au gouffre de l’idolâtrie et de la corruption, et les changeait en héros de foi et de vertu.

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La nation juive ne tarda pas à tomber pour toujours, avec sa capitale et son temple, et les Juifs furent dispersés sur toute la terre. Le monde antique, avec ses gloires littéraires, artistiques et scientifiques, s’écrou-la lui aussi, consumé par ses vices. D’autres nations et d’autres empires disparurent à leur tour. Mais l’Église, avec la civilisation chrétienne, dure et continuera toujours de s’étendre pour le bien de l’humanité, malgré la chute de fils dégénérés, malgré les plus funestes divisions qui ont arraché du royaume de Dieu et jeté dans le schisme ou l’hérésie des nations puissantes, malgré la plus insidieuse guerre des ennemis de la révélation surnaturelle, de la morale chrétienne et de l’idée même de Dieu. « Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle. » le bon chrétien, confiant dans cette promesse divine, ne se trouble pas mais, en union avec sa Mère, la sainte Église, il prie, travaille et souffre, attendant la résurrection finale et le retour glorieux de Jésus-Christ, comme Juge suprême. Lui-même nous avait annoncé les haines, les persécutions, les apostasies, mais en même temps, il relevait notre courage par ces paroles : « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous… S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront vous aussi… ; mais ayez confiance, j’ai vaincu le monde. »